Vous trouverez ci-dessous le texte de l’intervention de Bernadette Caillard-Humeau au
conseil municipal du 9 avril 2009, conseil particulier puisqu’il soumettait au vote des conseillers municipaux le budget 2009 de la ville d’Angers.
Monsieur le maire, mesdames, messieurs, chers collègues,
Cette séance est particulière à plus d'un titre.
Elle est tout d'abord le moment clé de la vie des conseils municipaux.
En choisissant de voter le budget, nous nous engageons dans l'adhésion à la politique de
la ville menée par son premier magistrat.
C’est un moment clé pour chacun dans sa responsabilité, c’est un point d’arrivée et de
départ sur son travail ou son interrogation permanente, c’est la traduction de sa foi en la politique pour faire bouger, améliorer, transformer la ville, l’adapter aux changements sociétaux, et
prévoir. Prévoir les évolutions de la ville, de ses habitants, prévoir les conséquences de la crise financière comme du dérèglement climatique, faire face aux défis de la crise sur les habitants
les plus fragiles et faire face au défi climatique qui engage l’avenir de nos petits-enfants. Le second défi est masqué par la crise économique qui est en train de fondre sur nous mais il est
toujours là, latent, et nous ne devons surtout pas l’oublier.
Nous sommes maintenant à un nœud de l’histoire. Nous vivons une crise historique qui
voit s’achever la longue phase commencée après la seconde guerre mondiale, une crise non pas conjoncturelle mais structurelle, d’où va sortir une nouvelle ère qui sera sans doute profondément
différente et qui va nous obliger à changer en profondeur nos pratiques et nos modes de vie.
Ce budget voirie espace public est d’abord largement porté par notre chantier du
tramway.
Nous l’avons déjà dit dans cette assemblée, les travaux qui accompagnent l’arrivée du tramway
sont un mal nécessaire inhérent à tout projet de cette importance. Mais le jeu en vaut la chandelle. Le tramway sera demain la colonne vertébrale de nos modes de déplacements en changeant par la
même occasion le visage de la ville, accessible au grand nombre des Angevins et habitants de l’agglomération.
Les travaux sur les réseaux étant en voie d’être achevés, c’est l’ossature de ce nouvel outil
qui va bientôt apparaître aux yeux de tous les Angevins, qui vont pouvoir enfin en constater la réalité dans leur quotidien et, progressivement, se l’approprier.
Le tramway est un élément fort de soutien et d’irrigation économique de notre territoire, en
injectant plusieurs millions d’€ dans l’économie angevine cette année.
Le tramway seul ne répond évidemment pas à toutes les problématiques et besoins d’une ville,
et c’est pourquoi nous l’accompagnons d’une politique de déplacement riche qui fait la part belle aux déplacements actifs (vélo, marche à pied,…).
Ce budget voirie-espace public n’est pas parfait, il a bien évidemment été impacté par nos
choix en ce contexte exceptionnel.
A un an du début du mandat, le projet de la majorité a donc évolué, sans perdre
ses fondamentaux, parce que nous avons pris la pleine mesure de la crise.
Face à cela, chacun des postes a été revu, avec une belle dose d'abnégation pour les
adjoints responsables de budget, et nous avons mis "le paquet" sur la construction de nouveaux logements. C'est un challenge formidable pour nous, en particulier pour Jean-Luc ROTUREAU.
Quelle collectivité en France, dans les circonstances actuelles, sait ne pas augmenter
les impôts et emprunter 15 M€ pour un projet dynamique ? C’est parce que, chapeau bas à André DESPAGNET, les finances saines de la ville le permettent.
Face aux incertitudes qui montent, Angers construit des certitudes.
La certitude, c'est de permettre la construction de nouveaux logements, ce qui répond à
la demande sociale et à la demande économique, et c'est nous collectivité locale, qui sommes le principal soutien au secteur du bâtiment.
