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L'équipe de Cap 21 Pays de la Loire, vous souhaite la bienvenue sur son blog. Lancé en décembre 2004, ce blog est au service de ceux qui recherchent des articles d'information sur les sujets abordant les enjeux de santé-environnement, protection de la nature, qualité de la vie, transport, urbanisme, vie politique de la région, etc, dans une posture d'ouverture du local à l' international. Sur un même sujet, vous pouvez trouver des avis divergents, c'est fait exprès, - la source est toujours indiquée en bas de l'article -. Outre ces informations, vous trouvez nos opinions à travers nos interventions, communiqués et aussi sur le mot du jour "Contre-pente". Depuis le 11 mars 2007, à l'occasion des élections présidentielles, CAP 21 rallié résolument François Bayrou. Son score en Anjou a été magnifique (+ 23 %). Le futur MoDem, qui sera officiellement et statutaire les 1er ou 2 décembre, rassemble des hommes et des femmes venus de l'UDF, de CAP 21 et beaucoup de nouveaux militants en politique. Les 535 candidats aux législatives ont permis de confirmer l'émergence de ce nouveau parti, différent, rassembleur, troisième force politique, qui a montré sa force aux législatives, qui doit concrétiser aux prochines élections, cantonales et municipales.

Bernadette Caillard-Humeau, Conseillère municipale d'Angers, Déléguée d'Angers Loire Métropole

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Samedi 20 janvier 2007
Les candidats font assaut de bonne volonté autour du Pacte de M. Hulot LE MONDE | 20.01.07 | 13h44  •  Mis à jour le 20.01.07 | 13h48 Consultez les dossiers, l'analyse approfondie des grands sujets d'actualité. Abonnez-vous au Monde.fr : 6€ par mois + 30 jours offerts C'est, à première vue, un succès pour Nicolas Hulot, qui doit annoncer, lundi 22 janvier, s'il se présente ou non à l'élection présidentielle. La plupart des candidats ont signé son Pacte écologique, sauf l'extrême gauche et l'extrême droite. Jean-Marie Le Pen et Philippe de Villiers n'expliquent pas leur refus. Mais Olivier Besancenot et Arlette Laguiller jugent que Nicolas Hulot ne s'attaque pas à la racine du mal, "la course au profit qui est responsable des désastres écologiques",selon M. Besancenot. En dehors de ces quatre candidats, Nicolas Hulot a gagné en influence. L'écologie est désormais un sujet incontournable de la campagne, à la satisfaction du milieu associatif. Mieux, le débat s'organise autour des thèmes du pacte (institutions, taxation des énergies fossiles, réorientation des aides à l'agriculture, etc). Enfin, en réclamant un commentaire approfondi de ses objectifs aux signataires, Nicolas Hulot les a contraints à détailler leur vision. A la lecture des réponses circonstanciées, les limites de l'exercice apparaissent pourtant. Car les candidats ont curieusement tendance à renier les politiques menées pourtant par leurs familles politiques respectives. Ainsi, Nicolas Sarkozy propose d'augmenter la part des aides agricoles conditionnée au respect de critères environnementaux, alors que l'UMP s'y est, jusqu'à présent, opposée avec constance. Ségolène Royal propose une nouvelle loi sur l'eau, alors que la gauche plurielle s'est, lorsqu'elle était au pouvoir entre 1997 et 2002, cassé les dents sur ce sujet, etc. Surtout, ces réponses sont assorties de multiples bémols. Les candidates écologistes, Dominique Voynet (Verts) et Corinne Lepage (Cap 21) renvoient à leur propre programme, plus ambitieux que le pacte. Pour elles, Nicolas Hulot est trop prudent. Pour les autres candidats, il semble au contraire aller trop loin. Aucun ne reprend réellement à son compte l'idée centrale de l'écologiste, qui veut placer l'environnement à la source de toutes les politiques, et souhaite "une évolution en profondeur vers d'autres façons de produire, de travailler, de consommer, de se nourrir, de se loger, de se déplacer, de se chauffer..." afin de juguler le réchauffement climatique et la perte de biodiversité. La reprise des constats de Nicolas Hulot et les généralités sur les bienfaits du recyclage ou des transports en commun abondent. Elles peuvent être émaillées de propositions audacieuses, mais pas toujours réalistes. La candidate communiste Marie-George Buffet propose ainsi l'interdiction totale des pesticides. La réponse de François Bayrou est appliquée. Quelques propositions pratiques émergent, comme l'abaissement de la vitesse autorisée sur les routes de 10 km/h afin de limiter la consommation de carburant. Nicolas Sarkozy ne rentre pas, pour l'instant, dans le détail des mesures. Son propos reste général. Le candidat UMP propose ainsi une "agriculture raisonnée renforcée", ou une protection de la biodiversité "rationnelle, plus rapide et plus souple". Deux mesures concrètes : "le développement massif de