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L'équipe de Cap 21 Pays de la Loire, vous souhaite la bienvenue sur son blog. Lancé en décembre 2004, ce blog est au service de ceux qui recherchent des articles d'information sur les sujets abordant les enjeux de santé-environnement, protection de la nature, qualité de la vie, transport, urbanisme, vie politique de la région, etc, dans une posture d'ouverture du local à l' international. Sur un même sujet, vous pouvez trouver des avis divergents, c'est fait exprès, - la source est toujours indiquée en bas de l'article -. Outre ces informations, vous trouvez nos opinions à travers nos interventions, communiqués et aussi sur le mot du jour "Contre-pente". Depuis le 11 mars 2007, à l'occasion des élections présidentielles, CAP 21 rallié résolument François Bayrou. Son score en Anjou a été magnifique (+ 23 %). Le futur MoDem, qui sera officiellement et statutaire les 1er ou 2 décembre, rassemble des hommes et des femmes venus de l'UDF, de CAP 21 et beaucoup de nouveaux militants en politique. Les 535 candidats aux législatives ont permis de confirmer l'émergence de ce nouveau parti, différent, rassembleur, troisième force politique, qui a montré sa force aux législatives, qui doit concrétiser aux prochines élections, cantonales et municipales.

Bernadette Caillard-Humeau, Conseillère municipale d'Angers, Déléguée d'Angers Loire Métropole

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Jeudi 15 mars 2007
L’éco-simulateur évalue les gains offerts par le solaire et la géothermie en M.I. L’éco-simulateur évalue les gains offerts par le solaire et la géothermie en M.I. Les propriétaires de maisons individuelles (M.I.) ainsi que les installateurs des systèmes de chauffage à énergies renouvelables peuvent désormais, en quelques clics, évaluer les gains de consommation énergétique et les économies financières obtenus suite à la pose d’un chauffe-eau solaire ou d’une pompe à chaleur géothermique. Une innovation du centre du cuivre. Explications. Les comparateurs de prix sont à la mode. Le centre d’information du cuivre, laitons et alliages a poussé la logique plus loin, et peut-être de façon plus pertinente, en lançant un "éco-simulateur" - un logiciel directement et gratuitement accessible sur le web - qui a pour vocation de promouvoir les énergies renouvelables, de faciliter le passage à l’acte, soit l’installation d’un nouveau système de chauffage, et d'offrir aux installateurs des argumentaires précis et détaillés. Le principe est simple. A partir de quelques questions basiques sur le mode de chauffage utilisé dans la maison, l’âge de la chaudière ou encore la date de construction du logement, l’éco-simulateur calcule pour l’internaute quelles économies il pourrait réaliser grâce à la pose d’un chauffe-eau solaire ou d’une pompe à chaleur géothermique à capteurs horizontaux. L’outil permet également de mesurer les émissions moyennes de CO² d’une habitation, avant et après l'installation d'un système de chauffage utilisant les énergies renouvelables. La simulation complète compte 6 étapes, et dure entre 1 et 2 minutes. "Nous avons souhaité que le système soit le plus simple possible pour éviter aux visiteurs du site de passer une demie heure à plancher sur les questions avec des factures et autres documents devant les yeux !", affirme Olivier Tissot, directeur du centre d’information sur le cuivre, laitons et alliages. Mais derrière cette apparente simplicité, le logiciel calculateur réalise des opérations savantes pour apporter des informations précises aux personnes intéressées. Les résultats sont présentés sous forme de tableaux et proposent une ou plusieurs solutions de chauffage utilisant les énergies renouvelables. Sur une seule et même page apparaissent les économies apportées par chaque solution, ainsi que les quantités de CO² rejetées. Et ça marche. "Un vrai succès", selon Olivier Tissot, qui évoque 4.500 visiteurs depuis la date officielle du lancement, le 6 mars dernier. "Ce logiciel était le chaînon manquant" Le centre dirigé par Olivier Tissot avait la volonté de s’impliquer dans le domaine des énergies renouvelables et murissait ce projet depuis plus d’un an. De nombreuses structures s’intéressent à ce secteur et le directeur souhaitait innover : "Beaucoup de sources d’information existent déjà et ce logiciel était le chaînon manquant. Il fait le lien entre les solutions proposées et les utilisateurs", dit-il. Olivier Tissot et ses collaborateurs avaient l’ambition de créer un outil à double impact, par l’information grand public et l’aide apportée aux installateurs des systèmes de chauffage à énergies renouvelables. "Il s’agit de montrer aux gens par quels moyens concrets ils peuvent se diriger vers ces énergies en leur indiquant les bénéfices qu'ils peuvent en tirer". Ainsi, côté grand public, les utilisateurs du site trouveront des adresses d’installateurs qualifiés dans leur département et une liste d’aides financières proposées pour l’installation des nouveaux systèmes. La simulation proposée par l’éco-simulateur ne prend cependant pas en compte le coût d’installation d’un nouveau système, qui change notamment en fonction des technologies utilisées. L’avantage pour les installateurs est qu’au lieu d’informer leurs clients seulement sur ce que va leur coûter l’installation, ils pourront désormais, grâce au logiciel, leur expliquer les bienfaits du solaire ou du géothermique et leur communiquer le panel d’aides financières qu’on trouve sur le site. Pour découvrir l'eco-simulateur : www.cuivre.org/ecosimul/index_eco.php [14/03/2007
