ARTICLE La Libre Belgique MobilitéRendre le vélo plus «visible» en ville C.S.(St.)Mis en ligne le 25/02/2005- - - - - - - - - - - Pascal Smet a présenté son «plan vélo», destiné à accroître le nombre de cyclistes à Bruxelles.Les associations sont satisfaites dans l'ensemble.JOHANNA de TESSIÈRESOnze millions d'euros, c'est la somme que Pascal Smet (SP.A), ministre bruxellois de la Mobilité et des Travaux publics, compte investir dans son «plan vélo» pour la Région Bruxelles-capitale cette année. Le plan s'étale sur cinq ans, de 2005 à 2009, et les investissements seront reconduits. «On a de l'argent pour cette politique», a déclaré, vendredi, le ministre devant la presse et des membres du Groupe d'action et de recherche des cyclistes quotidiens (Gracq). Et il compte bien l'utiliser. Dans la construction d'infrastructures d'une part. Avec l'extension des pistes cyclables aux 320 km de voiries régionales et la création d'un réseau de 19 itinéraires cyclables. Ou encore la mise en place de «points vélos», dans les grandes gares et stations de transports publics, permettant aux Bruxellois de louer, garer et faire réparer leur bicyclette. Par ailleurs, des rails installés dans les stations de métro et de tram permettront aux cyclistes d'embarquer plus facilement leur vélo à bord des transports publics.Fil rougeL'autre part importante du budget sera davantage consacrée à l'éducation, à la formation et à la promotion du vélo dans la ville. «Le fil rouge de ce plan, explique Pascal Smet, est de rendre visible le vélo, pour créer un effet boule de neige et inciter de plus en plus de gens à l'utiliser». Le plan est ambitieux, «mais il ne faut pas s'arrêter là», commente Bernard Dehaye, président du Gracq. Celui-ci se dit cependant «satisfait» et considère le plan comme «positif». «Cela fait dix ans que l'on nous fait des promesses sans qu'il y ait de véritable évolution. Aujourd'hui, il y a une réelle volonté d'accorder une place importante au vélo. Nous attendons de voir la suite mais, en tout cas, le budget est là et nos demandes ont été entendues». Beaucoup de points mis en avant par les associations cyclistes bruxelloises se retrouvent en effet dans ce plan, comme l'investissement dans la publicité et la sensibilisation du public.Bernard Dehaye regrette cependant que le «plan vélo» n'englobe pas davantage de compétences. «C'est peut-être à présent à nous, associations, d'aller voir les autres ministres - du Logement, de l'Emploi, etc. - et de leur demander de prendre à leur tour des mesures».Si la «Journée sans voiture», organisée en septembre dernier à Bruxelles, avait laissé place à une marée de cyclistes envahissant les rues de la capitale, le vélo n'a cependant pas la cote dans le quotidien des Bruxellois. Seulement 1pc des déplacements à vélo en Belgique se font à Bruxelles alors que la capitale représente 10pc de la population belge.La Région bruxelloise, qui compte se porter candidate à l'organisation du Vélo-City en 2009, sort donc les grands moyens. «A vélo, on peut mieux sentir la ville que dans ces petites boîtes que sont les voitures. C'est un moment de relaxation. Moi qui me déplace beaucoup d'une réunion à l'autre, j'ai l'impression que je ne travaille pas quand je prends mon vélo», raconte le ministre.© La Libre Belgique 2005