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L'équipe de Cap 21 Pays de la Loire, vous souhaite la bienvenue sur son blog. Lancé en décembre 2004, ce blog est au service de ceux qui recherchent des articles d'information sur les sujets abordant les enjeux de santé-environnement, protection de la nature, qualité de la vie, transport, urbanisme, vie politique de la région, etc, dans une posture d'ouverture du local à l' international. Sur un même sujet, vous pouvez trouver des avis divergents, c'est fait exprès, - la source est toujours indiquée en bas de l'article -. Outre ces informations, vous trouvez nos opinions à travers nos interventions, communiqués et aussi sur le mot du jour "Contre-pente". Depuis le 11 mars 2007, à l'occasion des élections présidentielles, CAP 21 rallié résolument François Bayrou. Son score en Anjou a été magnifique (+ 23 %). Le futur MoDem, qui sera officiellement et statutaire les 1er ou 2 décembre, rassemble des hommes et des femmes venus de l'UDF, de CAP 21 et beaucoup de nouveaux militants en politique. Les 535 candidats aux législatives ont permis de confirmer l'émergence de ce nouveau parti, différent, rassembleur, troisième force politique, qui a montré sa force aux législatives, qui doit concrétiser aux prochines élections, cantonales et municipales.

Bernadette Caillard-Humeau, Conseillère municipale d'Angers, Déléguée d'Angers Loire Métropole

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Vendredi 6 mai 2005
Energie. Le Sénat a annulé, hier, des amendements polémiques du projet de loi d'orientation. Le petit éolien s'en sort bien Par Laure NOUALHAT jeudi 05 mai 2005 (Liberation - 06:00) Le monde du vent peut souffler : les amendements «éolicides» adoptés à l'Assemblée nationale le 29 mars ont été mis en pièces par les sénateurs, hier. Depuis mardi, la Chambre discutait en seconde lecture du projet de loi d'orientation sur l'énergie. Dans ce texte étoffé, des articles polémiques étaient censés réglementer le développement de l'éolien en France, notamment l'amendement des députés UMP Serge Poignant et Patrick Ollier, qui proposait de fixer un plancher de 20 mégawatts (MW) de puissance à tout nouveau parc éolien pour qu'il puisse bénéficier de l'obligation de rachat par EDF de l'électricité produite. Jusqu'à présent, le seuil fixé était un plafond : un parc éolien devait avoir une puissance maximum de 12 MW pour bénéficier de l'obligation de rachat.Perversité. Mais la filière du vent s'est mobilisée. «Le vent contraire qui soufflait sur l'éolien est tombé hier midi», s'est réjoui Jean Desessard, sénateur de Paris. Des élus locaux, ONG ou simples citoyens ont dénoncé la perversité du texte qui risquait de tuer l'éolien dans l'oeuf. Désormais, la référence à un seuil chiffré de puissance a disparu. Les sénateurs ont adopté à l'unanimité un amendement proposé par Henri Revol, sénateur UMP de Côte-d'Or, qui laisse aux communes l'entière liberté de fixer des planchers, ou des plafonds, de puissance. Il maintient la notion de «zones de développement de l'éolien» définies par le préfet sur proposition des communes, en fonction de leur potentiel de vent, des possibilités de raccordement aux réseaux électriques et de la protection des paysages.«Le seuil de 20 MW ignorait les principes de la décentralisation», a protesté Daniel Goulet (sénateur UMP de l'Orne). Un spécialiste de la filière estime que l'abandon des seuils de puissance «permet aux territoires et aux régions de prendre leur avenir énergétique en main». «L'éolien pourra être décidé par les gens qui l'ont sous le nez et non pas à Paris. Ils en verront les bénéfices dans leur indépendance énergétique, les retombées en termes d'emploi et de taxe professionnelle.» Si les porteurs de projets industriels se réjouis-saient du plancher à 20 MW (une éolienne de dernière génération ayant une puis-sance de 2,5 à 3 MW, un parc dépasse les 20 MW), les communes qui souhaitaient s'équiper avec une à deux machines n'auraient pas pu le faire. En Bretagne, par exemple, pour des raisons de paysage, on ne peut pas faire des parcs avec un grand nombre de grosses machines. A contrario, le «vieux» plafond de 12 MW permettait aux petites communes de développer un éolien de proximité. Et il forçait les industriels à sectionner artificiellement les parcs de trop grande puissance, un parc de 48 MW étant généralement subdivisé en 4 parcs de 12 MW.Paysages. Pour le député Poignant, l'enjeu de son amen-dement consistait à éviter le mitage du territoire par la multiplication d'installations de quelques éoliennes. «Le Sénat a trouvé une solution qui devrait satisfaire tout le monde : ceux qui se préoccupent de la prise en compte des paysages, et ceux qui veulent que l'éolien se développe quand même», se satisfait André Antolini, président du Syndicat des énergies renouvelables. Car la France est tenue de produire 21 % de son électricité à partir des énergies renouvelables en 2010. Aujourd'hui, en dépit de la directive européenne, le pays a péniblement installé 415 MW d'éolien en France. Dérisoire face aux 16 000 MW installés chez les Allemands et aux 8 000 MW en Espagne.Dans trois semaines, le texte sera examiné en commission mixte paritaire, où tous les amendements adoptés par les sénateurs hier seront passés une dernière fois au crible.