par à voir sur http://www.cyberbtp.com publié dans : urbanisme architecture logement
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Mardi 30 janvier 2007
A Moisdon-la-Rivière, la vie économe de la maison autonome LE MONDE ECONOMIE | 29.01.07 | 18h13 • Mis à jour le 29.01.07 | 18h21 NANTES CORRESPONDANCE Consultez les dossiers, l'analyse approfondie des grands sujets d'actualité. Abonnez-vous au Monde.fr : 6€ par mois + 30 jours offerts C'est une bâtisse discrète, en pleine campagne, à 10 km de Châteaubriant (Loire-Atlantique). Dans ce lieu-dit "Grosbouc", à Moisdon-la-Rivière, l'oeil du visiteur est seulement accroché par l'éolienne plantée dans le jardin - 18 m de hauteur et 5 m d'envergure. Sans ce totem, on filerait son chemin sans prendre garde. "C'est une maison comme les autres, acquiesce Emile Marion, 77 ans, maire de Moisdon depuis 1995 et élu depuis 1965. Finalement, la maison autonome fait plutôt parler d'elle à l'extérieur." Les propriétaires des lieux, Patrick et Brigitte Baronnet, 60 et 58 ans, ont définitivement dit adieu aux factures d'eau et d'électricité depuis treize ans. Compteurs remisés aux oubliettes, "pour acquérir une vraie autonomie financière", mais aussi par "conviction écologique, ou plus exactement citoyenne". Pour autant, la vie n'est pas devenue ascétique. "On n'est pas revenu à la bougie. Ici, on a la télé, un ordinateur, l'ADSL !" Photopiles, éoliennes, chauffe-eau solaire assurent l'autonomie de la famille. La révolution ne s'est pas faite en un jour. Achat de la maison en 1976 pour "40 000 francs" (6 100 euros). A l'époque, l'habitation, vétuste, mesure 50 mètres carrés. "On l'a rénovée avec nos neurones et nos petites mains" : terre, chanvre et paille en guise de matières premières. Mais la conception de la maison autonome n'a rien à voir "avec un délire de baba cool", martèle M. Baronnet. La seule référence politique admise, c'est René Dumont, premier candidat écologiste à la présidentielle en 1974. "Nous avons vécu longtemps à Paris avant d'être mutés ici, comme enseignants. Vers l'âge de 20 ans, nous avons pris conscience de la surconsommation d'énergie. La course à la croissance, c'est une véritable folie, qui nous emmène à la mort. Mais, quand on énonçait un tel propos à l'époque, on passait pour un illuminé !" En se mettant au vert, M. et Mme Baronnet ont expérimenté leurs idées à domicile. Avec leurs quatre enfants. Première résolution : la chasse au gaspi. "La première source d'énergie, c'est celle que l'on ne dépense pas, affirme M. Baronnet. On a passé en revue tous les postes énergétiques d'une vie quotidienne et on n'a gardé que l'essentiel, tout en réfléchissant à des techniques alternatives..." Traduction : une douche, "c'est 5 litres maximum". Les robinets s'actionnent à coups de pédales, pour couper court à toute dilapidation. L'eau est guidée du toit vers deux citernes enterrées, 800 litres au total. CERCLE VERTUEUX Pas question de gâcher "10 à 15 litres de flotte pour la chasse d'eau". Les Baronnet ont opté pour les toilettes sèches, un système de litière de copeaux de bois. "Inodore et économique, le tout finit en compost." Une opération qui nécessite 10 minutes par semaine, mais "grâce à laquelle on obtient le meilleur engrais du monde". Pas de tout-à-l'égout ni de station d'épuration, donc, mais "quatre bassins d'épuration des eaux usées par l'action biologique de plantes. On envoie nos analyses à la direction départementale des affaires sanitaires et sociales, et il n'y a jamais de souci". Cercle vertueux : le jardin - 250 m2 - couvre plus de la moitié des besoins alimentaires de la maison. Plus besoin, évidemment, de réfrigérateur ni de congélateur. Pour conquérir son autonomie énergétique, la famille Baronnet a d'abord installé des photopiles tournantes (2 220 euros les 6 m2), complétées par un chauffe-eau solaire. Faute de solution dans le commerce - on était alors en 1997 -, M. Baronnet s'est ingénié à élaborer, avec un ami, un prototype d'éolienne. L'engin affiche une "petite puissance de 400 W. Ce n'est pas la puissance qui compte mais la quantité d'énergie fournie en un an. On a choisi une éolienne "vent faible" qui profite de la plupart des vents de la région. Elle tourne dix à douze heures par jour". Des batteries permettent de stocker le surplus d'énergie produit, "ce qui nous laisse une autonomie de quatre à cinq jours s'il n'y a ni soleil ni vent. C'est arrivé deux fois en dix ans". L'énergie est garantie sept mois de l'année par le solaire, deux mois par l'éolien. Le reste du temps, un poêle associé à un bouilleur fait l'affaire, nécessitant "l'achat de 400 euros de bois par an". A l'arrivée, "on consomme dix fois moins d'eau et d'électricité que la moyenne des Français" et... la gratuité est totale. Prix de revient final de la maison : "Moins de 35 000 euros, sachant que je n'ai quasiment pas eu recours à des artisans", précise M. Baronnet. Désormais, les Baronnet vivent de leur "art". La visite de leur maison est payante - "70 000 personnes en dix ans !" -, de même que les conférences et les stages de construction qu'ils proposent. Un prototype de "maison autonome" à moins de 25 000 euros a poussé dans le jardin. "On nous regardait comme des doux rêveurs, des crétins utopistes, aujourd'hui, on nous déroule le tapis rouge !" Yan Gauchard Article paru dans l'édition du 30.01.07.