Ainsi cette première année de mandat a vu se conjuguer les énergies du rassemblement des
diverses sensibilités de la majorité, au service d’une vision commune de la Ville d’Angers, c'est-à-dire celle d’une ville plus humaine et plus sociale, et qui reste attractive : notons par
exemple l’arrivée d’une plateforme de l’entreprise Europ Assistance, première plateforme de province, qui va créer une cinquantaine d’emplois à Angers.
En un an, partis du projet qui nous a amené à être ensemble, nous construisons. Nous
construisons des logements, nous construisons la ville du futur et des générations futures. Avec ce premier budget, nous allons à l'essentiel : la solidarité, le soutien à l'économie, qui
n’oublie pas les leviers de la croissance verte…
Qui peut trouver à redire à une ville bien gérée, sans dette, qui peut ainsi investir,
dans la plus grande crise de la génération ? !
Vous l’aurez compris, c’est un budget dont nous pouvons être fiers. C’est un projet solide qui devient réalité pour les Angevins, ici et maintenant.
Je vous remercie.
Bernadette CAILLARD-HUMEAU,
Première adjointe au Maire,
Déléguée à la mobilité, aux transports et à la voirie-espace public.
C’est bien joli une ville où le quart des rue sont piétonnes, ca permet de dorer le blason de ces très chers politiciens. Mais c’est aussi une ville ou les politiciens s’endorment et ne font strictement rien pour résoudre la pénurie de logement depuis des décennies, à tel point que certaines entreprise actuelement hésitent à se délocaliser à Genève faute de place.
Rédigé par : Charles T. | le 21 avril 2010 à 09:42 | AlerterQue l’écologie française s’en inspire, au lieu de procéder par dictature à la façon d’une Cécile Duflot qui s’est humiliée en traitant Royal d’irresponsable dans le dossier Xynthia qu’elle ne maîtrise pas du tout….
Dialoguons !
http://wp.me/pERCo-1cj
Rédigé par : AJ | le 21 avril 2010 à 09:45 | AlerterLes rues piétonnes, c’est l’enfer ! Il suffit d’y avoir habité une fois pour comprendre : nuisances sonores permanentes, bien plus intrusives que le ronron des voitures, transformation de l’espace public de circulation en espace de consommation, désertion des activités traditionnelles pour l’installation du shopping universel.
Rédigé par : Pied | le 21 avril 2010 à 10:11 | AlerterTous les centre-ville de province français ont été transformés en zones piétonnes, et se ressemblent désormais, comme un grand supermarché à ciel ouvert.
Le cauchemar vert…
@ AJ : Vous gagneriez à vivre quelques années dans une “dictature”, ça vous éviterait d’utiliser ce terme pour désigner quelqu’un qui exprime un avis et ça vous éviterait d’être, de ce fait, profondément ridicule.
Cela dit, l’utilisation du terme incombe en premier lieu aux auteurs du blog, dont il serait intéressant de savoir ce qu’ils entendent par leur phrase : je suis curieux de connaître le pays où existe (ou a existé) une “dictature verte”
@ Pied : Ah, et les zones commerciales ultra-motorisées, bétonnées et couvertes de hideux panneaux publicitaires envahissants, qu’on retrouve désormais aux alentours de toutes les villes françaises, qui se ressemblent comme deux gouttes d’eau, qui sont glauques, sinistres et laides, et qui sont bien plus explicitement consacrées au “shopping universel”, c’est aussi la faute des Verts, bien sûr ? Que ne faut-il lire…
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Rédigé par : Jacques C | le 21 avril 2010 à 11:35 | AlerterEt puis avec votre Il suffit d’y avoir habité une fois pour comprendre, ne croyez-vous pas que vous pratiquez un peu (beaucoup) le pêché d’orgueil, à penser et prétendre qu’UNE expérience vous concernant suffit à tirer un cas général ? Croyez-vous sincèrement qu’une expérience ponctuelle suffise à juger d’une catégorie aussi complexe et variée que sont les centres urbains ? Croyez-vous vraiment que votre perception épuise la connaissance du monde ?
