Bienvenue

Le 18 octobre, une journée record : 2489 pages vues. Prévision du mois : 22225 pages vues et 5089 visiteurs. Merci de votre intérêt.

L'équipe de Cap 21 Pays de la Loire, vous souhaite la bienvenue sur son blog. Lancé en décembre 2004, ce blog est au service de ceux qui recherchent des articles d'information sur les sujets abordant les enjeux de santé-environnement, protection de la nature, qualité de la vie, transport, urbanisme, vie politique de la région, etc, dans une posture d'ouverture du local à l' international. Sur un même sujet, vous pouvez trouver des avis divergents, c'est fait exprès, - la source est toujours indiquée en bas de l'article -. Outre ces informations, vous trouvez nos opinions à travers nos interventions, communiqués et aussi sur le mot du jour "Contre-pente". Depuis le 11 mars 2007, à l'occasion des élections présidentielles, CAP 21 a rallié résolument François Bayrou. Son score en Anjou a été magnifique (+ 23 %). Le MoDem, rassemble des hommes et des femmes venus de l'UDF, de CAP 21 et beaucoup de nouveaux militants en politique. Les 535 candidats aux législatives ont permis de confirmer l'émergence de ce nouveau parti, différent, rassembleur, troisième force politique, qui a montré sa force aux législatives, et qui a été très présent aux dernières élections, cantonales et municipales. A l'occasion des municipales 2008, nous avons ainsi choisi le projet de Jean-Claude ANTONINI, qui donne toute sa place au développement durable. Nous avons aujourd'hui 7 élus Modem/Cap 21 pour mettre en oeuvre ce projet, au service des Angevins et de leur territoire.

Bernadette Caillard-Humeau, 1ère adjointe au maire d'Angers à la voirie et aux déplacements, Vice présidente aux transports, déplacements et mobilités d'Angers Loire Métropole.

Recommander

Publicité

biodiversité, produits bio, agriculture, alimentat

Dimanche 16 janvier 2005
Produits bio, la consommation augmente et pourtant la production française est en péril     [ 02/12/2004 13:56 ] Selon une enquête CSA effectuée pour l'Agence Bio publiée aujourd'hui, 44% des français en ont consommé régulièrement cette année contre 37% en 2003, pourtant comme le souligne la FNAB la production française stagne et le nombre de conversions engagées en 2004 est en baisse très sensible.    Avec un nombre de consommateurs en hausse, fidélisés et prêts à augmenter leurs achats, la bio est l’un des seuls secteurs alimentaires qui progresse en France. souligne la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique des régions de France (FNAB ) qui " accueille avec plaisir "  les résultats du deuxième baromètre des consommations de produits biologiques, publiés aujourd’hui par l’Agence bio.Il ressort de ce Baromètre que : 44% des Français ont consommé au moins un produit bio en 2004, contre 37% en 2003.42% des Français ont acheté des aliments biologiques au cours des 4 dernières semaines, contre 33% l’an passé (à la même période).- les produits bio phares sont les fruits et légumes, les œufs et le pain, suivis des produits laitiers et des volailles : généralement, 40% des consommateurs de ces produits sont fidèles, environ 1/4 des consommateurs de ces produits sont nouveaux.- parmi les consommateurs bio, plus d’1/3 sont fidèles à au moins une famille de produits bio (hors épicerie et vin) en 2004, alors qu’ils n’étaient qu’1/4 en 2003.- et, toujours, 84% des Français qui ont une image positive des produits biologiques.Pourtant si les chiffres publiés peuvent paraître encourageant  la FNAB  regrette que cette hausse de la consommation profitera avant tout aux productions venant du reste de l’Europe ou du monde. " Avec des conversions quasiment nulles en 2003, et seulement 700 pour 2004, la France n’est pas prête de rattraper son retard sur le reste de l’Union Européenne. Un manque de volonté politique et de vision à long terme, le refus du secteur de la production conventionnelle de voir en la bio autre chose qu’une niche, avec un lobby dont on connaît l’efficacité pour détourner les aides environnementales vers à notre détriment, les difficultés rencontrées pour structurer les filières et massifier l’offre, l’image de la bio que beaucoup aimeraient réserver aux consommateurs les plus aisés, le refus de considérer la bio comme un véritable mode de développement agricole, sont parmi les facteurs expliquant la situation paradoxale de la France. " explique la FNAB qui  " s’engage à convaincre rapidement Dominique Bussereau de l’urgence qu’il y a à développer la production biologique en France et à privilégier et soutenir l’excellence environnementale comme le souhaite la majorité de nos concitoyens."AM / CyberagriL'Agence Bio est un groupement d'intérêt public dont la mission est d'oeuvrer pour le développement et la promotion de l'agriculture biologique française.