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Jeudi 5 mai 2005
EOLIEN : Quand la raison l'emporte sur la passion CAP 21, mouvement écologiste et citoyen présidé par Corinne LEPAGE, exprime toute sa satisfaction sur la décision des sénateurs de revenir sur l'amendement de Patrick Ollier qui fixait un plancher de 20 MW aux projets éoliens pour pouvoir bénéficier de la garantie de rachat par EDF, un amendement qui portait un lourd préjudice à la filière éolienne et au développement des énergies renouvelables en France. La raison semble l'emporter dans ce débat en laissant le soin aux collectivités locales d'organiser le développement de l'éolien en concertation avec l'Etat dans des schémas départementaux. CAP 21 rappelle sa proposition de rendre opposables de tels schémas dans l'instruction des permis de construire après concertation entre l'Etat, les élus locaux et les associations. CAP 21 sera vigilant sur la poursuite des discussions parlementaires, en particulier sur la position qu'adoptera l'assemblée nationale après cette décision du Sénat.
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Jeudi 14 avril 2005

Le 13/04/2005

Les agriculteurs de la région sensibilisés au développement des énergies renouvelables.
Une trentaine d'agriculteurs ont répondu présents à la soirée d'information sur les énergies renouvelables organisée par le CRDA BV (Comité régional de développement agricole Baugeois Vallée) et la FD Cuma (Fédération départementale des coopératives d'utilisation de matériel agricole), jeudi 7 avril, à la Maison des Services Publics de Noyant.
L'objet de la réunion était de présenter le projet départemental en matière d'huile végétale brute et de recueillir les impressions des agriculteurs, les motivations et les questions en suspend. Plusieurs raisons ont amené les agriculteurs et les techniciens à s'intéresser à l'utilisation d'huile végétale et tout d'abord, l'acquisition de l'autonomie énergétique. Face à l'augmentation du prix du pétrole et à la perspective d'épuisement des réserves, il est nécessaire de trouver une solution de remplacement partiel à cette énergie. Il s'agit aussi d'autonomie alimentaire. Les tourteaux, sous produit du pressage, peuvent remplacer en partie les tourteaux de soja achetés. Tout ceci contribue à réduire les charges sur l'exploitation. Enfin, l'action est bénéfique pour l'environnement, car l'utilisation d'huile végétale comme carburant a un rendement énergétique cinq fois supérieur à celui du gasoil et contribue peu à l'émission de gaz à effet de serre.

Dans le Baugeois Vallée, l'idée a démarré en 2003, avec le projet de récupérer l'énergie dégagée par l'incinérateur d'ordures ménagères de Lasse pour faire sécher de la luzerne. Pour des raisons diverses, il n'a pas pu voir le jour.

Depuis, un groupe professionnel s'est créé et s'est rendu en Aveyron pour visiter des exploitations fonctionnant aux énergies renouvelables depuis plusieurs années. A leur retour, le projet départemental était né. Trois types d'énergie sont retenus : le solaire thermique, le bois déchiqueté et l'huile végétale brute. Pour ce dernier point, Adrien Denis (CRDA) a présenté l'achat de la Cuma départementale : une presse à huile de 200 kg/h, montée sur un plateau et associée à une trieuse, qui pourra se déplacer de régions en régions. Cent hectares sont déjà engagés dans le Layon Saumurois. L'objectif de cet achat est de fournir une huile et des tourteaux de qualité. Il est prévu de presser 450 tonnes de graines à l'année, soit environ 200 hectares sur 150 jours.
Pour répondre aux interrogations subsistantes, des essais sont menés actuellement à la ferme expérimentale des Trinottières. Jean-Michel Lamy, de la Chambre d'agriculture, a présenté les tests réalisés aux Trinottières sur deux presses de débit de chantier différent et sur la valorisation des tourteaux pour les animaux. Les résultats de ces tests seront présentés lors des portes ouvertes les 15 et 16 juin prochains aux Trinottières.

Aspects législatifs flous
Le public d'agriculteurs présent a montré son intérêt pour le sujet par une forte implication dans le débat qui a suivi. Notamment sur les aspects législatifs, qui restent encore très flous en France : le gouvernement n'a toujours pas statué sur les huiles alors que l'aval des politiques est un élément essentiel au développement de ces énergies. En question également, la position des constructeurs, pour assurer aux utilisateurs le bon fonctionnement des véhicules, notamment des plus récents. La Chambre d'agriculture et la FD Cuma ont entrepris de solliciter les concessionnaires du département. Un questionnaire a été remis aux agriculteurs pour quantifier la demande et identifier les éléments qui posent encore question. A ce jour, une douzaine d'exploitations sont d'ores et déjà intéressées par le projet départemental.
Les inscriptions ne sont pas closes, affaire à suivre.

