Édition du mardi 08 mai 2007
La participation à Angers a été très forte, dimanche, pour le second tour de la Présidentielle.
Élire un président ou un maire, ça n'a rien à voir. Pourtant, on a tendance à croire que les élus locaux y pensent, et pas seulement en se rasant !
« On ne mélange pas deux élections », prévient d'emblée Jean-Claude Antonini. N'empêche que le score de Ségolène Royal à Angers doit redonner le sourire au maire, à moins d'un an des municipales. Déjà, après le premier tour, Jean-Claude Antonini n'avait pas attendu pour appeler de ses voeux une union entre socialistes, centristes et écologistes. Et force est de constater que le résultat angevin, qui place Ségolène Royal en tête avec plus de 52 % des voix, apporte de l'eau à son moulin. « Manifestement, les électeurs qui ont voté Bayrou au premier tour ont reporté leurs voix à gauche au second tour », constate le maire juste après l'annonce des résultats à l'hôtel de ville.
Sur le papier, une voie « royale » s'ouvre donc pour la social-démocratie angevine qui est censée défendre la modération, le compromis politique et la concertation. Pour autant, Laurent Gérault, leader de l'opposition angevine et représentant de l'UDF dans le département, ne tire pas de plan sur la comète et ne veut surtout pas qu'on lui parle d'alliance ! « On travaille sur un projet pour Angers. C'est vrai que je distingue clairement qu'il y a trois pôles : UMP, PS et centre. Que va-t-il se passer ensuite · Cette question n'a pas lieu d'être pour le moment. »
Pour lui, c'est davantage une question de génération que de partis. « On voit clairement émerger un peu partout une nouvelle génération de candidats, c'est un point majeur pour les échéances électorales à venir. Ma conviction, c'est qu'il existe dans l'électorat bayrouiste, une part de culture centre-droit, et une part de social-démocratie. Il est donc normal que j'exprime ce que je crois être juste pour Angers. »
Et Christophe Béchu dans tout ça ? Est-il inquiet en voyant le joli score de Royal à Angers, lui à qui l'on prête l'intention d'en briguer la mairie ? Eh bien, non ! Le président du conseil général affirme qu'il n'est pas spécialement surpris. Au contraire. « J'observe qu'il y a eu un vote encore plus fort pour Ségolène Royal dans la plupart des grandes villes de l'Ouest, tandis qu'à Angers, l'écart reste faible. C'est plutôt rassurant. »
Mais lui aussi n'a pas l'intention de faire l'analogie avec les municipales. « En 1995, Chirac avait été élu à Angers, mais un mois plus tard, les Angevins avaient choisi un candidat d'une tendance différente. Vous savez, il y a onze mois entre ces deux élections, c'est long. »
Et lui, sera-t-il candidat ? Roulement de tambour... « Ma décision est prise, rappelle-t-il, et vous en serez informés le moment venu. Chaque chose en son temps. » En politique, rien ne sert de courir, il faut partir à point.
Arnaud WAJDZIK.
Ouest-France
par article du quotidien ouest france
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politique
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