mardi 12 juillet 2005
Vent portant pour deux parcs éoliens
Ils verront le jour à Longeville-sur-Mer et au Bernard
Les futures éoliennes de Longeville et du Bernard s'inspireront de celles de Bouin, mises en service en 2003. Archive.
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Le préfet de la Vendée vient de signer le permis de construire des parcs éoliens prévus à Longeville-sur-Mer et au Bernard. Deux parcs de cinq éoliennes chacun pouvant produire au total 23 mégawatts.
Christian Decharrière a fait savoir, hier, qu'il avait apposé sa signature au bas des demandes de permis de construire déposés pour la construction de nouveaux parcs éoliens en Vendée. Deux projets qui sont menés par la Régie d'électricité, émanation du Sydev, le syndicat de développement et d'énergie de la Vendée, et par la société allemande Unweltkontor. Les deux projets sont jumeaux. Chacun prévoit l'implantation de cinq éoliennes d'une hauteur totale de 125 mètres (des mâts de 80 mètres équipés de pales de 45 mètres). Des éoliennes d'une puissance unitaire de 2,3 mégawatts, ce qui fait que chaque parc pourra produire 11,5 mégawatts.
Les lieux d'implantation sont connus: la « plaine des Clerbaudes », à Longeville-sur-Mer, et « les Métairies-le fief de Nesmy », au Bernard. La préfecture se réjouit « d'une démarche de concertation exemplaire à bien des égards, autour de projets de qualité », les deux sociétés ayant accepté, en liaison avec les collectivités concernées et l'État, de coordonner leurs projets d'implantation « en vue d'assurer une cohérence paysagère et architecturale ». Le préfet, en rappelant que ces deux projets ont reçu l'avis favorable de la commission départementale des sites et du commissaire enquêteur, à l'issue des deux enquêtes publiques, précise que les deux projets, au vu des études techniques fournies par les deux promoteurs, ne devraient pas engendrer de nuisances sonores, aucune habitation ne se trouvant d'ailleurs dans un rayon inférieur à 450 mètres. Garantie supplémentaire : les deux entreprises devront réaliser des mesures sonores après mise en service, pour, au besoin, « assurer les réglages des appareils de façon à respecter strictement la réglementation accoustique ».
Un recours n'est pas exclu
De quoi rassurer les opposants au projet ? Faut voir. L'association « Vent de travers », née en mars dernier, et qui dit regrouper une centaine d'adhérents, entend s'opposer au projet. Mettant en cause la pertinence même du choix de l'énergie éolienne et les conséquences aussi bien sur l'environnement que sur la santé, elle n'excluait pas, fin mai, un recours devant le tribunal administratif. Auquel cas, la réalisation du projet, prévue pour aboutir en 2006, pourrait s'en trouver retardée. L'association dispose de deux mois pour se décider. « Nous avons monté notre dossier dans une totale transparence, se défend Cyril Perrin, directeur de la Régie d'électricité. On dit plein de choses fausses sur l'énergie éolienne. Notre volonté est de mener des projets exemplaires. »
Les projets de Longeville-sur-Mer et du Bernard s'inspirent de celui de Bouin, face à Noirmoutier, considéré à sa mise en service, en 2003, comme le parc le plus important de France (huit éoliennes de 100 mètres de haut en bout de pale, d'une puissance totale de 19,5 mégawatts, pouvant assurer de l'électricité à 20 000 foyers, une ville de la dimension de La Roche-sur-Yon). Depuis, l'idée a fait des petits. Brem-sur-Mer, Froidfond, La Garnache, qui ont déjà leur permis de construire, sont dans les starting-blocks. Les six projets aujourd'hui autorisés devraient produire, à terme, 72,5 mégawatts pour 32 éoliennes. Mais d'autres sont l'étude. L'éolien a le vent en poupe. Ses défenseurs et ses détracteurs. Et ce n'est que le début.