par article tiré du journal Le Monde publié dans : urbanisme architecture logement
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Lundi 22 janvier 2007
Maisons : la fin du grand gaspillage LE MONDE | 20.01.07 | 16h04  •  Mis à jour le 20.01.07 | 16h04 A 9 heures par e-mail, recevez les titres du journal à paraître l'après-midi. Abonnez-vous au Monde.fr : 6€ par mois + 30 jours offerts os traditionnelles maisons vont devoir faire leur révolution. En 2005, les constructions françaises ont émis 135 millions de tonnes de gaz carbonique, 13 % de plus qu'en 1990 ! Une augmentation malvenue, alors que la Commission européenne recommande une réduction d'un tiers des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2020 dans les pays développés pour limiter le réchauffement planétaire. Des prototypes décoiffants de "maisons du futur", vertes et économes, fleurissent au Japon, en Suisse, en Allemagne, en Californie... mais il s'agit là de constructions flambant neuves. Le défi des pays développés va au-delà. Que faire avec tout ce qui est déjà construit ? La France compte 30 millions de logements, dont le tiers a plus de 50 ans. Et elle s'est engagée, dans le cadre de la loi de programmation et d'orientation de la politique énergétique, à diviser par quatre sa consommation d'énergie. Architectes, chercheurs et industriels cogitent pour transformer sans détruire nos lieux de vie. ISOLER TOUJOURS PLUS Le chauffage engloutit 75 % de la consommation d'énergie d'une maison. La finalité est de s'en passer, comme le démontre la "Passiv-Haus" allemande. Sous nos latitudes tempérées, une maison très bien isolée ne nécessite du chauffage que dans la salle de bains. A l'avenir, l'isolation des bâtiments se fera par une enveloppe extérieure, bien plus efficace, supplantant l'approche typiquement française de doublage intérieur. A Fontenay-sous-Bois, sur des façades classées de la fin du XIXe siècle, viennent d'être collés des panneaux de Néopor, matériau développé par BASF, qui contient des particules de graphite piégeant le rayonnement thermique. La faible épaisseur de ce matériau permet d'épouser les reliefs et respecte l'architecture originale. Autre piste, les murs émetteurs de chaleur ou de fraîcheur. Mélangées aux peintures ou crépis, des microcapsules contenant un matériau dit à changement de phase (cire ou paraffine) vont jouer, en se liquéfiant ou en se solidifiant, un effet glaçon ou chauffant, de plus ou moins 4 0 ou 5 0. Cela permet de se dispenser de climatisation en été et de réduire le chauffage en hiver. Baptisé Micronal, ce procédé BASF a été expérimenté sur 3 000 maisons outre-Rhin. Des équipes de chercheurs en Allemagne, en France, au Royaume-Uni, travaillent également sur des nanorevêtements de façade et des isolants nanostructurés. Demain, les fenêtres pourront être équipées de triples vitrages enfermant des gaz (argon, krypton). Elles deviendront même "intelligentes". Au Royaume-Uni, des chercheurs de l'University College de Londres élaborent des revêtements d'oxyde de vanadium pour que les vitres laissent passer les rayons du soleil ou, au contraire, les réfléchissent. Saint-Gobain a mis au point un vitrage "peu émissif" recouvert d'une fine pellicule d'argent qui arrête le rayonnement solaire en été et retient la chaleur à l'intérieur en hiver. 3M a développé un nanorevêtement aux propriétés similaires pour se passer de climatisation. Seul inconvénient, l'isolation à outrance confinera l'air au risque d'altérer sa qualité sanitaire. Il faudra donc aérer au plus juste. EXPLOITER TOUTES SORTES D'ÉNERGIES La première étape sera de repenser la ventilation du bâtiment. Ainsi, l'air ambiant, déjà chauffé, pourra être recyclé grâce à un réseau de ventilation "à double flux" incorporant si nécessaire de l'air extérieur. Celui-ci pourra être aspiré à travers un puits canadien, une conduite qui passe à environ 1 mètre sous terre, là où la température est constamment entre 12 0 et 15 0. Cette solution, déjà appliquée dans certaines constructions, réchauffe la maison en hiver et la rafraîchit l'été. L'utilisation du soleil ou de la lumière va également monter en puissance. En Espagne, à Castellon de la Plana, est testée une façade dans laquelle certaines briques ont été remplacées par des modules photovoltaïques. Les cellules transformant la lumière en électricité vont se glisser partout, dans des vitrages, dans des tuiles... De véritables "peaux solaires" très minces pourront envelopper des parties de bâtiments. Autre piste, de nouvelles façons de produire de la chaleur, comme les chaudières à piles à combustible, procédé électrochimique qui fonctionne à l'hydrogène. Un test est mené à Paris par l'Office public de HLM dans le 15e arrondissement depuis octobre 2006. Résultat espéré : une baisse de la facture de 10 % et une réduction des rejets de C02 de 30 %. Une quinzaine d'expérimentations sont en cours en Europe. FAIRE LA RÉVOLUTION DES LUMIÈRES Nos vieilles ampoules s'apparentent plus à des appareils de chauffage, puisque seulement 5 % de l'énergie qu'elles consomment se transforme en lumière. Aux Etats-Unis, l'Oak Ridge National Laboratory teste, sur une dizaine de constructions, un système d'éclairage de lumière naturelle grâce à un réseau de fibre optique : une parabole installée sur le toit concentre les rayons sur un miroir secondaire qui les renvoie sur l'entrée de fibres optiques qui distribuent la lumière dans le bâtiment. Selon les concepteurs, seulement deux de ces fibres suffisent à fournir une luminosité équivalente à une ampoule de 50 watt. Avant même la validation d'un tel procédé, nos maisons vont accueillir, d'ici trois à cinq ans, la révolution LED (pour light emitting diode), ces minuscules diodes dont la puissance est aujourd'hui limitée à 3 W mais la durée de vie est de 20 fois à 30 fois supérieure à celle d'une ampoule classique. Changeant de couleur à volonté, elles pourront s'insérer dans du béton, du plastique, du verre "avec des fonctions de décoration, de signalisation, dans les vitrines, le mobilier voire les chambres d'enfants, puisqu'elles ne présentent aucun danger", prévoit Bernard Duval, délégué général de l'Agence française pour l'éclairage. Dans un avenir moins proche, d'autres diodes, dites électroluminescentes organiques, les OLED, fourniront une lumière plus diffuse pour éclairer des surfaces entières, parois, plafonds, cloisons, etc. "Une fenêtre, transparente le jour, pourra se transformer en lampe la nuit, un procédé qui stimule l'imagination des designers", explique Marc Maurer, de Saint-Gobain. Le japonais Konica-Minolta pourrait être le premier à commercialiser une petite plaque luminescente OLED, dès la fin 2007. Les gouvernements financent cette course à l'innovation. Au Japon, le "Light for the 21st Century" veut faire émerger les éclairages du futur, tout comme la "Next-Generation Lighting Initiative" aux Etats-Unis, un projet public-privé, qui réunit notamment les multinationales General Electric, Kodak, Osram, Philips. Le gouvernement y consacrera 50 millions de dollars entre 2007 et 2013. Isabelle Rey-Lefebvre Article paru dans l'édition du 21.01.07. Offre Elections 2007 : Le Monde à -50%
