Bienvenue

Le 18 octobre, une journée record : 2489 pages vues. Prévision du mois : 22225 pages vues et 5089 visiteurs. Merci de votre intérêt.

L'équipe de Cap 21 Pays de la Loire, vous souhaite la bienvenue sur son blog. Lancé en décembre 2004, ce blog est au service de ceux qui recherchent des articles d'information sur les sujets abordant les enjeux de santé-environnement, protection de la nature, qualité de la vie, transport, urbanisme, vie politique de la région, etc, dans une posture d'ouverture du local à l' international. Sur un même sujet, vous pouvez trouver des avis divergents, c'est fait exprès, - la source est toujours indiquée en bas de l'article -. Outre ces informations, vous trouvez nos opinions à travers nos interventions, communiqués et aussi sur le mot du jour "Contre-pente". Depuis le 11 mars 2007, à l'occasion des élections présidentielles, CAP 21 rallié résolument François Bayrou. Son score en Anjou a été magnifique (+ 23 %). Le futur MoDem, qui sera officiellement et statutaire les 1er ou 2 décembre, rassemble des hommes et des femmes venus de l'UDF, de CAP 21 et beaucoup de nouveaux militants en politique. Les 535 candidats aux législatives ont permis de confirmer l'émergence de ce nouveau parti, différent, rassembleur, troisième force politique, qui a montré sa force aux législatives, qui doit concrétiser aux prochines élections, cantonales et municipales.

Bernadette Caillard-Humeau, Conseillère municipale d'Angers, Déléguée d'Angers Loire Métropole

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog
Jeudi 14 avril 2005

LE MONDE | 11.04.05 | 14h02

Un projet de centre d'enfouissement des déchets met Concoret en émoi. Ce village du Morbihan, en limite de la forêt de Brocéliande, est réputé pour son château de Comper où, selon le mythe arthurien, naquit la fée Viviane.
"Cela va nuire à notre image et il y a incompatibilité avec la nature du sous-sol", selon Philippe du Monteil, président de l'association Sauvegarde de Brocéliande.
Le projet émane du Smictom de Saint-Méen-le-Grand (Ille-et-Vilaine). Ce Syndicat intercommunal de collecte et de traitement des ordures ménagères travaille pour 65 communes d'Ille-et-Vilaine, des Côtes-d'Armor et du Morbihan. Actuellement, il exporte ses déchets. Tous les jours, cinq ou six semi-remorques prennent la route du site de stockage de Changé, en Mayenne. Le président du syndicat, Philippe Chevrel (div. d.), s'interroge sur le coût des trajets, "2 millions d'euros par an", et sur la nature du procédé. "C'est facile, dit-il, d'envoyer ses déchets ailleurs."

Le Smictom a opté pour l'enfouissement en centre technique. Les matières recyclables seraient séparées des déchets fermentables destinés à faire du compost. Le reste, les "déchets ultimes", serait enterré. Le site retenu, propriété du Smictom, est sur la commune de Gaël, mais il est, en réalité, plus proche de Concoret.
Autrefois, il y avait là une décharge et, jusqu'à l'an dernier, une unité de broyage. Mais le futur centre s'étendrait sur 12 hectares. L'opposition au projet est d'autant plus vive qu'une entreprise exploite déjà, à proximité, une plate-forme de fermentation de déchets verts et de fientes de volailles. Les élus de Concoret comme ceux de Gaël y sont opposés.

L'enquête publique a eu lieu. Elle a débouché sur un avis favorable, à deux réserves près : la première liée à la forte fréquentation touristique des lieux, la seconde à la présence d'une faille dans le sous-sol de schiste rouge. Le syndicat a donc décalé l'implantation du futur site de 40 mètres pour l'éloigner un peu des limites de la forêt. Un expert géologue a été désigné pour l'analyse du sous-sol. Ces précautions n'ont pas, pour le moment, rassuré les habitants.