par Saumurois Nord publié dans : énergie
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Dimanche 3 avril 2005
 ARTICLE LE MONDE DIPLOMATIQUE janvier 2005      Page 15  Anticiper la fin du pétrole Denis BabusiauxDirecteur de recherche associé à l’Institut français du pétrole (IFP). Pierre-René BauquisAncien directeur Stratégie et planification du groupe Total. On estime de 1 à 1,2 millier de milliards de barils les réserves de pétrole dites prouvées, soit 150 milliards de tonnes environ, ou encore à une production d’une quarantaine d’années au rythme actuel. Elles sont très inégalement réparties : près des deux tiers sont situées au Proche-Orient. Leur évolution ne permet cependant pas de prévoir celle de la production pétrolière, les données relatives aux réserves donnant lieu à de vives controverses entre écoles de pensée, les unes optimistes, les autres pessimistes.Le groupe des optimistes est essentiellement constitué d’économistes tels que Morris Adelman et Michael Lynch, du Massachusetts Institute of Technology (MIT). Il font tout d’abord remarquer que les prévisions passées de raréfaction des ressources ont toujours été démenties. Ainsi, à la fin du XIXe siècle, de nombreux experts prévoyaient l’arrêt d’un développement industriel fondé sur l’énergie du charbon, dont les réserves étaient alors estimées à vingt ans de production de l’époque. Plus près de nous, en 1979, British Petroleum (BP) publiait une étude faisant apparaître un pic de la production mondiale de pétrole (hors URSS) en 1985. Les optimistes observent ensuite que la majeure partie des forages d’exploration est réalisée dans des pays déjà très explorés. De plus, les réserves obtenues par des techniques de mise en production modernes et par la réévaluation des réserves de gisements anciens coûtent souvent moins cher à exploiter, en particulier au Proche-Orient, que celles obtenues par exploration. D’où la limitation de cette activité dans des pays offrant pourtant les meilleures perspectives de découvertes.Les productions possibles, selon Morris Adelman, sont le résultat d’une course de vitesse entre, d’un côté, l’épuisement des gisements connus et, de l’autre, le progrès technique permettant d’accéder à de nouvelles réserves. Jusqu’ici, ce dernier l’a toujours emporté, avec certains effets conduisant à des évolutions relativement régulières : diminution des coûts de forage, amélioration des taux de récupération, meilleure image du sous-sol. D’autres effets sont plus difficiles à prévoir. Ainsi, au début des années 1980, la production des huiles extra-lourdes de la ceinture de l’Orénoque, au Venezuela, était seulement considérée comme rentable si le prix du baril de brut dépassait les 30 à 40 dollars de l’époque. Des avancées techniques, principalement la généralisation du forage horizontal, ont permis d’abaisser ce seuil à moins de 15 dollars (au cours 2004).Les pessimistes sont, pour la plupart, regroupés au sein de l’Association pour l’étude du pic pétrolier et gazier (Association for the Study of Peak Oil and Gas, ASPO). Ils insistent tout d’abord sur le caractère politique des réévaluations de réserves effectuées en 1986-1987 par les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), et qui ne correspondent pas à de véritables réserves prouvées. Ils considèrent que le pic de la production mondiale se situera entre 2005 et 2010, à un niveau de l’ordre de 90 millions de barils/jour, tous hydrocarbures naturels confondus.Pour appuyer leur thèse, ils rappellent que nous disposons enfin d’un accès à l’ensemble des données de tous les bassins pétroliers, ainsi que d’un échantillonnage suffisant pour que des méthodologies prédictives des réserves restant à découvrir soient désormais raisonnablement fiables. L’incertitude porte donc essentiellement sur l’évolution future de la part des volumes récupérables à partir des ressources en place. Sur ce sujet, les conclusions divergent : pour les optimistes, le taux moyen de récupération de ces volumes pourrait passer, au cours des cinquante prochaines années, de 35 % environ aujourd’hui à 50 %, voire 60 % ; pour les pessimistes, en revanche, les améliorations seront limitées et concerneraient essentiellement les huiles lourdes et extralourdes.Différentes équipes de spécialistes proposent une vision intermédiaire, en particulier celle de l’United States Geological Survey (USGS), pour qui les réserves ultimes de pétrole conventionnel seraient de l’ordre de 3 000 milliards de barils, dont 1 000 environ déjà consommés, un peu plus de 1 000 de réserves prouvées, le reste correspondant aux réserves à découvrir. Cet ordre de grandeur correspond également aux estimations minimales des géologues de l’Institut français du pétrole (IFP), effectuées à partir des données actuellement disponibles. Il conduit à un maximum de la production mondiale peu après 2020. Avec des hypothèses un peu plus optimistes sur les volumes à découvrir, non plus minimaux, mais moyens, et sur un accroissement des taux de récupération, le pic pourrait être repoussé vers 2030. Si les estimations de l’USGS devaient être revues à la hausse, comme cela a été le cas dans le passé, en intégrant les ressources non conventionnelles, le déclin pourrait être repoussé au-delà de 2030.On peut considérer qu’il existe un continuum de ressources en hydrocarbures : gisements plus difficiles d’accès, plus complexes, plus difficiles à détecter, pétrole en mers profondes et très profondes, huiles extralourdes, sables asphaltiques, schistes bitumineux. Ce continuum n’est pas limité aux hydrocarbures d’origine pétrolière : nombreuses sont les recherches sur le développement des techniques de production de carburants liquides à partir du gaz naturel (Gas to Liquids : GTL ou GTS) ou à partir de charbon. Plusieurs projets GTL de grande envergure ont été lancés fin 2003 au Qatar, et de nombreux autres sont à l’étude. Ce continuum s’étend aux carburants issus de la biomasse.A plus long terme, il est même possible d’envisager une « carbonation » de l’hydrogène produit à partir du nucléaire ou d’une énergie renouvelable. Il faut cependant rappeler que la production de pétrole non conventionnel ou synthétique conduit à des consommations d’énergie, et donc à des émissions de CO2, plus élevées. Pour de nombreux analystes, le recours au pétrole risque d’être limité bien davantage par les contraintes sur les gaz à effet de serre que par une raréfaction des ressources.Depuis 1987, la volatilité des prix a augmenté et il semble peu probable qu’elle puisse être réduite à court terme. Cependant, si les anticipations sont correctes, les « chocs » pétroliers importants pourraient être évités. C’est la position de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui présente une vision optimiste des productions possibles à l’horizon 2030. C’est aussi l’hypothèse des scénarios de Shell, qui supposent un développement suffisamment rapide des énergies renouvelables. Mais une analyse très différente est proposée par des auteurs inquiets de l’absence de vision à long terme de la plupart des acteurs. Pour eux, l’apparition d’un pic de la production pétrolière mondiale, ou la simple prise de conscience de sa venue, risque de se traduire par un troisième « choc », dont la brutalité dépendra du degré d’anticipation.Comme en 1980, la montée des prix pourrait entraîner des économies d’énergie et des substitutions ralentissant la demande, et permettant donc de repousser le déclin des productions. On pourrait alors se trouver en présence d’un « chameau à deux bosses », pour reprendre l’expression de M. Pierre Radanne, ancien président de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Le scénario proposé récemment par l’un des auteurs de ces lignes (Pierre-René Bauquis) avance l’hypothèse d’un triplement ou d’un quadruplement des prix en monnaie réelle, qui atteindraient d’ici dix à quinze ans un niveau d’une centaine de dollars 2003 par baril. Une telle hausse serait nécessaire pour mettre en place des politiques d’économie d’énergie, en particulier dans le secteur du transport automobile, augmenter sans subventions majeures la part des énergies renouvelables, ainsi que la production de carburants de synthèse, relancer les programmes nucléaires et développer la production d’hydrogène à partir d’énergie nucléaire.Un avenir sans crises pétrolières est assez peu probable, même si l’on retient des hypothèses optimistes. Il ne suffit pas, en effet, que les ressources et les techniques soient disponibles, encore faut-il que les investissements permettant l’augmentation des capacités de production soient réalisés à temps. Le facteur le plus efficace pour éviter une pénurie serait l’existence d’un consensus sur sa venue.Denis Babusiaux et Pierre-René Bauquis.
