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L'équipe de Cap 21 Pays de la Loire, vous souhaite la bienvenue sur son blog. Lancé en décembre 2004, ce blog est au service de ceux qui recherchent des articles d'information sur les sujets abordant les enjeux de santé-environnement, protection de la nature, qualité de la vie, transport, urbanisme, vie politique de la région, etc, dans une posture d'ouverture du local à l' international. Sur un même sujet, vous pouvez trouver des avis divergents, c'est fait exprès, - la source est toujours indiquée en bas de l'article -. Outre ces informations, vous trouvez nos opinions à travers nos interventions, communiqués et aussi sur le mot du jour "Contre-pente". Depuis le 11 mars 2007, à l'occasion des élections présidentielles, CAP 21 rallié résolument François Bayrou. Son score en Anjou a été magnifique (+ 23 %). Le futur MoDem, qui sera officiellement et statutaire les 1er ou 2 décembre, rassemble des hommes et des femmes venus de l'UDF, de CAP 21 et beaucoup de nouveaux militants en politique. Les 535 candidats aux législatives ont permis de confirmer l'émergence de ce nouveau parti, différent, rassembleur, troisième force politique, qui a montré sa force aux législatives, qui doit concrétiser aux prochines élections, cantonales et municipales.

Bernadette Caillard-Humeau, Conseillère municipale d'Angers, Déléguée d'Angers Loire Métropole

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Politique, effet de serre, ça chauffe. UNE NOUVELLE VOIE AVEC BAYROU, CORINNE LEPAGE, CAP 21 ET LE MODEM !

Le Mouvement Démocrate : une troisième force politique en France, en Anjou, à Angers. Certes, les législatives n'ont pas traduit l'immense espoir que François Bayrou avait suscité, mais les résultats de la deuxième circonscription de Maine-et-Loire, celle où je me suis présentée, sont très positifs : 10,53 % des voix, (alors que la moyenne nationale est de 7,4 % pour le MoDem), le meilleur score Cap 21, et dans une circonscription qui n'avait pas eu le choix, en 2002, d'un candidat centriste. Puis à la cantonale partielle, progression du Mouvement Démocrate sur le canton (12 % au lieu de 8 % en juin) et de façon assez spectaculaire à Angers : 22 %, les bureaux de vote des quartiers Justices-Saint Léonard-La Madeleine se répartissant des scores depuis 15 % jusqu'à 26 %. L'espoir existe donc de pouvoir faire épanouir le potentiel centriste de notre région dans les prochaines années. Le MoDem, c'est une éthique en politique, le refus du clivage droite-gauche, une position écologique transversale à tous les domaines de la polique, le centrage sur l'homme et son épanouissement comme coeur de la politique. A bientôt. Bernadette Caillard-Humeau.
Mercredi 2 mars 2005
ARTICLE LE FIGARO L'efficacité des laboratoires expliquée par des hauts responsables de la politique de recherche aux Etats-Unis Innovation : le modèle américain enfin démythifié Cyrille Vanlerberghe [02 mars 2005] «Comment utiliser le modèle américain pour éclairer les débats français sur la recherche et l'innovation ?» L'intitulé du cycle de conférences organisé conjointement par l'ANRT (Association nationale de la recherche technique) et la FAF (French-American Foundation) tombe à pic en cette période de réflexion sur l'avenir de la recherche et de l'innovation en France. Les Etats-Unis sont très souvent cités comme modèle à suivre pour réussir le défi crucial de l'innovation, à savoir passer d'une découverte à un produit commercialisable, mais les raisons du succès américain sont en fait mal connues. Même Jean-Louis Beffa, président de Saint-Gobain, dont le rapport de septembre 2004 a servi de base au projet d'Agence de l'innovation industrielle annoncé en début d'année par le président Jacques Chirac (nos éditions du 5 janvier 2005), se tromperait sur la stratégie américaine, selon Charles Wessner, directeur du programme technologie et innovation à l'Académie des sciences américaine (National Academy of Sciences). «Le rapport Beffa entretient le mythe selon lequel les investissements militaires américains financent le développement de technologies civiles», a affirmé hier ce spécialiste américain de la politique de recherche lors d'une conférence qui s'est tenue à l'Institut français des relations internationales (Ifri) à Paris. «C'est un effet qui existe, mais les retombées qui découlent des recherches militaires sont en fait très limitées. Même le meilleur bombardier furtif du monde ne va pas aider à construire un avion civil.» Autre mythe courant, selon Charles Wessner : celui selon lequel l'innovation aux Etats-Unis découlerait d'une politique fédérale rationnelle. «Nous n'avons pas de plan ! s'exclame-t-il. Aux Etats-Unis, l'innovation n'est pas tirée par les programmes fédéraux, mais par le dynamisme des universités et des petites entreprises», ajoute Jim Turner, le conseiller en chef des démocrates sur les questions scientifiques à la Chambre américaine des représentants. «Pour favoriser l'innovation dans les années 80, le gouvernement a agi pour débloquer les aspects qui empêchaient le système de bien fonctionner.» D'après Jim Turner, le succès américain tient à trois interventions. Il y eut tout d'abord la loi Bayh-Dole en 1980, qui permit aux chercheurs des petites entreprises et des universités de conserver les brevets de leurs découvertes, même quand celles-ci étaient financées par des fonds fédéraux. Deuxième point, la révision de la loi antitrust en 1984 permit aux entreprises de mener des recherches en commun avec les universités, sans la crainte de coûteuses plaintes en justice. Enfin, l'implication croissante des universités dans la recherche et l'innovation fut soutenue par un assouplissement des règles d'immigration pour les chercheurs étrangers, alors que les jeunes Américains se détournent de plus en plus des carrières scientifiques. En France, la situation est évidemment très différente, avec des rapports souvent difficiles entre les chercheurs du public et les industriels. «Les raisons du succès aux Etats-Unis tiennent à mon avis plus à des facteurs culturels comme la tolérance de l'échec et la capacité à la création d'entreprises qu'à des facteurs structurels comme le niveau de dépenses en recherche et développement par rapport au PIB, avance Charles Wessner. La France aurait tort de se focaliser sur l'objectif de 3% du PIB pour les dépenses de R&D. Ce 3% est un chiffre totalement arbitraire qui ne promet aucune avancée pour l'innovation. La Suède, dont les dépenses de R&D relatives au PIB dépassent celles des Etats-Unis, se demande pourquoi elle n'a créé aucune grande entreprise technologique depuis 1970.» Aux Etats-Unis, le succès des programmes d'aide à l'innovation se mesure au nombre de start-up qui réussissent et deviennent des entreprises capables d'être compétitives au niveau mondial. Même Kathleen Kingscott, directrice de la politique d'innovation chez le géant IBM, admet que «l'ac célération de l'innovation dans le monde nous oblige à renforcer nos collaborations avec des petites entreprises et des la boratoires universitaires. Ce sont ces petites structures qui apportent la plupart des idées nouvelles». Une vision qui va à l'encontre des conclusions du rapport Beffa, qui préconise la création de nouveaux grands programmes industriels, comme Airbus ou Ariane dans le passé, au sein desquels les grandes sociétés entraîneraient les PME dans leur sillage.