Gabriel Simon

par Vannes de notre correspondant publié dans : environnement, santé & environnement
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 4 avril 2005
ARTICLE OUEST-FRANCE Une étude de 1 300 experts détermine le coût de la dégradation de la Terre L'homme abuse de son capital naturel A force d'exploiter sans mesure les ressources de la Terre, l'homme en vient à menacer sa propre survie. Commandé par l'Onu, un rapport de 1 300 experts sonne le tocsin. Préserver la nature est aussi un impératif économique vital. « Un suicide économique » : c'est à cela que revient l'exploitation forcenée des ressources naturelles. Klaus Toepfer n'y va pas par quatre chemins. Si la nature est source de beauté, de spiritualité, elle « a aussi une valeur économique qui a longtemps été ignorée », rappelle le directeur du programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue). Le volumineux bilan que viennent de réaliser 1 300 chercheurs de 95 pays (Évaluation des écosystèmes pour le millénaire), à la demande de l'Onu, démontre l'urgence d'un changement radical dans notre façon de traiter la planète. Menacées d'extinction Au cours des cinquante dernières années, l'homme a plus profondément modifié les écosystèmes qu'il ne l'avait fait de toute son histoire. Davantage de terres ont été converties à l'agriculture depuis 1945 qu'au cours des deux siècles précédents. Plus de la moitié des engrais azotés synthétiques fabriqués depuis leur invention (en 1913) ont été répandus ces vingt dernières années. Et, aujourd'hui, entre 10 % et 30 % des espèces de mammifères, d'oiseaux et d'amphibiens sont menacées d'extinction. Quelle est la valeur économique d'une mangrove en Thaïlande ? 1 000 dollars l'hectare si elle est intacte, 800 dollars seulement si elle est convertie à l'élevage de crevettes, répondent les experts. Ils estiment que la tourbière côtière Muthrajawela marsh, au Sri Lanka, rapporte 5 millions de dollars par an par la maîtrise des inondations qu'elle assure. D'une façon, générale, par les bénéfices qu'ils procurent, les écosystèmes intacts et sains ont une valeur supérieure aux écosystèmes transformés ou dégradés. Les experts ont aussi à déterminer le coût de la dégradation des milieux et ressources naturelles. A Terre-Neuve, où la surpêche de la morue a abouti à son épuisement au début des années 90, des dizaines de milliers de personnes se sont retrouvées sans emploi. Coût des allocations chômage et de la reconversion des chômeurs : 2 milliards de dollars. En Angleterre et en Écosse, la pollution des eaux douces par l'utilisation excessive de fertilisants et par les eaux usées pèse 160 millions de dollars par an. Fin des années 90, un incendie a détruit 10 millions d'hectares de forêts en Indonésie : l'addition atteint 9 milliards de dollars en soins de santé, production de bois et revenus touristiques perdus. Restaurer coûte plus cher Enfin, affirme l'Onu, il est beaucoup moins coûteux de préserver un écosystème que de le remettre en état une fois qu'il a été dégradé. L'État de Louisiane (États-Unis) va devoir dépenser 14 milliards de dollars pour restaurer 10 000 km2 de marais et d'îles, après avoir compris qu'ils faisaient rempart à la montée des eaux, lors d'ouragans. La dévastation des richesses naturelles augmente aussi la fréquence et l'intensité des inondations et des incendies. Les transformations des milieux, comme la déforestation, influent sur l'abondance des agents pathogènes tels que malaria ou choléra. Globalement, cet état des lieux évalue à 60 % la dégradation ou la surexploitation des « services » fournis par la nature et qui permettent la vie sur Terre. Loin d'être optimiste, il prévoit que cette dégradation va, si rien ne change, se poursuivre et s'aggraver durant les cinquante prochaines années. Serge POIROT.
publié dans : environnement, santé & environnement
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 4 avril 2005
A Laval, une rocade menace la forêt de Concise LE MONDE | 04.04.05 | 15h51  •  Mis à jour le 04.04.05 | 15h51 Laval de notre envoyé spécial Du haut de cette grotte, suspendue au-dessus de la vallée du Vicoin, on pouvait voir arriver les Bleus. Jean Chouan ­ qui donna son nom à la chouannerie sous la Révolution française ­ est né dans ce nid d'aigle, dans la forêt de Concise. Aujourd'hui, les jeunes des faubourgs de Laval viennent encore s'y réfugier. Le département de la Mayenne est peu riche en forêts. Le taux de boisement (7 %) y est très inférieur à la moyenne nationale (27 %). La forêt de Concise, qui s'étend sur 650 hectares aux portes de Laval, est encore intacte. Un poumon vert, à moins de quinze minutes du centre-ville. L'agglomération projette pourtant d'y faire passer une rocade afin de boucler le contournement sud de la ville et de rejoindre, à l'ouest, la route de Rennes. On aurait pu penser que les aménageurs allaient épargner le massif forestier en repoussant plus au sud le tracé de la future rocade. Ils n'ont pas pris cette peine. Quatre des cinq projets envisagés le traversent de part en part. Autrefois propriété de la famille de La Trémoille, la forêt de Concise est partagée entre cinq propriétaires privés, qui ont su préserver son homogénéité. Aucune route ne la traverse, aucun grillage ne s'y élève, le gros gibier y circule librement entre les parcelles. Au coeur du massif, se trouve une vaste clairière, non habitée, où les animaux ont repris les habitudes de la vie sauvage. C'est dans cette coulée que deux des cinq projets de tracés