Le futur pont sur la Maine pour le tramway na engagé quun débat limité lors du conseil dagglomération du 25 janvier 2006. Fallait-il refuser que cette question soit réabordée une seconde fois
(et non pas une onzième fois
) à loccasion du dernier conseil dagglomération, le 13 avril, comme la refusé le président dALM ? En effet, derrière les deux solutions de franchissement de la
Maine se profilent plusieurs façons de voir la ville. Pour préserver la capacité autoroutière de la voie sur berge , - du moins provisoirement, tant que le trafic ne peut sécouler ailleurs,
notamment par le contournement Nord, -, le Conseil général ne souhaite pas que le trafic routier soit stoppé par le passage des tramways. Deux solutions soffrent donc : soit faire un pont surélévé
comme le souhaite M.Antonini passant au dessus des structures autoroutières actuelles, soit profiter du contournement autoroutier Nord pour réaliser simplement un pont au niveau des berges, en
cassant la logique de flux qui a été adoptée jusqu'ici. Dans le premier cas, cest une infrastructure lourde, pour tramway qui devient aérien, cest une nouvelle coupure à la fois paysagère et
réelle, séparatrice de quartiers et à lencontre de la reconquête des berges unanimement souhaitée. Le second cas préserve une circulation mixte, déchanges et permet une certaine sobriété de
louvrage dart qui reliera les berges de la Maine, bord à bord, sans surplomb. On sait la tendance des édiles à laisser leur marque dans la ville, mais un tel ouvrage, plus modeste, préserverait
mieux la douceur du paysage dentrée de la ville sans créer une « barrière » irréversible, et inviterait avec simplicité les piétons et les cyclistes à passer le pont. Deux chercheurs italiens,
Paola Vigano et Bernardo Secchi, (ils ont notamment travaillé sur lagglomération dAnvers) ont développé le concept de tubes et éponges, lequel pourrait sappliquer sur cet unique projet : soit on
en reste au tube stricte séparation des trafics cest la première solution, soit on favorise « léponge » qui a une vocation déchange et de mixité des différents trafics, cest la seconde.
Lévaluation financière et graphique de la première solution va se préciser prochainement avec les quatre projets en lice. Il est nécessaire que la seconde solution bénéficie aussi dune estimation
fiable. Lexpérience angevine des annonces financières montre que cela est nécessaire. En effet, ces dernières années, on voit les chiffres défiler selon loption prise en amont par le président de
lagglomération, puis contredit par une étude plus approfondie par la suite Ainsi, longtemps, lincinération étant préféré, les chiffres donnaient lincinération au même niveau financier que la
méthanisation et autres procédés plus écologiques ! . - Idem pour le tramway où le tramway sur pneu, un temps préféré par M.Antonini, était bien moins cher que le tramway sur fer
-, et dont
lécart sest finalement révélé faible puisque cest le tramway sur fer qui avait finalement été choisi. On sait donc que la demande destimations financières fiables est légitime et nécessaire.
Cest alors seulement que le choix de lun ou lautre des ouvrages pourra être fait : ouvrage dart monumental et emblématique, ou train dunion entre modes de transport, berges, quartiers,
habitants. Bernadette Caillard-Humeau Déléguée à Angers Loire Métropole, conseillère municipale d'Angers. (24/04/2006)
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx Intervention Bernadette Caillard-Humeau au conseil de communauté du 25 janvier 2006 à propos de la ligne
du tramway et le nouveau projet de pont, en hauteur et non à niveau, qui pose des questions dintégration paysagère, architecturale et contribue à infléchir des aménagements moins en accord avec le
concept de développement durable « Je ne suis pas emballée pour ne pas dire convaincue par le tramway aérien que vous nous proposez, et ce pour des raisons que lon peut concevoir à plusieurs
échelles : Au pied de ce pont pour tramway aérien, quels effets cela va-t-il produire : - une nouvelle coupure dans lespace urbain, une nouvelle infrastructure lourde, qui soulignera lautoroute
urbain quAngers subis depuis trop longtemps - le contraire de ce que nous souhaitions tous, cest à dire la reconquête des berges - au lieu dunir, de relier il va faire coupure entre deux
quartiers : st serge, en devenir, et le centre-ville alors quà niveau, il relie et ménage lharmonie des différents moyens de déplacement la mobilité peut faire la ville, elle peut aussi bazarder
la ville Reculons, travelling arrière, puisque nous sommes en période de Premiers plans : - ce pont ménage explicitement lautoroute urbaine qui, malgré une limitation à 50 Km/h, ne devient pas un
boulevard urbain, qui reste intraversable aux piétons, qui reste lobstacle majeur dune reconquête paysagère dAngers et ce dautant que cette autoroute urbaine débouchera sur une Rocade Sud
promise, source évidente de nouveaux trafics automobiles et de poids lourds enfin continuons le travelling arrière et pointons sur la ligne du tram qui sarrête, trop loin de lautoroute de Cholet
(pour faire jouer lintermodalité voiture-tram) mais qui justifie aussi par sa présence une future Rocade Sud à proximité par toutes ces inflexions nous somme sen train de transformer le programme
initial de reconquête des berges en un challenge encore plus difficile et nous ne sommes pas fidèles à notre projet 2015 placé sous lidée du développement durable qui nous engage à des
aménagements « réversibles » ».