par journal Le Monde publié dans : urbanisme architecture logement
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Vendredi 15 septembre 2006
vendredi 15 septembre 2006 Pour 100 000 €, la maison peut aussi être bio Tony Mougenot et Anne Jegat avec leurs deux enfants, Cadvael et Owen. Ils vont bientôt emménager dans le lotissement des Courtils, à Bazouges-sous-Hédé. Coût total de la maison : 100 000 €. Trop cher l'habitat écologique ? Le Forum de l'habitat sain, samedi, à Bazouges-sous-Hédé, veut démontrer le contraire. Exemple avec Tony Mougenot et Anne Jegat. Une maison à 100 000 €. Le principe avait été lancé par le ministre de l'Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement, Jean-Louis Borloo. A Bazouges-sous-Hédé, commune associée à Hédé, l'idée se décline sur le mode écologique. Avec un budget semblable, Tony Mougenot et Anne Jegat font construire leur maison en bois et paille. Ils viendront en parler samedi, lors du Forum de l'habitat sain. Pour Anne, c'était déjà une évidence : « La maison de mes parents est équipée de panneaux solaires. Et puis, j'en avais ras-le-bol des problèmes d'allergie. » L'entourage du couple est dubitatif. Certains trouvent l'idée géniale, d'autres, folle. Surtout, Tony n'est pas convaincu : « Mon épouse m'a parlé de cette idée après avoir lu un ouvrage sur la construction en paille. Ma première réaction · Un non catégorique. » Et puis, il a feuilleté le livre, s'est renseigné sur des sites internet ou dans des magazines, comme La maison écologique. Il s'est rendu sur des chantiers, et a suivi des réunions de l'association des Amis du petit patrimoine. « Avant de se lancer, il faut beaucoup s'informer. » Mettre la main à la pâte Surtout que le budget de la famille est limité : 90 000 € pour la maison, 10 000 € pour le garage, sans compter le terrain. « Prendre un crédit sur 20 ans pour une maison en paille, c'est assez hallucinant », sourit Tony. Mais c'est faisable. La maison de 85 m2 sera donc en bois, en paille, en fibre de bois et liège. « Ce qui coûte cher · La maçonnerie. Nous aurions pu aussi descendre le prix en choisissant de la laine de verre pour l'isolation. » Pour rester dans les clous, Tony et Anne ont dû aussi mettre la main à la pâte. En installant par exemple les murs en paille ou le sous bassement. « En paille, nous en avons eu pour 600 €. » Certains voisins sont même venus filer un coup de main, histoire de se familiariser avec les façons de faire. « Nous espérons faire des économies avec les frais de fonctionnement grâce au récupérateur d'eau et au chauffe-eau solaire. » Question délai, rien que du très classique. Le chantier a démarré en mars, il doit s'achever d'ici à la fin du mois d'octobre. L'installation de l'ossature n'a demandé qu'une quinzaine de jours. « Il n'y a pas encore de garantie décennale pour la paille. Cela freine les gens. Mais nous ne nous inquiétons pas, la maison ne va pas s'écrouler. » A quelques semaines de la fin du chantier, Tony et Anne sont confiants : « Nous devrions un peu dépasser le budget, mais de moins de 10 %. » La preuve que la maison écolo ne laisse pas forcément ses propriétaires sur la paille. Philippe MATHÉ. Pratique. Forum de l'habitat sain, samedi 16 septembre, à partir de 10 h à Bazouges-sous-Hédé, entre Rennes et Saint-Malo. Au programme, conférences, débats, exposition et démonstration. Des visites sont également prévues à Langouët. Entrée libre. Site internet : http://forum.bazouges.free.fr
par article pau dans Ouest-France publié dans : urbanisme architecture logement
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Mardi 12 septembre 2006
Le 11 septembre a-t-il signé la mort des gratte-ciels? En détruisant les gigantesques tours du World Trade Center il y a cinq ans, les terroristes islamistes ont attaqué un des symboles les plus puissants de l’architecture humaine. Les architectes ont-ils renoncé depuis à bâtir des gratte-ciels? «Dans les mois qui ont suivi l’attaque, certains observateurs ont suggéré que c’était peut-être la fin des gratte-ciels, mentionne Gérard Beaudet, directeur de l’Institut d’urbanisme. On évoquait la vulnérabilité de ces bâtiments et la sécurité des usagers. Pas facile d’évacuer rapidement des milliers de personnes de très hauts immeubles, que ce soit à la suite d’une menace terroriste ou d’un tremblement de terre. L’avenir ne leur a pas donné raison. En fait, on construit toujours en hauteur, particulièrement en Asie.» M. Beaudet explique que les gratte-ciels ont exercé une influence majeure sur la configuration des villes. Surtout depuis les déconvenues de King Kong accroché à l’Empire State Building. «Dans l’histoire humaine, il faut remonter aux grandes cathédrales et aux pyramides pour trouver des œuvres aussi extravagantes. Mais il y a une arrogance risquée à aller toujours plus haut. Les terroristes l’ont bien démontré.» C’est Chicago qui, à la fin du 19e siècle, a hébergé les premiers gratte-ciels. Cette métropole, considérée comme un grand laboratoire urbain, a érigé des immeubles en hauteur à la suite du grand incendie qui a ravagé une bonne partie de la ville en 1871. Par la suite, l’horizon des grandes villes américaines est devenu de plus en plus géométrique. Les gratte-ciels de New York auront un effet d’entrainement considérable sur les architectes urbains du siècle suivant. Montréal n’y échappera pas: deux tours de 8 et de 10 étages seront construites à la fin du 19e siècle sur la place d’Armes, suivies par le célèbre immeuble de la Sun Life. L’érection de la Place-Ville-Marie, dessinée par I. M. Pei dans les années 50, confèrera à Montréal son profil résolument nord-américain. Deux innovations techniques ont rendu possible l’édification des gratte-ciels, reprend M. Beaudet: la mise au point d’un squelette d’acier et l’avènement de... l’ascenseur. «Tant qu’on était limité à la pierre, on pouvait difficilement ériger des structures élevées, indique-t-il. Ça allait encore pour les flèches des grandes cathédrales, mais il aurait été impossible de multiplier les étages. En désolidarisant la structure, on permet la construction en hauteur.» Quant à l’ascenseur, son usage est intimement lié à l’électrification des villes. Impossible de penser gratte-ciel sans lui. «Son efficacité s’est améliorée avec le temps. Aujourd’hui, il allie confort