Par Ouest France
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 28 février 2005
La filière bio en bonne voie L'exploitation Tritsch à Sausheim : une reconversion réussie dans les oeufs bio.(Photo DNA) La filière agricole bio poursuit sa progression en Alsace. Désormais, 244 exploitations agricoles en ont adopté les principes de culture. En 2004, 14 exploitations agricoles supplémentaires sont passées au bio en Alsace (+6 % par rapport à 2003), la plupart d'entre elles dans la viticulture. En terme de surface, l'extension a été plus modeste (+2 %). Cette année, une vingtaine de domaines viticoles devraient se reconvertir dans le bio, outre quelques exploitations en polyculture. Fin 2006, les surfaces totales bio en Alsace devraient représenter 5 % des terres cultivées. On estime entre 20 et 25 le nombre de fermes traditionnelles qui se reconvertissent dans le bio chaque année. L'OPABA, organisation professionnelle de l'agriculture biologique en Alsace, présidée par Dany Schmidt, encourage ces démarches. La demande des consommateurs est également soutenue pour les oeufs bio. Les éleveurs peinent à répondre à la demande. A Sausheim, Frédéric Tritsch, qui a repris l'exploitation familiale, s'est lui aussi reconverti dans le bio en 2004. Ses 1 800 poules produisent 1 600 à 1 700 oeufs par jour en période optimale. L'ensemble est commercialisé en grande distribution par un intermédiaire. « Cette filière ne demande qu'à accueillir de nouveaux producteurs, tant la demande reste insatisfaite », estiment les responsables de l'OPABA. Les céréales produites par l'exploitation constituent une alimentation idéale pour les volailles. La filière porc ne parvient pas non plus à assurer l'approvisionnement souhaité. Un atelier de naissage de porcelets bio en projet permettra sans doute de fournir correctement les éleveurs-engraisseurs. D'une manière générale, l'attente des consommateurs en viande bio est plus élevée que le niveau de production actuel.Pénurie de produits bio Dans l'est de la France, les consommateurs se déclarent nettement plus favorable au bio, en terme d'intentions ou d'habitudes d'achat, que dans d'autres régions (*). Les fruits et légumes bio connaissent une progression de leurs ventes en grandes surfaces. La gamme proposée est désormais plus large, la demande encourageante de la part de nouvelles enseignes. « Des efforts techniques en matière de qualité, de maîtrise des coûts de production et de traçabilité sont indispensables », considère-t-on au sein de l'OPABA.Objectif: 10% des ventes Les producteurs adhérents d'Alsace Bio, qui ont commencé à être référencés à l'automne 2003 par une grande enseigne régionale, ont ensuite été proposés à la clientèle par d'autres groupes de distribution. Les légumes, conditionnés au départ uniquement en barquettes sous cellophane, ont ensuite été accessibles sous forme de bottes (carottes et betteraves). Le démarrage, difficile en 2003 en raison de la sécheresse, a été corrigé par l'année 2004, au cours de laquelle la palette de produits s'est enrichie de barquettes de pot au feu. « Notre objectif, souligne Maurice Meyer, d'Alsace Bio, consiste à ce que l'offre puisse être accessible régulièrement aux consommateurs dans les rayons. Si nous représentions 10% des ventes, cela serait satisfaisant ». Alsace Bio, qui réfléchit également aux problèmes de conditionnement, a mis au point des emballages papier qui marchent bien et assurent une bonne conservation aux légumes et aux pommes de terre (vendues brossées et non lavées). La pomme bio, dont la production était jusqu'à présent marginale, s'élève à une centaine de tonnes et va augmenter rapidement grâce aux reconversions. Elle pourrait atteindre les 500 tonnes.Laurence Rey (*) Enquête CSA de novembre 2004 réalisée auprès d'un échantillon de 1 000 personnes de plus de 15 ans
Par Laurence Rey
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 1 mars 2005
ARTICLE LA CROIX A l’occasion du Salon de l’Agriculture, enquête sur la préservation de la variété génétique des produits agricoles. La France s’en préoccupe, depuis plus de trente ans, avec des résultats encourageantsBonjour veau, vache, cochon, couvée… C’est ainsi que, prenant le contre-pied de la pauvre Perrette de La Fontaine, on pourrait saluer aujourd’hui la richesse et la diversité des races animales domestiques françaises. Cet état de fait a bien failli ne jamais être, tant dans les années 1950-1960, influencées par le plan Marshall, les autorités agricoles et politiques de notre beau pays ne juraient que par la modernisation des exploitations agricoles. Ce qui, dans l’esprit de l’époque, passait par l’intensification, le remembrement et l’arrachage de haies, l’augmentation de la productivité et donc l’abandon de l’élevage d’un grand nombre de races de bovins, équins, porcins, ovins, caprins, volailles et lapins, au motif qu’elles n’étaient pas assez productives et rentables. Selon un inspecteur général de l’agriculture de l’époque, Edmond Quittet, il suffisait d’une ou deux races de bovins laitiers et deux ou trois races de bovins à viande pour que l’élevage français soit florissant et puisse nourrir la France ! Heureusement, dès 1971, la Société d’ethnozootechnie prend conscience de l’appauvrissement, de l’érosion génétique, et lance un «mouvement d’opinion en faveur des races menacées par la sensibilisation de chercheurs, enseignants, cadres de l’administration et de la profession agricole au niveau national, ainsi que des gestionnaires des parcs naturels régionaux et nationaux», rapporte Annick Audiot, ingénieur à l’Institut national de recherche agronomique (Inra) de Toulouse (1). L’hémorragie de la biodiversité semble donc stoppéeIdem côté végétal. Par exemple, Jean Fleckinger, agronome à l’Inra de Versailles, prospecte la France pour inventorier et constituer la collection de 350 variétés de pommiers à cidre aujourd’hui transférée à Angers. Une «diversité variétale exceptionnelle, inexistante dans les autres espèces fruitières cultivées de notre pays» et qui, plus tard, servit bien naturellement à la création de variétés par hybridation contrôlée. Parallèlement se sont créées de nombreuses associations comme les Croqueurs de pommes, qui gèrent des vergers-conservatoires avec peut-être moins de scientificité, mais restent détentrices de variétés ou de gènes originaux. Globalement, toutefois, en 1990, l’Inra détenait 50% de la variabilité des plantes cultivées. La majorité de ces plantes bénéficiant d’un certificat d’obtention végétale (COV). Et elles sont accessibles à tout semencier ou agriculteur-multiplicateur, moyennant une redevance et améliorables. Aujourd’hui, en France, l’hémorragie de la biodiversité semble donc stoppée. Les chercheurs de l’Inra, souvent associés au Bureau des ressources génétiques et au Groupe d’étude et de contrôle des variétés et des semences (Gévès), peuvent présenter un bilan positif de la conservation des races et espèces locales. Sous forme de plantes et d’animaux vivants (conservation dite «in situ») ou sous forme de collections de graines, de cellules reproductrices, d’embryons et de gènes végétaux insérés dans des bactéries (conservation «ex situ»).Dix mille espèces de bléAinsi, près de 10 000 espèces de blé, 6 300 d’orge et 800 d’avoine, sous forme de graines, regroupées au Centre de ressources biologiques (CRB) des céréales à paille créé à Clermont-Ferrand ; 1 000 variétés de tomates, dont un grand nombre de variétés traditionnelles françaises (marmande, saint-pierre, plate de Châteaurenard), à Avignon ; 2 300 cépages (sur les 6 000 recensés dans le monde) de vigne cultivée, dont les raisins de table (chasselas, muscat) et de cuve (merlot, chardonnay, sauvignon), près de Montpellier ; 25 000 gènes de plantes cultivées (piment et arabette des dames, la plante modèle