l'agriculture biologique et raisonnée en approvisionnant la restauration collective", et le doublement de la fiscalité écologique (en réduisant d'autant la fiscalité pesant sur le travail). Aucun détail n'est fourni, pour le moment, sur les moyens d'y arriver (augmentation de la taxe intérieure sur les produits pétroliers, des redevances sur l'eau et les déchets, ou par la création de nouvelles taxes). Le candidat veut "étudier toutes les hypothèses". Arrivée la dernière, la réponse de Ségolène Royal est la plus complète. La candidate socialiste a fait de l'environnement un de ses principaux thèmes de campagne et s'est appuyée sur Bruno Rebelle, ancien directeur de Greenpeace. Pour chaque thème, des propositions sont formulées : passer à 20 % d'énergie renouvelable d'ici à 2020, et ramener la part du nucléaire à 50 % d'ici à 2017 ; instaurer une taxe à la tonne transportée par route ; transférer aux régions les aides aux agriculteurs ; interdire les OGM en plein champ ; introduire une clause de performance environnementale dans les marchés publics... La candidate n'est qu'en partie favorable à la taxe carbone proposée par le pacte, "qui risque de favoriser la consommation d'électricité (au détriment par exemple du gaz) et donne un avantage indu à la production électronucléaire". "Son caractère indifférencié la rend socialement injuste", ajoute Ségolène Royal, qui insiste sur la nécessité de compenser toute nouvelle taxe pour "ne pas entamer le pouvoir d'achat". Gaëlle Dupont Article paru dans l'édition du 21.01.07.
publié dans : politique
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Jeudi 11 janvier 2007
L'île de la Réunion vise l'autosuffisance énergétique LE MONDE | 11.01.07 | 13h08  •  Mis à jour le 11.01.07 | 15h33 Conservez cet article dans votre classeur. Abonnez-vous au Monde.fr : 6€ par mois + 30 jours offerts a dernière-née des centrales photovoltaïques, inaugurée mercredi 27 décembre 2006, sur l'île de la Réunion, est la plus grande de France. Avec plus de 6 000 panneaux répartis sur une surface de 1 hectare (10 000 m²), et grâce à un ensoleillement de 1 350 heures par an, cette centrale produira 1,3 mégawatt (MW). L'ouvrage, réalisé en trois ans par la Société de conversion d'énergie, a coûté 5 millions d'euros, financés par la région, le Fonds européen de développement régional et l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Les 10 000 m² de l'installation sont à relativiser par rapport aux 114 hectares et aux 62 MW du site de Moura, au Portugal, qui abrite la plus grande centrale photovoltaïque du monde. Même si l'électricité produite sera loin de couvrir les besoins, elle représente une avancée dans le développement des énergies renouvelables de l'île depuis 2004. C'est à cette date que le conseil régional de la Réunion a lancé son Plan régional des énergies renouvelables et d'utilisation rationnelle de l'énergie (Prérure), dont le but est d'arriver à l'autosuffisance énergétique d'ici à 2025. Car l'île est dépendante de ses importations en combustibles fossiles, en hausse régulière depuis 2000. En 2005, ces importations s'élevaient à plus de 1 000 kilo-tonnes équivalent-pétrole (ktep), contre 890 ktep en 2000. D'où la nécessité de miser sur les énergies renouvelables. Selon Jean-Claude Futhazar, de la direction de l'environnement, de l'aménagement et du territoire à la région Réunion, "la part des énergies renouvelables dans la production électrique était de 40 % en 2006". Un chiffre à comparer avec celui de la France métropolitaine : 12 %. OBJECTIF D'INDÉPENDANCE Plusieurs projets ont été lancés afin d'atteindre l'objectif d'indépendance. Le secteur éolien, dont le potentiel sur l'île de la Réunion est estimé à 60 MW, ne produit actuellement que 6 MW. Environ 70 000 logements - le quart du parc immobilier - sont équipés de chauffe-eau solaires, et ce chiffre augmente de 10 000 chaque année. L'énergie hydraulique et la bagasse (résidu de la canne à sucre utilisé comme combustible) représentent la majeure partie de l'électricité issue des énergies renouvelables. Du côté du solaire, nouvelle centrale incluse, la puissance produite s'élève actuellement à 5 MW."L'île envisage d'atteindre les 100 MW. Pour cela, la région lance des appels à projets de 6 à 7 MW, explique Jean-Claude Futhazar. La Réunion espère que la hausse des performances de la technologie photovoltaïque l'aidera à atteindre son objectif." En outre, l'électricité d'origine photovoltaïque est devenue plus rentable depuis la hausse, en juillet 2006, des tarifs de rachat par EDF. Chaque kilowatt produit est racheté 0,40 euro en Corse et dans les DOM-TOM, contre 0,30 euro en métropole. L'électricité produite par la nouvelle centrale générera ainsi 520 000 euros de recettes annuelles. Victor Roux-Goeken Article paru dans l'édition du 12.01.07.
