jeudi 19 avril 2007, mis à jour à 07:16
Dans Bercy comblé, Bayrou veut faire rimer France avec espérance Reuters
En course pour "gagner" l'élection présidentielle, François Bayrou a fait rimer mercredi soir le mot France avec "chance" et "espérance", invitant les Français à faire tomber une à une les citadelles qui emprisonnent selon lui le paysage politique.
"Nous allons faire rimer France avec confiance, avec croissance, assurance, chance, nous allons faire rimer France avec espérance", a lancé le candidat de l'UDF devant plus de 15.000 personnes réunies dans une ambiance festive au palais omnisports de Paris-Bercy.
A quatre jours du premier tour, le député béarnais a rassemblé ses troupes "pour gagner", quitte à faire prendre une "douche froide" à ses adversaires.
"Nous ne sommes pas là pour faire un score, (...) nous sommes là pour gagner", a lancé François Bayrou, que les derniers sondages donnent toujours en troisième position dans les intentions de vote, autour de 20%.
"Il faut leur arracher le pouvoir. Il faut les renvoyer pour cinq ans au moins à leurs chères études", a-t-il dit en direction des gardiens des "forteresses" qu'il dénonce depuis le début de sa campagne. "Il faut leur offrir une bonne douche froide pour qu'ils se mettent à réfléchir, pour qu'ils fassent leur révolution culturelle."
Un coup à droite, un coup à gauche, François Bayrou a renvoyé dos à dos ses adversaires socialiste Ségolène Royal et UMP Nicolas Sarkozy.
"Nous n'avons pas besoin de multiplier les drapeaux tricolores et pas besoin d'un ministère de l'Identité nationale", a-t-il dit, avant de multiplier les piques à l'encontre du président de l'UMP.
L'élu centriste a de nouveau fait voeu d'indépendance en se disant "heureux" de "ne pas recevoir le label de la droite à la mode Sarkozy" ou "de la gauche à la mode Jospin".
"C'est le contraire de ce que j'ai cru et de ce que j'ai voulu toute ma vie", a-t-il assuré. "Il y a de la droite et il y a de la gauche en moi et (...) il y a du centre en moi".
RESISTANCE
Sous les sifflets approbateurs du public, François Bayrou a aussi dénoncé "la France de la dette des déficits", des "quatre millions de chômeurs, des deux millions d'exclus", du minimum vieillesse insuffisant - il propose de l'amener à 90% du smic -, la France où les handicapés ne sont pas respectés et "des 15% d'illettrés".
"Cette France-là ne nous, ne vous convient pas et nous avons décidé de la changer, et elle est en train de changer", a-t-il assuré.
Entre une lettre d'Albert Camus et un poème d'Aragon, François Bayrou a repris l'un de ses thèmes favoris: la résistance.
"Dans la résistance, on ne refuse pas les mains qui se tendent. Si l'on se met dans la résistance à refuser celui qui ne pense pas exactement comme nous, ce n'est plus du sectarisme, c'est de la trahison de l'intérêt national."
Pour illustrer ses dires, François Bayrou a fait applaudir plusieurs personnalités de bords divers l'ayant rejoint ces dernières semaines, présents dans la salle: Azouz Begag et François Goulard, deux ministres du gouvernement de Dominique de Villepin, l'écologiste Corinne Lepage et l'ancien patron du Crédit lyonnais Jean Peyrelevade, venu de la "gauche responsable".
Il a aussi lancé un "salut amical" aux anciens responsables socialistes Michel Rocard, Bernard Kouchner, Claude Allègre, qui ont récemment plaidé en sa faveur.
De l'éducation à l'université en passant par le non cumul des mandats et le "small business act" qu'il souhaite développer pour les entreprises, François Bayrou a ensuite déroulé les principaux points de son programme.
"Vous avez tout compris, contrairement aux autres", lui a lancé une femme dans la salle au milieu de son discours, qui a duré plus d'une heure et demie. "Merci de votre soutien", lui a répondu François Bayrou.