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Vendredi 1 avril 2005
ARTICLE NOVETHIC Nouveaux obstacles pour les énergies renouvelables Lors de l’examen du projet de loi sur les énergies, l’assemblée nationale a adopté un amendement privilégiant les projets éoliens de grande puissance. Il stipule en effet que l’obligation d’achat, par EDF, d’électricité issue de l’éolien ne s’appliquera désormais qu’aux grandes installations de plus de 20 mégawatts contre 12 mégawatts auparavant. Or, ce sont précisément les opérations de moyenne puissance qui sont actuellement les plus développées en France. Les ONG dénoncent ce mécanisme, qui aura pour conséquence selon elles, de freiner considérablement le développement des parcs éoliens en France. Rappelons que la réglementation européenne exige qu’en 2010, 21% de la consommation d’énergie soit assurée par les énergies renouvelables et que l’hexagone accuse d’ores et déjà un certain retard dans l’application de cette directive. Selon les auteurs de l’amendement – trois députés du groupe UMP- ce texte aurait pour objet d’éviter le « développement anarchique des projets éoliens au détriment de la protection des paysages ». Cet argument justifie selon eux de privilégier la concentration de grandes installations, au détriment de parcs de taille moyenne -qui représentent néanmoins la grande majorité des projets en cours. Un argument réfuté par les ONG comme par le CLER ( Comité de liaison des énergies renouvelables, qui regroupe les professionnels de ces filières). « Il faut souligner qu’à l’heure actuelle, l’implantation d’un parc éolien nécessite des études paysagères très poussées et des enquêtes très contraignantes, concernant notamment l’impact paysage Toutes ces contraintes sont bien acceptées par les professionnels, mais elles contribuent à maintenir le sous-développement de la production éolienne en France : 400 MW installés pour des engagements européens de 5 à 10 000 MW en 2010, encore confirmés récemment par le gouvernement », souligne le CLER. Pour les opposants à cet amendement, la protection du paysage ne serait qu’un prétexte, qui masque « la volonté profonde de renforcer toujours plus la centralisation du réseau électrique français ». Certains élus locaux , qui craignent de voir disparaître des projets porteurs pour l’économie locale, ont rejoint la protestation des ONG, à l’instar de l’Association des régions de France (ARF) qui déclare se joindre « aux multiples réactions des collectivités locales et des associations en affirmant son indignation concernant l’amendement proposé par le député Serge Poignant ». Par ailleurs, l’ARF souligne que « l’amendement confie au ministère de l’industrie le soin de décider des territoires propices à l’éolien, ce qui renforcera encore les difficultés des promoteurs de projets. Il s’agit de l’enterrement de la filière éolienne en France, avec la disparition à court terme de plusieurs milliers d’emplois, ainsi que l’abandon de toute perspective de tout développement français dans un domaine pourtant fortement créateur d’emplois en Europe ». A titre d’exemple, tous les projets en cours d’étude en Alsace devraient être abandonnés, car ils ne répondent plus aux critères exigés par l’amendement… Le projet de loi doit désormais revenir au Sénat en deuxième lecture, mais, quoi qu’il en soit, le respect des engagements français en matière d’énergies renouvelables semble plutôt compromis. Alors qu’il engage la politique énergétique de la France pour les 30 prochaines années, ce texte fait l’objet, depuis son adoption en conseil des ministres, de vives critiques de la part des ONG et des acteurs de la filière des énergies renouvelables. Deux défis majeurs restent en effet posés : la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre et la dépendance de l'économie aux énergies fossiles. Enfin, selon l’European Wind Energy Association (EWEA), la France dispose de 386 mégawatt de capacités installées et reste loin derrière l’Allemagne (16.620 MW ) et l’Espagne (8.263 MW). Les dix nouveaux pays de l’Union européenne sont presque totalement dépourvus de parcs éoliens, et ne bénéficient que d’une capacité totale de 132 MW. Véronique Smée Mis en ligne le : replaceChar('30-03-2005');30/03/2005
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Jeudi 31 mars 2005
