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L'équipe de Cap 21 Pays de la Loire, vous souhaite la bienvenue sur son blog. Lancé en décembre 2004, ce blog est au service de ceux qui recherchent des articles d'information sur les sujets abordant les enjeux de santé-environnement, protection de la nature, qualité de la vie, transport, urbanisme, vie politique de la région, etc, dans une posture d'ouverture du local à l' international. Sur un même sujet, vous pouvez trouver des avis divergents, c'est fait exprès, - la source est toujours indiquée en bas de l'article -. Outre ces informations, vous trouvez nos opinions à travers nos interventions, communiqués et aussi sur le mot du jour "Contre-pente". Depuis le 11 mars 2007, à l'occasion des élections présidentielles, CAP 21 rallié résolument François Bayrou. Son score en Anjou a été magnifique (+ 23 %). Le futur MoDem, qui sera officiellement et statutaire les 1er ou 2 décembre, rassemble des hommes et des femmes venus de l'UDF, de CAP 21 et beaucoup de nouveaux militants en politique. Les 535 candidats aux législatives ont permis de confirmer l'émergence de ce nouveau parti, différent, rassembleur, troisième force politique, qui a montré sa force aux législatives, qui doit concrétiser aux prochines élections, cantonales et municipales.

Bernadette Caillard-Humeau, Conseillère municipale d'Angers, Déléguée d'Angers Loire Métropole

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Jeudi 24 février 2005
Plus le temps passe, plus l'impossibilité de maintenir durablement le grand écart entre les paroles et les actes se fait jour. A commencer par la fameuse charte de l'environnement dont on s'interroge sur le point de savoir si elle sera votée. En réalité, elle est victime de ce qu'elle est réellement : une manifestation de communication politique. Comme l'ont parfaitement illustré les récents entretiens de Saintes consacré à ce sujet, la Charte n'a été votée par l'UMP que parce que c'était «du vent» comme l'a parfaitement dit Roselyne Bachelot. Même si les juristes s'interrogent sur la manière dont la charte pourrait être interprétée pour lui faire dire le contraire de ce qu'a voulu le législateur en l'édulcorant au maximum, il s'agit, mis à part l'article premier qui fait une référence très allusive au droit à un environnement sain, d'un texte en régression par rapport au droit positif et surtout au droit communautaire. S'il en avait été autrement, et si la charte, dont le concept même pose problème, avait été abandonnée au profit d'une phrase figurant dans le préambule de la constitution et reconnaissant un droit à un environnement qui respecte la santé et la biodiversité et un devoir des personnes physiques et morales de le respecter, comme dans de nombreuses constitutions, on aurait pu parler d'une véritable avancée juridique. Mais, sans doute, la majorité aurait purement et simplement refuser de la voter. D'où le texte d'aujourd'hui, certes voté par la majorité, mais au mieux sans avancée, au pire en régression. Comment s'étonner dès lors, que ce sujet qui aurait pu être le lieu d'un consensus- rappelons que la plupart des grands textes de l'environnement ont été votés soit à l'unanimité, soit sans opposition- soit devenu un enjeu politicien qui causera peut-être sa perte ? A continuer par l'idée d'une Organisation des Nations Unies pour l'Environnement.Cette initiative de la diplomatie française, à laquelle certains pays se sont joints du bout des lèvres pose problème et illustre une différence de conception entre le ministère de l'écologie qui voudrait un progrès dans la gouvernance mondiale de l'environnement et le Quai d'Orsay qui privilégie le succès de l'initiative au détriment de son contenu. Lors d'un récent débat tenu au Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable, l'ambassadeur pour l'environnement, M.Gauer a très clairement répondu à une question que je lui avais posée sur la virtualité du droit international de l'environnement et la nécessité d'en sortir en indiquant que j'avais raison, mais qu'en l'état, la solution ne pouvait être trouvée. Autrement dit, changer d'institution sans lui donner d'autres moyens et pouvoirs que ceux dont dispose aujourd'hui le Programme des Nations Unies pour l'Environnemnt ne sert à rien, si ce n'est à chercher une satisfaction diplomatique en déconnectant la réalité du projet. Il est peu probable que la communauté internationale joue ce jeu. A l'opposé, avec le débat sur le Plan de Protection de l'Atmosphère (PPA) à Paris, il s'agit de passer de la virtualité à la réalité. Rappelons que les plans de protection de l'atmosphère que j'ai inscrits dans la loi Lepage du 30 décembre 1996, étaient conçus comme un élément majeur de la loi sur l'air. Après les plans