par journalLemonde publié dans : énergie
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Jeudi 11 janvier 2007
La City adopte le taxi écologique LE MONDE | 11.01.07 | 15h43  •  Mis à jour le 11.01.07 | 15h43 Diplômé de Cambridge, Tom Pakenham se destinait à une brillante et lucrative carrière d'avocat d'affaires à la City. Ce métier, il l'a exercé avant de démissionner, "fatigué de ce milieu stérile". Désormais, Tom est patron... d'une compagnie de taxis ! Avec Johnny Goldstone, un ancien camarade d'université, il a créé en mars 2006 Greentomatocars. Les "voitures tomate verte" constituent la première flotte de taxis écologiques. "Les problèmes environnementaux m'ont toujours intéressé, et je réfléchissais à un concept qui puisse faire entrer l'écologie dans la vie quotidienne...", raconte Tom Pakenham. A priori, lancer une compagnie de taxis n'est pourtant pas la méthode la plus efficace pour améliorer l'environnement, notamment dans un milieu urbain aussi dense que l'agglomération londonienne. "Je roule à vélo aussi souvent que possible. Mais il faut être réaliste : tant que les transports en commun londoniens resteront en l'état, les gens auront besoin, au moins de temps en temps, de taxis", souligne le cofondateur de Greentomatocars. C'est après s'être rendu en Californie pour étudier le succès rencontré par la Toyota Prius - ce véhicule hybride animé par un moteur thermique classique et un autre, électrique, est devenu la coqueluche des stars de Hollywood - que lui est venue l'idée de créer sa propre compagnie de taxis. UNE CONDUITE DOUCE A ses débuts en mars 2006, la flotte de Greentomatocars est composée de quatre Prius, confortables berlines écologiques (dans les embouteillages, elles peuvent n'utiliser que la traction électrique) et économiques en conduite urbaine. Rapidement, la jeune société se fait une place dans le milieu très concurrentiel des taxis londoniens. Gains substantiels de consommation, démarche pro-environnementale et... bonne affaire, Tom et Johnny ont de quoi être satisfaits. Aujourd'hui, les Londoniens reconnaissent rapidement les Prius grises ornées de petits logos ronds censés représenter de drôles de tomates vertes cerclées de jaune. Moins d'un an après sa création, Greentomatocars compte désormais 35 véhicules hybrides en circulation dans le centre et l'ouest de la capitale britannique. Pour faire face à une demande de plus en plus forte, les deux jeunes patrons prévoient d'équiper leur flotte de quatre à six Prius supplémentaires chaque mois. "Notre but est non seulement de rouler écolo, mais aussi d'offrir un service impeccable à nos clients, dont 80 % sont des femmes ou hommes d'affaires exigeants. En outre, la course entre le centre-ville et l'aéroport d'Heathrow coûte 35 livres, (53 euros), moins que ce que vous demande un taxi traditionnel et polluant", insistent les dirigeants de la compagnie. Un système de réservations et de suivi a été mis en place, et les chauffeurs ont reçu une formation pour conduire de manière la plus économe - qui soit. Tom Pakenham assure que ses taxis dégagent 50 % de dioxyde de carbone (CO2) de moins que les célèbres et traditionnels "black cabs" londoniens. Dans les embouteillages, ses Prius ont de beaux jours devant elles. Sur Internet : www.greentomatocars.com. Alain Constant Article paru dans l'édition du 12.01.07.