ARTICLE OUEST FRANCE Les préfets décideront des zones où seront implantées les machines Les éoliennes mises au pas par l'UMP L'installation d'éoliennes est désormais encadrée par des règles plus contraignantes dont l'objectif principal est de limiter les petites installations pour ne pas « polluer le paysage ».Béatrice Le Grand Le projet de loi sur l'énergie a été adopté, dans la nuit de mardi à mercredi, par un nombre restreint de députés couche-tard. Après une semaine de polémiques, de nouvelles règles plus contraignantes encadreront dorénavant le développement de l'éolien. La France, pays de l'électricité nucléaire et des puissants lobbies qui l'accompagnent, aime-t-elle les énergies renouvelables ? La question a été une nouvelle fois posée, la semaine dernière, lorsqu'un amendement à la loi sur l'énergie du député UMP de Loire-Atlantique, Serge Poignant, est venu repousser à 30 MW de puissance installée, le plancher à partir duquel EDF est obligée de racheter l'électricité produite à un tarif préférentiel. La polémique qui a suivi a contraint le président de la Commission de l'énergie, Patrick Ollier à donner un peu de mou. Le plancher a été revu à la baisse (20 MW) dans le projet de loi discuté en seconde lecture à l'Assemblée, mais on est loin de la règle du jeu qui prévalait jusqu'à présent (1). C'est ce texte qui a été voté, dans la nuit de mercredi, par 26 voix de l'UMP contre 9 voix de la gauche et 2 abstentions de l'UDF. Il prévoit que les zones d'implantation des éoliennes seront décidées par le préfet et que, pour les structures existantes (inférieures à 20 MW), l'obligation de rachat par EDF est maintenue. Le maintien s'appliquera aussi aux installations « pour lesquelles un dossier complet de demande de permis de construire a été déposé » et pour lesquelles « un certificat d'obligation d'achat » aura été « délivré au plus tard deux années après la publication » de la loi. Ces aménagements de dernière minute ne sont destinés « qu'à tromper ceux qui n'y connaissent rien. Et le projet de loi confirme le choix du gouvernement de tuer dans l'oeuf le développement de l'énergie éolienne », réplique Éric Grandguillot, responsable d'Alternatives Technologiques, un bureau d'études nantais. Très amer, ce spécialiste explique en substance que le délai de deux ans accordé aux projets en cours « n'est que de la poudre aux yeux », compte tenu du temps qu'il faut pour obtenir un permis de construire et un certificat d'obligation d'achat. Certes, les préfets définiront les zones d'implantation : « On n'est pas contre. Mais on ne sait pas quand. Ni comment. Il faudrait que ça aille très vite et ça, on n'y croit pas. Les dossiers peuvent durer cinq ans. » De la valeur esthétique des pylônes Le débat à l'Assemblée aura permis, une fois encore, de mesurer le fossé qui sépare les tenants du tout-nucléaire et les autres. Patrick Ollier (UMP), le président de la Commission de l'énergie, généralement qualifié de « nucléocrate », n'a jamais caché son désir de mettre l'éolien au pas, allant jusqu'à parler de « pollution » des paysages. Son objectif : éviter « la multiplication de petites installations en favorisant les regroupements dans un parc plus important. Les communes, a-t-il expliqué, pourront installer les éoliennes dans une zone spécifique avec pour seule obligation de consulter les communes riveraines. » Pollution visuelle avec les petites installations ? Mais, réplique le député socialiste d'Ille-et-Vilaine, Philippe Tourtelier, « que M. Ollier nous dise ce qu'il pense de la valeur esthétique des pylônes qui transportent l'électricité de Flamanville ! ». Un député pessimiste qui croit que le seuil des 20 MW « va priver une Région comme la Bretagne - la deuxième pour le potentiel éolien, mais où prédomine un habitat diffus - de cette ressource ». Mais tel n'est pas l'avis du Havrais Daniel Paul (originaire des Côtes-d'Armor), lequel préfère les parcs éoliens et ajoute, en bon communiste : « Le service public [...] doit avoir la maîtrise de ce développement. Sinon, c'est la gabegie. » Quant à confier la définition des zones d'implantation aux préfets, l'UDF Charles de Courson a trouvé cette disposition « choquante ». Il leur aurait préféré les conseils généraux, « parce que l'UDF préfère l'initiative locale à la bureaucratie ». Bref, avec le nouveau seuil imposé d'en haut, beaucoup se demandent, avec Philippe Tourtelier, comment le gouvernement « compte atteindre l'objectif (signé par la France), des 10 000 MW en 2010 » avec les énergies renouvelables. Hier, Greenpeace a dénoncé « une vision étriquée, centralisatrice et étatiste de l'énergie ». (1) Le gouvernement Jospin avait favorisé les installations en limitant l'achat par EDF aux parcs ne dépassant pas 12 MW. Jacques ROUIL.