convergent. Ecologistes, chasseurs et propriétaires ­ fait rare ­ ont décidé d'unir leurs efforts pour sauver cette forêt. "Un des arguments employés par certains partisans de la rocade est d'affirmer qu'il est moins grave de léser une forêt privée !", s'insurge Yves Chauvin, responsable de Cardamine, une association écologiste. "Au contraire, c'est son mode de gestion privé qui en fait la richesse. Si elle était publique, c'est-à-dire moins fermée, sa biodiversité serait moins bien préservée", ajoute-t-il. "Ce projet n'a pas été étudié dans le cadre d'une réflexion globale", déplore, pours sa part, Jean-Michel de Salins, un des propriétaires. Une partie de la forêt se trouve sur le territoire de Saint-Berthevin, une commune de 7 200 habitants en pleine expansion. Yannick Borde, le maire (div.droite), attend cette rocade avec impatience. Elle devrait, selon lui, soulager le centre de sa commune d'une partie du trafic de la nationale 157. "C'est un projet vital pour l'agglomération insiste cet élu, pour l'environnement des riverains de cette nationale, aux prises avec l'insécurité et la pollution !" "Les Lavallois ne connaissent pas beaucoup cette forêt qui était fermée, explique Roland Houdiard, le maire (UMP) de Laval. A présent, ses défenseurs nous disent : "Venez voir comme elle est belle !" Nous ne prendrons pas de décision dans la précipitation, poursuit-il. Nous n'irons pas à l'expropriation. Nous rechercherons le consensus." Les associations de défense avaient organisé, dimanche 3 avril, une "journée de découverte" dans la forêt. "Il y a vingt ans, le bocage mayennais a disparu avec le remembrement, rappelle Yves Chauvin. Ne répétons pas les mêmes erreurs en détruisant les rares forêts qu'il nous reste !" Régis Guyotat Article paru dans l'édition du 05.04.05
publié dans : environnement, santé & environnement
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 3 avril 2005
Le futur : sécurité, marché, technologie ou écologie ARTICLE LE MONDE | 31.03.05 | Le futur n'est pas écrit : si les experts de "L'évaluation des écosystèmes pour le Millénaire" prévoient, dans le demi-siècle à venir, une perte continue de la biodiversité et une croissance de la consommation des "services d'origine écosystémique", ils n'envisagent cependant pas un avenir uniformément noir. Au contraire, ils décrivent quatre scénarios aux conséquences diverses, sur trois types de services rendus à l'homme par les écosystèmes : l'approvisionnement en ressources, l'influence régénératrice des écosystèmes sur la pollution, les services culturels, tels que l'émotion esthétique produite par un paysage. Ce travail d'anticipation sur l'avenir distingue aussi l'effet de l'évolution de ces paramètres sur les pays industrialisés et les pays en développement. "Ordre venant de la puissance". Ce scénario présente un monde fragmenté où l'impératif de la sécurité et de la protection prédomine. Les puissances sont focalisées sur leurs intérêts régionaux et prêtent peu d'attention aux "biens d'utilité publique" (l'eau, l'air, les océans, qui n'ont pas de propriétaires). Ce scénario conduit à des résultats négatifs, en ce qui concerne tous les paramètres, particulièrement dans les pays en développement. Il est le seul qui se traduit par une augmentation de la sous-alimentation (+10 % en 2050). En revanche, c'est dans ce scénario que la croissance démographique est la plus élevée."Orchestration globale". Dans ce scénario, le monde privilégie le commerce et l'interconnexion dans un cadre de totale libéralisation. Les barrières commerciales sont levées, les subventions éliminées. Les politiques sont attentifs à l'environnement, mais investissent aussi beaucoup dans les infrastructures, la santé et l'éducation. Dans ce scénario, les pays en développement connaissent la croissance la plus forte. Mais les capacités de régulation des écosystèmes et les valeurs culturelles déclinent fortement."Techno Jardin". Cette image de l'avenir décrit un monde très interconnecté qui combine un fort investissement technologique et une vraie préoccupation de l'environnement. Celui-ci est "parfaitement géré" pour le préserver à long terme et optimiser sa production de services. De plus, les groupes qui assurent le maintien des services écosystémiques sont rétribués. Ce scénario assure un développement aussi bien des pays industrialisés que pauvres, et un maintien des capacités de régulation des écosystèmes. Mais les valeurs culturelles sont en déclin, affectées par l'influence de la technologie."Mosaïque d'adaptations". Dans ce canevas, l'activité politique et économique est centrée sur les écosystèmes à l'échelle régionale. Les sociétés s'en occupent de façon très active et les pouvoirs locaux sont renforcés. L'éducation est privilégiée : 13 % du PIB y sont affectés, contre 3,5 % en 2000. Ce scénario est préféré par les experts, dans la mesure où il conduit à des résultats positifs sur tous les paramètres, même si la croissance est plus faible que dans le scénario "Techno Jardin".Dans tous les scénarios, des progrès sont accomplis sur le problème de la faim dans le monde, mais pas assez pour atteindre l'objectif du Millénaire (réduction de moitié du nombre de personnes souffrant de la faim, d'ici à 2015). Ce travail des scénarios relie clairement l'écologie aux enjeux économiques et géopolitiques. S'il met en exergue, sans le nommer, la politique américaine de recherche de sécurité par l'emploi de la force militaire, il souligne aussi l'importance de la divergence entre pays riches et en développement.Le scénario qui prévoit la croissance la plus élevée pour les pays pauvres est celui de l'"Orchestration globale", même s'il est négatif par ailleurs. Si les pays émergents se donnent pour objectif prioritaire de rattraper économiquement les pays industrialisés, l'avenir de la biosphère est sombre.Hervé KempfArticle paru dans l'édition du 01.04.0