par article Le Figaro publié dans : Economie
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Mercredi 2 mars 2005
Reporters sans frontières "bouleversée" par le traitement infligé à Florence Aubenas La mobilisation doit s'intensifier "Nous sommes bouleversés par les images et l'appel de Florence Aubenas. Nous voulons retenir qu'elle est vivante et que l'enregistrement ne comporte aucune menace explicite ou aucun ultimatum. Mais l'épuisement et l'angoisse qui transparaissent sur son visage nous inquiètent au plus haut point. Nous demandons solennellement aux ravisseurs de libérer Florence et son collaborateur, Hussein Hanoun. Au-delà du dégoût que nous inspirent ces méthodes de kidnapping, notre organisation appelle les médias du monde entier, notamment dans le monde arabe, et l'opinion publique à se mobiliser en faveur de Florence, d'Hussein, ainsi que de la journaliste italienne Giuliana Sgrena. L'heure est à l'unité et surtout pas à la polémique." Le 1er mars 2005, un enregistrement vidéo de Florence Aubenas a été transmis par ses ravisseurs, à plusieurs médias à Bagdad. C'est le premier document qui prouve que la journaliste de Libération est vivante, 55 jours après son enlèvement et celui de son interprète, Hussein Hanoun. En revanche, la cassette ne donne aucune indication sur le sort de ce dernier. Florence Aubenas, visiblement très éprouvée par sa détention, lance un appel à l'aide qui laisse percevoir son angoisse. "Je suis en mauvaise santé", affirme-t-elle en anglais. Le 1er mars, un court enregistrement vidéo a été transmis à des médias à Bagdad montrant la journaliste Florence Aubenas. Assise, les mains entre les jambes, elle lance un appel angoissé en anglais : "Mon nom est Florence Aubenas. Je suis française. Je suis journaliste de Libération. Je suis en mauvaise santé. Ma santé psychologique est également très mauvaise. S'il vous plait, aidez-moi." Elle supplie également le député français, Didier Julia, de l'aider. Florence Aubenas porte un polo gris et un pantalon noir. Derrière elle, un fond rouge ne donne aucune information sur l'identité des ravisseurs. L'enregistrement ne comporte pas de revendication particulière, ni d'ultimatum. Selon l'agence de presse Reuters, l'enregistrement a été transmis par des "insurgés". Florence Aubenas, 43 ans, grand reporter à Libération, et son interprète et assistant, Hussein Hanoun Al-Saadi, ont été enlevés, à Bagdad, le 5 janvier 2005 au matin. Elle était arrivée à Bagdad le 16 décembre 2004. Journaliste chevronnée, Florence Aubenas a couvert depuis 1986 pour le quotidien Libération les conflits au Rwanda, au Kosovo, en Algérie et en Afghanistan. L'Irak reste le pays le plus dangereux du monde pour les journalistes. Au moins 33 d'entre eux ont été tués et une quinzaine enlevés depuis le début du conflit en mars 2003. REJOIGNEZ RSF !
par reporter sans frontiere publié dans : Monde
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Mardi 1 mars 2005
VOYAGES Le Bhoutan, royaume étrange, irréel, improbable LE MONDE | 09.03.05 | 14h12 Ce petit pays de l'Himalaya, longtemps replié sur lui-même, s'ouvre lentement aux visiteurs, amateurs de trekking ou passionnés par le bouddhisme. Thimphou (Bhoutan) de notre envoyé spécial Kuenga rêve. Sur les murs du restaurant qui porte son nom - nappes à carreaux blanc et vert, néons, ventilateur -, la photo du roi, Jigme Singye Wangchuk, quatrième de la dynastie, et celle du prince héritier, beau comme un jeune premier d'un film de Bollywood. Elle a 23 ans, est née, vit et tient commerce à Wangdue-Phodrang, un bourg au centre du Bhoutan, ce royaume étrange, irréel, presque improbable, coincé dans l'Himalaya entre Chine et Inde. Elle dit que le roi est aimé par son peuple et par ses quatre épouses officielles, quatre sœurs ayant rang de reine. Elle rêve de partir, pas à la capitale, Thimphou, où "la vie est trop chère", mais aux Etats-Unis d'Amérique. Au Bhoutan, la télévision n'est arrivée qu'en 1999 et, depuis, Kuenga, comme beaucoup, est fascinée par ces ailleurs. Là-bas, elle veut seulement gagner "beaucoup d'argent", et puis revenir dans son pays, celui de ses traditions et "où on vit si calmement". Calme, tranquille, presque au ralenti, le Bhoutan ressemble à une peinture naïve. Dans les vallées, les maisons ont des fenêtres de bois sculpté, les terrasses sont cultivées comme des jardins potagers, des rivières claires serpentent entre des pierres et, au-dessus des yeux, des sommets enneigés. Parfois, un monastère comme celui de Taktsang ("la tanière du tigre"), pendu à la façade noire de la montagne. En bas de la falaise, un homme balaie la route, entre de longues pauses méditatives à l'ombre de ses pensées. Arrive à pied un groupe de femmes aux cheveux courts, enroulées dans leur kira, les robes traditionnelles. Elles espèrent vendre quelques babioles aux touristes qui ont le courage de grimper. Mais ils sont rares, les touristes, au Bhoutan, 9 000 en 2004. L'octroi de 200 dollars par jour imposé par le gouvernement à tout visiteur y est sûrement pour quelque chose. Même si cette taxe est un "forfait tout compris" : hôtel, repas, voiture et guide. Ceux qui viennent ont le goût des marches par des chemins inconnus et superbes ; ou le goût des marches qui mènent aux dzong, ces lourdes bâtisses à la fois monastère et lieu de l'administration royale. Ces forteresses furent élevées pour se protéger des envahisseurs potentiels. Dans leurs cours s'égaillent de très jeunes garçons promis à un avenir de moine. En attendant leurs 18 ans, l'âge du choix entre vie monacale et vie tout court, ils jouent, c'est la récréation, jets d'eau, cache-cache, espiègleries de l'enfance. Entre tous, le dzong de Punakha est une icône. Il a été construit au XVIIe siècle pour y protéger une relique, les vertèbres du fondateur de l'école bhoutanaise du bouddhisme. Demain, jeudi 17 février, le neuvième jour du premier mois de l'année lunaire, Punakha fera la serda, la grande procession. Kuenga ira peut-être. La route est longue, longue de lacets, de pierres tombées de la montagne, de nids de poule, de ravins vertigineux et sans parapet. Et quand un cortège royal roule à toute allure, il est d'usage de se garer immédiatement sur le bas-côté. A Punakha, le dzong a été bâti au confluent des rivières Pho et Mo. Dhoorjay n'empruntera pas la passerelle qui chancelle au-dessus de l'eau. Pour s'approcher de la forteresse, tout Bhoutanais doit porter la tenue traditionnelle, le go, sorte de kimono rayé de marron comme une robe de chambre. Lui est en jean et blouson de jogging. Cet étudiant de 22 ans aspire à réussir le concours qui lui permettra de poursuivre ses études en Australie. Après, il reviendra pour travailler à la capitale, enfin s'il trouve du travail. De l'autre côté de la passerelle une kermesse s'est installée, baraques de bambou pour se restaurer sur le pouce, boire un thé noir ou une Red Panda, la bière bouthanaise, et stands de jeux : fléchettes, massacre, pêche à la ligne, tir à l'arc ou porté de sacs... Des femmes aux petits chapeaux pointus demandent à être photographiées : elles sont d'un village proche de la frontière tibétaine, Laya, à trois ou quatre jours de marche. Les voilà déçues que le visiteur ne possède qu'un appareil