Première tranchée à Saint-Clément-des-Levées
( 07/03/2006 )
Les travaux qui ont commencé, hier, à Saint-Clément-des-Levées vont durer six mois. La première tranche de renforcement de la levée porte sur 3 km, de Saint-Clément aux Rosiers-sur-Loire.
Premiers coups de pelleteuse, hier matin, à l'entrée de Saint-Clément-des-Levées où est réalisée la « planche d'essai » sur une longueur de 24 m.
C'est dans la traversée de Saint-Clément-des-Levées que les travaux de renforcement de la levée ont commencé, hier matin, pour une durée d'environ six mois. Une imposante pelle mécanique est entrée en action, à l'entrée Est du village pour creuser une tranchée de 7 m de profondeur, sur une longueur de 24 m. « Cette saignée de 24 m, c'est ce qu'on appelle, dans notre jargon technique, la planche d'essai », explique Marc Piscevic, qui conduit les travaux pour le compte de l'entreprise TPPL. « Nous allons donc enfoncer un rideau d'étanchéité jusqu'aux fondations de la levée en pierre, de façon à renforcer l'ouvrage et, in fine, à protéger le Val d'Authion. »
Une trentaine de personnes (ingénieurs, techniciens, ouvriers) seront à pied d'uvre, en permanence, sur ce chantier très particulier qui consiste à installer des tiges métalliques (des palplanches) dans la levée. Ces palplanches vont faire fonction d'écrans étanches, et empêcher toute infiltration d'eau. Ces travaux ont été confiés à deux entreprises spécialisées : ETPO dont le siège est à Nantes, et GIKEN, un groupe japonais disposant d'une filiale aux Pays-Bas, qui est aussi le constructeur de la vérineuse, l'engin qui va servir à enfoncer les tiges métalliques sans provoquer de vibrations. Les palplanches sont assemblées comme un jeu de construction, et l'ouvrage est surmonté d'une couche de béton et, tout en haut, d'une membrane bitumée qui assure l'étanchéité totale de la levée, sur toute sa hauteur.
Pas de vibrations dans la berge ni sous les constructions alentour
Le lourd programme de travaux de renforcement de la levée de Varennes-sur-Loire à la Bohalle va faire appel à diverses techniques, en fonction de la densité d'urbanisation des sites rencontrées. Dans les zones non urbanisées, le talus (côté val) va être renforcé par un élargissement effectué à l'aide de remblais (21 km de levée sont concernés). Dans les zones d'habitat diffus, quand le renforcement du talus ne sera pas possible, un mur de soutènement sera construit ou bien le talus sera consolidé par clouage. Enfin, dans les zones fortement urbanisées, c'est-à-dire dans la traversée des bourgs, c'est la technique de pose de palplanches qui sera appliquée. Cette technique de pose de palplanches, certes, la plus onéreuse, mais elle présente un double avantage : elle est sans doute la plus sûre en terme d'efficacité, et elle génère un minimum d'inconvénients pour les riverains dès lors que l'ouvrage est réalisé sur le seul domaine public.
« La vérineuse, que construit la société GIKEN, est un engin qui permet d'enfoncer les tiges métalliques sans provoquer de vibrations dans la berge et sur les bâtiments proches, explique Marc Piscevic. C'est une technique d'enfoncement en effort statique. » Cela convaincra-t-il les membres actifs de l'Association pour la protection et la sécurité des riverains des bords de Loire (APSRBL) dont le siège est justement à Saint-Clément-des-Levées , qui reproche aux maîtres d'uvre et d'ouvrage de ce programme de ne pas vouloir communiquer ?