des généticiens, auxquels s’ajouteront blé, colza, maïs, tournesol, pois, riz, melon, radis), au nouveau Centre national de ressources génomiques végétales, à Toulouse : cet ensemble constitue l’essentiel du trésor végétal de l’Inra. Issue des progrès de la biologie moléculaire, la forme de conservation mise en œuvre à Toulouse est une collection de gènes ou de fragments de génomes insérés dans des bactéries du type colibacille et congelés à – 80 °C. Le règne animal n’a rien à envier au végétal. Dès les années 1970, dans l’urgence, Laurent Avon, ingénieur à l’Institut de l’élevage, a fait congeler puis stocker du sperme de taureaux dans les coopératives d’insémination artificielle réparties dans toutes les régions d’élevage. Aujourd’hui, la Cryobanque nationale abrite sperme, ovules et embryons de 12 races bovines, 22 races ovines, six races caprines, 10 races de chevaux et d’ânes, cinq races porcines, quatre races avicoles et une race cunicole (lapin). Outre la préservation de la diversité génétique de ces espèces, l’objectif éventuel de cette conservation «ex situ» est aussi de reconstituer des populations. L’autre mode de préservation de la biodiversité est de maintenir l’élevage des espèces dans leur écosystème («in situ») en essayant de trouver un marché pour valoriser ses produits. Plusieurs expériences menées par l’Inra et les instituts techniques ont d’ailleurs heureusement abouti. Ainsi en est-il de la géline de Touraine ou «dame noire», reine des basses-cours dans les années 1920 qui, moins productive que les nouvelles souches commerciales, porteuse de maladie, objet de trop de croisements consanguins, et victime de la désorganisation des éleveurs et de l’absence de débouchés, aurait disparu dans les années 1980 si une poignée d’éleveurs n’était venue à son secours. Avec le soutien du Bureau des ressources génétiques (BRG), elle reçut le Label rouge en 2001 et devrait accéder sous peu à une AOC. Le porc créole, le «cochon-planche» de Guadeloupe«Aujourd’hui, 11 éleveurs tourangeaux produisent 25 000 volailles par an qui alimentent les restaurateurs locaux et certains marchés parisiens», explique Joël Besnard, de l’Inra. Ce succès a incité d’autres associations à se lancer dans la même aventure. D’autres relances ont rencontré le succès, comme le fromage de Munster produit par les vaches vosgiennes élevées par les fermes-auberges du massif des Vosges, ou le porc basque à cul noir, élevé en plein air intégral dans la vallée des Aldudes (Pyrénées-Atlantiques) et valorisé par une filière artisanale de salaisonnerie. Beaucoup reste à faire, faute de connaissance des aptitudes générales des races. C’est ainsi qu’au sein de programmes européens, l’Inra s’intéresse maintenant à la biodiversité des porcs et lapins. Parmi les 150 races patrimoniales européennes, les chercheurs ont inventorié, évalué et caractérisé la diversité de 10 races dont l’argenté de Champagne, le blanc de Vienne ou le fauve de Bourgogne. La carte génétique du lapin est en cours d’étude. Côté porc, les chercheurs analysent la diversité de 60 populations porcines européennes, dont les races locales comme la gasconne ou la limousine. Ces études ont d’ores et déjà permis de mettre en valeur le porc créole, le «cochon-planche» de Guadeloupe, et d’alerter sur le risque d’extinction du porc basque. À l’aube du IIIe millénaire, le bilan de l’évaluation de la biodiversité en France est donc mitigé. Beaucoup reste à faire pour maintenir en vie des races, des produits du terroir. Mais aussi des paysages, et donc des hommes. Denis SERGENT(1) Lire Races d’hier pour l’élevage de demain, d’Annick Audiot, et Les Vaches de la République, de Bertrand Vissac (Inra Éd., 1995 et 2002).***Organismes se chargeant de biodiversité domestique Le bureau des ressources génétiquesTél. : 01.44.08.72.61 www.brg.prd.frFerme (Fédération pour promouvoir l’élevage des races domestiques menacées) Tél. : 04.77.76.10.39 www.chez.com/fermLe conservatoire des races animales en Pays de la LoireTél. : 02.40.45.36.06 www.vet-nantes.fr/ENVN/crapalSemences paysannesTél. : 05.63.41.72.86 semencepaysanne@wanadoo.frFruits oubliésTél. : 04.66.85.33.37 www.fruitsoublies.org
Par ARTICLE JOURNAL LA CROIX
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 14 mars 2005
SÉCURITÉ ALIMENTAIRE Polémique sur l'irradiation des aliments Caroline de Malet [12 mars 2005] Savez-vous que les cuisses de grenouille, les herbes aromatiques, les abats de volaille ou les crevettes qui se trouvent dans votre assiette ont de fortes chances d'avoir été irradiés ? Méconnue des consommateurs, l'irradiation ou ionisation des aliments est un procédé de conservation des aliments sur lequel les associations entendent attirer l'attention pour en dénoncer les méfaits. Le principe de cette technique est de retarder le mûrissement des fruits, empêcher les légumes de germer et tuer les bactéries des aliments pour en éliminer les agents pathogènes, tels que listeria et salmonelles. Ce qui se fait selon deux méthodes : par rayons gamma (au cobalt 60) ou par électrons accélérés (rayonnement bêta). Sept usines ont l'agrément en France pour y procéder. Le problème, c'est que «cela entraîne une perte des vitamines de l'aliment, qui arrive dans l'assiette des consommateurs avec une valeur nutritive nulle», estime Morgane Ody, de l'association Public Citizen. Il s'agit d'une des associations qui, regroupées en un Collectif français contre l'irradiation des aliments (1), ont lancé la semaine dernière un appel contre l'irradiation des aliments. Pas de quoi alarmer l'Organisation mondiale de la santé (OMS), dont le sous-directeur avait affirmé en 1997 que «l'OMS espère que l'ionisation sera de plus en plus utilisée pour améliorer la salubrité des aliments». C'est une étude réalisée en 2002 par une équipe de chercheurs franco-allemands, dans le cadre d'un programme de recherche de l'Union européenne (2), qui a relancé la polémique il y a quelques années. Certaines molécules produites par l'irradiation des aliments contenant des matières grasses (les 2-alkycyclobutanones) détruisent les cellules et les gènes et favorisent le cancer du colon chez le rat. Les scientifiques ont réclamé la poursuite des recherches. La législation européenne est assez restrictive, la dose maximale pouvant être reçue par un produit étant de 10 kg-greys. Cinq pays de l'Union (Pays-Bas, Italie, Grande-Bretagne, Belgique et France) recourent cependant assez souvent à ce procédé, la France étant championne avec une liste d'une quinzaine de produits autorisés. Surtout, la réglementation sur l'étiquetage est largement bafouée. Jusqu'à 75% des champignons secs irradiés en France ne mentionneraient pas l'appellation obligatoire, «traité par rayons ionisants», selon le rapport de la Commission européenne sur le traitement des denrées alimentaires par ionisation pour l'année 2002. Un débat a récemment agité le microcosme européen sur l'opportunité ou non d'étendre la liste des aliments autorisés à l'ionisation, qui a abouti au statu quo. Mais les choses pourraient évoluer, sous la pression des États-Unis. Ces derniers, qui recourent très largement à ce procédé et lassés de voir leurs produits bloqués à l'entrée de l'Union européenne, envisagent de porter plainte contre l'UE devant l'organe de règlement des différents de l'Organisation mondiale du commerce. Or le codex alimentarius, qui sert de base de référence dans le cadre des différends devant l'OMC, a rendu en 2003 un avis favorable à l'ionisation. L'Europe pourrait donc se trouver condamnée ou incitée à assouplir sa réglementation. (1) Confédération paysanne, Criirad, Attac, Réseau Sortir du nucléaire, Public Citizen, les Amis de la Terre... (2) Programme Upper Rhine Interreg II, par Aérial (Strasbourg), le CNRS et l'Université Louis-Pasteur (Strasbourg).

