samedi 08 décembre 2007
Pour moins polluer, l'agglomération a son plan
Que peut faire Angers Loire métropole pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre ? Au prochain conseil, les élus devraient adopter « un bilan carbone », première étape vers une série d'actions concrètes.
A quoi aura servi le Grenelle de l'environnement ? A une prise de conscience que chacun pouvait agir contre la pollution atmosphérique. La délibération qui passera au prochain conseil d'agglomération (jeudi 13 décembre) est très attendue. Il s'agira de lancer un « bilan carbone » dans les communes d'Angers Loire métropole.
Développé par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), il permettra d'identifier les principales sources de pollution sur le territoire métropolitain. Il est prouvé que les collectivités territoriales sont directement responsables de 12 % des émissions de gaz à effet de serre et peuvent agir sur plus de 50 %, en tant que donneurs d'ordres publics.
Développer le co-voiturage
Contacté à ce sujet, l'élu (Verts) Gilles Mahé se dit satisfait de cette initiative : « Ce diagnostic est une première étape qui permettra d'élaborer un « plan climat » visant à intervenir sur les principaux postes d'émissions de gaz à effet de serre (1). » Un plan qui, sauf décision contraire due à un changement d'équipe communautaire, pourrait être engagé « dès le mois de novembre 200 8 ».
A quoi sert un « plan climat » ? Il faut prendre exemple sur la métropole de Nantes. Elle s'est engagée à respecter le protocole de Kyoto (2). Son objectif est de diviser par deux ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2025. A Nantes, 80 % des émissions de l'agglomération sont liées au transport et à l'habitat. Quid dans la métropole angevine ? Le « bilan carbone » donnera des indications...
Finie la clim'
Grâce à cet outil, l'agglo pourra prendre des mesures concrètes. Il faudra qu'elle parvienne à un équilibre entre la part de la voiture et celle des autres modes de déplacement (comme le tramway), mais aussi qu'elle réduise la part de l'auto dans les déplacements urbains, « en développant par exemple le co-voiturage », précise Gilles Mahé. Autre contrainte : faire baisser la circulation des camions en ville. Or, et c'est un vrai souci, les poids lourds transportant des matières dangereuses continueront de passer par les voies sur berge, puisqu'ils n'auront pas le droit d'utiliser la tranchée couverte d'Avrillé (1 700 m) du contournement autoroutier. Que fera-t-on alors ?
Ce n'est pas tout. Il faudra encore agir sur le logement, en développant par exemple les panneaux solaires pour produire de l'eau chaude. Il y a déjà des actions engagées en ce sens à la Roseraie. Le président de l'agglo, Jean-Claude Antonini, répète qu'il est soucieux d'intégrer, dans la construction des logements neufs, la norme Haute qualité environnementale (HQE), plus économe en énergie. Un autre levier qu'il est possible d'actionner : trouver une alternative à la clim' dans les bureaux neufs !
Reconstruire la ville sur elle-même
Déjà, l'agglo s'est engagée à lutter contre l'étalement urbain (3) en reconstruisant la ville sur elle-même (opérations de renouvellement urbain) et en adoptant un plan local de l'habitat avec pour principe de ne pas gaspiller le terrain. Mais pour que chacun prenne cette question primordiale à bras-le-corps, la collectivité devra aussi agir sur le porte-monnaie. A l'image de Nantes métropole, qui va donner un coup de pouce financier à des actions non polluantes.
Arnaud WAJDZIK.
(1) Processus naturel de réchauffement de l'atmosphère.
(2) Le protocole de Kyoto propose un calendrier de réduction des émissions des gaz à effet de serre, considérés comme la cause principale du réchauffement climatique des cinquante dernières années.
(3) En « artificialisant » les sols (routes, habitations individuelles...), les espaces agricoles, forestiers ou naturels disparaissent, avec leur faune et leur flore.
Ouest-France