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L'équipe de Cap 21 Pays de la Loire, vous souhaite la bienvenue sur son blog. Lancé en décembre 2004, ce blog est au service de ceux qui recherchent des articles d'information sur les sujets abordant les enjeux de santé-environnement, protection de la nature, qualité de la vie, transport, urbanisme, vie politique de la région, etc, dans une posture d'ouverture du local à l' international. Sur un même sujet, vous pouvez trouver des avis divergents, c'est fait exprès, - la source est toujours indiquée en bas de l'article -. Outre ces informations, vous trouvez nos opinions à travers nos interventions, communiqués et aussi sur le mot du jour "Contre-pente". Depuis le 11 mars 2007, à l'occasion des élections présidentielles, CAP 21 rallié résolument François Bayrou. Son score en Anjou a été magnifique (+ 23 %). Le futur MoDem, qui sera officiellement et statutaire les 1er ou 2 décembre, rassemble des hommes et des femmes venus de l'UDF, de CAP 21 et beaucoup de nouveaux militants en politique. Les 535 candidats aux législatives ont permis de confirmer l'émergence de ce nouveau parti, différent, rassembleur, troisième force politique, qui a montré sa force aux législatives, qui doit concrétiser aux prochines élections, cantonales et municipales.

Bernadette Caillard-Humeau, Conseillère municipale d'Angers, Déléguée d'Angers Loire Métropole

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Samedi 20 août 2005
François Léotard, rescapé du pouvoir, par Raphaëlle Bacqué LE MONDE | 19.09.05 | 13h35  •  Mis à jour le 19.09.05 | 13h35 En cas d'actualité chaude, recevez nos alertes par e-mail. Abonnez-vous au Monde.fr : 6€ par mois + 30 jours offerts Ce jour-là de l'hiver 2001, il est parti à l'Elysée voir son vieil adversaire. Il se souvient de la scène dans les moindres détails. Il se voit dire à Jacques Chirac ces mots qui sidérèrent le président : "Je veux arrêter la politique. J'en ai fait le tour." Il se souvient de l'incrédulité du chef de l'Etat : "Tu veux rire !" Bibliographie 1942 Naissance à Cannes. 1978 Elu pour la première fois député UDF-PR, dans la deuxième circonscription du Var. 1993-1995 Ministre de la défense. 2001 Quitte la vie politique. 2005 Publie un roman, La Vie mélancolique des méduses (Grasset). [-] fermer Peut-être est-il encore un peu humilié de ce qui suivit. Chirac sortit de son bureau. Revint cinq minutes plus tard avec une de ces propositions qui vous nourrissent autant qu'elles vous musellent. "L'inspection générale des finances, ça t'intéresse ?" François Léotard ne refusa pas d'être intégré, au tour extérieur, dans le plus prestigieux des corps de la haute administration. Il allait bientôt avoir 60 ans. Le salaire tournait autour des 9 000 euros par mois. Il bénéficierait de la retraite des inspecteurs. "Après tout , dit-il aujourd'hui avec un reste d'arrogance, j'y avais droit. J'ai fait l'ENA." A peine était-il sorti du bureau présidentiel qu'il comprit cependant que la machine RPR s'était mise en place pour reprendre sa circonscription du Var. La politique se passerait de lui sans difficulté après l'avoir distingué, quelque dix ans plus tôt, dans le petit cercle étroit des présidentiables. Aujourd'hui, il parle sans fard de ce monde qui l'a si vite oublié. Il ne revoit pratiquement personne de cette époque. Parfois, un coup de fil à François Bayrou, président de l'UDF, pour s'agacer avec lui des méthodes musclées de l'UMP et de l'indigence du débat public. Il jette à peine un œil sur les pages politiques dans les journaux. Il y a quelques mois, il a écrit au ministre de la culture, Renaud Donnedieu de Vabres, celui-là même qui avait été son ancien collaborateur du temps où les médias parlaient de "la bande à Léo". La direction de la Villa Médicis, à Rome, était libre. Lui qui s'est toujours piqué d'aimer la littérature et les arts pensait pouvoir prétendre animer ce petit bout de France en Italie qui accueille chaque année des écrivains et des artistes venus y travailler. "Ils ne m'ont même pas répondu" , lâche-t-il. Avant d'ajouter : "Evidemment, je ne leur sers plus à rien." François Léotard s'est mis à publier des romans. Dans le dernier, La Vie mélancolique des méduses (Grasset), le héros est un