et rapidité.» Petite devinette en passant: quel est le moyen de transport le plus achalandé de la planète? Eh oui, l’ascenseur. Le gratte-ciel ne s’est pourtant pas imposé partout. Si l’Asie et l’Amérique l’ont adopté, cette tendance ne s’est pas affirmée en Europe. «Pourtant, l’Europe des années 20 rêvait de villes verticales. Ce fantasme apparait de façon persistante dans les projets d’architecture et l’iconographie moderniste de l’époque. Mais cela n’a jamais décollé. Peut-être à cause d’une culture de l’acier peu présente en Europe, exception faite des gares, des viaducs et d’une certaine tour parisienne. Et il faut dire que les projets ont rencontré beaucoup de résistance sur le plan patrimonial. On ne voulait pas détruire les centres historiques.» Les gratte-ciels ont connu trois moments de gloire: après la première vague du 19e siècle, la seconde a eu lieu entre 1920 et 1930. Enfin arrivent les années 50 jusqu’à la construction du World Trade Center, achevée en 1972. M. Beaudet signale qu’une nouvelle ère pourrait voir le jour avec les grands projets asiatiques des années 90. L’utilisation de murs-rideaux de plus en plus performants permet la conception de formes qui défient l’imagination et la gravité. Les propriétaires du World Trade Center projettent eux-mêmes d’élever une tour encore plus haute que celles qui ont été réduites en cendres. Geste courageux ou imprudent? «Était-il sage ou téméraire de se lancer à la conquête du Nouveau Monde à l’époque de Christophe Colomb? D’envoyer des hommes sur la Lune? Je crois que l’humanité a besoin de prouesses.» Le gratte-ciel attire et donne du prestige à son occupant. Les loyers sont chers, mais ils trouvent preneurs. «Je crois que les tours incarnent le dynamisme du capitalisme, le dépassement. De plus, les projets les plus fous envoient un message clair aux terroristes en tous genres. Ils leur disent: “Vous ne nous aurez jamais.”» Mathieu-Robert Sauvé
par Matthieu-Robert Sauvé, article du forum de l'université de Montréal publié dans : urbanisme architecture logement
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Mardi 12 septembre 2006
Photo Armand Trottier, archives La Presse Selon Julia Bourke, professeure d'architecture à l'Université McGill et propriétaire d'une maison de paille à Montréal, l'industrie de la construction est cloisonnée dans ses pratiques et elle n'arrive pas à s'ajuster aux préoccupations environnement LA MAISON DE PAILLE L'utopie gagne du terrain André Piché collaboration spéciale, La Presse Ne cherchez pas une maison de paille dans le paysage québécois, vous ne la repérerez probablement pas. À moins de pousser l'audace et l'indiscrétion jusqu'à vérifier de l'extérieur l'épaisseur des rebords de fenêtres, équivalents à la largeur d'un ballot de paille. Le ballot étant ici utilisé comme isolant principal encastré dans une ossature de bois. Malgré un modeste volume, cette habitation suscite de plus en plus d'intérêt. Mine de rien, il y aurait quelques centaines de maisons de paille au Québec, disséminées un peu partout en zones rurales et urbaines. Pour le moment, une seule d'entre elles a levé de terre à Montréal, en 1999, dans le quartier Centre-Sud. «Nous avons surmonté plusieurs contraintes administratives avant de débuter les travaux. Nous avons dû obtenir certaines dérogations aux règlements d'urbanisme», dit Julia Bourke, heureuse propriétaire de la maison et professeure d'architecture à l'Université McGill. Parmi les difficultés rencontrées, soulignons que Montréal interdit les toits en pente, pas plus qu'elle ne permet l'utilisation de crépis dans les quartiers centraux. Les parements doivent obligatoirement être de brique ou de pierre. Pourtant, l'engouement pour ce nouveau type de construction est bien présent. Selon Mme Bourke, l'industrie de la construction est cloisonnée dans ses pratiques et elle n'arrive pas à s'ajuster aux préoccupations environnementales grandissantes. «Afin d'avoir une meilleure emprise sur la préservation de l'environnement, de contrôler la qualité de l'air et d'obtenir de meilleurs rendements énergétiques pour réduire les émissions de CO2, les gens se tournent alors vers des techniques de construction alternatives», dit-elle. En effet, l'habitation écologique n'est plus le fait de quelques marginaux. À en juger, les cours offerts par le groupe Archibio, organisme voué à la promotion de l'habitat écologique, attirent des clientèles de plus en plus variées. Deux fois par année, une quarantaine de personnes s'inscrivent aux stages d'initiation à cette approche écologique. «La clientèle a évolué au fil des ans. Nous voyons même des spécialistes de la construction participer à nos formations», affirme Pascal Morel, porte-parole d'Archibio. Les intervenants du milieu s'entendent toutefois pour dire que les entrepreneurs offrant ce service se comptent hélas sur les doigts d'une seule main. Si l'existence d'Archibio s'est d'abord imposée pour répondre aux besoins en autoconstruction, le profil du consommateur évolue aujourd'hui vers la construction assistée. L'organisme répond annuellement à pas moins de 1000 personnes attirées par l'habitat alternatif. À sa création en 1991, Archibio ne comptait que des autoconstructeurs parmi ses membres. Ce n'est plus le cas. Aujourd'hui, on veut bien habiter une maison écologique répondant à ses besoins, sans pour autant se lancer tous azimuts dans des travaux exigeants en temps et en compétence. «C'est une approche nouvelle où le propriétaire conserve la maîtrise d'oeuvre tout en confiant les travaux à des sous-traitants, un procédé qui demande un changement d'attitude chez l'entrepreneur», avance Pascal Morel. Selon les matériaux et la finition choisis, les coûts de construction d'une maison de paille s'apparentent à ceux d'une maison conventionnelle. Il est suggéré de monter soi-même la structure de ballots de paille - en invitant parents et amis à participer à une expérience inoubliable et, pourquoi pas, festive. C'est l'étape la plus longue et celle qui ne demande pas de main-d'oeuvre spécialisée. Une technique éprouvée Il y a différentes méthodes pour construire sa maison de paille et l'une de ces techniques, mise au point dans les années 90 par le Groupe de recherches écologiques de la batture (GREB) à La Baie, a la cote chez les connaisseurs. Depuis l'année 2000, le GREB est aussi et surtout un «éco-hameau» comptant six maisons, dont cinq de paille. Cette technique connaît d'ailleurs une carrière outre-atlantique et elle est décrite dans un livre paru l'an dernier en France sous le titre Construire son habitation en paille selon la technique du GREB. Brièvement, elle consiste à construire une double ossature légère en bois, fixée à une dalle conventionnelle, pour y