Vendredi 16 novembre 2007
Pays de la Loire
mercredi 14 novembre 2007
Les petits actionnaires ont choisi le solaire
Lors de la mise en place des capteurs photovoltaïques de la société coopérative d'intérêt collectif « Énergies partagées », sur le toit du centre social de Chemillé. Depuis la mi-septembre, l'installation produit de l'électricité, rachetée par EDF.
À Chemillé, une centaine d'actionnaires ont investi 100 chacun dans le toit du centre social. Équipé de panneaux photovoltaïques, celui-ci produit désormais de l'électricité revendue à EDF.
Malgré tous les beaux discours, le développement des énergies renouvelables reste un sport de riches. « Il faut compter 20 000 pour une installation photovoltaïque individuelle. Et encore faut-il être propriétaire de sa maison et que celle-ci se prête à l'installation de panneaux solaires », explique Élisabeth Batardière. Choquant pour ces habitants de Chemillé (Maine-et-Loire) qui, autour du centre social, ont cherché le moyen de mettre l'engagement citoyen en faveur de l'environnement et à la portée de toutes les bourses.
Ils ont trouvé : la Scic « Énergies partagées » est née ainsi. La Scic comme Société coopérative d'intérêt collectif, label décerné au compte-gouttes (une soixantaine en France) à des sociétés anonymes ayant une activité socialement utile. Ce statut original permet de mêler 20 % de capitaux publics à des fonds privés, et à des fonds privés d'investir sur un bâtiment public. Depuis septembre, « Énergies partagées » produit ainsi de l'électricité solaire avec des panneaux photovoltaïques installés sur le toit du centre social, propriété de la communauté de communes de la région de Chemillé.
De 20 à 90 ans
« Énergies partagées » mélange donc les actionnaires : « Sur 94 associés, on compte dix communes, une communauté de communes, trois associations locales, une entreprise spécialisée dans les énergies renouvelables. Tous les autres, ce sont des particuliers, de 20 à 90 ans, de toutes les catégories socioprofessionnelles. La part dans la société est de 100 . Certains en ont une seule, d'autres 20. Mais ce ne sont pas ceux qui ont le plus de capital qui ont le pouvoir : on fonctionne sur le principe un homme-une voix », explique Élisabeth Batardière, seule salariée (une heure par mois !) de la SCIC.
Avec 63 mètres carrés de panneaux solaires (investissement : 63 000 ), « Énergies partagées » compte produire 9 000 kWh, revendus 0,55 à EDF. Soit un chiffre d'affaires de 4 950 par an. 52,5 % des bénéfices serviront à améliorer le fonctionnement de la structure ou seront réinvestis dans des projets du même type. Avec le reste, les actionnaires ont décidé de s'accorder une rémunération plafonnée à 0,5 % au-dessus du taux du livret A. Pas vraiment rentable. Tel n'est pas le but : « En assemblée générale, les associés ont bien dit qu'ils n'étaient pas là pour gagner de l'argent, mais pour faire avancer les idées de développement durable, concrètement et près de chez eux. »
La proximité, c'est une idée centrale d'« Énergies partagées ». Tous les associés habitent la communauté de communes de Chemillé ou l'une des communes limitrophes. C'est aussi sur ce territoire limité que la Scic met en place sa deuxième activité : le groupement d'acheteurs « Soleil à domicile », l'une des treize structures subventionnées par la Région pour favoriser les installations solaires individuelles, en lien avec des installateurs locaux. Du local avant tout, mais avec un véritable souci d'ouverture : « On travaille à un dossier qu'on mettra sur notre site internet pour que notre expérience puisse facilement être reproduite ailleurs. On a déjà pas mal de contacts, dans la région et au-delà, jusqu'en Alsace. »
Thierry MALLEVAËS.
Plus d'infos sur le site internet www.energiespartagees.org ou au 02 41 30 50 55. Présentation de la société coopérative d'intérêt collectif samedi 17 novembre, à 15 h 30, au forum des Énergies renouvelables organisé à La Tourlandry (Maine-et-Loir