publié dans : environnement, santé & environnement
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 1 avril 2005
L'épuisement de la nature menace le progrès ARTICLE LE MONDE | 31.03.05 | 14h41  •  Mis à jour le 31.03.05 | 15h05 Politiques, réveillez-vous ! Tel est, en termes beaucoup plus diplomatiques, le message délivré par plus de 1 300 scientifiques réunis par l'ONU à propos de l'état des écosystèmes de la planète. Dans le rapport sur "L'évaluation des écosystèmes pour le Millénaire", publié mercredi 30 mars à Tokyo, Pékin, New Delhi, Le Caire, Nairobi, Paris, Washington et Brasilia, ils dressent un bilan très pessimiste de l'impact des activités humaines sur l'environnement naturel. Surtout, le groupe de scientifiques, animé par l'université des Nations unies (basée à Tokyo) et la Banque mondiale, souligne que, si cette dégradation continue, le bien-être humain ne pourra plus progresser, et que les objectifs du Millénaire, fixés en 2000 et visant à réduire la faim, la pauvreté, la maladie d'ici à 2015, ne pourront être tenus. L'événement intervient alors que Tony Blair a fixé comme priorités du G8 qui aura lieu en juillet en Grande-Bretagne le changement climatique et le sous-développement de l'Afrique, et qu'en septembre les Etats de l'ONU ont rendez-vous pour mesurer le degré d'avancement des objectifs du Millénaire. ---------------------------------------------------------------------------------------- L'économie enregistre mal les dégâts Pas de traduction économique, pas de prise en compte politique : le rapport souligne que "les comptabilités nationales traditionnelles ne mesurent pas la diminution ni la dégradation des ressources naturelles", alors même que celles-ci "représentent la perte d'un patrimoine capital essentiel". Dans plusieurs cas précisément étudiés, tels ceux en 2001 de l'Equateur, du Venezuela ou du Kazakhstan, les experts relèvent ainsi que des situations de croissance du produit intérieur brut dissimulent en fait "une perte en épargne nette" si la baisse des ressources naturelles est intégrée au calcul. Faute d'instruments traduisant en termes économiques les dégâts aux écosystèmes, les responsables politiques ne sont pas incités à prendre des mesures préservant l'environnement. "Le problème, précise Thomas Rosswall, directeur du Conseil international pour la science, c'est que les méthodologies d'évaluation économique des services naturels restent très imparfaites." ---------------------------------------------------------------------------------------- Située la plus à l'est, la capitale japonaise a eu la primeur de cet état de la situation environnementale planétaire, des scénarios et des réponses à sa dégradation. "C'est l'étude la plus complète réalisée à ce jour de l'état de notre planète", a déclaré A.H. Zakri, directeur de l'Institute of Advanced Studies de l'université de l'ONU et coprésident du comité directeur du projet lancé en juin 2001 par le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, et auquel ont collaboré 1 360 spécialistes de 95 pays. "Au coeur de cette étude, il y a une mise en garde : l'activité humaine exerce une telle pression sur les fonctions naturelles de la planète que la capacité des écosystèmes à répondre aux demandes des générations futures ne peut plus être considérée comme acquise", souligne le comité directeur. "On s'émeut de l'épuisement des ressources énergétiques, mais on néglige la destruction des écosystèmes", complète Hans Van Ginkel, secrétaire général adjoint des Nations unies. On appelle "écosystème" un ensemble d'organismes (plantes, animaux, micro-organismes) agissant en interaction ­ les hommes, précise les scientifiques, étant "partie intégrante des écosystèmes". La forêt tropicale, les océans, la savane sont des exemples d'écosystèmes, l'ensemble de ceux-ci composant la biosphère, qui est la partie vivante de la planète. L'originalité de l'étude est qu'elle ne s'intéresse pas à l'environnement en tant que tel, mais s'organise autour du concept de "services rendus par l'écosystème" tels que la nourriture, l'eau, le traitement des maladies, la régulation du climat. Or, indique le rapport, "environ 60 % des écosystèmes permettant la vie sur Terre ont été dégradés". Une dégradation qui "a été plus accentuée au cours des cinquante dernières années que dans toute l'histoire de l'humanité et -qui- ne pourra que s'aggraver au cours des cinquante prochaines". Cela est dû à une transformation formidable de l'environnement : plus de terres ont, par exemple, été converties pour l'agriculture depuis 1945 qu'aux XVIIIe et XIXe siècles réunis, tandis que 60 % de l'accroissement de la concentration de gaz carbonique dans l'atmosphère depuis 1750 s'est produit depuis 1959. Le bilan n'est certes pas totalement négatif. Les scientifiques soulignent nettement que ces changements "ont contribué à des gains nets substantiels sur le niveau du bien-être de l'homme et le développement économique". Ils se sont notamment traduits par une augmentation de la production agricole supérieure à celle de la population humaine, et par une multiplication de l'économie mondiale par un facteur six. LES