tueur à la solde de l'Etat français. Mais il refuse d'écrire sur ses anciens congénères. Il entretient encore trop, sans doute, un rapport amour/haine avec la politique. Ce qu'il a aimé de cette vie-là ? "La violence" , dit-il sans hésiter. Ce qu'il méprise aujourd'hui ? Que les autres n'aient pas pris comme lui cette violence au sérieux. "Tous ces compromis, ces bagarres pour rien." A l'écouter, on comprend d'ailleurs combien il a été un pied tendre face aux grands fauves du pouvoir. "Je me souviens d'avoir dit un jour à Giscar d : 'Je ne sais pas vraiment si je souhaite devenir président. C'est une fonction tellement écrasante...' Il m'a regardé d'un air éberlué." Il pourrait en rire. Mais même avec le recul, il a tendance à trouver ce cynisme tragique. Cela l'a en tout cas maintes fois désarçonné. L'aplomb de Chirac, surtout. Il se revoit alors, en 1987, ministre de la culture dans son gouvernement. Jeune et un brin arrogant. "Les relations entre l'UDF et le RPR étaient exécrables et j'avais critiqué  'les moines soldats du RPR'. Chirac me convoque aussitôt à Matignon." Il imite légèrement Chirac : "Ecoute, ne t'inquiète pas mais on va faire un communiqué réclamant que tu te taises ou que tu quittes le gouvernement." Je réponds : "Si tu fais ça, c'est une crise gouvernementale et nous sommes neuf ministres à démissionner." Le communiqué sort tout de même. Léotard réplique publiquement : "Non seulement je continuerai à parler, mais je resterai au gouvernement." "Eh bien, Chirac m'a téléphoné aussitôt en me félicitant : 'Bravo, tu as raison'" . Il soupire : "Quel jeu de con..." Il a pourtant été dans cette autre vie, "Léo", "le Kennedy français", "l'espoir de la droite". Puis, la génération d'avant s'est rebellée. Les vieux Giscard et Chirac "ont fait la peau" de ceux qui croyaient leur succéder. Et il y a eu les affaires de financements occultes de parti, dans lesquelles la plupart de ses amis et lui-même ont été engloutis. Le marathonien Léotard a fini par faire un infarctus et a subi un triple pontage. "Quand je vois que Chirac, qui, avec dix ans de plus que moi, a seulement eu un pépin de santé maintenant... Cette vie-là est tellement stressante. Je vois bien, maintenant, que je n'aurais pas pu..." Rescapé du pouvoir, il l'est donc bien au sens littéral du terme. "Rescapé des officines Pasqua et Marchiani, surtout" , lâche-t-il aussi, lui qui soupçonne l'ancien ministre de l'intérieur et l'ancien préfet du Var d'avoir téléguidé un livre dans lequel deux journalistes l'accusaient d'avoir commandité l'assassinat de la députée Yann Piat. Evidemment, il ne peut s'empêcher de faire la comparaison avec la vie de son frère, Philippe Léotard, le comédien. Pendant toutes ces années où il a été élu, il a entendu mille fois : "Vous, on ne vous aime pas trop, mais lui..." Puis, il l'a vu sombrer dans l'alcool et la drogue. "C'était vraiment difficile de l'aider , raconte-t-il aujourd'hui. Mais c'est tout de même lui qui avait raison. Le pouvoir ne vaut pas la liberté." Et c'est quelques mois après la mort de Philippe que François a quitté la scène politique. Il est donc libre. Plus de costume-cravate. Il a fait les boutiques. Il arbore une chemise souple, à carreaux. S'est acheté un petit pied-à-terre au cœur de Paris, mais il vit la plupart du temps à Fréjus. Sa ville. Celle dont il fut l'élu mais dont il fuit aujourd'hui toutes les manifestations officielles. Il écrit ses romans à la main. Est-il heureux ? "Oui" , dit-il pour ajouter aussitôt "dans la mesure où j'ai 63 ans et que je vieillis" . Il y a quelques jours, il a scié la balançoire sur laquelle son fils avait tant joué dans son enfance. "Je lui avais demandé la permission de le faire. Et pourtant, pendant que je sciais, je pe nsais : 'Je suis un salaud. Il a 12 ans, il est en train de chasser le mâle dominant que j'étais seul à incarner jusqu'ici et cela m'emmerde'." Il regarde désormais le pouvoir de loin. Avec la crainte sourde, toutefois, "que l'on m'appelle un matin pour me proposer un dernier hochet. Et que toute cette histoire se termine très banalement par une légion d'honneur" . Raphaëlle Bacqué Article paru dans l'édition du 20.09.05
par Le Monde publié dans : portraits
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