installer les ballots de paille enrobés d'un mortier léger coulé. On peut rapidement monter la charpente de bois et dès lors fixer le toit, la meilleure façon pour se mettre à l'abri de la pluie et continuer à monter ses ballots de paille au sec. La composition des enduits a également progressé au cours des cinq dernières années. D'essai en essai, l'utilisation d'enduits d'argile et de chaux est désormais privilégiée, au lieu des enduits de ciment, de sable et d'argile. L'imperméabilité de la chaux à l'eau de pluie et sa perméabilité à la vapeur d'eau favorisent les échanges thermiques tout en protégeant l'argile. «Largement utilisés partout dans le monde sauf au Québec, la chaux et l'argile sont des matériaux fiables qui ont fait leur preuve depuis toujours», rappelle Pascal Morel. La vigilance est de rigueur Pionnier de la construction écologique depuis les années 70 au Québec, l'architecte Michel Bergeron donne toutefois un avertissement:une maison de paille pourrait échouer à des tests «d'infiltrométrie» si la pose des fenêtres et des portes est déficiente. Ce n'est pas tant les rendements thermiques des murs ou de l'isolant qui priment comme tels, mais bien l'efficacité et la qualité de la mise en oeuvre. «En matière d'efficacité, nous avons fait un bond ces 20 dernières années. Le marché offre des matériaux énergétiquement performants. C'est le travail humain, les installations impropres et expéditives qui altèrent l'efficacité des matériaux, si performants soient-ils», précise Michel Bergeron. Qu'on se le dise, la vigilance dans le suivi des installations et dans la confection des joints est de mise. ________________ Pour en savoir plus: www.archibio.qc.ca http://approchepaille.free.fr
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Mardi 18 avril 2006
Alors que le maire d'Angers parle en conseil municipal de normes HQE "pragmatisé", l'exemple rapporté par le journal Le Monde nous fait part d'un projet basé sur le "zéro énergie". C'est sans doute la meilleure norme qu'il soit ! Exemple à suivre de près à Limeil-Brévannes. LE MONDE | 18.04.06 | Les paris de la première école "zéro énergie" en France Le futur groupe scolaire, conçu par les frères Serge et Lipa Goldstein, offrira, sur deux niveaux, 5 classes de maternelle et 7 classes de primaire. Pour arriver à l'objectif fixé, il lui faudra non seulement produire son énergie mais surtout réduire ses consommations de façon drastique. Le gros du gain passe donc par une très forte isolation et par une gestion optimale de l'énergie. VERRIÈRES ET CAPTEURS Les classes, largement vitrées, profiteront au maximum de l'ensoleillement. Les vitrages sont devenus si performants qu'ils laissent entrer davantage de calories qu'ils n'en laissent sortir. L'épaisseur d'isolant, habituellement de 8 à 10 cm, passera à 20 cm. Les ponts thermiques seront supprimés. Grâce à ces précautions, les besoins de chauffage oscilleront entre 10 et 13 kW/h par m² et par an, contre 50 pour des bâtiments normaux. Une pompe à chaleur puisant l'énergie dans le sol assurera la majeure partie du chauffage. L'eau chaude sanitaire sera fournie pour les trois quarts par 30 m² de capteurs en toiture, le reste étant électrique. Installés sur le toit, 650 m2 de panneaux photovoltaïques fourniront l'électricité, dont la consommation (éclairage, ventilation, ascenseurs, informatique, etc.) constitue le poste le plus difficilement compressible. L'éclairage naturel sera optimisé. Ainsi, les couloirs, situés l'un au-dessus de l'autre, seront transparents (verrière et dalles de verre), permettant à la lumière zénithale de traverser le bâtiment de haut en bas. Des cellules photoélectriques empêcheront d'allumer la lumière - ou l'éteindront automatiquement - si la luminosité est jugée suffisante. Mieux, des graduateurs adapteront l'éclairage à l'intensité lumineuse. Dans les espaces fréquentés selon des horaires variables, comme la bibliothèque, des capteurs de CO2 - que dégage notre corps - régleront l'aération en fonction du nombre de personnes présentes. Les locaux occupés à des heures fixes, comme les salles de classe, seront aérés par un système réglé sur une horloge. Selon les saisons et l'humeur de la météo, l'école vendra ou achètera de l'électricité à EDF. L'objectif, sur un an, étant qu'elle en produise autant qu'elle en consomme. Le maire de Limeil-Brévannes, Joseph Rossignol, espère même qu'elle en fabriquera davantage. Le simple équilibre rendra le groupe scolaire bénéficiaire. En effet, EDF sera tenue de lui racheter le kW/h à 15 euros alors qu'elle le lui vendra à 6 centimes. Le gain devrait atteindre 6 000 euros par an. Si la commune se met à l'abri des augmentations tarifaires, elle ne s'enrichira pas pour autant. En effet, les seules photopiles et leur installation coûteront 350 000 euros. Le coût des travaux tournera autour des 5 millions d'euros dont 1,6 million de surcoût par rapport à un bâtiment normal. Les premiers élèves devraient arriver en septembre 2007. Francis Gouge Article paru dans l'édition du 19.04.06
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Jeudi 23 mars 2006
Logement. Maria Gravari-Barbas, géographe, dit pourquoi les lieux singuliers attirent... mais compliquent la vie. «Habiter le patrimoine, vivre dans un ailleurs» par Brigitte VITAL-DURAND QUOTIDIEN : vendredi 24 mars 2006 Jouer à la princesse ou au meunier, transformer une serrurerie en loft informel ou une vieille école en maison de campagne... Outre l'attirance classique pour le beau château ou l'hôtel particulier, se développe un désir de lieux d'habitation a priori moins nobles, comme les usines, les ateliers, mais aussi des endroits dont le passé peut être tragique ; un blockhaus, par exemple. Le patrimoine n'est plus seulement oeuvre d'art ou but de visite, il est aussi lieu de vie. Explications de Maria Gravari-Barbas, géographe, professeur à l'université d'Angers, chercheur à l'UMR Espaces et Sociétés et directrice de la Fondation hellénique de la Cité internationale universitaire de Paris (1). Sur le même sujet Nouveaux fantômes dans la maison de Wagner Comment interpréter ce désir d'investir le patrimoine ? La notion de patrimoine englobe des lieux plus divers que les monuments historiques auxquels on faisait référence dans le passé. Surtout, on se trouve devant pléthore de lieux «patrimonialisables» : la désindustrialisation, la désaffectation de lieux occupés par l'industrie, le commerce, les chemins de fer, l'armée ou la marine, voire la religion, ont généré une multitude d'espaces susceptibles d'être utilisés par d'autres fonctions, y compris la fonction résidentielle. Cette tendance, entamée il y a plusieurs années par l'occupation des espaces commerciaux et industriels des centres-ville et leur