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Mercredi 30 mars 2005
ART ACTU ENVIRONNEMENT Politique - Publiée le : 30/03/2005   Dès 2006, une taxe sur le CO2 sera appliquée aux combustibles fossiles en Suisse ------------------------------------------------------------------------ Le Conseil fédéral Suisse a décidé d'introduire une taxe sur le CO2 applicable aux combustibles. Dès 2006, une taxe de 35 francs suisse sera prélevée sur chaque tonne de CO2 émise, correspondant à environ 9 centimes par litre de fuel de chauffage, précise le communiqué du Département fédéral de l’Environnement, des Transports, de l’Energie et de la Communication (DETEC). La taxe sur le CO2 applicable aux combustibles est une taxe d'incitation dont le produit sera redistribué à la population et à l'économie par l'intermédiaire des caisses maladie. Les entreprises dont la compétitivité pourrait être affaiblie par la taxe sur le CO2 pourront demander à en être exonérées si elles s’engagent formellement à réduire leurs émissions de CO2. Grâce à cette possibilité d'exemption, l'effet de la redistribution de la taxe de l'industrie et de l'artisanat aux services, qui consomment moins d'énergie, sera modéré, souligne le DETEC. Par ailleurs, selon l’appréciation du Conseil fédéral, cette taxe présente l’avantage d’exercer sur les prix des incitations plus larges et à plus long terme, qui continueront de se manifester après 2012 dans la perspective de nouveaux objectifs de réduction. Les conséquences pour l’économie pourraient même être légèrement positives, ajoute t'il en indiquant que cette taxe fera baisser les coûts de la santé et qu'elle aura des effets positifs sur l’innovation et le progrès technologique. D'autre part, le Conseil fédéral a choisi de tester l'efficacité du ''centime climatique'' sur le carburant et basé une base volontaire. La loi sur le CO2 en Suisse prévoit déjà que les milieux économiques et les entreprises peuvent prendre volontairement des mesures de réduction de leurs émissions de CO2 afin d’éviter l’introduction d’une taxe systématique. Ainsi, un centime climatique sera perçu auprès de la branche pétrolière sur chaque litre de carburant importé. Les recettes qui en découlent – 70 millions de francs Suisse – doivent servir en partie à financer des projets dans des pays tiers et à acquérir ainsi des certificats d’émission. En Suisse, il s’agit surtout d’encourager les biocarburants et de prendre des mesures dans le domaine des combustibles (bâtiments, infrastructures). Pour mettre en oeuvre ce ''centime climatique'', il est prévu de créer une fondation composée de 10 à 20 personnes (l’Union pétrolière, Economiesuisse, Swissmem, la Société suisse des propriétaires fonciers et la Fédération routière suisse), qui choisirait les projets à financer. La solution esquissée par le Conseil fédéral soulève toutefois un certain nombre de questions pratiques qui doivent être étudiées plus en détail. Le DETEC est donc en charge de préparer une proposition pour l’application concrète et de soumettre un message au Conseil fédéral avant l’été. Le système devra prouver son efficacité avant fin 2007. En effet, si le centime climatique n’est pas appliqué ou ne déploie pas les effets nécessaires, il étendra la taxe sur le CO2 à l’essence. C.S
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Mardi 29 mars 2005
Politique - Publiée le : 29/03/2005   Le gouvernement cible sa politique énergétique sur les économies d'énergie ------------------------------------------------------------------------ Le Premier Ministre a réuni son gouvernement pour un séminaire autour du développement durable le mercredi 23 Mars 2005. Ce séminaire gouvernemental a fait un point des actions déjà menées et renforce sa mobilisation par l’adoption de 29 nouvelles mesures. Deux mesures prévues dans le Plan Climat se voient renforcées : l’affichage des performances énergétiques des véhicules (Action 4) et le développement de l’écoconduite (Action 5). Deux pistes sont ouvertes par le séminaire. L’engagement de la France dans la promotion du dispositif de Kyoto (Mécanisme de développement propre) qui permet de réaliser des réductions d’émissions de gaz en les assistant et les accompagnant dans les pays en développement tout en créditant la France des « crédits carbone » correspondants. Cette politique est dotée 50 millions d’euros (Action 1). La seconde piste importante consiste à développer les économies d’énergie dans l’habitat tant neuf qu’ancien en renforçant les incitations pour les particuliers à réaliser des travaux d’économies d’énergie (Action 8), en intégrant des critères de performance énergétique dans les projets de rénovation urbaine (Action 6), en rendant obligatoire une haute performance énergétique pour les logements locatifs aidés par le dispositif fiscal « Robien » (Action 7),en imposant des travaux pour améliorer la performance énergétique d’immeubles anciens mis en copropriété (Action 8) et par l’information des consommateurs et la mobilisation des professionnels (Action 9). L'amortissement Robien permet à un acquéreur d'un logement neuf de bénéficier de réductions d'impôt s'il s'engage à louer son bien pendant neuf ans. Après «concertation avec les professionnels», il sera désormais réservé à des logements dont les équipements consommeront entre «8% et 15%» moins d'énergie que les normes de la réglementation générale. Une réflexion prospective sur la division par 4 des émissions de gaz à effet de serre en 2050 est lancée (Action 2), et des propositions seront faites au plan européen pour la maîtrise des émissions de gaz à effet de serre de l’aviation civile (Action 10). Rappelons qu'en ratifiant le protocole de Kyoto, la France s'est engagée, à stabiliser ses émissions de gaz à effet de serre en 2008-2012 par rapport à 1990. Elle a réaffirmé à l'occasion du séminaire, sa