Il n'y aura pas d'incinérateur en Vendée ! La commission consultative propose d'intensifier le tri et le compostage ! Pas d'incinérateur en Vendée, appel au civisme des Vendéens pour mieux trier leurs déchets, priorité absolue au compostage, enfouissement limité. Voilà les grandes lignes préconisées par la commission consultative pour réformer le plan départemental d'éliminations des déchets. Cet avis devra être confirmé par le conseil général mi-février. Dans un récent sondage, commandé par le conseil général, 95 % des Vendéens interrogés se disaient prêts à faire des efforts personnels pour éviter le recours à un incinérateur. Et bien la commission consultative, chargée de trancher sur la manière de réviser le plan d'élimination des déchets, les prend au mot. Elle retient le scénario 4 qui fait la part belle au tri, au recyclage et au compostage. Selon la commission, exit à jamais le projet d'un incinérateur qui a donné des sueurs froides aux Vendéens depuis trois ans. « On n'a pas retenu cette solution, non pas pour des raisons technologiques, mais parce qu'il n'y avait pas acceptation des Vendéens. Pouvait-on faire comme si Grosbreuil n'avait pas existé ? », explique Bruno Retailleau, vice-président du conseil général. La mobilisation citoyenne aurait-elle fait trembler le conseil général ? Le peuple a dit « non » à l'incinérateur, ses élus ont suivi... « Et tous les déchets vendéens seront traités en Vendée. » Pas d'export vers des incinérateurs voisins. Exit aussi les grands centres d'enfouissement de 100 hectares du type de Grand'Landes. Les élus ont retenu la leçon des dérives du passé. Le scénario préconisé par la commission préfère donc « six CET de seulement 20 hectares maximum pour 25 ans ». Chacun pouvant accueillir 20 000 tonnes de déchets inertes. La philosophie générale du plan retenu repose donc sur le tri et le compostage. Avec des composteurs individuels (6 000 sont déjà distribués, plus 3 000 d'ici fin 2005), vingt plate-formes de compostage collectif (capacité chacune entre 50 et 100 tonnes) et sept centres de tri mécano-biologiques pour faire du compost. « Chaque centre recevra 26 500 tonnes de déchets et il en ressortira 50 000 tonnes de compost », détaille Bruno Retailleau. Un compost qui sera disponible gratuitement pour l'épandage agricole. « Tous ces équipements seront sous maîtrise d'ouvrage publique. Trivalis en sera l'exécutif », assure Bruno Retailleau. Toute la réussite de ce scénario repose sur un point : l'intensification du tri. C'est un pari osé sur la bonne volonté des Vendéens. « C'est le scénario de l'effort, prévient Simon Gerzeau, président de la commission. Il s'appuie sur le civisme écologique des Vendéens. » Bruno Retailleau est catégorique : « On va leur demander beaucoup. Il faudra changer d'attitude, changer de culture, optimiser le recyclage. » L'objectif est clairement de limiter le volume des ordures ménagères, et donc à traiter. Aujourd'hui, 360 000 tonnes de déchets sont produites (estimation à 410 000 tonnes fin 2005). La commission souhaite donc fortement inciter à la réduction des déchets à la source, dans chaque foyer, mais aussi auprès des industriels, de la grande distribution. « Nous passerons des accords avec eux », indique Bruno Retailleau. Il faudra aussi imaginer un plan de bataille pour sensibiliser les touristes. Un gros travail d'information en perspective. Scénario « le plus écologique » Pour la commission, le scénario retenu présente des avantages décisifs, qui ont fait la différence sur les autres solutions possibles : « C'est le plus écologique, le plus protecteur en matière d'environnement, avec l'impact le plus faible sur l'effet de serre, les risques les plus faibles en matière de toxicité, le moins dangereux pour la santé humaine. » Autre atout de poids, « c'est le moins cher : 104 par tonne ». Désormais, en rendant cet avis, la commission a terminé son travail. Elle passe le relais aux conseillers généraux, qui devront valider ou non cet avis, mi-février. Suivront, en mars, l'élaboration en détail du plan départemental, puis d'avril à mai, l'enquête administrative (avis des administrations d'État et collectivités voisines de la Vendée), d'août à septembre, l'enquête publique, et enfin en octobre l'approbation du plan définitif par le conseil général. Christophe JAUNET.