argentique : elles préfèrent les numériques, parce qu'elles se voient dans la photo. Le froid tombe. Pour se réchauffer, hommes et femmes mâchent et remâchent la doma : un bout de noix d'arec recouvert d'un peu de chaux et enrobé d'une feuille de bétel. Cette chique dégage une odeur pestilentielle. Pour ceux qui dormiront à la belle étoile la doma adoucira peut-être les frimas de la nuit. Le lendemain se lève tôt. Le dzong est sur le pied de guerre. Il ne s'agit pas moins que de reconstituer la fameuse bataille du milieu du XVIIe siècle qui a permis de repousser les Tibétains qui voulaient s'emparer de la précieuse relique. Cela commence par un long prêche du je khenpo, première figure religieuse du pays, sur ses troupes alignées dans la cour. Puis la bataille est lancée, avec cris et pétards, et quelques bataillons partent à l'assaut derrière des officiers à cheval. Deuxième temps, le je khenpo mène une longue et lente procession colorée au milieu de la foule, pour jeter des oranges dans le fleuve : c'est là que les Tibétains se noyèrent, emportés par la forcedes courants et le poids de leur armure. Le je khenpo rentre dans son dzong. Le bon peuple déjeune sur l'herbe. Kuenga est de ceux-là, elle a finalement fait le chemin, laissé son restaurant à sa mère. Elle rit, "c'est une belle journée", dit-elle. Belle de lumière et belle de l'idée que, une fois encore, le Bhoutan a su se préserver de l'ennemi extérieur. Un moine drapé de rouge et un soldat en tenue de combat marchent main dans la main. Deux jeunes hommes s'en vont, traversent la passerelle, mettent des casques, retroussent leur go et enfourchent une moto japonaise. Ils rentrent plein gaz à Thimphou. Leur route passe par la brume du sommet du col Ducha (3 040 mètres) et sa boutique, pour se réchauffer d'un thé et acheter des souvenirs authentiques mais chers. Au mur, les portraits des rois. Et un masque dont le nez est un phallus et la bouche une vulve. Les Bhoutanais vouent un culte à Drukpa Kinley, un lama égrillard, un sacré gaillard dont les performances sexuelles auraient été sans limite. Des sexes masculins triomphants sont souvent peints sur les façades des maisons, ou taillés dans du bois et plantés dans les jardins. Ces représentations chasseraient les démons. On en voit moins à Thimphou. C'est que la capitale commence à changer, avec le long des rues des immeubles de quatre étages, toujours dans l'esprit de l'architecture bouthanaise mais sans la tradition. Thimphou, 50 000 habitants, son marché, ses restaurants pour randonneurs, ses cafés Internet et ses boîtes de nuit. Comme le 34, où résonnent les lourds tempos des rythmes internationaux. La jeunesse y écrase ses mégots dans des cendriers pleins. Pourtant le Parlement a voté, en décembre 2004, une loi qui taxe lourdement (100 % de la valeur) toute importation de cigarettes. Deux mois plus tard, les Bhoutanais fument encore. Même de hauts fonctionnaires ont toujours un paquet, de marque américaine, dans un repli de leur go. Ils assurent, avec un zeste de sourire, qu'il provient de stocks constitués avant la loi. Les jeunes du 34 préfèrent les Navy Cut, des cigarettes indiennes grandes comme des allumettes, vendues en paquet de dix : "C'est facile de s'en procurer, raconte une étudiante. Il suffit d'aller dans les magasins connus." Un code, simple comme bonjour, permet la transaction. Seul souci, le coût : de 10 ngultrums, les Navy Cut sont passées à 40, soit environ 1 euro. Le prix de la contrebande à la frontière sud entre Bhoutan et Inde. Quand, vers 1 heure du matin, trois policiers débarquent pour signaler aux patrons du 34 qu'il faut éteindre les lumières, ils laissent aux clients le plaisir d'en griller une dernière. Dehors, il fait nuit froide. Les chiens se livrent à de bruyantes agapes autour des poubelles. Le jour, ils dorment sur les trottoirs, au soleil, bercés par la mélancolie du temps qui passe si lentement au Bhoutan. Bruno Caussé Des relations difficiles avec les voisins Conséquence d'une querelle interne à la hiérarchie bouddhiste, un dignitaire religieux s'enfuit du Tibet, en 1616, pour se réfugier au Bhoutan, dont il entreprend l'unification et la défense avec la construction de forteresses. Il faudra attendre le traité de paix de 1733 pour que cessent les invasions tibétaines. Le Bhoutan est ensuite, jusqu'au milieu du XIXe, secoué par des guerres civiles. Puis par un conflit avec les Anglais, qui cherchaient des débouchés pour la Compagnie des Indes orientales. En 1907, une assemblée de seigneurs et de lamas élit le premier roi du Bouthan. En 1949, signature d'un traité avec l'Inde, désormais indépendante. En 1959, le servage est aboli et des Tibétains se réfugient au Bhoutan après l'invasion de leur pays par la Chine. En 1971, le pays adhère aux Nations unies. Au début des années 1990, le Bhoutan chasse de son territoire quelque 85 000 personnes sous prétexte de leur origine népalaise. Ce dossier est toujours source de tensions avec le Népal. En mai 2005, le Bouthan devrait adopter une nouvelle Constitution autorisant le bipartisme. • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 10.03.05
publié dans : Monde
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Mardi 1 mars 2005
Une Charte de l'environnement approuvée sans enthousiasme LE MONDE | 28.02.05 | 13h57 Les critiques, notamment dans la majorité, ont porté sur la référence au principe de précaution. "Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé." Si la révision constitutionnelle est adoptée par le Congrès, lundi 28 février, cette phrase figurera dans la Constitution de la Ve République. Elle y sera rattachée à travers l'article 1er de la Charte de l'environnement. OAS_AD('Middle'); Ce texte a suscité nombre de critiques. Lors de sa discussion au Sénat, en juin 2004, Robert Badinter (PS, Hauts-de-Seine) en avait dénoncé l'"emphase", la "suffisance" et le "lyrisme philosophico-scientifique". L'Académie des sciences morales et politiques avait elle-même émis, au cours de sa séance du 10 mai, des "réserves sérieuses", estimant que les dispositions contenues dans la Charte auraient "des conséquences néfastes sur le plan scientifique, industriel et même politique".Principal visé : l'article 5 de la Charte, qui énonce que, "lorsque la réalisation d'un dommage, bien qu'incertaine en l'état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l'environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d'attributions, à la mise en œuvre de procédures d'évaluation des risques et à l'adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage".Cette référence au "principe de précaution" avait suscité, au sein de la majorité, de vives réticences. Jugeant celui-ci "mal encadré", quatre-vingts députés de l'UMP avaient cosigné un amendement visant à ce qu'il s'applique "dans les conditions définies par la loi".Au terme de laborieuses tractations, ils avaient dû se satisfaire d'un amendement de compromis et de la promesse d'une loi organique devant en préciser la mise en œuvre. Seuls 4 députés de l'UMP - Jean-Pierre Gorges (Eure-et-Loir), François Guillaume (Meurthe-et-Moselle), Alain Madelin (Ille-et-Vilaine) et Henriette Martinez (Hautes-Alpes) - sur 362 avaient voté contre le texte à l'Assemblée, 34 