régionaux de la qualité de l'air, destinés à faire un état des lieux et fixer des objectifs de réduction de la pollution, les Plans de Déplacement Urbains et les PPA avaient pour mission de déterminer les moyens d'y parvenir. Malheureusement, la sortie très tardive (2001) du décret sur les PPA a rendu quasi impossible l'efficacité du dispositif d'ensemble qui devait être quasi concomitant. Ceci explique que les PPA soient arrivés à maturité à un moment où il faudrait juger de la manière dont les Plans Régionaux pour la Qualité de l'Air ont rempli leurs objectifs, ce qui est exclu. De surcroît, la conception que s'est faite l'Etat du PPA de Paris est très à minima. Il paraît en effet, illusoire d'espérer la moindre réduction de la pollution à partir de ce plan, y compris pour la gestion des pics de pollution qui a été abandonnée, dans le cadre des plans d'urgence réduits à une simple incitation à laisser sa voiture au garage ! Le maire de Paris a donc raison de protester contre ce plan, inefficace à priori et qui participe de la virtualité de la politique environnementale actuelle.Tout ceci ferait sourire si nous n'étions pas des spectateurs très engagés, c'est-à-dire des victimes potentielles de l'absence de traitement de l'urgence écologique. De même que les bonnes paroles, voire les placebos n'ont guère d'efficacité en présence de maladies graves, le traitement des problèmes environnementaux, qu'il s'agisse de la santé humaine ou de la perte de biodiversité, ne peut s'accommoder longuement d'une posologie virtuelle et uniquement communicationnelle. Corinne Lepage Présidente de CAP 21 - 22 février 2005
par Corinne LEPAGE publié dans : environnement, santé & environnement
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Jeudi 24 février 2005
ÉCOLOGIE Le texte doit être soumis lundi au Parlement réuni en Congrès Pourquoi il faut voter pour la charte de l'environnement PAR NICOLAS HULOT * ET DOMINIQUE BOURG ** [24 février 2005] Quelques jours après l'entrée en vigueur du protocole de Kyoto, les hésitations face au projet de Charte constitutionnelle de l'environnement, à la veille de son passage devant le Congrès à Versailles, sont incompréhensibles. Le refus éventuel de voter ce texte ne pourrait relever que de l'indifférence obstinée à l'accumulation des problèmes écologiques ou plus déplacé encore de basses tactiques. Ceux qui auraient, en tant que formation politique ou à titre individuel, gâché la chance historique d'élever au plus haut niveau des normes le droit à et de l'environnement, ne sauraient – dans les années à venir – prétendre porter un quelconque projet de mise en oeuvre d'un développement plus durable. Ils auraient non seulement refusé de saisir une opportunité qui ne se représentera plus, mais encore accru le fossé qui sépare de plus en plus dangereusement les citoyens de ceux qui cherchent à les représenter. Le texte qui sera soumis au Congrès le 28 février est le résultat d'un long processus. Il a été présenté en juin 2003 par le gouvernement, adopté par les deux chambres en mai et juin 2004, et il s'est inspiré du travail rendu public par la commission Coppens en avril 2003. Cela vaut la peine d'être rappelé, ladite commission comportait dix-huit membres issus de la société civile, notoirement de gauche ou de droite pour les uns, sans appartenance politique revendiquée pour les autres ; l'élaboration de la Charte par la commission a également été accompagnée d'une participation de la société civile, grâce à l'organisation d'assises régionales et à une consultation du public sur le net. Le texte issu de toutes ces étapes est donc nécessairement un texte de compromis, évidemment perfectible. Lui en faire le procès n'a donc aucun sens. Qui plus est, le texte de la Charte, en raison de sa nature même, indique pour l'essentiel des objectifs constitutionnels, c'est-à-dire des objectifs que les pouvoirs législatifs et exécutifs futurs devront atteindre. Ce sont donc ces pouvoirs à venir qui, au gré de leur interprétation et à la faveur de leur détermination, décideront de la portée et de la fécondité de la Charte. Voter pour la Charte, c'est ouvrir ces possibles. La rejeter, c'est dramatiquement restreindre l'avenir. L'actuelle Charte n'en comporte pas moins quelques points forts et acquis immédiats. Avec son article premier, la Charte reconnaît le droit de chacun à vivre dans un «environnement équilibré et respectueux de la santé». Alors que l'on commence, grâce à des études de plus en plus nombreuses, à mettre au jour l'importance de l'environnement sur la santé, quel élu oserait priver les citoyens de ce droit ? Jusqu'alors, le droit était incapable d'accorder une considération légale aux êtres naturels pour eux-mêmes. Le principe pollueur-payeur permettait