PRIORITÉS ET LES RÉPONSES De même, la proportion de personnes souffrant de malnutrition a été réduite et la santé humaine a été améliorée. Le problème majeur est que, si la dégradation des écosystèmes se poursuit, elle empêchera la réalisation des objectifs du Millénaire, alors même que les peuples les plus pauvres sont les premières victimes de ces destructions. La destruction de 35 % des mangroves a, par exemple, accentué l'impact des tsunamis, qu'elles contribuaient à amortir. Plus généralement, la dégradation des écosystèmes entraîne un accroissement des inégalités entre les peuples et constitue une cause majeure de la pauvreté, du fait que "les pauvres des zones rurales ont tendance à être plus directement dépendants des services d'origine écosystémique". Un aspect très préoccupant souligné par les scientifiques est la probabilité accrue de "changements non linéaires" : ce terme signifie que, à partir d'un certain seuil de dégradation, un changement brutal se produit dans l'écosystème, qui ne devient plus seulement affaibli ou appauvri mais incapable de fonctionner. Un bon exemple en est celui des pêcheries mondiales, dans lesquelles plusieurs stocks de poissons ne sont plus exploitables, même modérément. Cette probabilité est accentuée par l'impact très fort du réchauffement de la Terre sur l'environnement (il pourrait ainsi transformer en quelques décennies la région amazonienne en savane), qui rendra difficile ou impossible le rétablissement des équilibres rompus. L'étude se veut un instrument pour identifier les priorités et les réponses à apporter. Elle s'inscrit dans une démarche comparable à celle du Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (GIEC), dont le premier rapport en 1990 avait conduit à la Convention sur le climat et au protocole de Kyoto. "Nous n'avons pas voulu faire de prescriptions, dit M. Hans Van Ginkel. Il faut une volonté politique pour répondre à ce défi et chaque gouvernement doit être conscient de l'urgence mais il n'agira, individuellement ou collectivement, que sous la pression de l'opinion." Il reste à convaincre celle-ci que la gravité de la crise des écosystèmes n'est pas moindre que celle du climat. Hervé Kempf et Philippe Pons à Tokyo Article paru dans l'édition du 01.04.05
publié dans : environnement, santé & environnement
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 1 avril 2005
ARTICLE DNA Serge Lepeltier visite l'écologie à l'alsacienne    Le ministre de l'Ecologie et du Développement durable, Serge Lepeltier, était hier de passage dans le Bas-Rhin. Il a visité une station d'épuration communale, un centre d'information sur l'eau et le chantier d'une passe à poissons sur le Rhin.  C'est bien connu, un ministre en déplacement en province est toujours pressé. Et hier, le ministre de l'Ecologie et du Développement durable, Serge Lepeltier, s'était concocté un programme particulièrement chargé qu'il a mené montre en main.  Démarrage à 11 heures, devant la station d'épuration des eaux usées d'Erckartswiller. Cette petite station qui utilise des roseaux filtrants, permet à une petite commune produisant essentiellement des déchets organiques de subvenir à ses besoins de traitement. « C'est spectaculaire ! » s'est exclamé le ministre devant le champ de boue irrigué. « Et ça ne sent pas mauvais ? » s'est-il inquiété alors qu'on actionnait les vannes pour une démonstration in situ. « Non non, pas plus qu'actuellement, lui a répondu le maire Paul Holtzscherer. Et 95% des boues sont traitées ». « Formidable » a conclu le ministre. 11h15, il était temps de passer à la suite.  Arrivé peu après à la maison de l'eau et de la rivière, dans la forêt du Donnenbach près de la Petite-Pierre, le ministre a été rapidement tenu informé des actions menées par le parc naturel régional des Vosges du Nord pour se conformer aux directives Natura 2000 et des problèmes que le parc rencontre : agriculture trop proche des rivières, remblais sauvages...  Puis Philippe Richert, président du conseil général, a tenu à ce que le ministre visite la chaudière à bois du bâtiment. Région en pointe  A midi, le ministre était l'hôte de la Maison de l'eau. « Vous êtes une région en pointe pour la préservation de l'environnement, » a déclaré, impressionné, Serge Lepeltier avant de converser avec les élus locaux du projet de loi sur l'eau qu'il s'apprête à proposer au Parlement. Evoquant l'énergie éolienne, Philippe Richert lui a demandé de « revenir sur l'amendement qui bride les petits projets car il compromet une installation en Alsace-Bossue. »  Puis Philippe Richert, ancien professeur de sciences naturelles s'est lancé dans un exposé sur le grès des Vosges : « On trouve du grès rouge, du grès à Voltzia... Tout ça s'est déposé en couches pendant l'ère secondaire, » a-t-il doctement expliqué. Le grès d'Alsace a été exporté jusqu'au Japon à cause de la finesse de son grain. Je peux en parler encore pendant deux heures. »  Mais l'heure tournait et les exigences du programme ont repris le dessus, le ministre a décidé de se passer de dessert. A 14h, il était à Gambsheim, botté et casqué, pour visiter l'impressionnant chantier de la passe à poissons sur le Rhin. Une demi-heure plus tard, il donnait une conférence de presse : « L'environnement a besoin d'Europe. Donc ceux qui veulent défendre l'environnement doivent voter "oui" au référendum sur la constitution européenne. » Campagne TV sur l'eau  Son devoir accompli, il a annoncé le lancement d'une campagne télévisée d'incitation à l'économie de l'eau « juste avant le 20 heures de TF1 ». Pas France 2 ? « Non, on avait pas assez d'argent. » Serge Lepeltier a également promis que le retard français pour la transposition des directives européennes environnementales serait comblé à la fin de l'année.  Une annonce qu'ont saluée les représentants d'une dizaine d'associations alsaciennes de protection de la nature, rencontrés pendant une demi-heure en fin de journée. « On a clairement dit au ministre que le grand tétra aura disparu d'Alsace dans 10 ans sauf si un plan draconien de préservation était lancé, a déclaré Patrick Barbier, président d'Alsace Nature. Mais il a admis que son ministère était encore "en construction" et qu'il ne disposait pas des moyens nécessaires à ses objectifs. » Pierre Franc