s'abstenant. "DÉDIABOLISER" Au Palais du Luxembourg, où les réserves n'étaient pas moins fortes, les sénateurs de l'UMP avaient été convaincus de taire leurs critiques et d'adopter un texte conforme à celui de l'Assemblée afin d'éviter une deuxième lecture.Seules 2 voix du groupe majoritaire, sur 161, s'étaient portées contre (Jean Chérioux et Christian de la Malène, tous deux ne s'étant pas représentés lors des élections de septembre 2004), 14 élus s'abstenant ou ne prenant pas part au vote.Le président du groupe de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, se dit persuadé que le nombre de députés UMP abstentionnistes au Congrès devrait diminuer. Un optimisme partagé par la rapporteure du texte, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui juge également que "le score progressera du côté de l'UMP". "En juin, on était encore dans un climat polémique, estime la députée de l'Essonne. Depuis, la Charte est en quelque sorte entrée dans les mœurs. Il y a eu un effet d'adoption. Ces neuf mois ont permis de dédiaboliser le texte."L'UDF, de son côté, s'était montrée pour le moins partagée : à l'Assemblée, ses voix s'étaient réparties entre 17 pour, 6 contre et 3 abstentions, tandis qu'au Sénat 18 centristes avaient voté pour, 1 contre, 10 s'étaient abstenus et 1 n'avait pas pris part au vote.Selon le président du groupe de l'Assemblée, Hervé Morin, le nombre d'abstentionnistes devrait diminuer au Congrès et se répartir en pour et en contre. Michel Mercier, président du groupe du Sénat, se dit quant à lui "toujours pas bien convaincu". Ainsi, c'est un abstentionniste, Yves Détraigne, qui s'exprimera au nom du groupe des sénateurs au Congrès.Le PCF s'était abstenu tant à l'Assemblée qu'au Sénat. Sa secrétaire nationale, Marie-George Buffet, a cependant estimé, mardi 22 février, que la Charte "constitue un point d'appui, une avancée", allant jusqu'à préciser qu'"à titre personnel" elle ne serait pas opposée à la voter.Les Verts, enfin, avaient boycotté les débats à l'Assemblée et s'étaient abstenus lors du vote, tandis que Marie-Christine Blandin avait voté pour au Sénat. Ils devraient approuver la Charte au Congrès.Patrick Roger• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 01.03.05
par article Le Monde publié dans : environnement, santé & environnement
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Mardi 1 mars 2005
Les flocons de neige tombent dru, mais ils ne démentent pas le réchauffement LE MONDE | 26.02.05 | 13h19 OAS_AD('Frame1');A 9 heures par e-mail, recevez les titres du journal à paraître l'après-midi. Abonnez-vous au Monde.fr Villages isolés, routes bloquées, avions retardés... Les flocons tombés en abondance ces derniers jours ont frappé les esprits. Les neiges d'antan étaient de retour ! La machine climatique, que l'on croyait détraquée par la folie des hommes, avait repris son cours ancestral. OAS_AD('Middle'); La nature était finalement la plus forte. On l'entendait à ce petit bruit oublié dans nos villes : le crissement de la neige sous les semelles.Les 7 cm de neige mesurés le 23 février à Paris-Montsouris et à Orly, 5 cm à Saint-Brieuc, 10 cm dans le Calvados, 15 cm dans la Manche, ou même 20 cm à Bocognano (Corse), sont pourtant peu de chose comparés aux 40 cm de poudre blanche tombés en 1946 à Paris, 85 cm en 1954 à Perpignan, 70 cm en 1956 à Ramatuelle, 60 cm en 1969 à Belfort, 54 cm en 1971 à Saint-Etienne, 38 cm en 1985 à Nice, 50 cm en 1986 à Langres, ou 22 cm en 1993 à Carcassonne. Plus près de nous, en janvier 2003, 15 cm de cristaux s'étaient déposés sur le Finistère, l'Aquitaine, la Provence et la Corse.Les récentes précipitations neigeuses "ne sont pas exceptionnelles", souligne Pierre Bessemoulin, directeur de la climatologie à Météo France. "En remontant dans les annales jusqu'à l'après-guerre, on trouve une quinzaine d'épisodes neigeux remarquables par leur intensité et leur durée", rappelle-t-il.Les 8 jours où la neige s'est manifestée à Paris entre le 1er janvier et le 20 février 2005 sont loin du record de 24 jours établi sur la même période en 1963. Il en va de même pour Rennes (3 jours contre 10 en 1985), Lille (12 contre 26 en 1963), Strasbourg (15 contre 30 en 1952 et 1965), Lyon (7 contre 25 en 1953) ou Bordeaux (4 contre 9 en 1956 et 1987)."La variabilité interannuelle de l'enneigement est très grande", observe Pierre Etchevers, directeur du Centre d'étude de la neige (CEN) de Grenoble. Celui-ci dispose d'une série continue de mesures réalisées depuis 1960 au col de Porte, à 1 320 mètres d'altitude, dans le massif de la Chartreuse. Elle fait apparaître une alternance d'hivers fortement ou au contraire faiblement enneigés, dont la succession semble purement aléatoire.Il s'en dégage toutefois une tendance globale à la baisse. En quarante ans, la hauteur de neige au col de Porte, mesurée sur les dix derniers jours de février, a diminué de plus d'un tiers, passant de 1,5 m à moins de 1 mètre.En faisant tourner des modèles d'évolution du manteau neigeux en fonction des paramètres météorologiques, les chercheurs grenoblois ont pu reconstituer l'enneigement des massifs alpins depuis la fin des années 1950. "Dans les Alpes du Nord, le niveau de l'enneigement est resté stationnaire jusqu'à la fin des années 1990, puis une diminution marquée apparaît, décrit Pierre Etchevers. Dans les Alpes du Sud, la diminution la plus marquée date des années 1960, puis des années 1980."Cette raréfaction de l'or blanc est clairement corrélée à la hausse des températures qui, sur la même période, ont augmenté de 1 à 3 0C sur les reliefs alpins. Au col de Porte, la température hivernale moyenne s'est ainsi élevée de 2 0C en quarante ans.Qu'en sera-t-il dans les prochaines décennies ? Le réchauffement climatique annonce-t-il la disparition des neiges hivernales ? Pour le savoir, les chercheurs ont repris leurs modèles et les ont appliqués à 34 massifs des Alpes et des Pyrénées, en supposant une hausse de 2 0C de la température de l'air. Leurs calculs prévoient deux comportements différents du manteau neigeux selon l'altitude. Au-dessus d'une ligne située entre 2 000 et 2 500 m, l'effet du réchauffement serait faible en hiver, mais la fonte printanière serait plus précoce et plus rapide.En moyenne montagne, en revanche, le coup de chaud aurait un impact important. Vers 1 500 m, la saison blanche serait écourtée d'au moins un mois et la couche de neige fondrait comme peau de chagrin.Pierre Le Hir• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 27.02.05
par article Le Monde publié dans : environnement, santé & environnement
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Mardi 1 mars 2005