Un cauchemar d’ethnologue, oui, ce raisonnement
@Pied :
Les rues piétonnes, ça peut être le pied! Il suffit d’y avoir habité une fois pour comprendre : Petits commerces sympas à proximité immédiates, musiciens de rue, transformation de l’espace public de circulation en espace de vie et de rencontre, désertion des activités polluantes et vrombissantes pour l’installation du bonheur universel.
Quasi tous les centres des villes suisses ont été transformées en zones piétonnes, et on ainsi réussi à trouver une nouvelle identité, qui varie de ville en ville.
La classe
Eh oui ça fait 3 ans et demi que je vis en plein centre-ville piétonnier (en Suisse), quasi au-dessus d’un lieu de nuit assez bruyant, mais soit je sors moi-même le soir, soit j’aère bien ma chambre avant de dormir puis je ferme la fenêtre. Donc pas de soucis de ce côté là.
Alors, différences entre France et Suisse, ou différence entre appréciation des choses ?
Rédigé par : Olivier | le 21 avril 2010 à 11:39 | AlerterC’est une idee geniale,1/4 des rues pietonnes a Geneve ,en 2012.Mais , pour bien comprendre ,mes reflections se portent sur les questions suivantes:
Rédigé par : Mashayekh | le 21 avril 2010 à 13:44 | Alerter1- Est ce que ces rues seronts habitees ou inhabitees?
2-Si elles sont habitees ,que doivent faire les habitants avec leurs voitures?
3-Faut’il les deposees a l’entre de la ville?
4-Et,les deplacements de ces gens seront-ils garanties par les services de transpor public?
Je dois avouer que je penche plus du cote d’Olivier, considerant les espaces pietons des grandes villes (surtout francaises en l’occurence) comme un lieu de vie et de creation. Bon bien sur les arteres pietonnes principales veront se profiler les memes enseignes commerciales quelle que soit la ville, mais il sufit de bifurquer dans une petite rue etroite pour decouvrir ce petit joailler avec son atelier donnant sur la rue ou le discaire fourre-tout appelant a la chasse au tresor. Mais je pense que la plupart des citadins me comprennent, rien de nouveau dans ce que je dis.
Par contre je voudrais mettre les choses sous la perspective suivante : etant expatrie aux Etats-Unis dans une ville de taille moyenne, avec un mini noyau plus ou moins historique (vraiment mini), je ne peux que faire les louanges des zone citadines pietonnes. De ce cote-ci de l’Atlantique, l’omnipresence des voitures sur arteres larges et toutes droites, surtout en centre ville, la depouille de toute ame. Sortir le soir signifie prendre la voiture et conduire une vingtaine de minutes. De meme pour les courses, le velo etant considere comme une anomalie dans les rues.
Nette difference entre US et France/Suisse, donc. Mais il y aura toujours aussi une difference entre appreciation des choses tant que certains ne s’exposeront pas a de nouvelles perspectives. Pardonnez le peche d’orgueil. (ainsi que l’absence d’accents, mon clavier etant ‘anglophone’).
Rédigé par : Romain S. | le 21 avril 2010 à 13:49 | AlerterJe rejoins tout à fait Romain. Je vis également aux Etats Unis, dans une des plus grande ville de Floride. Bien que cette ville soit un centre économique majeur, la ville ne possède aucune âme, tout y est désert. Le recours systématique à la voiture a contribué à développer un mode de vie où les contacts humains sont réduits au strict minimum : tout le monde préfère vivre dans sa petite bulle dont la voiture est la parfaite incarnation. Le contraste est rude après avoir vécu plusieurs années au coeur de Marseille !.
Rédigé par : syndra | le 21 avril 2010 à 15:56 | AlerterLes espaces piétons sont des lieux d’échanges sociaux qui redonnent une dimension humaine à la ville. Les nuisances sonores montrent que ces lieux sont très recherchés par la population et leur multiplication devrait aider à réduire la pression qui existe sur les rares rues piétonnes aujourd’hui.