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 15 mars 2005
Le Roundup n'intoxique pas que les mauvaises herbes LE MONDE | 12.03.05 | 14h47 OAS_AD('Frame1'); A 8 heures par e-mail, recevez la Check-list, votre quotidien du matin. Abonnez-vous au Monde.fr Des études françaises montrent in vitro des effets indésirables du glyphosate, substance active de l'herbicide de Monsanto. Le possible mécanisme d'une cancérogenèse évoqué par ces travaux reste à prouver chez l'homme. L'herbicide le plus utilisé dans le monde : le Roundup de Monsanto, et les produits concurrents formulés, comme lui, à base de glyphosate, ont longtemps joui d'une réputation d'innocuité vis-à-vis de la santé humaine et de l'environnement. Mais plusieurs études récentes semblent indiquer que ce principe actif, utilisé aussi bien par les agriculteurs que les services de voirie ou les jardiniers du dimanche, pourrait n'être pas aussi anodin que le clament ses promoteurs. L'enjeu est de taille, puisque l'utilisation du glyphosate croît avec celle des organismes génétiquement modifiés, dont la grande majorité a été spécifiquement conçue pour "tolérer" ce produit actif, fatal aux végétaux. De fait, alors que le Roundup et ses pareils étaient à l'origine employés sur les mauvaises herbes, "ils sont devenus un produit alimentaire depuis qu'on les utilise sur les OGM, capables de les absorber sans succomber", soutient le biochimiste Gilles-Eric Séralini. Membre depuis des années de la Commission du génie biomoléculaire (CGB) française, chargée d'instruire les dossiers de demande d'essais en champ, puis de commercialisation des OGM, il ne cesse de réclamer des études plus poussées sur leur impact sanitaire éventuel. Membre également du Criigen, une association qui a fait du contrôle des OGM son cheval de bataille, il a orienté ses propres recherches sur l'étude de l'impact du glyphosate. Dans un article publié le 24 février dans la revue américaine Environmental Health Perspective, le biochimiste et son équipe de l'université de Caen mettent en évidence, in vitro, plusieurs effets toxiques de ce composé et des adjuvants qui lui sont associés pour faciliter sa diffusion. Pour leur étude, les chercheurs ont utilisé des lignées de cellules placentaires humaines, au sein desquelles des doses très faibles de glyphosate ont montré des effets toxiques et, à des concentrations plus faibles, des perturbations endocriniennes. Ce qui, pour Gille-Eric Séralini, pourrait expliquer les taux parfois élevés de naissances prématurées et de fausses couches constatées dans certaines études épidémiologiques - controversées cependant - portant sur les agricultrices utilisant le glyphosate. "L'effet que nous avons observé est proportionnel à la dose, mais aussi au temps", souligne-t-il. Son équipe a aussi comparé les effets respectifs du glyphosate et du Roundup. Et a constaté que le produit commercial était plus perturbateur que son principe actif isolé. "L'évaluation des herbicides doit donc prendre en compte, dit-il, la combinaison adjuvant-produit." Gilles-Eric Séralini reconnaît que son étude devra être prolongée par des expériences sur l'animal. Mais il récuse les critiques qui lui sont faites sur l'absence de lien réaliste entre les doses in vitro et en utilisation normale : "Les agriculteurs diluent du produit pur et sont ponctuellement exposés à des doses 10 000 fois plus fortes, insiste-t-il. Nos résultats montrent qu'il faut considérer le temps d'exposition." OURSINS MODÈLES Il est rejoint dans ses conclusions par Robert Bellé, de la station biologique (CNRS) de Roscoff (Finistère), dont l'équipe étudie depuis plusieurs années l'impact des formulations au glyphosate sur des cellules d'oursin. Ce modèle reconnu d'étude des phases précoces de la cancérogenèse a valu son prix Nobel de médecine 2001 à Tim Hunt. En 2002, l'équipe finistérienne avait montré que le Roundup agissait sur une des étapes clés de la division cellulaire. "Cette dérégulation peut conduire à un cancer", prévient Robert Bellé, qui, pour se faire comprendre, tient à résumer les mécanismes de la cancérogenèse : lors de la division de la cellule en deux cellules filles, la copie en deux exemplaires du patrimoine héréditaire, sous forme d'ADN, donne lieu à de très nombreuses erreurs. Jusqu'à 50 000 par cellule. C'est pourquoi des mécanismes de réparation, ou de mort naturelle de la cellule (apoptose), s'enclenchent automatiquement. Mais il arrive que celle-ci échappe à cette alternative (mort ou réparation) et puisse se perpétuer, sous une forme instable, potentiellement cancéreuse à longue échéance. L'équipe bretonne a récemment montré (Toxicological Science, décembre 2004) qu'un "point de contrôle" des dommages de l'ADN était affecté par le Roundup, alors que le glyphosate seul n'avait aucun effet. "On a démontré que c'est un facteur de risque certain, mais pas évalué le nombre de cancers potentiellement induits, ni le moment où ils se déclarent", admet le chercheur. Une gouttelette pulvérisée serait susceptible d'affecter des milliers de cellules. En revanche, "la concentration dans l'eau et les fruits est bien inférieure, ce qui est plutôt rassurant". Pour le chercheur, il ne s'agit pas forcément d'interdire le produit - "C'est désormais aux pouvoirs publics d'évaluer les bénéfices et les risques" -, mais il importe que les utilisateurs prennent toutes les précautions, pour eux-mêmes comme pour le public. "J'ai vu des gens en combinaison en pulvériser à quelques mètres d'une cour de récréation", s'insurge-t-il. "De telles études in vitro ne sont pas suffisantes pour déduire des effets sur l'homme", insiste cependant Sophie Gallotti, coordinatrice des études sur les contaminants à l'Agence française pour la sécurité sanitaire des aliments (Afssa). Même sentiment chez Rémi Maximilien, expert toxicologue auprès de l'Afssa, pour qui l'expérience sur les oursins "montre un mécanisme potentiel de cancérogenèse qui reste à prouver chez l'homme". INTERPRÉTATION CONTESTÉE Pour sa part, Monsanto n'est pas impressionné par ces résultats. "Ce n'est pas à nous de juger de l'intérêt de ces publications, dont nous ne contestons pas la validité, mais l'interprétation", indique Mathilde Durif, porte parole de la filiale française du géant américain. Ces résultats sont en contradiction avec la soixantaine d'autres études disponibles, et "ni les autorités européennes ni l'Organisation mondiale de la santé ou l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) des Nations unies n'ont classé ce produit comme cancérigène". Le glyphosate est cependant un produit actif, "et il est nécessaire de l'utiliser selon les préconisations". Une attitude de précaution qui semble légèrement contredite par les efforts de marketing de la firme. Celle-ci n'est-elle pas actuellement attaquée par une association bretonne qui lui reproche de faire de la "biodégradabilité" de son produit un argument publicitaire, déjà jugé mensonger par la justice américaine ? Hervé Morin • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 13.03.05