VOYAGES Le Bhoutan, royaume étrange, irréel, improbable LE MONDE | 09.03.05 | 14h12 Ce petit pays de l'Himalaya, longtemps replié sur lui-même, s'ouvre lentement aux visiteurs, amateurs de trekking ou passionnés par le bouddhisme. Thimphou (Bhoutan) de notre envoyé spécial Kuenga rêve. Sur les murs du restaurant qui porte son nom - nappes à carreaux blanc et vert, néons, ventilateur -, la photo du roi, Jigme Singye Wangchuk, quatrième de la dynastie, et celle du prince héritier, beau comme un jeune premier d'un film de Bollywood. Elle a 23 ans, est née, vit et tient commerce à Wangdue-Phodrang, un bourg au centre du Bhoutan, ce royaume étrange, irréel, presque improbable, coincé dans l'Himalaya entre Chine et Inde. Elle dit que le roi est aimé par son peuple et par ses quatre épouses officielles, quatre sœurs ayant rang de reine. Elle rêve de partir, pas à la capitale, Thimphou, où "la vie est trop chère", mais aux Etats-Unis d'Amérique. Au Bhoutan, la télévision n'est arrivée qu'en 1999 et, depuis, Kuenga, comme beaucoup, est fascinée par ces ailleurs. Là-bas, elle veut seulement gagner "beaucoup d'argent", et puis revenir dans son pays, celui de ses traditions et "où on vit si calmement". Calme, tranquille, presque au ralenti, le Bhoutan ressemble à une peinture naïve. Dans les vallées, les maisons ont des fenêtres de bois sculpté, les terrasses sont cultivées comme des jardins potagers, des rivières claires serpentent entre des pierres et, au-dessus des yeux, des sommets enneigés. Parfois, un monastère comme celui de Taktsang ("la tanière du tigre"), pendu à la façade noire de la montagne. En bas de la falaise, un homme balaie la route, entre de longues pauses méditatives à l'ombre de ses pensées. Arrive à pied un groupe de femmes aux cheveux courts, enroulées dans leur kira, les robes traditionnelles. Elles espèrent vendre quelques babioles aux touristes qui ont le courage de grimper. Mais ils sont rares, les touristes, au Bhoutan, 9 000 en 2004. L'octroi de 200 dollars par jour imposé par le gouvernement à tout visiteur y est sûrement pour quelque chose. Même si cette taxe est un "forfait tout compris" : hôtel, repas, voiture et guide. Ceux qui viennent ont le goût des marches par des chemins inconnus et superbes ; ou le goût des marches qui mènent aux dzong, ces lourdes bâtisses à la fois monastère et lieu de l'administration royale. Ces forteresses furent élevées pour se protéger des envahisseurs potentiels. Dans leurs cours s'égaillent de très jeunes garçons promis à un avenir de moine. En attendant leurs 18 ans, l'âge du choix entre vie monacale et vie tout court, ils jouent, c'est la récréation, jets d'eau, cache-cache, espiègleries de l'enfance. Entre tous, le dzong de Punakha est une icône. Il a été construit au XVIIe siècle pour y protéger une relique, les vertèbres du fondateur de l'école bhoutanaise du bouddhisme. Demain, jeudi 17 février, le neuvième jour du premier mois de l'année lunaire, Punakha fera la serda, la grande procession. Kuenga ira peut-être. La route est longue, longue de lacets, de pierres tombées de la montagne, de nids de poule, de ravins vertigineux et sans parapet. Et quand un cortège royal roule à toute allure, il est d'usage de se garer immédiatement sur le bas-côté. A Punakha, le dzong a été bâti au confluent des rivières Pho et Mo. Dhoorjay n'empruntera pas la passerelle qui chancelle au-dessus de l'eau. Pour s'approcher de la forteresse, tout Bhoutanais doit porter la tenue traditionnelle, le go, sorte de kimono rayé de marron comme une robe de chambre. Lui est en jean et blouson de jogging. Cet étudiant de 22 ans aspire à réussir le concours qui lui permettra de poursuivre ses études en Australie. Après, il reviendra pour travailler à la capitale, enfin s'il trouve du travail. De l'autre côté de la passerelle une kermesse s'est installée, baraques de bambou pour se restaurer sur le pouce, boire un thé noir ou une Red Panda, la bière bouthanaise, et stands de jeux : fléchettes, massacre, pêche à la ligne, tir à l'arc ou porté de sacs... Des femmes aux petits chapeaux pointus demandent à être photographiées : elles sont d'un village proche de la frontière tibétaine, Laya, à trois ou quatre jours de marche. Les voilà déçues que le visiteur ne possède qu'un appareil argentique : elles préfèrent les numériques, parce qu'elles se voient dans la photo. Le froid tombe. Pour se réchauffer, hommes et femmes mâchent et remâchent la doma : un bout de noix d'arec recouvert d'un peu de chaux et enrobé d'une feuille de bétel. Cette chique dégage une odeur pestilentielle. Pour ceux qui dormiront à la belle étoile la doma adoucira peut-être les frimas de la nuit. Le lendemain se lève tôt. Le dzong est sur le pied de guerre. Il ne s'agit pas moins que de reconstituer la fameuse bataille du milieu du XVIIe siècle qui a permis de repousser les Tibétains qui voulaient s'emparer de la précieuse relique. Cela commence par un long prêche du je khenpo, première figure religieuse du pays, sur ses troupes alignées dans la cour. Puis la bataille est lancée, avec cris et pétards, et quelques bataillons partent à l'assaut derrière des officiers à cheval. Deuxième temps, le je khenpo mène une longue et lente procession colorée au milieu de la foule, pour jeter des oranges dans le fleuve : c'est là que les Tibétains se noyèrent, emportés par la forcedes courants et le poids de leur armure. Le je khenpo rentre dans son dzong. Le bon peuple déjeune sur l'herbe. Kuenga est de ceux-là, elle a finalement fait le chemin, laissé son restaurant à sa mère. Elle rit, "c'est une belle journée", dit-elle. Belle de lumière et belle de l'idée que, une fois encore, le Bhoutan a su se préserver de l'ennemi extérieur. Un moine drapé de rouge et un soldat en tenue de combat marchent main dans la main. Deux jeunes hommes s'en vont, traversent la passerelle, mettent des casques, retroussent leur go et enfourchent une moto japonaise. Ils rentrent plein gaz à Thimphou. Leur route passe par la brume du sommet du col Ducha (3 040 mètres) et sa boutique, pour se réchauffer d'un thé et acheter des souvenirs authentiques mais chers. Au mur, les portraits des rois. Et un masque dont le nez est un phallus et la bouche une vulve. Les Bhoutanais vouent un culte à Drukpa Kinley, un lama égrillard, un sacré gaillard dont les performances sexuelles auraient été sans limite. Des sexes masculins triomphants sont souvent peints sur les façades des maisons, ou taillés dans du bois et plantés dans les jardins. Ces représentations chasseraient les démons. On en voit moins à Thimphou. C'est que la capitale commence à changer, avec le long des rues des immeubles de quatre étages, toujours dans l'esprit de l'architecture bouthanaise mais sans la tradition. Thimphou, 50 000 habitants, son marché, ses restaurants pour randonneurs, ses cafés Internet et ses boîtes de nuit. Comme le 34, où résonnent les lourds tempos des rythmes internationaux. La jeunesse y écrase ses mégots dans des cendriers pleins. Pourtant le Parlement a voté, en décembre 2004, une loi qui taxe lourdement (100 % de la valeur) toute importation de cigarettes. Deux mois plus tard, les Bhoutanais fument encore. Même de hauts fonctionnaires ont toujours un paquet, de marque américaine, dans un repli de leur go. Ils assurent, avec un zeste de sourire, qu'il provient de stocks constitués avant la loi. Les jeunes du 34 préfèrent les Navy Cut, des cigarettes indiennes grandes comme des allumettes, vendues en paquet de dix : "C'est facile de s'en procurer, raconte une étudiante. Il suffit d'aller dans les magasins connus." Un code, simple comme bonjour, permet la transaction. Seul souci, le coût : de 10 ngultrums, les Navy Cut sont passées à 40, soit environ 1 euro. Le prix de la contrebande à la frontière sud entre Bhoutan et Inde. Quand, vers 1 heure du matin, trois policiers