Monsieur le Maire, chers collègues, nous sommes confrontés lors de lélaboration dun budget au choc des ambitions et des possibilités, des marges de manuvre et des priorités. Je préciserai : au choc des discours et des actions. Le rôle de lopposition tel que nous la concevons nest pas lopposition systématique mais la mise en uvre de la critique, au sens noble, qui, avec le recul que nous confère notre absence de pouvoir, doit aider la démocratie communale à progresser et doit être considéré par le pouvoir en place comme, tout au moins, un retour dinformation à prendre en compte. Ainsi mes collègues Laurent Gérault et Bernard Dupré ont su déjà pointer en particulier la dérive des dépenses de fonctionnement, la nécessité de prendre en compte une population angevine dont le revenu nest pas élevé et la priorité à donner à lemploi. A partir de ces repères de base qui ont été développé, je veux pointer maintenant laction effective dans deux domaines. Vous ne vous étonnerez pas que jaborde un sujet qui mest cher, la petite enfance, car il définit très exactement la place quune municipalité veut bien donner à lenfant et à lavenir de sa ville. Il est évident que Madame Caillat-Drouin a fort à faire pour convaincre votre équipe de donner les moyens dune bonne politique en la matière, et ce ne sont pas ses collègues qui laident toujours en disant que, je cite, « la petite enfance na quun temps », traduction : deux-trois ans de galère sont bien vite oubliés par les jeunes parents angevins. Cest une façon de voir et ce nest pas la mienne ni sûrement celle de votre adjointe et je salue les embauches faites cette année pour mieux pointer le retard dAngers en matière de petite enfance. Si je reviens à la charge chaque année, cest parce que les ouvertures ne correspondent pas à la demande. Les faits sont têtus et ils sont là : 25 places en crèches ont été crées lan passé et on na jamais fait si peu : 44 en 2002, 58 en 2003 alors quon a encore beaucoup de chemin à faire. Mes remarques sont basées sur la réalité et un simple sondage auprès des jeunes parents angevins montrent la persistance des problèmes de garde. Ce que je dis depuis le début de la mandature, les journalistes du magazine Femina le confirment, à travers une enquête parue le 6 février pour savoir comment les villes répondent aux besoins des tout-petits et de leurs parents. Angers est au bas du tableau. Pour le budget municipal Angers est 30ème/42 , vous consacrez en terme de fonctionnement et investissement 1863 euros par enfant de moins de trois ans tandis que Grenoble, en tête du classement y consacre près de 5000 euros. Ce choix budgétaire se répercute évidemment sur loffre : ainsi Angers est en 35ème/42 pour le nombre de places en crèche. Angers propose 115 places en crèche pour 1000 enfants de moins de trois ans tandis que, pour exemple, Paris en propose 408 et Ajaccio 324, dans des villes comparables à la notre Rennes, Tours, Grenoble, Dijon proposent plus de 250 places pour 1000 enfants. Et de notre côté, le budget dinvestissement régresse même cette année de 560000 Euros il passe à 400 000 euros. Il y a un retard à combler, qui nest toujours pas comblé. Les mesures gouvernementales de professionnalisation de la profession et daides à la création de crèches dentreprises devraient booster notre trop lente progression. Lautre point que je voudrais aborder cette année est celui de la démarche du développement durable parce que vous lécrivez, il sagit de« laxe stratégique de développement ». « Angers veut devenir la capitale européenne du développement durable »(cf notre planete.com et voir sur le site web de la ville). Reconnaissons que cest mieux que de se cantonner à un « laboratoire » du développement durable et il y a là une ambition réelle, mais dans les faits , le problème est que nous nen sommes souvent quau projet, que vous parlez au futur alors que ici et maintenant la ville pourrait sengager par exemple dans le redéploiement et lamélioration de loffre de bus, dans les aménagements cyclables au lieu dêtre ou de frôler lillégalité dans ses reprises de chaussée, la ville pourrait déjà élargir le plateau piétonnier qui, nen déplaise à Monsieur Raoul, na pas été étendu, dans la continuité, depuis un quart de siècle. Cette politique environnementale que vous affichez devrait se traduire encore par exemple par un suivi quotidien des rejets de lusine dincinération de la Roseraie au lieu de se contenter des deux contrôles annuels sans surprise. Cest vers la transparence et linformation que nous devons aller, et puis le développement durable est-ce pour le président de lagglomération que vous êtes de sembarquer dans un projet de nouvelle usine dincinération alors que les alternatives à cette méthode de traitement des déchets non vertueuse sont pleine davenir, prometteuses et permetteraient dallier image et réalités du développement durable. Ainsi de la Revue Angers 21, du reste une bonne petite revue de communication -si on ne les multiplie pas- au concept est très intéressant qui propose interventions dexperts et partage dexpérience : Illustration de mon propos : les réalisations angevines qui y sont décrites dans le dernier numéro sont encore bien maigres : projet de plan de déplacement entreprise pour la ville et du CCAS, le prêt de 300 vélos (quand on en compte 2000 à Bordeaux) et lopération dincitation à la marche ou au vélo pour aller à lécole qui ne concerne que 4 écoles Il manque à lambition dêtre transformée. Nous ne sommes pas en mesure de répondre aux objectifs de Kyoto, et cette contradiction entre le discours et les actes ne permettent pas de voter le budget. Je vous remercie de votre attention.Bernadette Caillard-Humeau