transformation en loft, se poursuit par l'occupation de lieux de plus en plus atypiques, chapelles, moulins ou anciennes usines. Que fait-on pour s'approprier ces lieux à «épaisseur historique» ? C'est l'appropriation du temps qui permet l'appropriation de l'espace. Habiter le patrimoine implique l'intégration de l'épaisseur historique, mémorielle, sensible des lieux habités. Concrètement, cela peut se manifester par des recherches historiques sur le lieu, ce qui se fait depuis bien longtemps sur les châteaux. Ou sur les anciens propriétaires, les nouveaux ­ bourgeois ou nouveaux riches ­ tâchant d'établir une sorte de parenté en inscrivant leur propre généalogie dans le lieu. Dans une moindre mesure, on rencontre le même phénomène dans des endroits plus variés et plus modestes : l'appropriation de la ferme, de la bastide, se fait par l'appropriation des histoires personnelles ou familiales de ceux qui y ont habité. Il n'est pas neutre d'habiter dans du patrimoine ? Cela entraîne certainement des contraintes souvent lourdes à supporter, qu'elles soient financières, techniques ou réglementaires. Il faut accepter de vivre dans des lieux qui ne sont pas toujours aux normes de l'habitabilité. Dans le cas des lieux protégés en particulier, le «droit de regard» des experts (architectes en chef des monuments historiques ou autres) est quelquefois difficile à accepter. Victor Hugo l'a bien exprimé en disant que «la façade d'une maison est à celui qui la regarde». Cela peut être un exercice difficile, le résultat de négociations et d'ajustements divers entre l'Etat et ses relais décentralisés, la technostructure, les associations, les touristes. Cela peut aussi flatter l'ego et ajouter de la valeur symbolique aux yeux du propriétaire. Il y a bien sûr une plus-value importante, souvent économique, le plus souvent symbolique. Dans le contexte de nos sociétés occidentales, où la légitimité sociale passe par l'inscription dans le temps long, l'historicité du cadre habité est souvent utilisée pour la renforcer. Cela est vrai pour les lieux prestigieux, mais aussi pour des lieux de plus en plus divers : fermes, boutiques ou anciens entrepôts... La facilité de déplacement permet d'aller chercher son «lopin patrimonial» de plus en plus loin : une île grecque ou un ryad marocain. Cette plus-value symbolique, valable pour les populations aisées, peut l'être aussi pour les populations démunies qui habitent par exemple un centre-ville ancien : habiter le patrimoine peut leur conférer un statut qui contraste souvent avec celui que leur nie leur vie quotidienne, le sentiment de vivre dans un lieu dont la valeur est reconnue par le plus grand nombre. Pourquoi choisit-on d'habiter le patrimoine ? Habiter dans un lieu ayant un passé (noble ou bourgeois, commercial ou ouvrier) incite à tisser avec lui une double relation : un rapport à l'espace et au lieu, certes, mais aussi un rapport au temps. C'est cette fusion entre le temps et l'espace qui «fait» patrimoine, et c'est ce qui est recherché lorsqu'il y a choix délibéré d'habiter un lieu patrimonial. Habiter le patrimoine implique d'une certaine manière d'accepter de vivre dans un ailleurs. On y joue presque un rôle ? Effectivement. Si l'on a choisi d'y vivre et si l'on a les moyens d'assumer son choix, on devient un petit conservateur en chef. On peut aussi rentrer dans un jeu de rôle ; on devient marquis, meunier, bergère. On marque le lieu en le restaurant, en le meublant, en le rétablissant à un état antérieur, réel ou hypothétique. En même temps, on est marqué par le lieu. On subit et on transforme les spatialités patrimoniales. En ce sens, habiter le patrimoine, c'est un peu être habité par le lieu. (1) Lire Habiter le patrimoine. Enjeux. Approches. Vécu, sous la direction de Maria Gravari-Barbas, Presses universitaires de Rennes.
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Samedi 11 mars 2006
La métropole lilloise va créer un important "écoquartier" LE MONDE | 10.03.06 | 14h23  •  Mis à jour le 10.03.06 | 14h23 Lille, correspondance En février, Lille Métropole a adopté un plan environnemental de 90 actions, fruit de quatre ans de travail avec les 87 communes de l'agglomération. Concrètement, six chantiers vont démarrer à partir de cette année. Afin de s'engager dans la lutte contre le réchauffement climatique, Lille Métropole va mettre en place un "plan climat" d'économie d'énergie pour les bâtiments et les transports publics. Dès 2007, les bus urbains rouleront grâce à l'utilisation de déchets valorisés. Les autres chantiers portent sur la sensibilisation du public au développement durable. "Pour faire comprendre pourquoi il est urgent de changer les comportements, explique Simone-Astrid Scharly, présidente de la commission développement durable de Lille Métropole, nous allons montrer les réalisations de notre collectivité. Tout le monde est convaincu qu'il faut changer nos habitudes. Mais, à titre individuel, très peu sont convaincus de l'urgence." En ville, les techniques d'aménagement durable vont être généralisées à travers un assainissement pluvial alternatif, la récupération des eaux de pluie et l'utilisation de matériaux recyclés. La place du vélo sera renforcée, et des actions ciblées vont porter sur la qualité environnementale et l'habitat, le tri, le réemploi des déchets et l'agriculture biologique. Mais le projet le plus spectaculaire porte sur la réalisation d'un quartier de haute qualité environnementale. Des expérimentations existent déjà à l'échelle de bâtiments dispersés dans la métropole et dans la région. Mais Lille Métropole veut aller plus loin et cherche un site - pour 10 000 habitants - où seraient maîtrisés les besoins en énergie, en espaces, en déplacements, le tri sélectif, etc. L'objectif est "d'expérimenter l'application du développement durable à l'échelle d'un quartier (...) en concertation avec les habitants", explique-t-on à la Communauté urbaine de Lille. Mais, prévient Mme Scharly, il n'est pas question de "faire de ce quartier témoin un truc pour bobos, mais au contraire d'y intégrer la mixité sociale". Restent les questions du lieu et du coût, encore difficilement estimable. "L'urgence écologique, insiste Mme Scharly, va de pair avec l'urgence sociale. Les personnes les plus défavorisées sont en effet les plus éloignées des préoccupations environnementales." Aucun "écoquartier" de cette taille n'existe aujourd'hui en France, alors qu'on en trouve des exemples dans de grandes métropoles européennes comme Stockholm, Hanovre, Fribourg ou Malmö. Philippe Allienne Article paru dans l'édition du 11.03.06
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Samedi 4 février 2006