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 20 mars 2005
OGM : le CRII-GEN exige la levée du secret sur les études sanitaires Le Comité indépendant de recherche et d’information sur le génie génétique, présidé par Corinne Lepage, a obtenu, après 18 mois de procédures, des études sanitaires sur les risques liés aux OGM. Il rend aujourd’hui publiques ces informations et demande la levée du secret industriel sur les tests de toxicité des OGM, afin de soumettre les résultats à l’ensemble de la communauté scientifique. Il aura fallu 18 mois pour que le CRII-GEN, -association composée de médecins, de cancérologues, de juristes et de représentants de la grande distribution- obtienne la communication de résultats –partiels- sur les tests effectués par les groupes Monsanto et Syngenta concernant les risques sanitaires liés aux OGM. « Nous nous sommes aperçus que les documents de la Commission du Génie Biomoléculaire (CGB) sur les études des OGM, habituellement publics, étaient devenus secrets, explique Corinne Lepage. Nous lui avons donc demandé de nous les transmettre, ce qu’elle a fait, mais en effaçant des pages entières, notamment des résultats de tests en laboratoire effectués par le groupe Monsanto ». Le CRII-GEN s’adresse alors au Ministère de l’agriculture, qui lui envoie 5000 pages de documents, sans qu’aucun ne corresponde à sa demande, et constate que les tests pratiqués sur les rats ne figurent pas dans le dossier. Motif : les tests sur la santé sont considérés comme confidentiels par les autorités, alors qu’une directive européenne de 2001 stipule le contraire. « Les tests n’ont en effet rien à voir avec le secret industriel, qui s’attache à la formule de l’OGM elle-même, laquelle n’est évidemment pas mise en cause », souligne le CRII-GEN. Les 5000 pages reçues permettent néanmoins aux experts d’avoir connaissance de quelques études, dont celle relative au maïs « MON 863 » de la firme Monsanto. « Les conclusions font état de nombreux effets biologiques sur les rats, comme l’augmentation significative des globules blancs chez les mâles, la baisse des globules rouges et l’augmentation de la glycémie chez les femelles. Pour 3 autres OGM examinés par la CGB, d’autres anomalies ont été relevées, comme l’augmentation du poids du foie et des reins, qui sont des organes de régulation de la toxicité », explique le professeur Gilles-Eric Séralini, président du Conseil scientifique du CRII-GEN.  Toxicité du Round-Up Alors que les OGM comportent un risque significatif pour la santé de l’être humain, les tests sur animaux de laboratoire ne sont pourtant pas une obligation, contrairement aux médicaments. Conséquence : les rares études qui existent sont financées par les groupes eux-mêmes et restent confidentielles. Une opacité dénoncée par le CRII-GEN, qui demande l’ouverture d’un débat scientifique sur ces résultats « cachés ». » « Le maintien de la confidentialité relative aux tests pratiqués sur les animaux montre que l’on est très loin de l’évaluation transparente qu’on est en droit d’attendre face à un enjeu aussi important que celui de la santé publique », souligne le Comité. Gilles-Eric Séralini fait observer pour sa part que ce sont ces études privées qui nourrissent les dossiers d’autorisation de mise sur le marché et qui ont permis à certains experts de plaider l’innocuité, sans que le reste de la communauté scientifique n’ait voix au chapitre. « Cette opacité est une insulte faite aux consommateurs et à la science, s’indigne-t-il. Nous savons que les OGM ne sont pas évalués parce que les protocoles de tests coûtent cher, jusqu’à 800 000 euros,  et rendraient ces produits beaucoup moins rentables ». Les producteurs d’OGM seraient, semble-t-il, dans une course contre la montre pour l’homologation de leurs produits, les effets sur la santé et l’environnement pouvant aujourd’hui être connus très rapidement. Même cas de figure pour les herbicides qui sont spécialement conçus pour être absorbés par les plantes transgéniques. Récemment, l’équipe du professeur Seralini a mis en lumière les effets du Round-Up, herbicide commercialisé par Monsanto. Testé sur des lignées de cellules placentaires humaines,  le Round-Up serait à l’origine de graves perturbations endocriniennes et toxiques, et provoquerait des fausses-couches ainsi que des naissances prématurées aux Etats-Unis en milieu agricole. Pourtant, 99% des plantes OGM sont conçues pour ce type de d’herbicides, sans qu’aucune évaluation sérieuse et transparente n’ait été réalisée. Véronique Smée Mis en ligne le : replaceChar('22-03-2005');22/03/2005

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 23 mars 2005