débarquent pour signaler aux patrons du 34 qu'il faut éteindre les lumières, ils laissent aux clients le plaisir d'en griller une dernière. Dehors, il fait nuit froide. Les chiens se livrent à de bruyantes agapes autour des poubelles. Le jour, ils dorment sur les trottoirs, au soleil, bercés par la mélancolie du temps qui passe si lentement au Bhoutan. Bruno Caussé Des relations difficiles avec les voisins Conséquence d'une querelle interne à la hiérarchie bouddhiste, un dignitaire religieux s'enfuit du Tibet, en 1616, pour se réfugier au Bhoutan, dont il entreprend l'unification et la défense avec la construction de forteresses. Il faudra attendre le traité de paix de 1733 pour que cessent les invasions tibétaines. Le Bhoutan est ensuite, jusqu'au milieu du XIXe, secoué par des guerres civiles. Puis par un conflit avec les Anglais, qui cherchaient des débouchés pour la Compagnie des Indes orientales. En 1907, une assemblée de seigneurs et de lamas élit le premier roi du Bouthan. En 1949, signature d'un traité avec l'Inde, désormais indépendante. En 1959, le servage est aboli et des Tibétains se réfugient au Bhoutan après l'invasion de leur pays par la Chine. En 1971, le pays adhère aux Nations unies. Au début des années 1990, le Bhoutan chasse de son territoire quelque 85 000 personnes sous prétexte de leur origine népalaise. Ce dossier est toujours source de tensions avec le Népal. En mai 2005, le Bouthan devrait adopter une nouvelle Constitution autorisant le bipartisme. • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 10.03.05
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Mardi 1 mars 2005
ARTICLE LA CROIX A l’occasion du Salon de l’Agriculture, enquête sur la préservation de la variété génétique des produits agricoles. La France s’en préoccupe, depuis plus de trente ans, avec des résultats encourageantsBonjour veau, vache, cochon, couvée… C’est ainsi que, prenant le contre-pied de la pauvre Perrette de La Fontaine, on pourrait saluer aujourd’hui la richesse et la diversité des races animales domestiques françaises. Cet état de fait a bien failli ne jamais être, tant dans les années 1950-1960, influencées par le plan Marshall, les autorités agricoles et politiques de notre beau pays ne juraient que par la modernisation des exploitations agricoles. Ce qui, dans l’esprit de l’époque, passait par l’intensification, le remembrement et l’arrachage de haies, l’augmentation de la productivité et donc l’abandon de l’élevage d’un grand nombre de races de bovins, équins, porcins, ovins, caprins, volailles et lapins, au motif qu’elles n’étaient pas assez productives et rentables. Selon un inspecteur général de l’agriculture de l’époque, Edmond Quittet, il suffisait d’une ou deux races de bovins laitiers et deux ou trois races de bovins à viande pour que l’élevage français soit florissant et puisse nourrir la France ! Heureusement, dès 1971, la Société d’ethnozootechnie prend conscience de l’appauvrissement, de l’érosion génétique, et lance un «mouvement d’opinion en faveur des races menacées par la sensibilisation de chercheurs, enseignants, cadres de l’administration et de la profession agricole au niveau national, ainsi que des gestionnaires des parcs naturels régionaux et nationaux», rapporte Annick Audiot, ingénieur à l’Institut national de recherche agronomique (Inra) de Toulouse (1). L’hémorragie de la biodiversité semble donc stoppéeIdem côté végétal. Par exemple, Jean Fleckinger, agronome à l’Inra de Versailles, prospecte la France pour inventorier et constituer la collection de 350 variétés de pommiers à cidre aujourd’hui transférée à Angers. Une «diversité variétale exceptionnelle, inexistante dans les autres espèces fruitières cultivées de notre pays» et qui, plus tard, servit bien naturellement à la création de variétés par hybridation contrôlée. Parallèlement se sont créées de nombreuses associations comme les Croqueurs de pommes, qui gèrent des vergers-conservatoires avec peut-être moins de scientificité, mais restent détentrices de variétés ou de gènes originaux. Globalement, toutefois, en 1990, l’Inra détenait 50% de la variabilité des plantes cultivées. La majorité de ces plantes bénéficiant d’un certificat d’obtention végétale (COV). Et elles sont accessibles à tout semencier ou agriculteur-multiplicateur, moyennant une redevance et améliorables. Aujourd’hui, en France, l’hémorragie de la biodiversité semble donc stoppée. Les chercheurs de l’Inra, souvent associés au Bureau des ressources génétiques et au Groupe d’étude et de contrôle des variétés et des semences (Gévès), peuvent présenter un bilan positif de la conservation des races et espèces locales. Sous forme de plantes et d’animaux vivants (conservation dite «in situ») ou sous forme de collections de graines, de cellules reproductrices, d’embryons et de gènes végétaux insérés dans des bactéries (conservation «ex situ»).Dix mille espèces de bléAinsi, près de 10 000 espèces de blé, 6 300 d’orge et 800 d’avoine, sous forme de graines, regroupées au Centre de ressources biologiques (CRB) des céréales à paille créé à Clermont-Ferrand ; 1 000 variétés de tomates, dont un grand nombre de variétés traditionnelles françaises (marmande, saint-pierre, plate de Châteaurenard), à Avignon ; 2 300 cépages (sur les 6 000 recensés dans le monde) de vigne cultivée, dont les raisins de table (chasselas, muscat) et de cuve (merlot, chardonnay, sauvignon), près de Montpellier ; 25 000 gènes de plantes cultivées (piment et arabette des dames, la plante modèle des généticiens, auxquels s’ajouteront blé, colza, maïs, tournesol, pois, riz, melon, radis), au nouveau Centre national de ressources génomiques végétales, à Toulouse : cet ensemble constitue l’essentiel du trésor végétal de l’Inra. Issue des progrès de la biologie moléculaire, la forme de conservation mise en œuvre à Toulouse est une collection de gènes ou de fragments de génomes insérés dans des bactéries du type colibacille et congelés à – 80 °C. Le règne animal n’a rien à envier au végétal. Dès les années 1970, dans l’urgence, Laurent Avon, ingénieur à l’Institut de l’élevage, a fait congeler puis stocker du sperme de taureaux dans les coopératives d’insémination artificielle réparties dans toutes les régions d’élevage. Aujourd’hui, la Cryobanque nationale abrite sperme, ovules et embryons de 12 races bovines, 22 races ovines, six races caprines, 10 races de chevaux et d’ânes, cinq races porcines, quatre races avicoles et une race cunicole (lapin). Outre la préservation de la diversité génétique de ces espèces, l’objectif éventuel de cette conservation «ex situ» est aussi de reconstituer des populations. L’autre mode de préservation de la biodiversité est de maintenir l’élevage des espèces dans leur écosystème («in situ») en essayant de trouver un marché pour valoriser ses produits. Plusieurs expériences menées par l’Inra et les instituts techniques ont d’ailleurs heureusement abouti. Ainsi en est-il de la géline de Touraine ou «dame noire», reine des basses-cours dans les années 1920 qui, moins productive que les nouvelles souches commerciales, porteuse de maladie, objet de trop de croisements consanguins, et victime de la désorganisation des éleveurs et de l’absence de débouchés, aurait disparu