Les pratiques quotidiennes émettrices de gaz à effet de serre
LE MONDE ECONOMIE | 29.01.07 | 18h12 Mis à jour le 29.01.07 | 18h18
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. Quelle est la part de l'habitat dans les émissions de gaz à effet de serre (GES) ?
Les deux principaux facteurs d'émissions de GES dues aux ménages sont l'habitat et le transport, expliquent Florence Naizot et Patrice Grégoire, chercheurs à l'Institut français de l'environnement (Ifen).
En 2004, les émissions des 30,7 millions de logements représentaient 13 % du total national, en hausse de 1 % par an en moyenne depuis 1990. Car le nombre de logements a augmenté de 14 % entre 1999 et 2004, en raison de l'accroissement de la population, du nombre de ménages monoparentaux et de l'individualisation de l'habitat (61 % des logements construits entre 1999 et 2004). Représentant 50 % des logements, les maisons individuelles émettent 65 % des GES du secteur. De même, la température moyenne hivernale des logements a augmenté de 2 oC en vingt-cinq ans. La consommation d'électricité des ménages a doublé entre 1982 et 2004. Cette consommation est plus ou moins intense en GES en fonction de l'heure : c'est le matin et le soir, l'hiver, lorsque les ménages montent le chauffage, que les producteurs doivent compléter l'offre d'électricité nucléaire par celle des centrales thermiques (charbon, gaz et fioul).
2. Et celle des voitures particulières ?
Les émissions de GES dues aux voitures particulières ont augmenté de 17 % entre 1990 et 2004, alors que le total des émissions diminuait de 0,8 %. L'amélioration constante de la performance écologique des moteurs est annulée par l'accroissement de la distance parcourue chaque année (+ 30 % entre 1999 et 2004), l'augmentation du parc de véhicules (27 millions à 30 millions ), leur vieillissement (5,8 à 7,6 ans d'âge moyen), leur alourdissement (900 kg par véhicule en 1984, 1 250 aujourd'hui) et la hausse de la puissance des moteurs (+ 38 % en 20 ans). Autres causes majeures : l'éloignement croissant entre le domicile et les lieux de travail et de services, et la multiplication des ménages bi-actifs, équipés d'au moins deux véhicules.
3. Et celle de notre mode alimentaire ?
Le fret routier, dont 30 % est consacré au transport de denrées périssables, a vu ses émissions croître de 28 % depuis 1990, et le secteur agroalimentaire de 20 %. Une hausse due à la consommation en toute saison de produits frais, venant de lieux de production et de conditionnement de plus en plus éloignés, utilisant des chaînes du froid et de logistique toujours plus longues.
4. Comment les ménages peuvent-ils limiter les émissions de GES ?
Diminuer la température moyenne de 2 °C réduirait de 1,34 % les émissions annuelles nationales, la généralisation des ampoules basse consommation de 0,11 %, le réglage systématique des machines à laver sur les programmes à froid hors des heures de pointe de 0,016 %. Rénover l'isolation des 20,2 millions de logements anciens chauffés au gaz et au fioul réduirait de 6,2 % les émissions à l'horizon 2020.
Sur la même période, 3,7 % des émissions seraient évitées si les acheteurs de voitures d'occasion choisissaient des véhicules plus récents. Les émissions annuelles diminueraient de 1,6 % si les conducteurs réduisaient de 10 % la distance annuelle parcourue en voiture, et de 0,9 % s'ils respectaient les limitations de vitesse. Enfin, le choix de produits de saison, issus de l'agriculture biologique et proches de leur lieu de production pourrait faire baisser jusqu'à un tiers les émissions du secteur agroalimentaire.
Article paru dans l'édition du 30.01.07.