ARTICLE LIBERATION Agriculture. Bilan de quatre années d'enquête approfondie sur le colza. OGM et herbicide, cocktail néfaste pour la biodiversité Par Denis DELBECQ mercredi 23 mars 2005 (Liberation - 06:00) es millions de graines et d'insectes collectés dans soixante-cinq champs. Après quatre années d'enquête ­ sans doute la plus approfondie sur le sujet ­, des chercheurs britanniques travaillant pour le compte du gouvernement ont rendu leur verdict : la culture de colza transgénique semé en hiver altère la biodiversité. Des résultats qui confirment d'autres études publiées dans le même cadre en 2003 (Libération du 17 octobre 2003), mais dont l'interprétation reste délicate. Pollens. Selon l'étude, publiée lundi dans les Annales de la Royal Society (1), les champs de colza transgénique résistant à un herbicide, le glufosinate, affichent une moindre biodiversité que les champs de colza cultivés de manière traditionnelle. Les chercheurs constatent par exemple que les mauvaises herbes à large feuillage sont moins présentes. Or, ces plantes produisent les graines les plus attirantes pour plusieurs espèces d'oiseaux (alouettes, bouvreuils...), et des pollens appréciés des abeilles et papillons. Sur le terrain, les chercheurs ont constaté que les champs «transgéniques» abritent moins d'abeilles et de papillons, et ils s'inquiètent d'un effet possible sur les oiseaux. En revanche, le colza transgénique requiert moins d'herbicide. Des résultats similaires ­ en plus nuancés ­ à ceux constatés en 2003 pour le colza de printemps. Pas question, rappellent les auteurs, de dénoncer comme seul coupable l'OGM, comme c'est le cas lors des contaminations de cultures traditionnelles. Car la comparaison porte sur une pratique agricole, associant la plante et l'herbicide associé. Autorisation. Chez Bayer Cropscience, la firme dont le colza transgénique a été étudié, on ne s'étonne pas. «Ce que veut l'agriculteur, c'est un champ propre, avec moins de mauvaises herbes, et cette étude prouve bien que notre colza et son herbicide sont efficaces, résume un responsable de la filiale française. Mais on peut remarquer que les désherbants associés, lors des essais, aux cultures traditionnelles ne sont pas très performants.» Il laisse entendre que ce choix conduit à surévaluer l'écart entre colzas traditionnel et transgénique. Reste que la firme n'est pas très confiante sur l'avenir de sa semence en Europe : «Sa culture n'est pas notre priorité.» On reconnaît pourtant qu'une demande d'autorisation de culture et d'importation adressée à l'UE a finalement été «remplacée il y a environ un an par une autre qui ne mentionne plus que l'importation». Une réorientation «sans rapport avec les études britanniques». Hier, alors que Bruxelles discutait de sa stratégie OGM, la Pologne lui a demandé le droit d'interdire, pour deux ans, un maïs transgénique de Monsanto. Un nouveau coup dur pour les semenciers. (1) www.pubs.royalsoc.ac.uk/proc_bio_content/pdf/rspb20043049.pdf

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 10 avril 2005
La difficile reconversion des agriculteurs en conservateurs du paysage LE MONDE | 08.04.05 | 16h09  •  Mis à jour le 08.04.05 | 16h23 Soleil d'hiver qui décline. Sur le chemin, le sabot des vaches qui résonne. Inhabituel, à cette époque de l'année où les bêtes restent à l'étable. "Regardez comme elles sont heureuses. Jusqu'à présent, elles restaient enfermées. Pour nous, c'est davantage de travail de les mettre au grand air. Mais on va dans le bon sens, celui du sens paysan retrouvé", observe M. Gilbert. Après une vie de production laitière intensive, cet éleveur d'Ille-et-Vilaine, installé non loin de Rennes, a décidé de bouleverser du tout au tout ses pratiques agricoles. "Mon épouse et moi, nous faisons partie d'un groupe de randonneurs. Avant, ils disaient des choses dans notre dos. Mais depuis que nous avons changé d'état d'esprit, ils nous admettent mieux." Des exploitants sous contrat Les contrats territoriaux d'exploitation (CTE) ont été créés en 1999 pour inciter les agriculteurs, via des aides de l'Etat et des fonds européens, à respecter les paysages et l'environnement. Entre 1999 et 2003, 49 000 contrats avaient été signés. En échange d'une subvention de 27 000 euros en moyenne, pendant cinq ans l'agriculteur s'engageait à lutter contre la pollution de l'eau, à réduire son utilisation de pesticides, à planter des haies, etc. En 2002, seulement 25 000 contrats avaient été signés au lieu des 100 000 annoncés. Les contrats d'agriculture durable (CAD) ont remplacé les CTE en octobre 2003. Plus directifs en ce qui concerne les objectifs environnementaux, ils sont, surtout, territorialisés, les exploitants devant, sur un territoire donné, harmoniser leurs pratiques. Depuis 2003, 10 000 contrats ont été signés. [-] fermer OAS_AD('Middle1'); La campagne a beaucoup souffert du productivisme effréné. La biodiversité s'est appauvrie, le "capital nature" s'est épuisé. Le mouvement est en marche : à côté de leur fonction nourricière, les agriculteurs ont, désormais, une mission paysagère à assurer. Un vrai bouleversement culturel, pour certains "une nouvelle révolution agricole". Face à ce nouveau défi de conservation du patrimoine naturel, les paysans ont d'abord manifesté de la mauvaise humeur. Ils avaient, certes, à coeur de regagner la confiance des consommateurs. Mais de là à être payés pour soigner les haies afin de satisfaire les promeneurs... Trop de paperasseries, trop de contraintes. "Nous voulons être acteurs de notre métier. A quoi bon se battre si l'on n'a plus aucune initiative, si tout nous est imposé ?", proteste Sylvie Gabriel. Avec son époux Thierry, elle élève des chèvres blanches de race Saanen à Saint-Just-Chaleyssin (Isère). Le couple fabrique et commercialise ses fromages frais par ses propres moyens. "Le respect de l'environnement, nous n'avons pas attendu qu'on nous le dicte pour l'éprouver, se fâche Thierry Gabriel. Pour nous qui pratiquons une agriculture raisonnée, cela fait partie de la déontologie du métier." Ancien président de l'Institut national de recherche agronomique (INRA), Bertrand Hervieu a participé à la mise en place, en 1999, des contrats territoriaux d'exploitation (CTE) par lesquels les agriculteurs s'engagent, en échange d'une aide financière et d'un strict cahier des charges, à "produire du paysage" au même titre que des céréales ou de la viande. Il confie ses doutes : "La prise de conscience vient d'en haut, sans que la profession l'ait assimilée. C'est dans la bataille du paysage que se situe, aujourd'hui, la plus grande divergence d'appréciation entre les gens des villes et ceux des campagnes. La société bourdonne d'attentes à l'égard de son agriculture. Mais celle-ci peine à assumer autant d'enjeux. Sa mutation n'en est pas moins inéluctable." Au ministère de l'agriculture, on assure aujourd'hui que le mouvement est enclenché. Faut-il le brusquer ? "Un point essentiel est de ne pas dire aux agriculteurs qu'ils seront les jardiniers de la France de demain, ce