publié dans : environnement, santé & environnement
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 30 mars 2005
Chalon-sur-Saône à l'expo universelle d'Aïchi L'exposition universelle du 25 mars au 25 septembre à Aïchi, au Japon La ville de Chalon-sur-Saône présente, sur le Pavillon de la France, son programme Privilèges La Sagesse de la Nature est le thème de cette exposition universelle qui se déroule du 25 mars au 25 septembre à Aïchi, au Japon. La ville de Chalon-sur-Saône y participe en présentant, sur le Pavillon de la France, son programme de réduction des émissions de gaz à effet de serre, un programme pour lequel elle est "ville pilote" depuis trois ans. Ce programme européen, appelé "Privilèges" pour Programme d'initiative des villes pour la réduction des gaz à effet de serre, doté d'un montant de 712 000 euros, vise à  réduire de 5,2% en trois ans, et non dix ans comme le fixe le protocole de Kyoto, les émissions de gaz à effet de serre. D'ici la fin août 2005, date à laquelle prendra fin le programme, l'objectif devrait être atteint et Chalon-sur-Saône s'enorgueillit d'avoir introduit, au niveau de la ville,"une culture environnement" que la municipalité souhaite maintenant étendre aux 38 communes de la communauté d'agglomération. C'est pour présenter ce programme fait de petits gestes mais accompagné de lourds investissements que Chalon-sur-Saône a été invitée, aux côtés d'Angers et de Dunkerque, à être présente sur le Pavillon de la France pendant toute la durée de l'exposition universelle d'Aïchi, au Japon, du 25 mars au 25 septembre 2005. www-1.expo2005.or.jp/fr Publié le 29/03 à 15:23 La recette de Chalon-sur-Saône Les efforts faits par la ville pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ont principalement concerné le patrimoine municipal en utilisant des ampoules basse tension pour l'éclairage des bâtiments et de certains lieux publics, la mise en place d'une signalisation moins dispendieuse en énergie, le développement des pistes cyclables et des rues piétonnes, l'achat de 24 véhicules propres dans le parc municipal ainsi que les réseaux urbains de chaleur et d'eau avec la mise en service depuis l'automne 2004 d'une chaufferie au bois en remplacement du charbon et du fioul. Prochaine réalisation qui verra le jour en 2006, l'aménagement d'un quartier selon les normes "Haute qualité environnementale" comprenant 180 logements  Ce premier volet, le plus cher au niveau des investissements, a été complété par un volet tourné vers les entreprises qui ont été invitées à se soumettre à un pré-diagnostic énergétique. Seules 13 d'entre elles ont accepté de le faire, alors que la muncipalité en espérait 50. "Il n'est pas si simple de déclencher le réflexe environnement dans les entreprises" note Gilles Manière, l'adjoint au maire chargé de l'environnement, qui ajoute : "cependant, les plus importantes comme Kodak ou Saint-Gobain sont déja aux normes". A leur intention, "un guide des bonnes pratiques" a été diffusé. Le troisième volet concerne le grand public. Les auteurs du programme ont cherché à toucher les parents par l'intermédiaire des enfants, avec des mallettes pédagogiques diffusées dans les écoles ainsi que par l'organisation de manifestations, expositions et conférences.        Un bilan encore incomplet Pour l'adjoint au maire chargé de l'environnement, nul doute que "mathématiquement, c'est acquis, l'objectif sera atteint". Pourtant, les seuls résultats déja disponibles portent sur la première année et sur le parc municiapal avec - 7,6% d'émissions de C02 entre 2002 et 2003 pour le patrimoine urbain et - 1,1% pour les réseaux de chaleur et d'eau A cet optimisme, une conseillère du groupe Verts, répond : "Parler d'environnement à l'échelle d'une ville, faire de petits efforts, c'est bien, mais on ne touche pas là où ça fait mal. Depuis trente ans, je ne vois pas les transports en commun décoller dans cette ville". Le bilan, en réalité, ne pourra être définitivement tiré qu'à la fin du programme. Mais d'ores et déja, le programme mis en place à Chalon fait parler de lui. La ville a obtenu le Prix Territoria récompensant les initiatives innovantes des collectivités locales en 2003 et, en 2004, les Rubans du développement durable, attribués chaque année à une dizaine de projets en France. A telle enseigne, que des élus et des techniciens municipaux d'autres villes ne cessent de demander à Chalon-sur-Saône sa recette qui est presque devenue une référence au niveau national. Et, n'en déplaise à ceux qui qualifient le programme de "faire valoir", une délégation chalonnaise sera au Japon du 11 au 16 avril, pour présenter les réalisation de "Privilèges" dans le cadre de l'exposition universelle d'Aïchi qui s'y tient jusqu'au 25 septembre.  