par journalLemonde publié dans : transport et infrastructures
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Samedi 6 janvier 2007
Alain Duhamel, les présidents passent lui reste LE MONDE | 06.02.07 | 14h32 A 8 heures par e-mail, recevez la Check-list, votre quotidien du matin. Abonnez-vous au Monde.fr : 6€ par mois + 30 jours offerts égolène Royal a longtemps attendu avant de lui dire ce qu'elle en pensait. Pendant un an, elle n'a pas soufflé mot à Alain Duhamel de son livre, Les Prétendants. L'affront était pourtant double. Dans la première édition, parue en janvier 2006, elle ne figurait pas parmi ses quinze portraits des plausibles candidats à la présidentielle. Dans la deuxième, parue il y a quelques jours, c'est presque pire encore. Le plus célèbre journaliste politique de France a bien rajouté quelques pages sur Ségolène Royal. Mais elle y est étrillée comme jamais, présentée comme reine du populisme et de la démagogie. PARCOURS 1940 Naissance à Caen. 1962 Diplômé de l'Institut d'études politiques (IEP) de Paris. 1963 Entre comme chroniqueur au "Monde". 1970 Première émission politique télévisée "A armes égales". 1978 Crée avec Jean-Pierre Elkabbach : "Cartes sur table". 2007 Réédition de son dernier livre, "Les Prétendants", éditions Pocket. [-] fermer L'explication a finalement eu lieu, il y a quinze jours. Au téléphone. Alain Duhamel voulait convaincre Mme Royal de la nécessité d'un débat télévisé, face à Nicolas Sarkozy. La candidate du PS n'a pas dit non. Elle n'a pas dit oui non plus. Juste : "Je suis une femme fière et vous m'avez traitée de façon humiliante..." Dans son salon, à deux pas du jardin du Luxembourg, Alain Duhamel n'en paraît pas spécialement troublé. "Si on n'a plus le droit d'écrire ce que l'on pense dans un livre !", sourit-il. Tout de même, oublier Ségolène Royal... "Mais je ne l'avais pas oubliée !, se défend-il. Simplement, elle ne rentrait pas dans mes catégories. J'en avais deux : les chefs de parti et ceux qui avaient la stature. A gauche, c'était le cas de Fabius, Strauss-Kahn, Jospin ou Hollande. Pas de Ségolène." La crise politique, justement, suppose peut-être que l'on change de catégories ? L'éditorialiste balaie vite la remarque. S'il a refusé de distinguer la candidate socialiste, malgré les conseils de tous ceux qui avaient relu son manuscrit, c'est pour une raison plus profonde. "J'ai horreur de cette démocratie d'opinion qui crée un climat d'illusion protestataire." Quant à Ségolène : "Son mélange de Tony Blair et de Virginia Woolf pourrait me plaire. Mais le style me heurte. Elle me fait l'effet de faire du ski en se servant des électeurs comme d'un remonte-pente..." Ces Prétendants sans Ségolène valent aujourd'hui à Alain Duhamel un certain nombre de vacheries de la part de ses confrères. C'est la rançon de la gloire journalistique : chaque fois que l'on commet un faux pas, tout le monde rêve de vous débarquer. Et puis, Duhamel a 66 ans, couvre sa huitième élection présidentielle comme journaliste, et ses détracteurs ont eu vite fait de le placer dans la catégorie désormais menacée des éléphants. Cela ne l'inquiète pas outre mesure. En quarante ans de journalisme politique, il en a vu d'autres. Son frère, Patrice, aujourd'hui directeur général de France 2, se souvient encore des cris de joie, le soir de la victoire de la gauche, le 10 mai 1981 : "Mougeotte, aux chi..., Elkabbach, au placard, Duhamel à la poubelle !" Patrice était chef du service politique sur la première chaîne. Alain, éditorialiste sur la deuxième. Ce dernier s'en sortit tout de même. C'est sa force à lui. Il a du talent. De la culture. Il travaille comme un stakhanoviste. Le nouveau président de la deuxième chaîne, Pierre Desgraupes, lui demanda donc de se faire discret pendant un an. Et lui laissa ensuite créer "L'heure de vérité". Duhamel note surtout en souriant que "trois jours après avoir rejoint l'Elysée, François Mitterrand m'avait tout de même appelé pour proposer que l'on se rencontre... comme avant". C'est une de ses coquetteries : pratiquement aucun responsable politique n'a jamais rompu avec lui. Même Jacques Chirac, lorsque Duhamel passait pour être le chantre des balladuriens. "Il m'appelle de temps en temps après un édito. Mais surtout en période électorale", s'amuse l'éditorialiste. Comme ce matin-là il est d'humeur à tout entendre, on lui énonce la liste des reproches qui lui sont faits : "conformiste et connivent avec le monde politique", "bourgeois", "cumulard des médias", "homme de réseaux". Cumulard, il l'admet pourtant. Pensez, une chronique à RTL, des interviews sur France 2, un éditorial au Point, un autre à Libération, puis des chroniques hebdomadaires aux Dernières Nouvelles d'Alsace, à Nice-Matin, au Courrier de l'Ouest. "Mais je ne fais jamais le même papier", assure-t-il. Six heures de lecture par jour, une écriture déliée - il ignore l'ordinateur -, le sens des formules, une érudition évidente. Et un côté "workaholic" qui terrifie ses proches. Pensez, lors de son triple pontage, il y a quelques années, il a encore dicté ses papiers de son lit d'hôpital et exaspéré son frère médecin, Jean-François, en mettant un point d'honneur à reparaître à la télévision huit jours après l'opération. Bourgeois, c'est une évidence. La famille Duhamel l'a toujours été. "Notre père était médecin, centriste, et notre mère a toujours voté à gauche, explique Patrice Duhamel. Nous étions cinq frères et soeurs, plutôt bien classés au tennis. Et Alain, à 11 ans, lisait déjà sérieusement Le Monde, assis sur le coffre en bois, dans l'entrée de la maison familiale, à l'ouest de Paris." Il joue encore chaque semaine au tennis au Racing mais roule en Solex. C'est son côté bobo... Conformiste et connivent ? Alain Duhamel hausse les épaules. Ce qui est certain, c'est qu'il y avait la plus belle brochette d'anciens premiers ministres et de ministres à sa remise de Légion d'honneur, il y a deux ans. Que sa femme, France, musicienne et grand amour de sa vie, a dirigé le 30 janvier un choeur remarqué d'épouses et d'époux de responsables politiques avec Anne-Marie Raffarin en solo soprano. Qu'on a vu des députés radieux d'avoir été invités à dîner dans l'appartement du couple, comme une consécration suprême. Mais que tout cela peut être à double tranchant : une chronique ironique ou cinglante à 7 h 40 peut vous massacrer durablement l'humeur d'un ministre. Et cela enchantera l'impétrant. Enfin, il y a les réseaux, cette difficulté supplémentaire que l'on vous rappelle dès que vous écrivez sur lui. "Tu n'ignores pas qu'il est l'ami de JMC ?" - entendre Jean-Marie Colombani, patron du Monde. Evidemment, il est aussi l'ami d'Alain Minc, président du conseil de surveillance du journal, celui de Jean-Pierre Elkabbach (Europe 1), de Franz-Olivier Giesbert (Le Point), de Laurent Joffrin (Libération), de Christine Ockrent (France 3) et d'à peu près tout ce qui compte dans le landerneau médiatique. Quant à ses détracteurs, aucun ne se risque à sortir de l'anonymat, signe indiscutable de puissance. Ses livres se vendent très convenablement. Il n'a jamais montré la moindre envie de dételer. Un jour qu'on lui demandait ce qu'il souhaiterait que Dieu lui dise, s'il le rencontrait après sa mort, il ne parla ni de sa gloire de journaliste, ni de politique, ni de pouvoir. Mais d'un souhait : "Je voudrais qu'il me rassure : "Ne vous inquiétez pas, votre femme vous rejoint dans quelques minutes"." Raphaëlle Bacqué Article paru dans l'édition du 07.02.0
par articlelemonde publié dans : portraits
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