volonté de les réduire de 75% à l'horizon 2050. En 2003, ses rejets avaient baissé globalement de 1,9% en 13 ans surtout grâce à une stagnation de la croissance économique, mais augmenté de 22,7% dans les transports et de 14,3% dans les bureaux et logements. D'autres mesures concernent la préservation de la biodiversité : achèvement de la mise en place du réseau Natura 2000 français pour 2006 (Action 12), création d’une Réserve naturelle dans les Terres australes et antarctiques françaises (Action 13) et création du Fonds de dépollution des terrains militaires (Action 17). Rappelons que la France avait été réprimandée par Bruxelles pour son retard sur le respect de la directive européenne sur les sites Natura 2000. Par ailleurs l'armée est souvent identifiée comme l'un des principaux pollueurs dans l'hexagone. Un groupe de travail à haut niveau va être lancé sur les outils économiques et le développement durable, avec, comme objectif, de faire des propositions de mise en œuvre dès 2006 (Action 23). Dans le domaine social, la lutte contre le saturnisme infantile est renforcée, notamment en rendant gratuit le dépistage de la plombémie (Action 20). La recherche et l’innovation identifiée dans la charte de l’environnement comme des piliers du développement durable seront aussi renforcées sur les thèmes de l’énergie (Action 3) la biodiversité (Action 24) le bâtiment (Action 25) et l’agriculture (Action 26). Enfin, l’Etat se mobilise pour que le développement durable soit au cœur de la candidature de Paris aux Jeux olympiques et paralympiques de 2012, tant dans les valeurs qu’ils véhiculeront, que sur le plan environnemental par la neutralité des émissions des gaz à effet de serre et l’impact positif des aménagements sur l’agglomération parisienne (Action 28). De toute évidence, le gouvernement oriente sa politique énergétique vers les économies d'énergie plutôt que vers le développement des énergies renouvelables. Souhaitons donc que ces mesures positives contribuent au moins à rétablir le cap d'une politique environnementale trop souvent décriée par les ONG et les partenaires européens. C.S
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Jeudi 24 mars 2005
L'énergie éolienne est vivement contestée par des associations locales ARTICLE LE MONDE | 23.03.05 | 16h35  •  Mis à jour le 23.03.05 | 16h37 'énergie éolienne a bonne presse, mais, dans les campagnes, son développement suscite une contestation toujours plus vive : dans tous les coins de France où s'annoncent des pylônes de plus de cent mètres de haut, des associations se lèvent. Au Bourg-Dun (Seine-Maritime), à Pleyber-Christ (Finistère), à Roches-sur-Grane (Drôme), en Ardèche, dans l'Hérault, dans la Haute-Loire, les collectifs se créent, protestent, vont en justice, dans un rejet qui prend les écologistes à revers et les industriels par surprise. 407 mégawatts en France La France compte 407 MW de puissance installée, selon l'Ademe (www.suivi-eolien.fr). Le Languedoc-Roussillon arrive en tête, avec 122 MW, suivi du Nord - Pas-de-Calais avec 59 MW et de la Bretagne, avec 41 MW. 25 % des 175 permis de construire délivrés étaient soumis à des recours devant le tribunal administratif, selon une étudede juillet 2004 du ministèrede l'industrie. Dans le monde, la capacité de production éolienne atteint 47 000 MW, en progression de 20 % sur 2003, selon Global Wind Energy Council. L'Allemagne est au premier rang (16 629 MW), devant l'Espagne (8 263 MW) et les Etats-Unis (6 740 MW). [-] fermer OAS_AD('Middle1'); La justice s'en mêle et en plusieurs endroits a annulé des permis de construire, la dernière décision étant celle du tribunal administratif de Lille à l'encontre d'un projet de plus de 70 machines à Fruges, dans le Pas-de-Calais. "Les éoliennes sont disproportionnées par rapport à la taille des paysages, dit Jérôme Hellio, de l'Association de défense de l'environnement frugien. Elles accaparent le regard, elles ne s'intègrent pas dans le paysage, elles le font." Dans le Nord - Pas-de-Calais, plus de trois cents permis de construire sont en cours d'instruction : "Nous sommes une région urbanisée, dit M. Hellio, et ici c'est un peu le poumon vert où les citadins viennent se ressourcer. Les gens se disent qu'avec les éoliennes on va finir d'industrialiser le Pas-de-Calais." S'appuyant sur cette résistance, notamment animée par une fédération de plus de deux cents associations locales, Vent de colère, les députés UMP Patrick Ollier, Serge Poignant et Jean-Pierre Nicolas ont déposé des amendements au projet de loi d'orientation sur l'énergie, discuté à l'Assemblée nationale les 23 et 24 mars. "LE RISQUE DE TUER LA FILIÈRE" Chez les industriels de l'éolien, c'est la consternation : "C'est à s'arracher les cheveux, dit Antoine Saglio, délégué général du Syndicat des énergies renouvelables, nous avons tous été pris de court, les financiers sont épouvantés, cela va finir par des licenciements."" Toute la filière s'est développée sur un autre concept que celui porté par ces amendements, explique Anne Lapierre, avocat au cabinet Norton Rose. Appliqués brutalement, ils risquent de tuer la filière." Il est vrai que les éoliennes posent un problème paysager. Quelle que soit l'opinion esthétique qu'elles suscitent, elles ne passent pas inaperçues : atteignant 120 mètres de haut avec un rotor de 80 m de diamètre, une éolienne de 2 mégawatt (MW) requiert aussi une fondation de près de 600 tonnes de béton. Les conditions économiques de l'éolien sont aussi critiquées par les opposants. L'énergie du vent bénéficie d'un prix de rachat par EDF de 8,35 centimes par kWh (kilowattheure), par rapport à un prix de référence sur le marché européen de 3,5 centimes. Cette disposition a été instituée en 2001 pour encourager le développement de cette énergie. "Le tarif de rachat de l'électricité éolienne est beaucoup plus élevé