par Bernadette Caillard-Humeau publié dans : environnement, santé & environnement
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 30 mars 2005
ARTICLE LIBERATION Développement La planète n'a plus les moyens 1 360 experts sonnent l'alarme : à force de dégrader les écosystèmes, l'homme menace son propre bien-être d'ici à quarante ans. Par Sylvie BRIET jeudi 31 mars 2005 (Liberation - 06:00) 'homme vit au-dessus de ses moyens. Plus exactement au-dessus des moyens de la planète. Il puise directement dans le capital naturel de la Terre, non dans les intérêts qu'il pourrait produire. Et 60 % des «services» vitaux qui lui sont fournis par les écosystèmes sont déjà dégradés ou surexploités. D'ici trente à quarante ans, le bien-être de l'homme sera menacé. Ce constat alarmant est le résultat d'un travail monumental réalisé durant quatre ans à l'échelle planétaire et sous l'égide de l'ONU par 1 360 experts de 95 pays. Ce Millenium Ecosystems Assessment (Evaluation des écosystèmes pour le millénaire) rassemble pour la première fois de façon complète et intégrée toutes les connaissances en ce domaine (1). Anthropologues, écologues, biologistes et économistes ont travaillé ensemble. Cohérence. Patrick Lavelle, par exemple, écologiste du sol à l'Institut de recherche pour le développement (IRD), a coordonné le chapitre sur le recyclage des nutriments, un des «services» écosystémiques très bouleversés par l'activité humaine. Avec des spécialistes du monde entier, il a dressé un bilan de l'appauvrissement ou de l'enrichissement des sols en nutriments, évalué l'augmentation de la production d'azote, proposé des solutions. Les coordinateurs se sont réunis deux fois par an pour donner une cohérence à cet énorme travail de collecte de données. «Le terme de "service rendu par les écosystèmes" a permis à des écologistes, des économistes et des sociologues de travailler ensemble. Et, parmi les grands groupes de services, on a retenu les services culturels. Il y a vingt ans, on aurait eu honte de mettre en avant l'esthétique.» Les experts tirent quatre grandes conclusions de leur étude. Tout d'abord, les humains ont modifié les écosystèmes plus rapidement et plus profondément au cours des cinquante dernières années qu'à tout autre moment de leur histoire, essentiellement pour répondre à des besoins croissants en nourriture, eau douce, bois, fibres et combustibles. Plus de terres ont été mises en culture depuis 1945 que pendant les XVIIIe et XIXe siècles réunis. Plus de la moitié des engrais azotés synthétiques utilisés pour l'agriculture (mis au point en 1913) l'ont été depuis 1985. Facture. Deuxième constat, ces changements des écosystèmes ont permis d'augmenter le bien-être humain. Mais la facture est lourde. Les cultures, l'élevage et l'aquaculture ont connu un essor spectaculaire qui a accompagné la croissance démographique, mais néanmoins insuffisant pour éradiquer la faim dans le monde. Et la soif de ressources se traduit déjà par des stocks de pêche et d'eau douce inférieurs aux besoins. Cette dégradation devrait s'aggraver au cours des cinquante prochaines années, ce qui fera obstacle à la réalisation des objectifs du millénaire, adoptés par l'ONU en 2000 et qui visent à réduire de moitié le nombre de personnes qui souffrent de la faim d'ici à 2015. La quatrième des conclusions donne une note plus optimiste : des changements importants de politique et de pratique peuvent encore renverser la tendance. «L'Organisation mondiale du commerce, par exemple, devrait analyser les résultats de cette évaluation et en tirer des conclusions, comme le lien est de plus en plus étroit entre les questions de développement et la gestion de la nature et des écosystèmes», souligne Salvatore Arico, de la division des sciences écologiques et de la Terre à l'Unesco. «Mais notre message s'adresse aussi à la société civile, qui peut faire pression sur les gouvernements.» Le rapport précise que les changements majeurs indispensables n'ont pas été amorcés. Pire, la tendance est à l'aggravation des dégradations. (1) Site web : www.maweb.org
publié dans : environnement, santé & environnement
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 24 mars 2005