d'intervenir face aux dommages infligés aux biens et aux personnes. L'article 4, qui coiffe le principe pollueur-payeur sans évidemment le supprimer, ouvre une responsabilité plus large, à proprement parler écologique : il institue en effet le devoir de contribuer à la réparation des dégradations qu'on inflige au milieu lui-même, et plus seulement aux biens et personnes. Enfin, l'article 5, donne une définition modérée du principe de précaution, restreinte au domaine environnemental, enregistrant l'acquis de la jurisprudence de la Cour de justice des Communautés européennes : l'article 5 distingue en effet la nécessaire évaluation préalable de l'état des connaissances scientifiques de l'adoption postérieure de «mesures provisoires et proportionnées». Nous avons presque honte de devoir rappeler ici que le principe de précaution ne constitue ni un principe antisciences, ni un principe antiprogrès : s'appliquant à des risques «graves et irréversibles» dans un contexte de connaissances scientifiques attestées mais insuffisantes, il a pour conséquence d'inciter à la production de connaissances scientifiques nouvelles ; il ne s'oppose évidemment pas aux progrès, mais cherche à faire le tri entre ceux qui ne profitent qu'aux intérêts à court terme des actionnaires, et ceux qui contribuent au bien-être général. Le projet de Charte constitutionnelle se borne en fait en transcrire dans notre édifice juridique les leçons forgées par les trente dernières années, trente ans de connaissances et d'expériences environnementales douloureuses. C'est l'occasion pour nos représentants de montrer qu'ils savent, à l'unisson de ceux qu'ils représentent, tirer les leçons du passé et ouvrir les voies de l'avenir. Nous ne doutons pas qu'ils sauront saisir cette occasion historique. * Président de la fondation Nicolas Hulot pour la nature et l'homme. ** Professeur des universités, directeur du Centre de recherches et d'études interdisciplinaires sur le développement durable (Creidd), ancien membre de la commission Coppens, membre du CVE.
par point de vue nicolas hulot dominique bourg publié dans : environnement, santé & environnement
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Jeudi 24 février 2005
Communiqué de Presse. mercredi 23 février 2005 Charte de l’environnement : les socialistes vont-ils se tromper de cible ? A l’annonce de la menace proférée par le Président du groupe socialiste de l’Assemblée nationale à ses troupes, France Nature Environnement, la fédération française des associations de protection de la nature et de l’environnement et l’Union Fédérale des Consommateurs-Que Choisir, se disent surprises et choquées. En effet, Jean-Marc AYRAULT s’est exprimé en ces termes : «si les socialistes disent non, je peux vous dire que cette charte ne passera pas et c’est le Président de la République qui en portera seul la responsabilité ». FNE et l’UFC-Que choisir s’insurgent contre l’inconséquence d’un tel positionnement et dénonçent la prise en otage de la Charte. Bien qu’imparfaite, elle est de nature à apporter une avancée marquante en faveur de la protection de notre environnement. Ce texte, s’il ne mérite pas une adhésion aveugle, ne doit pas faire l’objet d’une récupération politicienne ou d’un clivage déplacé. En prenant la responsabilité délibérée de faire échouer sa validation en Congrès, le parti socialiste ne mettrait pas le Président de la République en difficulté mais bien la protection de l’environnement elle-même, dans un contexte déjà hostile au regard d’un budget de l’environnement très faible et de plus, victime du gel budgétaire. Aucune des faiblesses de la rédaction de la Charte et des regrets qu’elle laisse ne peut aujourd’hui justifier son sabotage. L’enterrement de ce projet pour de nombreuses années, serait un mauvais coup porté à l’ambition de se doter d’un outil pour la protection de l’environnement. Le texte n’est pas parfait, critiquable en certains points, mais consacre une avancée : voilà ce qui amène après consultation interne les socialistes à appeler à voter oui à la constitution européenne. Ne voulant pas susciter d’amalgame et entrer à cette occasion dans cet autre débat, nous constatons néanmoins que les mêmes constats n’entraînent pas la même conclusion…. Le vote des parlementaires du 28 février prochain engagera le pays tout entier, risquant d’hypothéquer la qualité de notre environnement, l’orientation de notre politique environnementale, la pertinence de l’approche globale et, pour finir, les chances des générations futures. Nous en appelons donc à la responsabilité et à la cohérence des instances dirigeantes du parti socialiste et des chefs de groupes afin que les socialistes ne s’opposent pas à la Charte et que ce vote soit avant tout un acte éco-citoyen.
