vendredi 10 mars 2006
L'agglo inquiète pour ses ressources
Jean-Claude Antonini et André Despagnet tentent de rassurer les maires
Les élus du Grand-Angers sont inquiets : comment financer tous les équipements que l'agglo a lancés ? Avec plus d'impôts ? En attendant, la seconde ligne de tramway semble bien s'éloigner.
L'agglomération angevine sera-t-elle en mesure de financer les nombreux et gros investissements qu'elle a lancés ? Ne sera-t-elle pas obligée de lever de nouveaux impôts ? Ou de réduire ses versements aux communes ? Sur quelles aides de l'État compter quand il tend à les réduire ?
Ces questions ont occupé une heure de riche débat, jeudi soir, à la communauté d'Angers Loire Métropole. Un débat lancé à la dernière réunion, le 9 février ; renouvelé, hier, parce qu'il n'avait porté que sur les orientations budgétaires de 2006. Or, il faut, désormais, examiner aussi les engagements pris sur plusieurs années.
À la demande de Bernard Dupré (opposition municipale angevine), qui avait déposé un recours en ce sens (1), un second débat a donc eu lieu, hier soir, avant une seconde séance pour voter le budget 2006 (lire notre prochaine édition).
La crainte d'impôts supplémentaires
80 millions d'euros seront investis cette année, mais 103 en 2007 et 110 en 2008. Et, en raison des engagements déjà pris pour les déchets, l'eau potable, l'assainissement et les transports (le tramway) l'agglo sait qu'elle devra encore débourser 402 millions d'euros après 2008.
Avec Bernard Dupré, la droite angevine pense qu'il faudrait dès maintenant faire des choix, à commencer par un report de la seconde ligne de tramway. Paul Mareau, le maire de Sainte-Gemmes-sur-Loire, en annonçant l'abstention de sa commune sur le budget 2006, à la demande unanime de son conseil (majorité et opposition), s'inquiète aussi de ces « investissements accumulés : quoi retarder ou annuler, pour ne pas pénaliser les contribuables · » Claude Genevaise, le maire de Saint-Sylvain, affirme : « Si on doit imaginer de faire appel à l'impôt des ménages, ou diminuer le soutien de l'agglo aux communes, il faut le dire tout de suite ».
La 2e ligne de tram s'éloigne
Philippe Bodard (Mûrs-Erigné), Marc Goua (Trélazé), Daniel Raoul (Angers) tentent de calmer les inquiétudes, sans les nier. Et ils estiment difficile d'imaginer les recettes des collectivités après 2007, en fonction du résultat des élections présidentielle et législatives.
André Despagnet, le vice-président aux finances, récuse, chiffres à l'appui, toute « improvisation ». Même pour le tram, dont il détaille le financement. « La 1re ligne se fera sans appel au contribuable ».
Citant Lyautay (« L'audace n'est pas déraison ») le président de l'agglo, Jean-Claude Antonini ajoute : « Ne jouons pas à nous faire peur ». Il précise : « Je prends l'engagement de ne pas modifier la dotation de soutien aux communes. De ne pas passer à une autre fiscalité additionnelle d'ici 2008. De ne pas augmenter la taxe professionnelle ». Après, ce sera aux élus des municipales de 2008 de décider.
Quant à la seconde ligne de tram, André Despagnet ne craint pas de l'envisager seulement à l'horizon 2015. Et Jean-Claude Antonini : « Faisons la première ; elle est finançable. Dans, six, huit, neuf ans ou plus, l'assemblée de l'agglomération prendra la décision pour la deuxième ».
Alain BODY.
(1) Recours accepté, dit le président Jean-Claude Antonini, après avis de la préfecture, pour « ne pas retarder l'adoption et la mise en oeuvre du budget ». En revanche, il a critiqué sèchement Margaret Perry (autre opposition municipale angevine), qui souhaitait le report du vote du budget (O.-F. du 9 mars). Accusée de « tentative hasardeuse de blocage des institutions », celle-ci a quitté la salle, entre le débat et le vote du budget.