Enfin, une rue piétonne n’est pas toujours interdite à la voiture : les accès riverains peuvent être toujours autorisés pendant certaines tranches horaires (le soir après 19 h par exemple) ou alors ponctuellement (déménagement, livraisons …).
Donc j’applaudis des deux mains cette initiative !
à Jacques C.
Vous dites
1) “les zones commerciales ultra-motorisées, bétonnées et couvertes de hideux panneaux publicitaires envahissants, qu’on retrouve désormais aux alentours de toutes les villes françaises, qui se ressemblent comme deux gouttes d’eau, qui sont glauques, sinistres et laides, et qui sont bien plus explicitement consacrées au “shopping universel”, c’est aussi la faute des Verts, bien sûr ? Que ne faut-il lire…”
Ces zones extra-urbaines sont la simple conséquence, et l’envers direct de la transformation des hyper centres en musée-zone culturelle. Cette nouvelle division de l’espace produisant de fait la disparition de l’ancien noyau qu’était la ville, où l’on trouvait habitat, commerces, ateliers, et lieux de distraction à la fois.
Et quand j’évoquais le “cauchemar vert”, je ne parlais pas que du petit parti qui porte ce nom, mais de l’enthousiasme aménageur des édiles de nos grandes villes, qui parent chacun de leurs projets sacrilèges de l’épithète “vert”.
2) “Et puis avec votre Il suffit d’y avoir habité une fois pour comprendre, ne croyez-vous pas que vous pratiquez un peu (beaucoup) le pêché d’orgueil, à penser et prétendre qu’UNE expérience vous concernant suffit à tirer un cas général ? Croyez-vous sincèrement qu’une expérience ponctuelle suffise à juger d’une catégorie aussi complexe et variée que sont les centres urbains ? Croyez-vous vraiment que votre perception épuise la connaissance du monde ?
.”
Un cauchemar d’ethnologue, oui, ce raisonnement
Si je me permets de dire qu’une fois suffit, c’est parce que j’y ai habité plusieurs fois (Lille, Bordeaux, Toulouse, et dans ce massacre qu’est le quartier Montorgueil à Paris), et que j’ai chaque fois retrouvé le même cocktail mortifère : piétonisation = muséification + délocalisation des activités non touristiques ou culturelles + exode forcé des populations qui ne suivent pas l’inflation immobilière induite par le phénomène de mode + nuisances sonores spécifiques (type mecs bourrés ou “musiciens de rue”).
Mais s’il y a des bobos pour aimer avoir des musiciens de rue ou des compagnie de spectacle vivant toute la journée sous leur fenêtre, grand bien leur fasse, du moment qu’on ne me l’impose pas !
@ Olivier : vous pensez vraiment qu’il n’y a que dans les quartiers piétons qu’il y a des “commerces de proximité” ??
Rédigé par : Pied | le 22 avril 2010 à 01:37 | Alerter@pied C’est amusant de vous lire. A vous écouter, les scooters font moins de bruit que les piétons. Et si “vos” rues piétonnes étaient si insupportables, n’était-ce pas par manque de rues piétonnes dans ces zones urbaines attirant ainsi tous les piétons aux mêmes endroits ?
Rédigé par : Ghile | le 22 avril 2010 à 11:07 | AlerterJe rêve d’un Paris 100% piéton. Dehors les scooters, dehors les voitures, qu’on favorise les vélos, qu’on réinstalle des trams,…
Mais non je ne suis pas utopiste
Genève n’est PAS une grande ville et c’est justement la raison pour laquelle cette expérience peut etre menée.
Rédigé par : ouioui | le 22 avril 2010 à 12:08 | Alerter@Ghile !
Bien sûr que les piétons et tout ce qui va avec fait plus de bruit que la circulation automobile. En tous cas un bruit plus variable, donc plus gênant !
Rédigé par : Pied | le 22 avril 2010 à 20:49 | AlerterEt vous n’êtes pas utopiste mais destructeur !