par communiqué de presse France Nature Environnement et Que choisir publié dans : environnement, santé & environnement
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Mercredi 23 février 2005
EXTRAITS D'UNE INTERVIEW DE CORINNE LEPAGE La politique se réduit à une très vaste opération de communication ! Par-derrière, les intérêts économiques jouent tout à fait en sens contraire et, à mon avis, contre leur camp. On aide certaines industries traditionnelles à se maintenir, mais on empêche de se développer toutes celles qui pourraient être les industries fleurons de demain. C’est un gâchis ? Un immense gâchis, une immense perte de temps. Sur le plan européen, nous nous couvrons de honte ! Nous avions un organisme, l’Ifen(Institut français de l’environnement), chargé de collecter des données chiffrées. Il a été supprimé par le gouvernement ! Résultat : la France ne fournit plus de données à l’Agence européenne de l’environnement. Il y a 48 fonctionnaires en France qui s’occupent de ça, contre 11 500 en Angleterre. En terme de données environnementales, nous devenons une grande tache blanche en Europe… La charte de l’environnement, les discours de Chirac, c’est du pipeau… La charte, c’est du pipeau total, et je pense même que c’est une régression, parce que finalement ça réduit énormément le champ d’application du principe de précaution. La dégradation de la situation environnementale en France est considérable, nous sommes la lanterne rouge de l’Europe ! Et en terme de biodiversité mondiale, nous ne faisons pas mieux en Guyanne française que ce que font les Brésiliens chez eux ! On ne protège pas plus la forêt tropicale qu’eux ! On est incapables de faire un parc national ! Le président en a reparlé, mais ça fait plus de dix ans qu’il le promet. On n’a vraiment de leçons à donner à personne !
par interview de Corinne Lepage (extrait article archivé) publié dans : environnement, santé & environnement
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Lundi 7 février 2005
Pollen et pollution associés pour déclencher des allergies   Le pollen de bouleau est-il plus allergène en ville? (Witold Barski)  Face à l’augmentation des cas d’asthme et d’allergies, la pollution des milieux urbains a été soupçonnée de complicité. Le nombre de consultations pour crise d’asthme augmente pendant les pics de pollution. Cependant, la façon dont cette pollution urbaine, essentiellement liée au trafic, peut induire une allergie demeure difficile à établir. Selon l’équipe d’Ulrich Pöschl, de Munich, les gaz polluantes s’allient aux protéines pour les rendre davantage allergènes.Parmi les polluants issus des rejets des gaz d’échappements, l’ozone (O3) et le dioxyde d’azote (NO2) réagissent avec un acide aminé présent dans les protéines, la tyrosine, et ajoute des nitrates à ces protéines, expliquent Pöschl et ses collègues dans la revue Environmental Science and Technology. Or les études sur les souris montrent que les protéines nitratées sont plus efficaces pour déclencher des réactions allergiques.En analysant les protéines présentes dans la poussière urbaine, les chercheurs ont constaté que 0,1% d’entre elles étaient nitratées. Pour les pollens de bouleau déposées à un carrefour de Munich pendant quelques jours, la proportion atteint 10%.Cette réaction n’est sans doute pas le seul mécanisme en jeu dans la relation entre pollution urbaine et allergie. D’autres études ont suggéré que les arbres produisaient davantage de protéines allergènes sous l’effet de la pollution. Quoi qu’il en soit, cela confirme la nécessité de réduire le niveau de ces polluants dans l’atmosphère des villes.C.D.(07/02/05)
par article sciences et avenir publié dans : environnement, santé & environnement
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Samedi 22 janvier 2005