dans les années 1980 si une poignée d’éleveurs n’était venue à son secours. Avec le soutien du Bureau des ressources génétiques (BRG), elle reçut le Label rouge en 2001 et devrait accéder sous peu à une AOC. Le porc créole, le «cochon-planche» de Guadeloupe«Aujourd’hui, 11 éleveurs tourangeaux produisent 25 000 volailles par an qui alimentent les restaurateurs locaux et certains marchés parisiens», explique Joël Besnard, de l’Inra. Ce succès a incité d’autres associations à se lancer dans la même aventure. D’autres relances ont rencontré le succès, comme le fromage de Munster produit par les vaches vosgiennes élevées par les fermes-auberges du massif des Vosges, ou le porc basque à cul noir, élevé en plein air intégral dans la vallée des Aldudes (Pyrénées-Atlantiques) et valorisé par une filière artisanale de salaisonnerie. Beaucoup reste à faire, faute de connaissance des aptitudes générales des races. C’est ainsi qu’au sein de programmes européens, l’Inra s’intéresse maintenant à la biodiversité des porcs et lapins. Parmi les 150 races patrimoniales européennes, les chercheurs ont inventorié, évalué et caractérisé la diversité de 10 races dont l’argenté de Champagne, le blanc de Vienne ou le fauve de Bourgogne. La carte génétique du lapin est en cours d’étude. Côté porc, les chercheurs analysent la diversité de 60 populations porcines européennes, dont les races locales comme la gasconne ou la limousine. Ces études ont d’ores et déjà permis de mettre en valeur le porc créole, le «cochon-planche» de Guadeloupe, et d’alerter sur le risque d’extinction du porc basque. À l’aube du IIIe millénaire, le bilan de l’évaluation de la biodiversité en France est donc mitigé. Beaucoup reste à faire pour maintenir en vie des races, des produits du terroir. Mais aussi des paysages, et donc des hommes. Denis SERGENT(1) Lire Races d’hier pour l’élevage de demain, d’Annick Audiot, et Les Vaches de la République, de Bertrand Vissac (Inra Éd., 1995 et 2002).***Organismes se chargeant de biodiversité domestique Le bureau des ressources génétiquesTél. : 01.44.08.72.61 www.brg.prd.frFerme (Fédération pour promouvoir l’élevage des races domestiques menacées) Tél. : 04.77.76.10.39 www.chez.com/fermLe conservatoire des races animales en Pays de la LoireTél. : 02.40.45.36.06 www.vet-nantes.fr/ENVN/crapalSemences paysannesTél. : 05.63.41.72.86 semencepaysanne@wanadoo.frFruits oubliésTél. : 04.66.85.33.37 www.fruitsoublies.org
par ARTICLE JOURNAL LA CROIX publié dans : biodiversité, produits bio, agriculture, alimentat
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Lundi 28 février 2005
La filière bio en bonne voie L'exploitation Tritsch à Sausheim : une reconversion réussie dans les oeufs bio.(Photo DNA) La filière agricole bio poursuit sa progression en Alsace. Désormais, 244 exploitations agricoles en ont adopté les principes de culture. En 2004, 14 exploitations agricoles supplémentaires sont passées au bio en Alsace (+6 % par rapport à 2003), la plupart d'entre elles dans la viticulture. En terme de surface, l'extension a été plus modeste (+2 %). Cette année, une vingtaine de domaines viticoles devraient se reconvertir dans le bio, outre quelques exploitations en polyculture. Fin 2006, les surfaces totales bio en Alsace devraient représenter 5 % des terres cultivées. On estime entre 20 et 25 le nombre de fermes traditionnelles qui se reconvertissent dans le bio chaque année. L'OPABA, organisation professionnelle de l'agriculture biologique en Alsace, présidée par Dany Schmidt, encourage ces démarches. La demande des consommateurs est également soutenue pour les oeufs bio. Les éleveurs peinent à répondre à la demande. A Sausheim, Frédéric Tritsch, qui a repris l'exploitation familiale, s'est lui aussi reconverti dans le bio en 2004. Ses 1 800 poules produisent 1 600 à 1 700 oeufs par jour en période optimale. L'ensemble est commercialisé en grande distribution par un intermédiaire. « Cette filière ne demande qu'à accueillir de nouveaux producteurs, tant la demande reste insatisfaite », estiment les responsables de l'OPABA. Les céréales produites par l'exploitation constituent une alimentation idéale pour les volailles. La filière porc ne parvient pas non plus à assurer l'approvisionnement souhaité. Un atelier de naissage de porcelets bio en projet permettra sans doute de fournir correctement les éleveurs-engraisseurs. D'une manière générale, l'attente des consommateurs en viande bio est plus élevée que le niveau de production actuel.Pénurie de produits bio Dans l'est de la France, les consommateurs se déclarent nettement plus favorable au bio, en terme d'intentions ou d'habitudes d'achat, que dans d'autres régions (*). Les fruits et légumes bio connaissent une progression de leurs ventes en grandes surfaces. La gamme proposée est désormais plus large, la demande encourageante de la part de nouvelles enseignes. « Des efforts techniques en matière de qualité, de maîtrise des coûts de production et de traçabilité sont indispensables », considère-t-on au sein de l'OPABA.Objectif: 10% des ventes Les producteurs adhérents d'Alsace Bio, qui ont commencé à être référencés à l'automne 2003 par une grande enseigne régionale, ont ensuite été proposés à la clientèle par d'autres groupes de distribution. Les légumes, conditionnés au départ uniquement en barquettes sous cellophane, ont ensuite été accessibles sous forme de bottes (carottes et betteraves). Le démarrage, difficile en 2003 en raison de la sécheresse, a été corrigé par l'année 2004, au cours de laquelle la palette de produits s'est enrichie de barquettes de pot au feu. « Notre objectif, souligne Maurice Meyer, d'Alsace Bio, consiste à ce que l'offre puisse être accessible régulièrement aux consommateurs dans les rayons. Si nous représentions 10% des ventes, cela serait satisfaisant ». Alsace Bio, qui réfléchit également aux problèmes de conditionnement, a mis au point des emballages papier qui marchent bien et assurent une bonne conservation aux légumes et aux pommes de terre (vendues brossées et non lavées). La pomme bio, dont la production était jusqu'à présent marginale, s'élève à une centaine de tonnes et va augmenter rapidement grâce aux reconversions. Elle pourrait atteindre les 500 tonnes.Laurence Rey (*) Enquête CSA de novembre 2004 réalisée auprès d'un échantillon de 1 000 personnes de plus de 15 ans
par Laurence Rey publié dans : biodiversité, produits bio, agriculture, alimentat
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Jeudi 24 février 2005