que celui des autres sources, dit Jean-Louis Butré, de l'association Vent du bocage. Les producteurs se sont jetés là-dessus, il y a tellement d'argent à se faire." Cette critique a été reprise par une note du conseil général des Ponts et Chaussées du 15 décembre 2004, non publiée, dont l'auteur souligne que ce mécanisme entraîne "une prolifération de nombreux projets disséminés sur le territoire". "Si l'on veut que les énergies renouvelables ne soient pas trop coûteuses demain, il faut investir aujourd'hui", répond Jean-Louis Bal. Sur le plan énergétique aussi le bilan n'est pas forcément positif : "L'éolien ne suffirait même pas à couvrir l'augmentation de la consommation d'électricité d'une année sur l'autre, s'exclame Yves Verilhac, directeur du parc naturel régional des Monts d'Ardèche, à quoi cela sert-il de faire des éoliennes si on ne diminue pas la consommation d'énergie ?" Effectivement, la consommation d'électricité a crû en France de 2,2 % entre 2003 et 2004, selon les données du Réseau de transport d'électricité. Cela représente 10 térawattheures de plus d'une année sur l'autre ­ autant que ce que produiraient environ 2 000 éoliennes de 2 MW ! "Il serait beaucoup plus efficace de mener un programme sérieux d'économies d'énergie ­ par exemple l'isolation des bâtiments existants, qui ne demanderait pas plus d'argent public ­, ce qui ferait facilement baisser la consommation d'énergie de 10 %, soit davantage que ce que fourniraient 2 000 éoliennes", dit Jean-Marc Jancovici, consultant indépendant en énergie. Mais la politique d'économies d'énergie est laissée pour compte. L'Ademe ne peut y consacrer que 111 millions d'euros par an. "C'est vrai, dit Yves Cochet, député (Verts), mais il faut faire les deux : mener une politique industrielle investissant massivement dans l'efficacité et la sobriété, et ensuite dans les énergies renouvelables." Le tort des promoteurs des éoliennes est sans doute de ne pas accompagner l'installation de leurs machines d'un vrai discours sur le changement de politique énergétique, axée sur l'économie d'énergie. Du coup, l'éolien apparaît comme un simple instrument de production supplémentaire. Pour l'heure, les défenseurs de l'éolien attendent avec anxiété le résultat des débats parlementaires. Une solution à terme se dessine sans doute, qui passe par des schémas départementaux ou régionaux, dit-on au ministère de l'équipement, et par une meilleure concertation avec les habitants. Hervé Kempf Article paru dans l'édition du 24.03.05
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Jeudi 24 mars 2005
Les députés examinent le projet de loi sur l'énergie Les éoliennes en pleine tempête ARTICLE OUEST-FRANCE Le parc éolien français est en pleine tempête. Les sites de petite production sont menacés par un amendement sur le rachat de l'électricité produite.Frédéric Girou Un amendement restreignant le développement des éoliennes risque d'enflammer le débat à l'Assemblée nationale. Les parlementaires devaient, en effet, examiner, hier soir, en deuxième lecture le projet de loi d'orientation sur l'énergie. Éole a du plomb dans l'aile. L'énergie éolienne allait-elle enfin décoller en France ? Les écologistes en tout cas aimaient à le croire. Des projets avaient d'ailleurs fleuri ici et là. Patatras, un simple amendement, perdu au sein du projet de loi sur l'énergie, peut, à lui seul, s'il est voté, remettre tout en cause.Il y aura donc de l'électricité dans l'air quand l'Assemblée nationale se saisira du sujet. Chaque camp, en effet, soupçonne l'autre des plus noirs desseins.« Éviter le mitage du paysage »Les auteurs de l'amendement, les trois députés UMP : Patrick Ollier (Hauts-de-Seine), Serge Poignant (Loire-Atlantique) et Jean-Pierre Nicolas (Eure) mettent en avant le bon sens. « Il vaut mieux, soutiennent-ils, avoir des parcs éoliens plus importants, mais limités en nombre, plutôt qu'une multitude de projets qui vont miter l'ensemble du paysage. » En conséquence de quoi ils entendent réserver l'obligation faite à EDF d'acheter l'énergie éolienne aux seuls parcs dont la puissance dépasse les 20 mégawatts, au lieu de 30 mégawatts encore hier. La législation actuelle est à l'opposé. Elle favorise le nombre des éoliennes, et donc leur dissémination, en limitant cet achat aux parcs ne dépassant pas 12 mégawatts.Les adversaires de l'amendement ne croient pas, un seul instant, à la sincérité de ses auteurs. « Si leur proposition passe, explique-t-on au PS, c'est la mort programmée de toute la filière éolienne française. » Même s'ils l'expriment de manière moins abrupte, plusieurs députés UMP sont sur la même ligne.Quant aux Verts, farouchement opposés à l'amendement, comme on l'imagine, ils estiment que leurs auteurs ne sont rien d'autre que les porte-voix du groupe de pression nucléaire. Ils soulignent aussi la « complète contradiction » de la politique menée sur le terrain par la droite avec les grands discours « prétendument écologistes » de Jacques Chirac sur le développement durable et la lutte contre l'effet de serre.Pour autant qu'il soit important, le débat sur les éoliennes ne résume pas, à lui seul, le projet gouvernemental. Son objectif général est à la fois de favoriser une meilleure maîtrise de l'énergie et de promouvoir les énergies renouvelables. Plusieurs décisions concrètes y figurent aussi. La plus importante est le lancement du réacteur nucléaire de troisième génération EPR. On y trouve aussi l'installation de 200 000 chauffe-eau solaires par an, en 2010, des aides au développement des biocarburants et la création de certificats d'énergie qui seront délivrés aux fournisseurs les plus économes.Le débat va se poursuivre aujourd'hui. Suspendu pendant le week-end, il reprendra mardi. Roland GODEFRO
par Bernadette Caillard-Humeau publié dans : énergie
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