CHIMIE Présents dans de nombreux produits d'usage courant vendus en grandes surfaces L'évaluation des biocides débute en France Avec plusieurs années de retard, la France va enfin évaluer la toxicité des biocides, ces pesticides potentiellement dangereux pour l'homme et l'environnement et pourtant massivement utilisés dans la vie courante. La majorité d'entre eux devrait être retirée du marché avant 2006. Une nouvelle structure d'évaluation se met en place dans l'Hexagone. Caroline de Malet [21 janvier 2005] Ce sont des pesticides à usage non agricole, dont la principale caractéristique est d'exercer une action contre des organismes vivants nuisibles. Et pourtant, malgré leur caractère potentiellement toxique, les biocides sont utilisés par le grand public dans la vie courante. Raticides, désinfectants pour piscines, produits ménagers comme le Cif ammoniacal, antipoux, antipuces ou encore produits de protection du bois : leur utilisation quotidienne a fini par inciter la Commission européenne à faire le ménage au sein de ces biocides, dont certains sont déjà interdits à l'étranger. C'est par exemple le cas du diazinon, un organophosphoré qui véhicule de puissants neurotoxiques proches du sarin (gaz moutarde), banni des Etats-Unis depuis l'année dernière. Ce pesticide présente en effet des risques pour la santé, allant de la simple nausée à des lésions neurologiques irréversibles. La directive européenne imposant d'évaluer la toxicité de ces substances et de soumettre leur mise sur le marché à autorisation date de 1998. «Le public aurait du mal à comprendre qu'on ne connaisse pas les dangers des produits vendus sur le marché européen», justifie Vincent Laflèche, directeur général adjoint de l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris). Seulement, il aura fallu attendre six ans et le décret du 26 février 2004 avant que la France ne transpose cette directive en droit national, après un rappel à l'ordre de la Cour de justice des Communautés européennes. Un retard qu'avait dénoncé Corinne Lepage et Cap 21 en juin 2004. «Le principe de précaution n'est pas un principe d'inaction. Ce devrait être un principe d'action», lance Eric Delhaye, porte-parole de Cap 21. Au cours d'une étape préalable, les industriels européens ont été sommés de notifier au niveau européen les biocides qu'ils commercialisent sur le marché. 1 713 substances actives ont ainsi été identifiées, réparties entre 23 catégories. Sachant que chaque substance donne lieu à la formulation de dix produits biocides, on considère qu'au moins 15 000 produits sont concernés. Au niveau français, c'est le ministère de l'Ecologie et du Développement durable qui est chargé d'organiser la mise en place de cette nouvelle réglementation. Une première étape consiste, pour les industriels, à déposer, au niveau national, un dossier par substance, avec essais toxicologique à la clé. Compte tenu des coûts très élevés de dépôts de dossiers (jusqu'à 180 000 euros), on estime que les industriels devraient se contenter de soumettre à l'évaluation environ 400 substances sur 1 713. Les autres, à savoir la grande majorité, seront donc retirées de facto du marché d'ici à 2006. La France va évaluer en tout 11% environ de ces 400 substances (800 produits). C'est l'Ineris et l'INRS (Institut national de recherche et sécurité), organisme public chargé de la protection des travailleurs, qui se répartissent l'étude de la majorité des dossiers. Plus marginalement, l'Afssa (pour les aliments) et l'Afssaps (pour les produits de santé) pourront également apporter leur expertise. A noter que ces différents instituts ne vont pas procéder eux-mêmes aux essais toxicologiques, mais valider les résultats des études réalisées en amont par les industriels. Une fois ce travail d'évaluation effectué, c'est le ministère qui décidera en dernier ressort d'attribuer ou non l'autorisation de mise sur le marché à un produit. C'est dans cette optique que l'INRS et l'Ineris, amenés à travailler en étroite collaboration, vont créer une structure commune dédiée à cette évaluation. Cette dernière, qui devrait être baptisée Bureau d'étude des risques des produits chimiques, pourrait éventuellement élargir ses activités par la suite à l'évaluation des substances chimiques. Car, souligne Philippe Huré, responsable du département Risques chimiques et biologiques de l'INRS, «ce schéma préfigure le dispositif en préparation pour les substances chimiques dans le cadre du programme européen Reach». Ce vaste projet, qui vise à mieux connaître les dangers de 30 000 produits chimiques, se heurte pour l'instant à une vive opposition des industriels.
