mercredi 29 juin 2005
Elles font saliver les gourmands
Produit phare de la marque LU, les Pailles d'or sont centenaires
Gérard Philippe, directeur de l'usine LU de La Haye-Fouassière. « La recette des Pailles d'or ? » « Chut, c'est un secret ! »
L'actrive Sarah Bernhardt en parlait avec gourmandise. « Qu'est-ce qu'il y a de meilleur qu'une Paille d'or ? » « Deux Pailles d'or ». Les célèbres gaufrettes à la framboise imaginées par Louis Lefèvre-Utile à Nantes, en 1905, sont centenaires. Elles ont toujours la cote auprès des consommateurs. Depuis le mois de janvier, il y a même une version citron.
·Une idée croustillante. Difficile d'échapper à cette pâte gaufrée nappée de framboises. Avouez, vous avez déjà craqué. Allez, juste une fois. Peut-être pas adulte. Mais enfant, souvenez-vous. Perché sur un banc ou un escabeau, trop petit pour atteindre la dernière étagère. La plus convoitée forcément. Les Pailles d'or fêtent leurs cent ans. Un bon souvenir pour tous les gourmands. Cette idée croustillante imaginée par Louis Lefèvre-Utile à Nantes en 1905 se porte bien. Très bien même. Il s'en vend chaque année 2 500 tonnes, soit 14,3 millions de paquets. Deux autres chiffres : la production annuelle de Pailles d'or réalisée à l'usine LU de la Haye-Fouassière représente 200 hectares de blé et 1 000 tonnes de framboises.
·Un secret jalousement gardé. Plutôt curieux, les Pailles d'or n'ont pas de concurrent sur le marché. Ou dit autrement, il n'y a pas d'équivalent. Vous voulez savoir comment c'est fabriqué ? Pas de problème : du blé, des framboises, pas d'arôme artificiel, une pâte très fine. Mais encore ? Là franchement, inutile de questionner la direction de l'entreprise. Le secret est jalousement gardé. Pas question non plus de photographier la nouvelle ligne de production. Les machines ont été spécialement conçues pour LU. Où ? En France, mais on n'en saura pas plus. « Il y a une recette et surtout un savoir-faire que nous préservons », explique Gérard Philippe, le directeur de l'usine LU de la Haye-Fouassière. Plus du tiers - 36 %- des Pailles d'or est fait de framboises.
·Framboises serbes. Pendant très longtemps, ce sont des framboises de Loire-Atlantique qui nappaient les Pailles d'or de LU. Ce sont désormais des framboises serbes. « Une variété qu'on ne trouve que dans ce pays et en Europe centrale, en Pologne par exemple », explique la direction de l'entreprise. Elles arrivent congelées.
·Et même au citron. Une petite révolution. Depuis le mois de janvier, les Pailles d'or ne sont plus seulement à la framboise. Elles sont désormais proposées au citron. Petite entorse, un arôme artificiel est ajouté. Les citrons sont importés d'Espagne.
·Au milieu des vignes. Le fief de LU, ce fut longtemps le quai Baco à Nantes, sur les bords de la Loire. L'ancienne usine a déménagé en 1987. LU produit désormais ses biscuits au milieu des vignes à La Haye-Fouassière. 466 salariés travaillent dans cette usine qui est la première usine de biscuits française. 45 000 tonnes de gâteaux, déclinés de 130 façons sortent chaque année des neuf lignes de production. L'usine de la Haye-Fouassière produit 18 biscuits différents : Pailles d'or, Hello cookies, le Véritable petit-beurre...
·Avec les plus grands artistes. À l'époque, on ne parlait pas de plan média. Louis-Lefèvre Utile a été un pionnier. Ses idées, il est d'abord allé les chercher en Grande-Bretagne. Lorsque le succès a démarré, il a su faire appel aux plus grands artistes de son temps pour asseoir la renommée de l'entreprise : Mucha, Luigi Loir, Benjamin Rabier, Capiello. Pour les cent ans des Pailles d'or, LU a fait appel à un jeune designer : ora-ïto. Brillant et gourmand. Suffisamment gonflé pour lancer la toute première marque virtuelle sur internet en 1998. Il avait vingt ans. Depuis, le jeune Marseillais aujourd'hui implanté à Paris a séduit les grandes marques. Les dix affiches signées et numérotées des cent ans des Pailles d'or seront vendues aux enchères sur ebay du 6 au 16 octobre. L'argent récolté sera reversé au Secours populaire. Pour en savoir plus sur ora-ïto : www.ora-ito.com
Patrice MOYON.