Le rendez-vous loupé avec l'Europe, à travers le non au traité européen renvoie au décalage croissant entre les hommes politiques et les Français. Guy Carcassonne (article Le Monde) le dit : les politiques entretiennent les illusions des Français. Les partis politiques adoptent un fonctionnement qui empêche tout renouvellement de la classe politique : les personnes de valeur, au sein de la société civile, n'y ont pas leur place, si on leur fait appel, c'est ponctuellement, force d'appoint, caution d'ouverture et de compétence, parceque les jeux sont déjà faits, et on saura vite les mettre hors jeu. Les jeunes loups, préparés depuis leur jeunesse aux luttes politiques, s'attaquent d'abord au concurrent réel ou présumé de leur propre camp, en attendant le mandat. Le sésame leur ouvre un temps de prospérité, d'aisance, une rente de situation, si jamais ils deviennent des recalés de la politique nationale, explique Jacques Calvet (deuxième article du Monde), ils ouvrent des parachutes pour atterir, par exemple, au Parlement européen, lot de consolation. Et croyez-vous qu'ils soient alors les meilleurs représentants et porteurs de l'idée européenne auprès de leurs concitoyens les campagnes électorales achevées ?! La politique est devenu leur profession, leur terrain qu'ils défendent comme on défend son poste ; les alliances se croisent, hier on s'enflamme sur Jacques Chirac, quand le vent tourne, on se pame sur Nicolas Sarkozy, voici l'art de beaucoup de politiques. Seul moyen de dégommer de telles pratiques : instaurer la fin du cumul des mandats, et la limitation dans le temps de ces mandats, voire l'instauration d'une discontinuité des mandats. L'idée est à creuser, car on ne peut se laisser gouverner par des apparatchiks, on doit avoir les meilleurs.
La revue de presse Cap 21 Pays de la Loire ne témoigne pas seulement de cette interrogation, elle s'interroge aussi à l'occasion de la semaine du développement durable sur cette notion fourre-tout, pointe la pollution de l'incinérateur de Giens, les beaux efforts de Chambéry en matière d'énergie solaire, le démarrage lent de l'énergie éolienne et de l'"électricité verte". Pour notre région, signalons l'ouverture de la maison de l'environnement à Poitiers (article NRCO), les efforts de la profession vinicole qui a décidé de supprimer 3000 ha sur les 13000 ha de vignes dédiées au muscadet (article L'Humanité), ceux de l'agriculture bio qui peine à faire sa place malgré l'intérêt des consommateurs ( NRCO) et les déboires du tram de Nice qui nous appelle à la vigilance sur nos propres opérations (Le Monde). Et puis, pour terminer, faites un tour sur le site des giratoires de France : manque nos giratoires si artistiques de notre ville d'Angers : quatre giratoires-fontaine (dont celle de l'entrée de ville au Sud qui reste sèche) - applications conscientes ou inconscientes de l'esprit pro-automobile des dirigeants de la ville. Car le giratoire, est, comme le dit l'urbaniste François Ascher (article Le Moniteur Expert), un acte proprement "anti-urbain". Je développerai cette idée qui m'est chère une autre fois. Bonne lecture sur Cap 21 Pays de la Loire, et bonne semaine à Angers et dans toutes les douces villes de France.
Bernadette Caillard-Humeau, dimanche 5 juin 2005.