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Jeudi 13 janvier 2005
LE MONDE | 13.01.05 | 13h48 Les archives du "Monde" : plus de 800 000 articles à consulter. Abonnez-vous au Monde.fr Bruxelles de notre bureau européenLa Commission européenne a menacé la France, mercredi 12 janvier, de sanctions financières si elle persiste à ne pas tenir compte d'arrêts de la Cour de justice qui l'invitent à transposer dans sa législation plusieurs directives sur l'environnement. OAS_AD('Middle'); La France a été condamnée six fois, entre septembre 2001 et juillet 2004, à l'initiative de la Commission, mais elle a ignoré, en tout ou en partie, les injonctions de la Cour. La Commission l'a donc mise en demeure de s'acquitter de ses obligations. Il s'agit, dans trois cas, d'un premier avertissement et, dans les trois autres, d'un deuxième et dernier avertissement, ultime étape avant d'éventuelles amendes infligées par la Cour à la demande de la Commission."Je suis inquiet de voir le nombre élevé d'arrêts de la Cour auxquels la France n'a pas donné suite", a déclaré le commissaire européen à l'environnement, Stavros Dimas, avant d'ajouter : "Il est indispensable de réagir vite et de manière efficace aux arrêts de la Cour, non seulement pour l'environnement, mais aussi pour montrer que les Etats membres prennent leurs engagements européens au sérieux." Dans un communiqué, la Commission souligne que "la France, en n'appliquant pas correctement la législation européenne sur l'environnement, nuit aux efforts déployés pour préserver la faune et la flore d'Europe et sape les actions en faveur d'une meilleure gestion des risques pour l'environnement et la santé humaine". RETARDS ACCUMULÉS La France est blâmée pour mauvaise transposition de la directive Habitats de 1992, qui obligeait les Etats à proposer, avant 1995, une série de sites destinés à constituer un réseau de protection écologique dénommé Natura 2000. La Cour a estimé, le 11 septembre 2001, que les listes fournies étaient incomplètes. La Commission note que celles-ci sont insuffisantes pour protéger une douzaine d'habitats et d'espèces, notamment des forêts et des tourbières, ainsi que certaines espèces de poissons et de plantes. Elle souligne que les retards accumulés empêchent l'achèvement du réseau Natura 2000, qu'elle considère comme "la contribution la plus importante à la protection de la biodiversité pour les générations futures". Paris reçoit également un dernier avertissement pour l'application de la directive Oiseaux sauvages de 1979, qui donne lieu, depuis vingt-cinq ans, à des controverses entre chasseurs et écologistes. La Cour lui reproche, dans un arrêt du 26 novembre 2002, de n'avoir pas désigné suffisamment de zones protégées. Celles-ci ne représentent que 2,6 % du territoire français, alors que les sites répertoriés en couvrent 8 %.De même, la Cour a jugé trop restrictive, le 26 juin 2003, la transposition faite par la France d'une directive de 1990 sur la liberté d'accès à l'information en matière d'environnement. Elle conteste notamment une clause autorisant l'administration à refuser la communication d'un document parce que celle-ci porterait atteinte "de façon générale aux secrets protégés par la loi". Depuis lors, Paris a corrigé son texte mais n'a pas prévu, dans l'hypothèse d'une décision implicite de rejet, une disposition obligeant les pouvoirs publics à fournir, dans les deux mois, les motifs de ce refus. La Commission s'appuie sur cette lacune pour justifier sa position.Trois autres législations donnent lieu à un premier avertissement. L'une concerne une directive de 1990 sur les organismes génétiquement modifiés, dont la transposition a été jugée incomplète par la Cour le 27 novembre 2003, notamment parce qu'elle assure mal l'information du public et qu'elle ne couvre pas certaines utilisations confinées relevant du ministère de la défense. Les deux autres directives portent sur le déversement de substances dangereuses dans l'eau (arrêt du 12 juin 2003) et sur les déchets des véhicules hors d'usage (arrêt du 1er juillet 2004).Thomas Ferenczi• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 14.01.05
par Le Monde publié dans : environnement, santé & environnement
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