qu'ils n'apprécient guère, insiste le géographe Pierre Donadieu, chercheur à l'Ecole nationale supérieure du paysage (ENSP). Ils ont toujours observé la plus grande distance avec cette profession qui fait du beau, de l'agréable. L'identité des paysans s'est bâtie sur un double projet, en partie mythique : celui de leur rôle nourricier et celui de leur indépendance." Le monde agricole perçoit les outils mis en place par les ministères successifs comme un retour en arrière nostalgique et ridicule. "Un jour, un agriculteur d'Ile-et-Vilaine m'a raconté comment, dans les années 1970, il avait rasé sans remords les arbres de sa propriété, témoigne Yvon Le Caro, professeur de gestion au lycée agricole de la Lande-du-Breil à Rennes, auteur d'une thèse sur les loisirs en espace agricole. Déboiser, c'était se démarquer de son père, apporter la modernité dans la ferme. Aujourd'hui, on lui demande de faire marche arrière." Et cet amour indéfectible pour la nature qu'on prête aux agriculteurs ? "Joli cliché ! poursuit l'enseignant. Ils s'extasient comme vous et moi devant la baie du Mont-Saint-Michel. Mais pas question d'émotion esthétique sur leur propriété. Leur territoire, ils font corps avec lui. Et voilà qu'on leur explique qu'il appartient à tout le monde. Cela, ils ont du mal à l'admettre." Qu'est-ce, d'ailleurs, qu'un "beau paysage" ? Qui en décide ? "La culture paysagiste est, par définition, très urbaine", répond M. Donadieu, qui rappelle qu'à l'origine, l'agriculture c'était la conquête d'espaces contre l'envahissement de la forêt et que la nature est une ennemie, avant d'être une alliée... "Regardez-moi ces broussailles : un bonheur pour les sangliers", constate, navré, Eric Weiss-Gonachon, installé comme éleveur dans l'Ain, depuis sept ans. Agé de 39 ans, il est le dernier agriculteur de la commune de Ceignes, dans le Haut-Bugey, 150 habitants, une terre ingrate où la roche affleure. "Hier, dit-il, les agriculteurs, entretenaient le paysage sans être payés en retour. Eux partis, il a fallu planter des sapins sur leurs terrains pour lutter contre la friche. Même en travaillant quatre-vingts heures par semaine, seul, je ne peux plus grand-chose. Autant vous dire que les citadins me font sourire, avec leur nature pour trente-cinq heures ! Il faudrait que tout le monde se mette autour d'une table ­ élus, chasseurs, randonneurs, propriétaires de résidences secondaires." Ce scénario d'une alliance des "acteurs du paysage" est précisément celui que promeut le ministère de l'agriculture. Pourtant, malgré les dispositifs mis en place dans les départements touchés par la désertification, le reboisement est l'issue la plus probable. Pierre Donadieu, le géographe, redoute l'apparition d'une agriculture à plusieurs vitesses. "Il y a de fortes chances, prévoit-il, que la superficie de la forêt française passe de 15 à 18 millions d'hectares, peut-être à 20. Les agriculteurs seront concentrés dans les grandes régions agro-industrielles. Pour le reste, la qualité des paysages résultera d'un projet partagé. La campagne sera ouverte aux loisirs et au tourisme, entretenue par des agro-animateurs et des agro-hôteliers, c'est-à-dire des agriculteurs multifonctionnels, qui auront un pied dans la logique marchande, l'autre dans une logique citoyenne." La France ressemblera peut-être, alors, au bocage anglais. "Un lieu de plaisir et de repos, décrit Bertrand Hervieu, l'espace par excellence de l'aristocratie, le contraire de ce que représente encore la campagne française dans notre imaginaire collectif." Lorraine Rossignol Article paru dans l'édition du 09.04.05

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 14 mai 2005
Les agriculteurs réclament une politique de protection de leurs terres LE MONDE | 13.05.05 | 13h39  •  Mis à jour le 13.05.05 | 20h23 La surface agricole a diminué, entre 1992 et 2003, de 76 000 hectares par an, dont 55 000 ont changé d'usage au profit de l'habitat (35 000), des réseaux (10 000), d'autres activités économiques (7 000)... Les Français consomment deux fois plus de terres agricoles que les Allemands. Tous les six ans, c'est l'équivalent des surfaces cultivées d'un département qui disparaît. Les points-clés du projet de loi Bâtir une agriculture économiquement forte : création d'un fonds agricole à l'instar des fonds de commerce, facilitation de la transmission des exploitations et amélioration des conditions de travail. Répondre aux attentes de la société : renforcement de la sécurité sanitaire et de la qualité des produits, promotion du respect de l'environnement. Simplifier les procédures pour les exploitants. Le rapport de Jean-Pierre Boisson pour le Conseil économique et social (CES), "La maîtrise foncière : clé du développement rural" , adopté en avril, égrène ces chiffres marquants, avec l'espoir, clairement affiché, que la loi d'orientation agricole, en préparation, reprenne ses propositions en faveur d'une nouvelle politique foncière. Il n'en est rien dans la version du projet de loi transmise par le gouvernement au Conseil d'Etat, qui l'a examinée jeudi 12 mai. Ce qu'a regretté ouvertement le CES, tout comme la FNSEA, le principal syndicat agricole, et les chambres d'agriculture. Les choses semblent pourtant évoluer. Le ministre de l'agriculture, Dominique Bussereau, présentant le projet de loi devant le CES, mardi 10 mai, à une semaine du passage en conseil des ministres, le 18 mai, s'est déclaré prêt à des amendements. Il a annoncé qu'il allait demander une expertise des propositions du rapport Boisson. "Nous sommes fiers d'avoir été écoutés, se satisfait Gaël Grosmaire, le rapporteur de l'avis du Conseil sur le projet de loi. Nous regrettons juste que le foncier n'ait pas fait partie du texte dès le départ, car le développement d'outils de régulation est indispensable pour l'agriculture." M. Grosmaire, qui est aussi vice-président des Jeunes agriculteurs, espère un amendement gouvernemental. "Dans le cas contraire, nous ferons du lobbying auprès des députés et des sénateurs pour qu'un article soit rajouté" , précise-t-il. Le texte doit être discuté, fin juin, à l'Assemblée nationale. Pourquoi cette impasse ? Intégré, au départ, à la réflexion, le problème foncier n'a pas été retenu. Le gouvernement aurait souhaité un texte court pour éviter de renouveler l'expérience de la loi "fourre-tout" sur les territoires ruraux. La proximité du référendum du 29 mai pourrait, par ailleurs, expliquer la frilosité du gouvernement sur un dossier qui risque de fâcher les millions de propriétaires fonciers. MAÎTRISER LA PRESSION URBAINE Si personne ne remet en cause leur droit de vendre leurs terres au plus offrant, le monde agricole regrette que les terres soient encore perçues comme des réservoirs, alors que l'accès au foncier est vital pour les exploitants. "Quand un décideur voit une parcelle, il pense que c'est un terrain vierge qui pourra demain être bâti. Pourtant, les pouvoirs publics sont conscients du problème puisque la loi d'orientation agricole de 1999 et celle sur les territoires ruraux l'abordent" , explique André Thévenot, le président de la Fédération nationale des sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural (safer). "Il faut aborder la question maintenant. Dans trente ans, il sera trop tard pour les espaces agricoles des DOM-TOM en particulier, de certaines zones littorales et des espaces périurbains" , insiste M. Boisson, par ailleurs secrétaire adjoint de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture. Ce n'est pas tant l'extension urbaine qui exaspère la profession ­ elle est nécessaire et l'espace ne manque pas en France ­, que le gâchis (usines abandonnées dont les terrains ne sont pas réattribués, terrains achetés et jamais occupés...) et le grignotage. "Le plus pénible, explique Jean-Michel Bayard, secrétaire général adjoint de la FNSEA, c'est la pression permanente, c'est perdre 50 ares par-ci et un hectare par-là." Le rapport en appelle à une véritable régulation pour maîtriser la pression urbaine, alors que chaque commune veut son lotissement, sa zone d'activité, etc. L'idée est de protéger le potentiel agricole en choisissant des zones à préserver, dans un souci de sécurité alimentaire, d'indépendance énergétique, de lutte contre les risques naturels et de sauvegarde des paysages. Le rapport alerte aussi sur une autre dimension du problème, le potentiel agronomique des terres qui disparaissent : "L'urbanisation et les équipements qui l'accompagnent se font le plus souvent, en raison de leur localisation, en plaine ou dans les vallées, sur d'excellentes terres agricoles. C'est un rythme trop rapide pour s'inscrire dans le cadre d'un développement durable." Il propose la mise en oeuvre d'une politique nationale à vingt ou trente ans, qui se distinguerait et s'imposerait aux documents d'urbanisme à plus court terme. Et il décline trois axes pour une gestion raisonnée de l'espace : améliorer la cohérence entre les échelons géographiques ­ le régional a sa préférence ­, modifier la fiscalité lorsqu'il y a changement de destination des terres, et renforcer les outils d'action ­ en particulier les safer ­, sans qu'il soit nécessaire d'en créer d'autres. Il faut juste les améliorer, voire s'en servir. Les zones agricoles protégées (ZAP) en sont un exemple. Créé par la loi d'orientation agricole de 1999 afin de protéger les terres cultivées de la pression foncière, cet outil n'a jusque-là pas été utilisé. Il existe une seule ZAP, récente, à Drumettaz-Clarafond (Savoie), et quelques études sont actuellement en cours. "Le projet doit être décidé par le maire. Mais pour les finances communales, une zone d'activité est plus rentable qu'une ZAP" , explique M. Boisson, qui souhaite voir améliorer et développer cet outil. Le CES a profité de la présentation de son avis sur le projet de loi pour rappeler l'intérêt de son rapport "oublié" . Avec pour argument qu'une loi dite d'orientation devrait pouvoir inclure une politique foncière à long terme. Il pourrait, cette fois, avoir été entendu. Laetitia Clavreul Article paru dans l'édition du 14.05.05

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 20 mai 2005
Régine Heurtevin et son jardin aux mille et une senteurs (49)   Régine Heurtevin accueille les visiteurs dans son jardin.-(Photo NR, Sébastien Gaudard) Régine Heurtevin est, depuis toujours, passionnée par les fleurs. « A six ans, je semais déjà radis et haricots dans le jardin de mon père. » Il y a onze ans, elle a eu le coup de foudre… pour un jardin de roses. « J'ai trouvé cela tellement magnifique que j'ai aussitôt planté deux cents rosiers autour de ma maison. » Depuis, son royaume s'est étoffé de nombreuses variétés de fleurs : les clématites, les iris, narcisses, tulipes… qui poussent à leur guise. Régine Heurtevin a appelé ce dédale de fleurs, Kallista. « Du nom que les Grecs ont donné à la Corse quand ils l'ont découverte. C'est une île que j'aime beaucoup ». Son jardin lui demande une attention permanente, sept jours sur sept. « Je l'appelle mon jardin à deux mains. » Un jardin bio La floraison de ces mille et une fleurs s'échelonne d'avril à mi-juin. « Mais c'est vraiment en ce moment que le jardin est le plus beau. » Et notamment les iris venus de Hollande, de Sibérie, d'Alger… Pourtant Régine Heurtevin n'était pas aidée dans sa propriété située sur les hauteurs de Saint-Hilaire-Saint-Florent. « La terre est sableuse et ne se prête pas vraiment à la culture de toutes ces fleurs. » A peine croyable compte tenu de la beauté des lieux. Et pour obtenir un tel résultat, pas question pour notre spécialiste d'utiliser des produits chimiques. « Ici, c'est un jardin bio. Pour combattre les pucerons, j'utilise du purin d'ortie. Pour les maladies des rosiers, une décoction de prèles. » Régine Heurtevin ouvre son petit paradis floral aux visiteurs. « L'an dernier, deux cents personnes ont fait le déplacement. » Pour ceux qui voudraient admirer les iris en fleurs, Kallista est ouvert samedi 21 et dimanche 22 mai, de 14 h à 18 h. - Les 4 et 5 juin, Régine Heurtevin participera aux Rendez-vous des jardins, organisé par l'association des parcs et jardins des Pays de la Loire. Ouverture de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h. Tarif : 2 €. Des visites sur rendez-vous sont aussi proposées jusqu'en juin. Kallista, 1, rue Michel-Détroyat, à Saint-Hilaire-Saint-Florent, 02.41.50.18.35. Nolwenn MOY
Par la nouvelle république du cnetre ouest
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus