REVUE DE PRESSE DU 27 MAI AU 3 JUILLET 2005
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxLE MONDE 27 MAI 2005 http://www.lemonde.fr/
Bientôt, la première ordination "sauvage" d'une femme prêtre à Lyon LE MONDE | 26.05.05 | 13h07 Mis à jour le 26.05.05 | 13h37 A 8 heures par e-mail, recevez la Check-list, votre quotidien du matin. Abonnez-vous au Monde.fr lle s'appelle Geneviève Beney. Elle a 56 ans, est mariée, sans enfants, et habite un petit village du Gard, Saint-Victor-des-Oules. Dans quelques semaines, elle sera la première femme prêtre ordonnée en France et, sur-le-champ, excommuniée. La cérémonie aura lieu à Lyon, le samedi 2 juillet, sur une péniche qui partira de Port-Rambaud et naviguera sur la Saône et sur le Rhône. Elle durera près de six heures. Les demandes de participation de 50 euros par personne pour la navigation et le buffet du soir affluent de l'Europe et des Etats-Unis. Trois semaines plus tard, neuf autres femmes devraient aussi être ordonnées sur le fleuve Saint-Laurent au Canada. Cette première ordination "sauvage" d'une femme en France se tiendra symboliquement à Lyon, capitale des "premiers martyrs chrétiens". Et, comme au Canada, elle aura lieu sur un bateau et un fleuve pour manifester la précarité de la situation de ces militantes qui protestent contre la discrimination sexiste au sein de l'Eglise catholique. Geneviève Beney sera ordonnée prêtre par deux "femmes évêques" , Gisela Forster et Christine Mayr-Lumetzberger, qui avaient été "consacrées" , en juin 2004, par un évêque schismatique dont le nom est tenu secret. Cette Allemande et cette Autrichienne avec sept autres femmes avaient été ordonnées prêtres deux ans plus tôt, à Passau (Bavière), dans le diocèse de Munich, près du village natal de Benoît XVI ! Ces manifestations avaient provoqué de sérieuses passes d'armes entre le futur pape, alors préfet de la doctrine romaine, et ces femmes en rébellion contre leur Eglise. Née à Paris, la future première femme prêtre a fait des études de théologie à la faculté de Strasbourg. Elle fut professeur d'éducation physique, puis animatrice culturelle à l'Ecole alsacienne, établissement scolaire huppé de Paris. Dans l'Eglise, elle se situe"à la marge" , dans les réseaux contestataires (Mouvement pour l'ordination des femmes, Nous sommes aussi l'Eglise), développés aux Etats-Unis, en Allemagne, en Autriche et aux Pays-Bas. Geneviève Beney a suivi un "séminaire clandestin" avant d'être ordonnée diacre à Passau. Aussitôt connue la nouvelle de ce premier acte de dissidence, elle avait reçu une lettre de mise en garde de son évêque à Nîmes, Mgr Robert Wattebled. Elle n'ignore pas la peine d'excommunication bientôt encourue, mais veut poser un "acte prophétique de rupture" . Cette première ordination sacerdotale d'une femme en France jette déjà le trouble dans les associations féministes et dans les mouvements de contestation catholiques, partagés entre la fidélité au combat qu'ils mènent depuis longtemps contre le refus de l'Eglise d'ordonner des femmes et le risque de rejet de la communion catholique. En Europe, au Canada, aux Etats-Unis, une cinquantaine de femmes seraient prêtes à ce qu'elles appellent une "transgression de conscience" . Les ennuis commencent-ils pour Benoît XVI ? Henri Tincq Article paru dans l'édition du 27.05.05
LE FIGARO 27 MAI 2005 Geneviève Beney, 56 ans, va être excommuniée
L'«ordination» provocation d'une femme prêtre
Sophie de Ravinel
[27 mai 2005]
Geneviève Beney était lasse d'attendre. Bien décidée à devenir prêtre pour l'Église catholique, l'unique solution consistait donc à transformer ses rêves en réalité. Cette femme de 56 ans s'apprête à transgresser les lois canoniques et la profession de foi catholique le 2 juillet prochain.
Sur un bateau naviguant sur la Saône et le Rhône, aux alentours de Lyon, elle sera «ordonnée prêtre de l'Église catholique» par deux consoeurs. Ces dernières, une Allemande et une Autrichienne, avaient été «ordonnées» en 2002 par l'évêque schismatique argentin Romulo Antonio Braschi, puis consacrées à l'épiscopat deux ans plus tard.
Le bateau sur lequel se déroulera la cérémonie veut être «le signe concret du déplacement et de la progression des femmes dans l'Église». C'est en tout cas ce qu'explique la revue réformatrice Les Réseaux du parvis dans le faire-part de l'ordination publié le mois dernier. Geneviève Beney, qui a fréquenté la faculté de théologie de Strasbourg dans les années quatre-vingt, alimente de temps en temps la revue par ses contributions.
Lorsque l'on tente de la joindre pour lui demander dans quelle galère son choix risque de l'embarquer, c'est son «compagnon de vie», Albert, qui prend la communication. Il explique que Geneviève est «terriblement déçue». «Ce qui est une première en France devait rester secret jusqu'en juillet prochain. Maintenant que Le Monde a publié l'information (dans son édition en date d'aujourd'hui), nous risquons d'en être empêchés par des traditionalistes en soutane avec des rangers aux pieds, explique-t-il. Il s'agit d'une action longuement méditée, non violente, de désobéissance à la loi canonique de l'Église catholique.» Pour sa part, Geneviève Beney sait «risquer l'excommunication», mais «souhaite poser un acte symbolique pour faire avancer l'égalité hommes-femmes».
Romulo Antonio Braschi, qui a «ordonné» les premières femmes prêtres au cours de l'été 2002, est aussi le fondateur d'une secte, Jesus Rey, revendiquant 13 000 adhérents dans le monde. Pourtant ces femmes ont toujours affirmé appartenir à l'Église catholique.
Geneviève Beney affirme avoir déjà été ordonnée diacre en Allemagne l'an dernier, après avoir suivi une formation spécifique par correspondance. Dans une lettre publiée à l'époque, elle précisait déjà que ce geste était «responsable et aimant, symbolique et prophétique». Il visait à «établir l'égale dignité des femmes dans l'Église, sans rien ôter à celle des hommes de la hiérarchie catholique».
Son évêque, Mgr Robert Wattebled, du diocèse de Nîmes, lui avait à l'époque envoyé une lettre de mise en garde, lui demandant de ne pas commettre «une grave erreur». De fait, si elle a bien été «ordonnée» diacre, Geneviève Beney est d'ores et déjà excommuniée, selon le droit de l'Église catholique.
Hier soir, et en raison des vagues médiatiques attendues, Mgr Robert Wattebled a souligné dans un communiqué qu'il s'agissait d'un «acte grave de rupture à l'égard de l'Église catholique romaine». «Il est évident, a-t-il ajouté, qu'aucune communauté catholique ne peut soutenir de quelque manière que ce soit une telle initiative.» Il a invité les fidèles à prier «l'Esprit de vérité, d'unité et de charité».
«De nombreux journalistes, déclare pour sa part le compagnon de Geneviève, ont déjà réservé leur place sur le bateau.»
La position du Vatican
[27 mai 2005]
En juillet 2002, le secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Mgr Tarcisio Bertone, avait fermement réagi lorsque le projet d'ordination de femmes en Autriche avait été rendu public. Le texte, valable pour le cas de Geneviève Beney, affirmait que, suite au document apostolique Ordinatio sacerdotalis de Jean-Paul II, «l'Eglise ne détient pas le pouvoir d'ordonner des femmes à la prêtrise et par conséquent les fidèles doivent considérer cette décision comme définitive». Il était précisé que «les ordinations en question ne sont qu'un simulacre de sacrements et de ce fait se rendent invalides et nulles : en outre, elles représentent une faute grave contre l'institution divine de l'Eglise». L'évêque qui avait pratiqué ces ordinations appartenant à une communauté schismatique, il s'agissait par ailleurs «d'une faute grave contre l'unité de l'Eglise».
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01-07-2005
LA CROIX VENDREDI 1er JUILLET 2005
http://www.la-croix.com/
Une Française revendique lordination
Geneviève Beney serait «ordonnée» prêtre à loccasion dune cérémonie organisée sur une péniche à Lyon, samedi 2 juillet, acte déjà condamné par lÉglise catholique
Haussement dépaules. Régine Maire, membre du conseil épiscopal de larchevêché de Lyon, refuse daccorder trop dattention à ce quelle appelle une «transgression». À savoir la cérémonie d«ordination» sacerdotale dune femme, Geneviève Beney, samedi 2 juillet à Lyon sur une péniche.
Le mot de «transgression» est dailleurs utilisé par Geneviève Beney elle-même, théologienne de 55 ans, licenciée de la faculté de Strasbourg, qui sen explique dans Témoignage chrétien (sollicitée à plusieurs reprises par La Croix, elle a préféré ne pas nous répondre avant son «ordination»). Elle affirme cependant rester «dans la communion spirituelle avec la communauté universelle » de lÉglise catholique.
Ce nest pas lavis de larchevêque de Lyon, le cardinal Philippe Barbarin, qui, après lui avoir envoyé personnellement une lettre, estime, dans un communiqué «quil ny a aucune vérité dans les mots qui seront prononcés, ni dans les actes qui seront posés en cette circonstance».
Une situation estimée injuste
Geneviève Beney, mariée sans enfant, se situe dans la mouvance des sept femmes «ordonnées» prêtres en juin 2002 sur le Danube, et qui avaient été, par la suite, excommuniées latae sententiae (de fait) par lÉglise catholique. Après un an et demi de formation, elle-même est devenue «diacre» en juin 2004. Affirmant ne pas souhaiter faire un «coup médiatique», elle veut, dit-elle, lutter ainsi contre une situation estimée injuste, «qui réserve aux seuls hommes célibataires la prêtrise», et induit «linégalité des hommes et femmes en matière de responsabilité ecclésiale».
Une «revendication un peu dépassée», aux yeux de Régine Maire, qui estime que les femmes exercent aujourdhui de nombreuses responsabilités dans lÉglise. «Quant au problème du ministère, il dépasse dailleurs celui des femmes et concerne tous les laïcs engagés dans lÉglise», ajoute-t-elle.
De fait, une enquête réalisée par La Croix indiquait récemment que plus dun tiers des diocèses compte aujourdhui des femmes dans leur conseil épiscopal (sorte de conseil dadministration). Quant aux enseignantes, dans les instituts de formation comme les universités catholiques, elles sont nombreuses.
«Personnellement, je nai jamais éprouvé de mal à participer à des responsabilités de la vie ecclésiale», témoigne une autre Lyonnaise, Catherine Perrotin, enseignante en éthique à lInstitut catholique de Lyon. Pour elle, il existe de multiples manières dêtre associé, et «la vraie question» porte plutôt sur la capacité à la collaboration de ceux qui sont en place, capacité variable selon les évêques. «Le ministère nest pas un obstacle en soi», affirme-t-elle encore.
La lettre Ordinatio sacerdotalis a voulu figer la réponse
Il est vrai que, du côté du ministère, les choses semblent aujourdhui durablement figées. La lettre apostolique de Jean-Paul II Ordinatio sacerdotalis (1994) a, en effet, confirmé, avec un degré dautorité plus grand, la déclaration Inter insignores de la Congrégation pour la doctrine de la foi qui, en 1976, rejetait lordination presbytérale des femmes. La lettre de 1994 avait, à lépoque, été commentée par le cardinal Joseph Ratzinger comme ayant un caractère «définitif» ce sont ses termes.
«À partir du moment où lon emploie le terme définitif, on place la déclaration dans lorbite de linfaillibilité pontificale», analyse ainsi le P. Laurent Villemin, ecclésiologue à la Catho de Paris.
Lopposition à laccès des femmes au ministère presbytéral repose, selon ces deux documents, sur trois raisons. Tout dabord, alors que les femmes jouent un rôle décisif dans la vie de Jésus, le Christ a choisi ses apôtres parmi les hommes. Ensuite, la tradition de lÉglise a toujours observé fidèlement ce choix du Christ. Enfin, le magistère ne la jamais remis en cause.
Les deux déclarations ne sengagent que sur ces arguments. On ne trouve donc pas de considérations dordre symbolique concernant le rôle du prêtre, (quand il célèbre lEucharistie, il agit in «persona Christi»), ni la symbolique des épousailles entre le Christ (représenté par le prêtre) et lÉglise (lépouse).
Pour sa part, le théologien dominicain Hervé Legrand (1), affirme quil nexiste pas dobstacle dans la Bible et la tradition à ce que lordination puisse habiliter une femme à exercer une «charge pastorale» (sans évoquer explicitement le presbytérat).
La question de lordination des femmes ne se pose dailleurs pas de la même manière pour le diaconat et le presbytérat. La Commission théologique internationale (dont le président nest autre que le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi) a rendu en 2003 un avis ouvert sur laccès des femmes au diaconat, en refusant de trancher au regard de lhistoire. Avis particulièrement intéressant, car jusquici, sagissant des femmes, on a beaucoup utilisé les arguments de la tradition et du magistère.
Les premiers temps de lÉglise ont en effet vu des femmes diacres. Mais la Commission a estimé ne pouvoir savoir si leur implication liturgique était alors de nature sacramentelle. Jusquici, ni le pape, ni la Congrégation pour la doctrine de la foi ne se sont prononcés sur ce point.
Isabelle de GAULMYN
(1) «Traditio perpetuo servata ? La non-ordination des femmes : tradition ou simple fait historique ?», dans Rituels. Mélanges offerts au Père Gy, Paris, Cerf, 1990, pp. 393-416.
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Lévêque de Namur a ordonné un homme marié
Dimanche 26 juin, Mgr André-Mutien Léonard, évêque de Namur, a ordonné prêtre un homme marié et père de trois enfants. Aucune transgression pour cet évêque qui se dit «profondément attaché au célibat ecclésiastique, bien vécu dans lÉglise latine».
Cest avec laccord de Jean-Paul II, obtenu en mai 2004, quil accueille dans son presbytérium Patrick Balland, ancien pasteur protestant de 55 ans. Né dans le protestantisme, marié en 1980, celui-ci est entré en 1987 dans la Compagnie des pasteurs de Genève, dont il démissionne en 1992 à la suite dun long cheminement qui aboutit à sa confirmation par le cardinal Henri Schwery, alors évêque de Sion.
Souhaitant devenir prêtre, il reçoit les encouragements du cardinal Ratzinger mais son dossier traîne plusieurs années entre la Suisse et Rome. Il se tourne alors vers Mgr Guy Bagnard, évêque de Belley-Ars, qui laccueille favorablement, mais la Conférence des évêques de France refuse le principe de lordination dun homme marié.
Ayant reçu le soutien des cardinaux Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour lunité des chrétiens, et Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, il se tourne finalement vers Mgr Léonard qui lordonne diacre en 2004.
«Il sagit moins de lordination dun homme marié que de laccueil dun ancien pasteur», précise celui-ci dans le numéro de cette semaine de La Vie, qui raconte son parcours.
Depuis la première dispense de ce type, accordée par Pie XII en 1951, environ 300 anciens pasteurs protestants ou prêtres anglicans mariés ont ainsi été accueillis dans lÉglise catholique latine.
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TEMOIGNAGE CHRETIEN JEUDI 30 JUIN 2005 http://www.temoignagechretien.fr/index.php
Lordination de Geneviève Beney ce 2 juillet à Lyon est activement dénoncée par les autorités catholiques.
La politique de lautruche des responsables catholiques nest pas la plus habile pour renouer le dialogue.
LÉglise et les femmes par Noël Bouttier
Ce samedi 2 juillet, la France des églises va connaître un petit événement : la première ordination sauvage dune femme. Lyon et le symbole nest pas mince accueille cette première qui va sans doute plaire aux gazettes. Celles-ci, dans un rapprochement audacieux, y verront un remake du mariage entre homosexuels à la mairie de Bègles voici treize mois. Avec un scénario cousu de fil blanc : une Église dirigée par des hommes soppose à larrivée de femmes en son sein
En fait, la question est plus sérieuse car elle signe le divorce entre une partie des femmes catholiques et linstitution. Geneviève Beney, qui sexprime dans nos colonnes (1), traduit son exaspération. « La prêtrise nest certes pas un droit, écrit-elle, mais pouvoir choisir sa voie en toute liberté, pouvoir répondre en libre choix à lappel reçu en est un. Jai choisi, maintenant, de répondre, librement à un appel trop longtemps étouffé et nié. » En mettant en uvre sa volonté dêtre ordonnée prêtre, cette femme de 56 ans sait quelle se place en dehors de lÉglise catholique quelle entend servir. Son intransigeance, que lon pourra juger suicidaire ou prophétique, pose la question du dialogue dans lÉglise. Le simple rappel du droit canon ne suffit pas car, alors, la question vient tout de suite aux lèvres : pourquoi ne pas faire évoluer ce fameux droit canon ?
Par-delà la revendication de la prêtrise, Geneviève Beney interpelle lÉglise catholique : quelle place donne-t-elle à ces croyantes qui veulent répondre radicalement à lappel du Christ ? Les propositions danimation liturgique, daccompagnement catéchétique des enfants ou dorganisation de fêtes paroissiales ne sauraient étancher la soif de servir exprimée par certaines femmes. Daucuns railleront leur volonté de sinscrire dans les pas du prêtre. Elles se plairaient, disent-ils, à reproduire le clivage clercs/ laïcs. Largumentation est un peu courte, elle fut celle que lon servit à ces femmes qui, dans les années 80, menèrent bataille pour la parité en politique. On sait que la suite des événements leur donna raison.
Même si le pouvoir ecclésial ne saurait se calquer sur les réalités temporelles, le catholicisme doit se demander pourquoi, parmi les religions très présentes dans la sphère occidentale, il est le seul à refuser toute présence féminine dans son clergé. Il peut exister des raisons intéressantes, encore faudrait-il que lon ait le droit de les discuter sérieusement. Disons-le franchement, la politique de lautruche des responsables catholiques nest pas la plus habile pour renouer le dialogue. Il faudrait, par exemple, sinterroger sur le diaconat féminin et se donner du temps pour analyser les effets dune telle nouveauté. Est-ce que lÉglise serait plus « écoutante », perdrait son image dogmatique, expérimenterait un nouveau partage de pouvoir ? Ce nest pas céder à lair du temps que dappeler de ses vux un souffle féminin sur lÉglise romaine
Cette ordination illégale pour linstitution va-t-elle faire progresser les « droits des femmes » dans les Églises. On peut émettre des réserves. Prendre de front lensemble du clergé et une bonne partie des fidèles risque plutôt de radicaliser les positions. Comment ouvrir, par exemple, le chantier du diaconat si lon déclare demblée que cela débouchera sur laccès au ministère ? On ne fait pas évoluer deux mille ans de christianisme par une initiative unilatérale dans la Capitale des Gaules. Et puis, quelle sera la place de cette femme prêtre excommuniée ? Comment exercera-t-elle son ministère ? Si ce 2 juillet est seulement un acte de transgression, il sera vite oublié. Mais si, au contraire, il permet dentrebâiller les portes du dialogue doublement cadenassées, alors Geneviève Beney aura utilement pris le risque de se faire chasser de lÉglise quelle désire tant servir.
(1) Lire sa tribune et notre analyse.
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Prêtrise. Provocation ou prophétie ? par Jérôme Anciberro
La cérémonie « sauvage » dordination presbytérale dune femme revendiquant son attachement à lÉglise catholique romaine qui aura lieu le 2 juillet à Lyon nest-elle qu« un acte de provo- cation qui na pas plus dimportance que le mariage gay de Bègles », comme lexplique un prêtre lyonnais ? Cette ordination nest pourtant pas la première et certainement pas la dernière. Après la septuple ordination du 29 juin 2002 à Passau, à la frontière austro-allemande, celle dune sur dominicaine en Afrique du Sud le 7 août 2003 (immédiatement exclue de son ordre) et celle de la Française Geneviève Beney (1) ce 2 juillet à Lyon, ce sont neuf autres femmes qui devraient être ordonnées le 25 juillet au Canada, sur le fleuve Saint-Laurent. Que va-t-il se passer ? Sans doute la même chose quà chaque fois
Après lordination de Passau de juin 2002 et un bref échange de lettres avec la congrégation pour la Doctrine de la foi, alors dirigée par le cardinal Ratzinger, la sanction était tombée : les sept femmes ordonnées prêtres avaient été excommuniées. Cela na pas empêché que deux dentre elles soient peu de temps après consacrées évêques clandestinement, linstitution catholique officielle ne reconnaissant évidemment pas cette consécration. Dans un communiqué du 26 mai, Robert Wattebled, évêque de Nîmes, diocèse où vit Geneviève Beney, a été on ne peut plus clair sur lordination du 2 juillet : « Une telle célébration tout comme lordination diaconale qui la précédée constitue sans équivoque possible un acte grave de rupture à légard de lÉglise catholique romaine. Conformément au Droit de lÉglise, les personnes concernées devront en assumer les conséquences. » Le groupe à lorigine de ce mouvement sappuie, dune part, sur le Nouveau Testament, dans le-quel on ne trouve pas dindication explicite concernant la prêtrise et, par conséquent, imposant linterdiction du presbytérat pour les femmes et, dautre part, sur lhistoire des premiers siècles de lÉglise, où des femmes-prêtres et même évêques auraient exercé leur ministère. Les objections catholiques officielles sont nombreuses. Lordination des femmes est illicite si lon sen tient au code de droit canonique de lÉglise catholique. Le canon 1024 spécifie que « seul un homme baptisé reçoit validement lordination sacrée ». Par ailleurs, les évêques qui ont procédé à ces ordinations ou consécrations, en tout cas pour ceux qui sont connus, nont pas été nommés ou confirmés par le pape (lire encadré).
Mais lobstacle nest pas seulement légal. Il est aussi théologique. Si les Écritures ne disent pas explicitement quun prêtre doit être un homme, il nempêche que selon ces mêmes textes, Jésus na choisi que des hommes comme apôtres. « Nest-ce dû quau contexte culturel de lépoque ou sagit-il de quelque chose de plus fondamental ? Je pense que sur ce point, le principe de précaution théologique simpose », explique Charles Bonnet, supérieur du séminaire de Lyon.
Un principe de précaution qui ne semble pourtant pas gêner nombre dÉglises protestantes qui sappuient sur les mêmes textes et comptent dans leurs rangs des femmes pasteurs. Mais les protestants ne reconnaissent pas le sacrement de lordre. Une autre question de fond est celle du possible schisme que produirait le choix de lordination des femmes. Lexemple des Églises de confession anglicane, qui ont ouvert le sacerdoce aux femmes à partir de 1976, nest pas fait pour rassurer linstitution catholique. « On a vu des Églises épiscopaliennes qui refusaient de reconnaître des femmes ordonnées dans dautres pays. Les oppositions ont pu être très dures sur ce sujet. On peut imaginer que lordination des femmes pourrait produire un résultat équivalent dans le catholicisme, sinquiète le père Bonnet. Et cela poserait aussi des problèmes pour un rapprochement avec les Églises orthodoxes. » Du côté des groupes catholiques réformateurs, si lon reste prudent, on voit évidemment les choses autrement. « Il sagit avant tout dune démarche personnelle de Geneviève Beney. Nous ne savons pas si ce sera un geste prophétique. Mais la cause en vaut certainement la peine
», déclare Huguette Charrier, de Femmes et Hommes en Église, une association qui entend promouvoir le partenariat et la parité entre hommes et femmes « en Église comme dans la société ». Vaste programme
Lire aussi sa tribune et notre éditorial.
Un évêque très controversé
Les sept femmes ordonnées le 29 juin 2002 à Passau lont été par Romulo Braschi. Né en 1942 en Argentine, ordonné en 1966, Romulo Braschi exerce dabord son ministère dans la banlieue de Buenos Aires. Emprisonné sous la dictature, il séloigne de lÉglise catholique romaine quil estime compromise avec le régime et rejoint lÉglise dissidente « catholique charismatique de Jésus-Roi ». Il aurait reçu une double consécration épiscopale à la fin des années 90, dune part dun évêque dune Église brésilienne dissidente, dautre part, de Geronimo Podesta, véritable évêque catholique romain, qui nexerçait plus de ministère depuis la fin des années 60
puisquil sétait officiellement marié ! Cest dailleurs sa femme qui est venue au secours de linstitution catholique romaine en 2002 en démentant que son mari ait consacré Braschi.
Intransigeance romaine
Cest en 1976, quand la question est soulevée par lÉglise anglicane, que le Vatican sexprime officiellement sur lordination des femmes. La congrégation pour la Doctrine de la foi publie la déclaration Inter Insignores où il est dit que lÉglise « ne se considère pas autorisée à admettre les femmes à lordination sacerdotale ». En 1994, Jean Paul II, dans sa lettre apostolique Ordinatio Sacerdotalis, reprend cette position et affirme quelle « doit être définitivement tenue par tous les fidèles de lÉglise ». En 1995, le cardinal Ratzinger précise que cet enseignement appartient au dépôt de la foi « infailliblement en vertu du magistère ordinaire et universel ». Une formulation qui laisse certains théologiens rêveurs...
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Ordination d'une femme prêtre: mise en garde de l'archevêque de Lyon
Presse Canadienne
LYON, France (AP) - L'archevêché de Lyon a averti mercredi que la "prétendue" ordination à la prêtrise d'une femme, prévue samedi dans la capitale des Gaules, "constituera sans équivoque un acte grave de rupture à l'égard de l'Eglise catholique".
Dans un communiqué, il précise que l'archevêque de Lyon, Mgr Philippe Barbarin, a demandé à cette femme, Geneviève Beney, "de renoncer à ce projet. Il n'y aura, en effet, aucune vérité dans les mots qui seront prononcés, ni dans les actes qui seront posés en cette circonstance. Pour beaucoup de catholiques, ce sera une source de blessures et de souffrances inutiles".
Cette ordination "sauvage" d'une femme prêtre en France, la première dans ce pays, est le prolongement d'un processus remontant au 29 juin 2002: ce jour-là, à Passau (Bavière), quatre Allemandes, deux Autrichiennes et une Américaine avaient été ordonnées au sacerdoce par un évêque indépendant. Elles furent excommuniées et pareil sort semble attendre Geneviève Beney.
Le père Vincent Feroldi, responsable presse de l'archevêché de Lyon, a précisé à l'Associated Press qu'un décret d'excommunication ne sera pas techniquement nécessaire étant donné que cette ordination illégale placera de facto Mme Beney "hors de la communion", c'est à dire non pas hors de l'Eglise, mais ne pouvant plus accéder aux sacrements religieux.
Le code de droit canon précise que parmi les motifs d'excommunication "latae sententiae" (sanction automatique) figurent l'hérésie, l'apostasie, le schisme, la violence contre le pape et la consécration d'un évêque ou d'un prêtre sans mandat du pape.
Quand bien même une telle procédure n'était pas nécessaire, un décret d'excommunication avait toutefois été promulgué par le Saint Siège.
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Notre transgression ne fait que retrouver la Tradition : dans les premiers siècles du christianisme, des femmes furent appelées à être diacres, prêtres et évêques.
Refusant toute provocation, Geneviève Beney voit dans son ordination un moyen de progression vers légalité hommes-femmes.
Le sens de ma transgression par Geneviève Beney
Le 2 juillet à Lyon, je serai seule, en France, à être ordonnée. Mais dautres femmes avant moi ont déjà fait ce choix de la prêtrise au sein de lÉglise catholique romaine et dautres, après moi, sy préparent. Mon choix est libre et en conscience. Lacte que je poserai en ce jour est le fruit dun long et parfois difficile cheminement de vie. Cest un acte mûri qui prend appui sur un discernement personnel et communautaire. Mais il reste néanmoins un acte de transgression. Je précise et jinsiste : il ne sagit pas dune rupture avec lÉglise catholique romaine car, au plus intime de moi-même, je me maintiens dans la communion spirituelle avec la communauté universelle.
Sil y a rupture de ma part, cest avec une situation que je considère comme obsolète car injuste envers les femmes, une situation qui maintient linégalité entre hommes et femmes en matière de responsabilités et de prises de décisions ecclésiales. Par cette transgression, je nattaque personne, je moppose uniquement à la loi canonique (en particulier larticle 1024) qui réserve le ministère presbytéral aux seuls hommes baptisés célibataires.
En conscience, il me semble légitime que cette loi soit enfin modifiée et permette aussi aux hommes mariés et aux femmes mariées ou non daccéder à ce ministère de responsabilité pastorale. Cest une question de dignité humaine que chaque personne puisse choisir selon sa vocation personnelle. La prêtrise nest certes pas un droit, mais pouvoir choisir sa voie en toute liberté, pouvoir répondre en libre choix à lappel reçu en est un. Jai choisi, maintenant, de répondre, librement, à un appel trop longtemps étouffé et nié.
Notre transgression ne fait que retrouver la Tradition : dans les premiers siècles du christianisme, et même jusquà une période avancée de lHistoire, des femmes furent appelées à être diacres, prêtres et évêques. De plus, les études et recherches théologiques et bibliques récentes, réalisées en particulier depuis le Concile Vatican II, ont montré que rien ne faisait obstacle à lordination des femmes. La Tradition a été oubliée. Et le débat sur la question est resté bloqué par des interdits qui nont rien à voir avec la foi chrétienne. La Tradition est vivante et doit sadapter à chaque époque.
à lheure où la société civile oscille entre progrès démocratiques et danger des intégrismes de tous poils, à lheure où parité, égalité et partenariat hommes/femmes commencent à devenir effectifs dans certaines parties du monde alors quailleurs, ils ne sont pas encore à lordre du jour, nest-il pas temps que lÉglise catholique universelle retrouve son rôle prophétique contre les discriminations et oppressions envers les femmes ?
Notre transgression de femmes ordonnées veut donner élan et impulsion prophétique en ce qui concerne la place des femmes dans lÉglise et, par ricochet, dans la société toute entière.
Le moyen que nous utilisons est celui de laction non violente qui met son but dans ses moyens : le but est légalité de fonctions et de responsabilités spirituelles, décisionnelles et pastorales dans lÉglise catholique, le moyen est de faire sauter les entraves qui empêchent datteindre ce but en faisant comme si, déjà, ces entraves nexistaient plus.
Et, par notre action, elles nexistent déjà plus, symboliquement et de fait : il y a déjà eu, il y a maintenant et il y aura encore des femmes appelées à des ministères ecclésiaux, y compris ordonnés ; il y aura encore des femmes répondant : « Me voici, je suis prête. » Telle sera ma réponse quand, au début de la cérémonie, lévêque mappellera par mon nom.
Lire aussi notre éditorial et notre analyse.
Il était une foi...
Geneviève Beney, née à Paris en 1949, a été professeur déducation physique en collège, puis animatrice dun foyer socio-culturel dans une école privée non confessionnelle de Paris. Elle est licenciée en théologie. Mariée avec un protestant, elle a été ordonnée diacre en juin 2004 (ordination non reconnue par linstitution catholique).
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NOVOPRESSE 21 juin 2005 http://lyon.novopress.info/
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:: En voulant devenir prêtre, une femme défie lÉglise
Rubrique : Culture | June 21st, 2005
Religion. Du jamais vu. Le 2 juillet, aura lieu à Lyon la première ordination dune femme prêtre en France.
Stupeur dans lÉglise catholique lyonnaise. Le 2 juillet, la Capitale des Gaules sera le théâtre dun événement sans précédent. Un phénomène absolument illicite aux yeux de lÉglise catholique. Ce jour-là, Geneviève Beney, Gardoise de 56 ans, mariée et sans enfants sera en effet la première femme prêtre ordonnée en France. Linformation était révélée la semaine dernière par le quotidien le Monde, qui indiquait que la cérémonie se déroulerait sur la Saône et le Rhône à bord dune péniche*. Lintéressée, que nous avons contactée, nous a déclaré : Ce qui importe est lacte posé. Il doit parler de lui-même. Je ne refuse pas systématiquement de mexprimer dans la presse ou les médias, mais ce nest pas le moment. Jaurais lair de me justifier et de me mettre en avant. Ce que je refuse absolument.
Une discrétion relative, car depuis plusieurs mois le Groupe des femmes ordonnées, dont Geneviève Beney est membre, invite qui veut à participer à la navigation du 2 juillet, puis à assister à lordination de neuf autres femmes, fin juillet, sur le fleuve Saint-Laurent, au Canada. Ce Groupe des femmes ordonnées se situe à la marge de lÉglise catholique, dans la mouvance de réseaux contestataires comme le Mouvement pour lordination des femmes, Nous sommes aussi lÉglise ou encore les Réseaux du Parvis, très actifs en Amérique du Nord, en Allemagne et en Autriche. Geneviève Beney sera dailleurs ordonnée par une Allemande et une Autrichienne, deux femmes elles-mêmes ordonnées prêtres, en 2002, à deux pas du village natal du nouveau pape Benoît XVI
Dans sa Hirtinnenbrief (lettre pastorale) de mars 2005, le Groupe des femmes ordonnées annonce la couleur sans équivoque : Parce que nous vivons une époque de transition, nous voulons réclamer pour les femmes légalité du droit à lordination. Et nous avons besoin de le faire contra legem pour casser une loi injuste et cependant rester résolument dans lÉglise. Nous devons agir de façon claire pour promouvoir légalité du droit des femmes à être ordonnées afin de briser le sexisme effréné des structures de notre Église.
Querelle théologique
Cette première ordination féministe à Lyon sinscrit donc dans le vaste mouvement qui milite pour la place de la femme dans la société. Après larmée ou lÉtat, lÉglise de France est la nouvelle institution ciblée. Pour ces mouvements féministes, de même que la parité hommes/femmes doit permettre la construction dune société plus juste, de même le droit accordé aux femmes dexercer une autorité dans la communauté des croyants doit permettre la construction dune Église plus évangélique. Le père Charles Bonnet, supérieur du séminaire universitaire Saint-Irénée, basé à Francheville, qui en connaît un rayon sur la formation des prêtres et la baisse des vocations
masculines, nest pas surpris : Dans notre culture unisexe, où lidentité se manifeste par légalité, toutes les institutions sont invitées à résorber les différences. LÉglise, elle, continue de dire que lidentité ne signifie pas forcément légalité. Pour ma part, je reconnais que le débat sur lordination des femmes doit exister dans lÉglise mais, à mon sens, il nest pas encore assez mûr. Il faut continuer à réfléchir sur ce que lon peut faire.
Une déclaration un brin en décalage avec la position officielle de lÉglise catholique qui, envers et contre tout, depuis Rome, reste imperturbable. Sous prétexte que le Christ na choisi lui-même que des hommes pour être ses apôtres. Voilà donc pourquoi lÉglise catholique na jamais emboîté le pas à lÉglise anglicane qui, pour sa part, ordonne prêtres des femmes depuis 1994. À Rome, la porte est fermée depuis le concile Vatican II (1962-1965). Pourtant, selon Christian Terras, directeur de Golias, revue catholique critique lyonnaise (Voir Lyon Capitale n° 523), Paul VI (1963-1978) lavait entrouverte : Il avait demandé à une commission de dix-sept théologiens et exégètes de se prononcer sur cette question. Cette commission a publié un texte dans lequel douze dentre eux disaient : A priori, rien dans la tradition ne peut interdire cette ordination. Mais, avec le branle-bas de combat qua constitué Vatican II dans lÉglise, Paul VI na pas donné suite, de peur daugmenter la fracture avec les intégristes. En 1994, Jean-Paul II, voyant les premières ordinations de femmes, a complètement refermé cette porte. Il a déclaré, du haut de son infaillibilité pontificale, quune telle ordination était interdite. Enfin, en 2001, Jean-Paul II et Ratzinger ont définitivement fermé cette porte en interdisant même aux femmes de devenir diacres.
Selon le même Christian Terras, qui connaît Geneviève Beney et lune de ses enquêtes sur les femmes dans lÉglise depuis trois ans, le verrouillage de Rome sur la question est tel quil ny a plus quà désobéir, à transgresser : Il ny a quun mouvement dopinion publique à lintérieur même de lÉglise qui puisse arriver à débloquer les choses.
Golias, un ami de longue date
Ce discours, on ne peut plus au diapason avec celui du Groupe des femmes ordonnées de Geneviève Beney, nexplique-t-il pas que cette première ordination sauvage en France soit prévue à Lyon ? La question mérite dêtre posée. Certes, la symbolique de leau qui évoque la rencontre avec Dieu, source vive, est avancée. Certes, la symbolique des premiers martyrs chrétiens de Lyon, en 177, est également mise en avant pour manifester la précarité de ces militantes au sein de lÉglise catholique. Mais la raison fondamentale est plutôt à rechercher dans un défi lancé au cardinal Philippe Barbarin. Un prélat jeune, dynamique, à la fois moderne et tradi qui, depuis le départ à la retraite de Mgr Lustiger, est appelé à prendre de limportance dans lÉglise de France. Alors, est-ce Golias qui a suggéré à Geneviève Beney et à ses amies lidée de venir à Lyon ? Après un grand éclat de rire, Christian Terras nous a déclaré : Ces femmes sont assez grandes pour se déterminer elles-mêmes, mais nos échanges ont été fructueux. Mgr Barbarin est un cardinal très médiatique, qui ne manque pas une occasion de parler. Venir à Lyon pour un événement pareil, cest lassurance davoir quelquun qui ne restera pas silencieux.
Pour linstant, leffet recherché est nul, dans la mesure où le cardinal de Lyon a décidé de sen tenir au communiqué rédigé par Mgr Robert Wattebled, archevêque du diocèse de Nîmes, dont dépend Geneviève Beney : Une telle célébration tout comme lordination diaconale qui la précédée constitue sans équivoque possible un acte grave de rupture à légard de lÉglise catholique romaine. Conformément au droit de lÉglise, les personnes concernées devront en assumer les conséquences. Il est évident quaucune communauté catholique ne peut soutenir en quelque manière que ce soit une telle initiative. Dans la communion de notre Église, nous aurons à cur de prier lEsprit de vérité, dunité et de charité. Pour lheure, il est donc clair que la conséquence immédiate de cette ordination sauvage à Lyon sera lexcommunication de ses acteurs. Une menace qui laisse de marbre les intéressées, car lexcommunication est une sanction qui interdit la participation aux sacrements, mais qui nexclut pas de lÉglise. À moyen terme, les conséquences de cet acte sont encore floues. Pour le père Charles Bonnet, cette transgression sera du même ordre que le mariage homosexuel de Bègles avec Noël Mamère. Un geste spectaculaire qui fera la une des journaux mais qui, dans les faits, sera nul. Certains diront quelles ont raison. Dautres se durciront. Une idée que partage le père Vincent Féroldi, directeur de la communication du diocèse de Lyon : Je crains quune telle provocation ne durcisse les choses. Cette attitude risque de pousser le magistère à se raidir sur la question du ministère ordonné féminin. De son côté, Christian Terras voit bien sûr les choses dun autre il : Cest une dynamique, un mouvement de lhistoire quon ne pourra pas arrêter. LÉglise sera bien obligée de se coltiner le problème.
Source : Lyon Capitale N° 528
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LIBERATION VENDREDI 1ER JUILLET 2005
A Lyon, la «mère Geneviève» hérisse le cardinal
Première ordination illégale d'une femme prêtre en France, samedi.
Par Alice GERAUD
vendredi 01 juillet 2005 (Liberation - 06:00)
Lyon correspondance
Geneviève Beney, dame catholique de 56 ans, fait voir rouge le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon. Bravant la loi de l'Eglise, elle s'apprête à se faire ordonner prêtre par deux évêques femmes, elles aussi ordonnées illégalement (au regard du droit canon) en juin 2002. Toutes se réclament du mouvement Women Ordination World Wide, courant contestataire au sein de l'Eglise catholique. La cérémonie, une première en France, aura lieu samedi à Lyon à bord d'un bateau loué. «Le bateau, c'est un symbole très présent dans la Bible. Comme l'Arche de Noé, c'est un lieu d'accueil», dit Elfride Hart, l'une des fondatrices du mouvement. Etre sur un bateau nous permet aussi d'échapper aux pressions de l'épiscopat. Les églises ne sont pas vraiment prêtes à nous ouvrir leurs portes.»
Avant d'embarquer, elle a prévu d'organiser une conférence de presse et d'inviter plusieurs évêques femmes, un prêtre néerlandais, et des membres du mouvement venus de toute l'Europe à l'investiture de la première femme prêtre de France. «Prétendue femme prêtre, précise l'archevêché qui n'hésite pas à qualifier l'initiative d'«acte grave». Selon le père Vincent Feroldi, porte-parole du diocèse, «cette ordination est une parodie d'ordination». Mercredi, le cardinal Barbarin a prévenu la contrevenante qu'elle encourait l'excommunication. Réaction à laquelle s'attend Geneviève Beney. En juin 2002, sept femmes, quatre Allemandes, deux Autrichiennes et une Américaine, qui s'étaient fait ordonner prêtres sur le Danube avaient subi le même sort.
Jointe par téléphone il y a quelques semaines, Geneviève Beney expliquait qu'elle ne souhaitait pas se mettre «en position de rupture avec l'Eglise». «Il s'agit d'un acte symbolique pour tenter de faire avancer les choses et faire en sorte que l'Eglise vive enfin avec son temps», expliquait-elle. Geneviève Beney n'a pas toujours été militante pour la réforme de l'Eglise. Née à Paris dans une famille catholique «modeste», elle était prof de gym et de danse avant de tout plaquer pour étudier la théologie à Strasbourg. Elle dit avoir ensuite cherché sa place dans l'Eglise, sans parvenir à la trouver. A la fin des années 80, elle s'est installée dans le Gard où elle a rencontré son mari, un protestant. Dans leur village de Saint-Victor-des-Oules (Gard), elle propose ses services à la paroisse. Lorsqu'elle est devenue diacre l'an dernier, l'évêque de Nîmes lui avait envoyé un avertissement. Geneviève Beney n'en a pas tenu compte : «Ma décision est l'aboutissement de tout un cheminement personnel, je ne pouvais pas m'arrêter là.»
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxREUTERS 2 JUILLET RADIO CANADA Une femme ordonnée prêtre à Lyon
samedi 02 juillet 2005 (Reuters - 19:49)
LYON - Geneviève Beney, une femme mariée de 56 ans, a été ordonnée prêtre samedi en fin de journée à Lyon par trois femmes évêques venues d'Allemagne, d'Autriche et d'Afrique du sud.
L'archevêque de Lyon, le cardinal Philippe Barbarin, a réagit par l'intermédiaire d'un simple communiqué : "Cet acte relève de l'effet d'annonce. Il ne remplit aucune des conditions requises par l'Eglise catholique. Une telle cérémonie constitue sans équivoque un acte grave de rupture à l'égard de l'Eglise catholique".
La cérémonie s'est déroulé sur la Saône, sur un bateau qui a quitté le quai Rambaud, dans le deuxième arrondissement, à 17h00, avec une soixantaine de participants catholiques militant pour l'ordination des femmes.
Geneviève Beney, qui est monté discrètement sur le bateau, n'était pas présente à la conférence de presse organisée avant l'embarquement. Mais elle s'est exprimée par l'intermédiaire d'une déclaration lu par Gisela Forster, l'évêque allemande.
"Aujourd'hui, je suis seule, en France à être ordonnée. L'acte que je pose en ce jour est le fruit d'un long et parfois difficile cheminement de vie", a-t-elle dit.
"C'est un acte mûri qui prend appui sur un discernement personnel et communautaire mais il reste, néanmoins un acte de transgression", a reconnu Genevière Beney. "Il ne s'agit pas d'une rupture avec l'Eglise catholique romaine car, au plus intime de moi-même, je me maintiens dans la communion spirituelle avec la communauté universelle".
L'Eglise devrait en principe l'excommunier.
Geneviève Beney explique son geste, qu'elle veut symbolique, comme "une rupture avec une situation obsolète car injuste envers les femmes, une situation qui maintient l'inégalité entre hommes et femmes en matière de responsabilités et de prises de décisions ecclésiales".
AU MOINS 60 FEMMES SE PREPARENT A L'ORDINATION
« Par cette décision, je n'attaque personne », a-t-elle souligné. "Je m'oppose uniquement à la loi canonique qui réserve le ministère presbytérien aux seuls hommes baptisés célibataires".
Geneviève Beney a par ailleurs appelé "à une modification de la loi permettant aussi aux hommes mariés, aux femmes mariées ou non d'accéder à ce ministère de responsabilité pastorale".
Gisela Forster, vêtue d'une aube dans les dégradés de rouge, a expliqué pourquoi elle ordonnait régulièrement des femmes dans le monde, plus particulièrement dans des pays anglo-saxons.
"Une ordination est comme un don. J'ai reçu l'imposition des mains d'une personne qui avait confiance en moi et, à travers mes mains, je transmets de la force et de la confiance à une autre personne dans laquelle je découvre des dons et des talents qui la rendent apte pour oeuvrer comme prêtre".
Patricia Fresen, évêque originaire d'Afrique du Sud, a annoncé de son côté que, "après Geneviève Beney, neuf autres femmes seront ordonnées le 25 juillet sur le Saint-Laurent au Canada". Elle a précisé que "plus de 60 femmes de divers pays - Allemagne, Autriche, Suisse, Pays-Bas, Suède, Canada, Etats-Unis - suivaient actuellement le programme de préparation à l'ordination".
Geneviève Beney, qui avait déjà été ordonnée diacre en 2004 dans des conditions similaires, a exercé diverses professions - professeur d'éducation physique, professeur de danse, animatrice d'un foyer socio-culturel dans un lycée privée de Paris... Elle a suivi des études de théologie à la faculté de Strasbourg, où elle a obtenu une licence. Elle est militante du mouvement contestataire catholique "Women Ordination World Wide".
Sans enfant, elle est mariée à un protestant, Albert Ratz, qui a participé à la cérémonie. « C'est un acte magnifique qui sert à résister contre les blocages incompréhensibles de la religion catholique », a-t-il dit en montant sur le bateau.
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LIBERATION 1er JUILLET 2005
Dispense papale de célibat pour l'abbé
Patrick Balland, ex-pasteur protestant, a été ordonné en Belgique.
Par Catherine COROLLER
vendredi 01 juillet 2005 (Liberation - 06:00)
ien que marié, Patrick Balland, 55 ans et père de quatre enfants, a été ordonné prêtre catholique le 26 juin dans la cathédrale Saint-Aubain de Namur (Belgique), comme le révèle l'hebdomadaire la Vie. Pour accéder à ce ministère, cet abbé, soumis à l'obligation de célibat, dû obtenir une dispense du pape Jean Paul II. «Je suis un cas particulier instauré par Pie XII qui permet aux pasteurs luthériens, anglicans et calvinistes mariés qui entrent dans l'Eglise catholique d'être ordonnés», explique-t-il. Ce libéralisme n'est pas désintéressé : l'Eglise catholique, manquant de vocations, espère ainsi ramener dans son giron des brebis égarées. Jean Paul II aurait accordé des dispenses de célibat à deux cents prêtres anglicans ou pasteurs convertis.
Né dans une famille protestante suisse, Patrick Balland a exercé comme pasteur avant de se convertir en 1991, imité par sa femme un an plus tard. «Je suis entré dans l'Eglise catholique en fils obéissant. Jean Paul II aurait pu me dire : "On préfère que vous restiez théologien laïque", j'aurais accepté. J'ai laissé l'Eglise discerner si j'avais une vocation sacerdotale ou pas», dit-il. Pendant douze ans, Benoît XVI, alors cardinal, étudie le dossier. Le 7 mai 2004, Jean Paul II donne son feu vert. Patrick Balland peut être ordonné.
De son passé protestant, il ne conserve aucun penchant libéral. Il n'entend pas se transformer en avocat des prêtres mariés : «Cela arrivera peut-être un jour mais il faudra du temps», déclare-t-il, ajoutant : «J'ai des amis prêtres qui sont très bien dans leur célibat et qui vivent une paternité spirituelle avec leurs paroissiens.» Et il n'a pas davantage l'intention de défendre l'accès des femmes à la prêtrise.
Interrogé sur l'ordination de Geneviève Beney (lire ci-dessus), il perd toute onction ecclésiale : «Je refuse que mon cas soit mis en parallèle avec cette ordination sauvage que je condamne radicalement. Sur le célibat des prêtres, l'Eglise romaine peut évoluer, c'est de l'ordre, de la discipline. L'ordination des femmes n'est pas du tout de même nature. Il n'y aura jamais de femmes prêtres, non par discrimination, mais parce que cela relève du dogme de la foi. Le prêtre qui offre un sacrifice au nom du Christ ne peut pas être une femme. C'est intangible».
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Communiqué de presse :
Eglise catholique-chrétienne: une deuxième femme recevra lordination à la prêtrise
Le 21 mai 2005, lévêque Fritz-René Müller ordonnera la diacre Anne-Marie Kaufmann-Konrad à la prêtrise à léglise St-Pierre à La Chaux-de-Fonds.
Il lui transmettra les signes du ministère presbytal. Par limposition des mains, elle sera accueillie dans le collège des prêtres.
Il y a six ans, lEglise catholique-chrétienne de la Suisse a apporté une modification à la Constitution qui permet dorénavant dordonner des femmes au ministère apostolique. Madame Kaufmann est la deuxième femme à choisir cette voie.
A lintérieur de la communauté vieille-catholique de lUnion dUtrecht, lordination des femmes sest imposée dans les Eglises de lEurope occidentale.
LEglise tchèque ordonne des femmes uniquement au diaconat et lEglise polonaise est toujours dans lexpectative.
La Polish National Catholic Church aux Etats-Unis et au Canada sest séparée de lUnion dUtrecht entre autre pour cette question.
Madame Kaufmann a fait ses études de théologie à la Faculté de théologie catholique-chrétienne et de théologie réformée évangélique de lUniversité de Berne. Elle a reçu sa formation pratique comme diacre dans les paroisses de Möhlin et de Bienne. Après sa consécration elle sera proposée à lélection comme curé à la paroisse de La Chaux-de-Fonds. Anne-Marie Kaufmann est mère de trois enfants et dirige avec son mari une exploitation agricole.
La célébration religieuse débutera à 10h30.
Berne, le 12 mai 2005
Maja Weyermann
Chargée de linformation de lEglise catholique-chrétienne de la Suisse
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CROYANTS EN SARTHE Pour une recherche spirituelle dans le dialogue entre les différentes traditions religieuses et philosophiques.
Pour un libre débat dans l'Eglise catholique sur son fonctionnement et son rapport aux femmes et aux hommes d'aujourd'hui.
Contre tous les intégrismes, fondamentalismes et pratiques de secte.
"C'est pour que nous restions libres que le Christ nous a libérés. Donc tenez bon et ne vous remettez pas sous le joug de l'esclavage" (Epître de Paul aux Galates, ch 5, v 1).
Croyants en liberté Sarthe
est membre du réseau
Chrétiens en liberté pour
d'autres visages d'Eglise
Croyants en liberté Sarthe
Ludmila Javorova
femme prêtre de l'Eglise catholique clandestine dans la Tchécoslovaquie communiste, ignorée par le Vatican après la chute du mur de Berlin
Traduction de Chronique , une critique de livres du journal "El Mundo", journal espagnol.
EGLISE : Licenciée par le Vatican
Ludmila, le seul prêtre en jupons. Elle dit la messe depuis 31 ans. Elle a exercé le sacerdoce dans la clandestinité, en Tchécoslovaquie, dans l'attitude secrète d'un espion. Depuis, Rome lui a interdit d'exercer ses fonctions. Claret Editorial vient de publier "Des profondeurs. L'histoire de Ludmila Javorova ", de Miriam Therese Winter - JOSÉ MANUEL VIDAL
Elle est sortie de chez elle avec le long vêtement noir des dimanches. C'était minuit, la nuit de du 28 décembre 1970. Elle a regardé, à gauche et droite, pour à s'assurer que personne ne l'épiait puis, en courant presque, elle a parcouru la courte distance qui la séparait de l'étage de l'évêque. Dans le bureau de Félix María Davidek, archevêque de Brno, tout était prêt. Ludmila Javorova a sonné deux longues fois et une courte, le signal convenu. Elle était rayonnante de bonheur. Enfin, à 38 ans, allait s'accomplir le rêve de sa vie. Avant d'entamer l'antique cérémonial, Mgr Davidek lui demanda à nouveau: "Veux-tu le recevoir?", "Oui, je le veux ", répondit-elle.
Alors, l'archevêque catholique Davidek a entamé le cérémonial du sacrement de l'ordre sacerdotal; il lui a imposé ses mains, comme signe extérieur de ce dernier, dans la ville morave de Brno, en la présence d'un frère de l'archevêque, comme témoin. Ensuite, elle a célébré sa première messe, a effectué sa première consécration du pain et du vin et a donné sa première bénédiction aux deux personnes présentes. "De retour à maison, il pleurait à verse pour toutes les années où j'avais contenu mes larmes", rappelle-t-elle.
Depuis lors, elle est devenue la première "prêtresse" catholique du monde dans les derniers 20 siècles (nombre de théologiens assurent que, jusqu'au 1er siècle , l'Église catholique a compté des femmes prêtres et diacres).
Comme tel, Ludmila disait la messe tous les jours, seule, dans sa maison de Brno, sans même que ses parents le sachent. C'étaient les années de plomb de la dictature communiste en Tchécoslovaquie et dans tout le Centre de l'Europe. L'Église catholique était poursuivie, contrôlée par l'État. On l'appelait "l'Église du silence" et "l'Église martyre". L'actuel archevêque de Prague, Mgr Vlk, a travaillé plus de 20 années comme simple plongeur...
Pour déjouer la police communiste, l'archevêque Davidek a ordonné en secret 17 évêques, certains d'entre eux mariés et pères de famille, et 68 prêtres hommes, beaucoup d'entre eux mariés. Elle a gardé le secret, mais beaucoup des Catholiques clandestins slovaques connaissaient alors sa condition sacerdotale et ils l'acceptaient comme telle. Plus encore, il lui est arrivé d'être "vicaire général", c'est-à-dire, la numéro deux de l'archidiocèse de Brno. Après la chute du Mur de Berlin, se révéla au grand jour l'existence de l'Église clandestine tchèque Et avec elle, l'existence d'une femme prêtre.
Ludmila a attendu jusqu'à 1989, l'année de la "révolution de velours", pour demander la reconnaissance ecclésiale et l'aide du Pape. "J'ai d'abord essayé d'obtenir une entrevue avec le Pape par le biais du cardinal Wyszynski de Pologne, mais sans l'obtenir. Je lui ai ensuite demandé directement son aide pour qu'il m'accepte comme je suis. Je lui ai écrit une lettre qui disait simplement: "Saint Père, j'ai reçu l'ordination sacerdotale dans ces circonstances, et maintenant, je vous le communique".
Mais dix années sont passées et le Vatican a donné l'ordre de se taire pour toute réponse. Ce n'est qu'ensuite, en 1995, que Ludmila a publiquement reconnu sa condition Et, seulement alors, la hiérarchie romaine a réagi.
Quand à Rome, on s'est avisé de l'existence, d'au moins, une femme prêtre, d'évêques mariés et de prêtres avec des fils et des petits-fils, s'est répandu la panique dans la Curie. Le Pape a chargé le cardinal Ratzinger de mettre de l'ordre. Rome a nié la validité de l'ordination sacerdotale de Ludmila Javorova et des quatre évêques mariés.
Elle a accepté la décision du Vatican, mais elle continue à proclamer que, quoique n'exerçant plus, elle est prêtre. Il assure, par exemple, que dans la Tchécoslovaquie d'alors, il y avait deux types de clergé. Celui de "première ligne", absolument fidèle à l'État et contrôlé par l'appareil communiste (après la chute du communisme, ses membres ont continué à exercer leur ministère sans aucun problème venu de Rome). L'autre clergé, nommé de "seconde ligne", avait choisi d'agir clandestinement pour maintenir l'intégrité de la foi catholique. Son ministère avait été invisible et son ordination secrète à la demande du Vatican même, qui leur avait interdit coopérer avec les communistes.
Toutefois, la réponse de Rome, après la chute du Mur de Berlin, fut "de reconnaître le sacerdoce des collaborationnistes et le nier aux clandestins", dit-elle, douloureuse: "En conséquence, aux yeux de Rome, ce qui avait été considéré comme légitime et même héroïque sous les forces du communisme , était interprété comme un sacerdoce parallèle et un problème à résoudre".
Mais, quoique que Rome essaye de le dissimuler, Fridolin est un évêque marié et Ludmila Javorova une femme prêtre. Un symbole vif existe déjà dans l'Église catholique, que la hiérarchie s'échine à nier: un prêtre en jupons.
Traduit par Le Mulot Le Pharisien libéré - 13 janvier 2002
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L'auteur du livre : Miriam Therese Winter http://mtwinter.hartsem.edu/
Le Livre dont parle El Mundo: http://mtwinter.hartsem.edu/Depths.htm (sur le site de l'auteur)
http://www.futurechurch.org/newsletter/fall01/ludmila.htm sur le site de "Future Church", une espèce de "Wir sind auch Kirche" américain,
sur le site de Belief.net : http://www.beliefnet.com/story/79/story_7920_1.html
Voir enfin le site http://www.womenpriests.org/fr/ (en français), spécialement consacré à l'ordination des femmes prêtres dans l'Eglise catholique romaine.
Enfin le site de l'association chrétienne féministe Femmes et Hommes en Eglise.
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LA CROIX DU 3 JUILLET 2005
03-07-2005