L'Elysée ne semble pas s'émouvoir de la menace que le Parti socialiste fait peser sur la Charte de l'environnement. Ce projet phare de Jacques Chirac doit être examiné, lundi 28 février, par le Congrès, en même temps que la révision constitutionnelle préalable au référendum, pour être intégré à la Constitution. Il doit être approuvé à la majorité des trois-cinquièmes des suffrages exprimés."Il passera très bien sans les socialistes", assure un conseiller de M. Chirac. "Il n'a aucune chance de passer", a pour sa part affirmé Ségolène Royal, mardi 22 février. L'ancienne ministre socialiste de l'environnement a indiqué qu'elle voterait contre, confirmant la position annoncée, vendredi, pour le groupe PS de l'Assemblée nationale par Jean-Marc Ayrault. Quelques heures plus tard, François Hollande a précisé que les socialistes arrêteraient définitivement leur position lundi, avant la réunion du Congrès. Le premier secrétaire du PS, qui avait demandé au chef de l'Etat de ne pas mélanger le même jour à Versailles, l'enjeu européen et la Charte de l'environnement, espère ainsi, par la pression, obtenir gain de cause. Il a peu de chances d'être entendu. "Ne pas présenter la Charte, c'était l'enterrer", a déclaré, mardi, à Strasbourg, Jean-Pierre Raffarin, qui inaugurait Le Vaisseau, centre scientifique destiné à l'environnement. Revue de presse "LA TENTATION DE DONNER UNE LEÇON" Certains conseillers de M. Chirac admettent cependant qu'un changement de position des autres partis, par rapport à leur vote à l'Assemblée nationale et au Sénat, pourrait modifier la donne, bien que cela soit "peu vraisemblable". L'UMP a voté pour dans les deux assemblées, moins quelques votes contre et quelques abstentions, l'UDF s'est plus largement partagée, le groupe communiste et républicain s'est abstenu partout. Les députés socialistes s'étaient abstenus, tandis que les sénateurs avaient voté contre.Les présidents de groupe de la majorité, Bernard Accoyer pour les députés, Josselin de Rohan pour les sénateurs, se disent tranquilles quant au vote de l'UMP. "Il sera même meilleur qu'au printemps", affirment-ils de concert. Edouard Balladur, cependant, envisage de voter contre.L'UDF s'interroge. "L'agacement a été extrêmement fort devant l'accélération du calendrier imposée par Chirac. Il y a la tentation de donner une leçon", souligne Hervé Morin, président du groupe centriste de l'Assemblée. Son homologue communiste, Alain Bocquet affirme qu'il "y a un débat au PC, qui sera tranché lundi matin", ce que confirme Nicole Borvo au Sénat. Marie-George Buffet a déjà annoncé qu'elle voterait "oui". Tout comme les sept parlementaires Verts qui avaient voté "oui" ou s'étaient abstenus. Réponse définitive lundi.Béatrice Gurrey• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 24.02.05
par article Le Monde publié dans : environnement, santé & environnement
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Jeudi 24 février 2005
Plus le temps passe, plus l'impossibilité de maintenir durablement le grand écart entre les paroles et les actes se fait jour. A commencer par la fameuse charte de l'environnement dont on s'interroge sur le point de savoir si elle sera votée. En réalité, elle est victime de ce qu'elle est réellement : une manifestation de communication politique. Comme l'ont parfaitement illustré les récents entretiens de Saintes consacré à ce sujet, la Charte n'a été votée par l'UMP que parce que c'était «du vent» comme l'a parfaitement dit Roselyne Bachelot. Même si les juristes s'interrogent sur la manière dont la charte pourrait être interprétée pour lui faire dire le contraire de ce qu'a voulu le législateur en l'édulcorant au maximum, il s'agit, mis à part l'article premier qui fait une référence très allusive au droit à un environnement sain, d'un texte en régression par rapport au droit positif et surtout au droit communautaire. S'il en avait été autrement, et si la charte, dont le concept même pose problème, avait été abandonnée au profit d'une phrase figurant dans le préambule de la constitution et reconnaissant un droit à un environnement qui respecte la santé et la biodiversité et un devoir des personnes physiques et morales de le respecter, comme dans de nombreuses constitutions, on aurait pu parler d'une véritable avancée juridique. Mais, sans doute, la majorité aurait purement et simplement refuser de la voter. D'où le texte d'aujourd'hui, certes voté par la majorité, mais au mieux sans avancée, au pire en régression. Comment s'étonner dès lors, que ce sujet qui aurait pu être le lieu d'un consensus- rappelons que la plupart des grands textes de l'environnement ont été votés soit à l'unanimité, soit sans opposition- soit devenu un enjeu politicien qui causera peut-être sa perte ? A continuer par l'idée d'une Organisation des Nations Unies pour l'Environnement.Cette initiative de la diplomatie française, à laquelle certains pays se sont joints du bout des lèvres pose problème et illustre une différence de conception entre le ministère de l'écologie qui voudrait un progrès dans la gouvernance mondiale de l'environnement et le Quai d'Orsay qui privilégie le succès de l'initiative au détriment de son contenu. Lors d'un récent débat tenu au Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable, l'ambassadeur pour l'environnement, M.Gauer a très clairement répondu à une question que je lui avais posée sur la virtualité du droit international de l'environnement et la nécessité d'en sortir en indiquant que j'avais raison, mais qu'en l'état, la solution ne pouvait être trouvée. Autrement dit, changer d'institution sans lui donner d'autres moyens et pouvoirs que ceux dont dispose aujourd'hui le Programme des Nations Unies pour l'Environnemnt ne sert à rien, si ce n'est à chercher une satisfaction diplomatique en déconnectant la réalité du projet. Il est peu probable que la communauté internationale joue ce jeu. A l'opposé, avec le débat sur le Plan de Protection de l'Atmosphère (PPA) à Paris, il s'agit de passer de la virtualité à la réalité. Rappelons que les plans de protection de l'atmosphère que j'ai inscrits dans la loi Lepage du 30 décembre 1996, étaient conçus comme un élément majeur de la loi sur l'air. Après les plans régionaux de la qualité de l'air, destinés à faire un état des lieux et fixer des objectifs de réduction de la pollution, les Plans de Déplacement Urbains et les PPA avaient pour mission de déterminer les moyens d'y parvenir. Malheureusement, la sortie très tardive (2001) du décret sur les PPA a rendu quasi impossible l'efficacité du dispositif d'ensemble qui devait être quasi concomitant. Ceci explique que les PPA soient arrivés à maturité à un moment où il faudrait juger de la manière dont les Plans Régionaux pour la Qualité de l'Air ont rempli leurs objectifs, ce qui est exclu. De surcroît, la conception que s'est faite l'Etat du PPA de Paris est très à minima. Il paraît en effet, illusoire d'espérer la moindre réduction de la pollution à partir de ce plan, y compris pour la gestion des pics de pollution qui a été abandonnée, dans le cadre des plans d'urgence réduits à une simple incitation à laisser sa voiture au garage ! Le maire de Paris a donc raison de protester contre ce plan, inefficace à priori et qui participe de la virtualité de la politique environnementale actuelle.Tout ceci ferait sourire si nous n'étions pas des spectateurs très engagés, c'est-à-dire des victimes potentielles de l'absence de traitement de l'urgence écologique. De même que les bonnes paroles, voire les placebos n'ont guère d'efficacité en présence de maladies graves, le traitement des problèmes environnementaux, qu'il s'agisse de la santé humaine ou de la perte de biodiversité, ne peut s'accommoder longuement d'une posologie virtuelle et uniquement communicationnelle. Corinne Lepage Présidente de CAP 21 - 22 février 2005
par Corinne LEPAGE publié dans : environnement, santé & environnement
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