"Toute architecture engage une vision de la ville" LE MONDE | 03.02.06 | 13h29  •  Mis à jour le 03.02.06 | 13h29 Christian de Portzamparc Cherchant à dire ce qu'est l'architecture, ce qu'elle transforme, cherchant à cerner quel est le territoire de la pensée qu'elle soulève, je voudrais évoquer tout ce vaste champ qui nous est accessible et s'ouvre à notre regard sur la surface de la Terre... Là où nous sommes apparus, là où nous marchons, respirons et oeuvrons. Ce champ qui nous rend visibles toutes choses, celles qui étaient déjà là et celles que nous produisons, nos habitats, nos objets, nos millions d'objets disséminés sur les plaines au milieu des arbres et des fleuves. Tout cet espace que nous modelons sans cesse, ce milieu sensible, transformé, produit par l'homme sur la planète, est un artefact, un double artificiel de la nature, fait pour nous servir. Et il nous échappe de plus en plus. C'est un révélateur du monde honnête, implacable même s'il faut savoir regarder. Pour moi c'est bien cette production, ce dialogue incessant de l'homme avec son milieu qui définirait notre intérêt pour l'architecture. OAS_AD('Middle'); Christian de Portzamparc L'architecte est né à Casablanca (Maroc) en 1944, il est notamment l'auteur d'ouvrages architecturaux destinés à l'art : le conservatoire de musique Erik-Satie (Paris, 1981-1983) ou la Cité de la musique (Paris, 1990-1995). Architecte de la tour Bandaï à Tokyo en 1994 et de la tour LVMH à New York l'année suivante, il reçoit en 1995 le Pritzker Price, la plus haute distinction en architecture. Parmi ses dernières réalisations : l'ambassade de France à Berlin et le nouveau siège du Monde (2004). Je n'envisage pas l'architecture comme pensée sans comprendre cette condition urbaine élargie dans son entier. Toute architecture engage une vision de la ville qui dépasse le bâtiment exécuté, et dans presque toute situation une architecture suppose ou contredit, consciemment ou non, un modèle d'agrégation urbaine. Imaginer l'architecture autrement, c'est réduire sa portée sociale, historique et culturelle. Je vois la ville comme immense accumulation de bâtis, de réseaux, de voies rapides, de ponts, de jardins, de réservoirs, de véhicules, de stockages, de décharges, de gigantesques boîtes ou lieux de commerce et de distraction. Cette ville n'est pas seulement en transformation constante et retardée, elle est un défi, elle a explosé, on le sait, elle accueillera 3 milliards de personnes l'an prochain, soit 50 % de la population mondiale, et d'ici à 2030 les citadins devraient être près de 5 milliards. Ce phénomène génère une situation de crise chronique, une inadaptation massive des lieux, des structures à la vie. Ce thème, qui pourrait s'appeler celui de la crise vitale de la ville contemporaine, est devenu un leitmotiv, une définition de l'ère moderne qui fut énoncée, dès 1925, par Le Corbusier et devint le point de départ de son aventure intellectuelle. Il n'y a pas une seule vérité en architecture. Il suffit aujourd'hui, lors d'un concours d'architecture, de regarder les projets proposés. Nous sommes frappés de découvrir que face à un problème complexe, précisément posé, conditionné par les mêmes facteurs, il peut y avoir plusieurs bonnes réponses. Rien ne se ressemble. (...) L'incertitude est la vérité. Elle entoure tout projet d'architecture. Les bons architectes se sentent responsables de ce qu'ils ont fait d'un programme et d'un site. L'artiste n'a pas de comptes à rendre — l'architecte si. Certains pensent qu'ils ne sont responsables que devant celui qui les paye. Défaut grave d'éthique, ou de passion... Car la responsabilité dont je parle, nous ne la vivons pas comme un lourd fardeau que nous assumons avec un bel altruisme ; il y a certes de l'engagement civique, politique, mais il y a aussi la passion du jeu créatif, de la vie, de la ville et je vais employer un mot qui est un tabou : de la beauté. Et, de plus en plus, les promoteurs, face à des sites et à un environnement sensible et au questionnement redouté du public, commencent à considérer que l'architecte doit être le garant de cette responsabilité civique. A l'époque moderne, et j'appellerai l'époque du mouvement moderne celle du XXe siècle, il y avait une doctrine, comme à toutes les époques antérieures, qui par périodes successives ont eu leur style admis par tous. Aujourd'hui, il n'y en a plus. C'est le trait majeur de notre nouvelle modernité : il n'y a plus de doctrine partagée. Il n'y a plus de conventions, de méthode, de style légitime d'époque. A l'ère de la technique et après toutes les visions déterministes du monde qui l'ont fait advenir, le maître d'oeuvre du bâtiment, enlacé d'un corset de règlements et de normes, est absolument libre sur toute la Terre de suivre son idée, son caprice, son génie ou son ignorance sans qu'aucun modèle désigné et aucune autorité ne puissent atténuer ce vertige. N'est-ce pas magnifique ! c'est aussi très problématique. Certes il y a des explications, des présentations devant des associations d'habitants, des avis, des refus donnés par des commissions qui sont certes nécessaires. Mais on sait comment Churchill définissait le chameau : "C'est un cheval dessiné par une commission." (...) La production du bâti répond à un marché important et n'a pas l'angoisse de la page blanche. A-t-elle besoin de l'architecte ? Pratiquement non. Les plans d'une grande part de ce qui se construit dans le monde depuis cinquante ans sont faits par des bureaux techniques où il n'y a pas à proprement parler d'architecte au sens où j'ai parlé de celui qui se porte responsable devant la collectivité et l'esprit du temps. La construction courante mondiale reproduit depuis quelques décennies des formules rentables ; elle étale le plus souvent, couche après couche, ce que Rem Koolhaas, sous le titre "junk space", a caractérisé comme des sommes de décisions non prises. La machine productive, en effet, avance toujours. (...) Et la croissance des villes s'est poursuivie, chaque décennie apportant ses contradictions, ses nouveautés, et se heurtant aux précédentes. Pourquoi l'agrégation ne se fait-elle plus facilement ? Est-ce l'esprit de géométrie ou l'esprit de finesse qui a manqué ? Je suis de ceux qui pensent que c'est le second. Mais c'est surtout le temps, le temps pour les idées de mûrir. Dans un premier temps ces appels de l'architecte ont permis de préparer les esprits et les méthodes. Les efforts de planification, de production ont été considérables et ils ont répondu à des besoins urgents. Mais la réalité a résisté. Avec la ville, le rêve de la technique s'est heurté à un obstacle spatial, social et matériel. 1 | 2 | 3 | suivant Christian de Portzamparc Article paru dans l'édition du 04.02.06 OAS_AD('Bottom');
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