ARTICLE LIBERATION Climat. L'UE propose au groupe des pays développés des réductions d'émissions de 15 à 30%. Pour l'Europe, l'après-Kyoto s'arrête en 2020 Par Julie MAJERCZAK jeudi 24 mars 2005 (Liberation - 06:00) Bruxelles (UE) correspondance es chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne ont posé des engagements chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour l'après-Kyoto. Réunis hier à Bruxelles (lire page 17), ils ont ainsi désavoué la Commission. Cette dernière avait préféré jouer la prudence et ne pas inscrire d'objectifs contraignants dans sa communication de février sur la stratégie de l'UE dans la lutte contre le réchauffement climatique après 2012. Regret. Les dirigeants européens proposent que «le groupe des pays développés envisage des profils de réduction d'émissions de 15 à 30 % d'ici à 2020», par rapport au niveau de 1990. Ils ont cependant remisé au placard, sous la pression de l'Autriche, de l'Allemagne et de l'Italie, la phrase qui prévoyait un objectif de 60 % pour 2050 (1). «L'UE rate l'occasion de montrer qu'elle a une vision à long terme du changement climatique», regrette le WWF. Même son de cloche du côté de Greenpeace. Pour autant, les défenseurs de l'environnement, qui craignaient que les deux objectifs disparaissent, sont soulagés. Ce seul engagement a de quoi faire bondir le président des Etats-Unis. Les leaders européens ont tenu à préciser que ces objectifs ne «préjugent pas de nouvelles approches, en matière de différenciation entre les parties, dans un futur cadre équitable et souple». L'UE se heurte, en effet, au rejet du protocole de Kyoto par les Américains, derrière lequel s'abritent des pays comme l'Inde ou la Chine pour refuser de modérer leurs émissions. Les dirigeants européens ont indiqué vouloir «examiner les moyens d'associer efficacement les pays grands consommateurs d'énergie, y compris ceux appartenant aux pays émergents et en développement». L'Asie du Sud pourrait représenter 40 % des rejets en 2050 contre 8 % pour l'UE et 12 % pour l'Amérique du Nord. Compromis. En dépit de cette prise de position de l'Union, le plus dur reste à faire : rallier à sa cause des partenaires pour le moins réticents. La dernière conférence de l'ONU n'a abouti qu'à un laborieux compromis, prévoyant un «séminaire» d'experts en mai, «qui n'ouvrira la voie d'aucune façon à une négociation en vue de nouveaux engagements» sur les réductions de gaz à effet de serre. (1) Cela revient à diviser les rejets par un facteur 2,5.
publié dans : environnement, santé & environnement
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 22 mars 2005
Les hirondelles ont du mal à faire le printemps LE MONDE | 19.03.05 | 22h29  •  Mis à jour le 20.03.05 | 00h02 Les changements de saison font revenir la nostalgie à tire-d'aile. "Qu'ils sont exquis les souvenirs des anciens printemps !, écrivait déjà en 1884 Guy de Maupassant. Il faisait un temps admirable. Le ciel tout bleu s'étalait sur la ville, plein de soleil et d'hirondelles." En 2005, le soleil est toujours là et plus que jamais, si l'on en croit les théories sur le réchauffement climatique. Les hirondelles, en revanche... Les messagères des beaux jours se font chaque année plus discrètes. Des comptages évoquent une baisse de 50 % des effectifs depuis une quinzaine d'années. Guy Jarry, chercheur au Muséum d'histoire naturelle, estime qu'il reste aujourd'hui "20 % de ce qu'était la population il y a 40 ans". Bref, les hirondelles font de moins en moins le printemps. Les explications de cette érosion varient avec le mode de vie des cinq espèces recensées en France. "Ces oiseaux sont de grands consommateurs d'insectes. Ils souffrent du traitement des cultures", assure Jean Sériot, membre de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et coauteur d'un ouvrage sur l'élégant volatile (Les Hirondelles, avec Diana Alvès, Ed. Delachaux et Niestlé, 25 ). Le recul des troupeaux enveloppés de mouches et la progression des grandes cultures arrosées de pesticides ont raréfié la provende à becqueter. Les architectures modernes, lisses et hermétiques, interdisent les refuges. "L'hirondelle est un animal sauvage qui vient se mettre sous la tutelle de l'homme", explique M. Jarry. Mais aujourd'hui l'homme n'hésite pas à détruire les nids qui déshonorent sa demeure. Il ravale les façades, ferme son garage à double tour et aménage ses greniers. Affaiblie par son long périple, la voyageuse trouve souvent porte close. Pour cause de fientes intempestives, les hommes se montrent de plus en plus ingrats avec cet oiseau naguère classé "utile". Sans être menacée, l'hirondelle est aujourd'hui considérée comme espèce à protéger. Les ornithologues conseillent de leur ménager des recoins. Car l'hirondelle, animal social, fidèle en amour et en amitié, aime retrouver son nid d'une année sur l'autre. La preuve : "Des témoignages fiables, relève M. Jarry, racontent qu'elle vient parfois se signaler au propriétaire afin qu'il lui ouvre le bâtiment où elle avait niché l'été précédent." Benoît Hopquin Article paru dans l'édition du 20.03.05
publié dans : environnement, santé & environnement
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Recherche

hebergeur site sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus