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L'équipe de Cap 21 Pays de la Loire, vous souhaite la bienvenue sur son blog. Lancé en décembre 2004, ce blog est au service de ceux qui recherchent des articles d'information sur les sujets abordant les enjeux de santé-environnement, protection de la nature, qualité de la vie, transport, urbanisme, vie politique de la région, etc, dans une posture d'ouverture du local à l' international. Sur un même sujet, vous pouvez trouver des avis divergents, c'est fait exprès, - la source est toujours indiquée en bas de l'article -. Outre ces informations, vous trouvez nos opinions à travers nos interventions, communiqués et aussi sur le mot du jour "Contre-pente". Depuis le 11 mars 2007, à l'occasion des élections présidentielles, CAP 21 rallié résolument François Bayrou. Son score en Anjou a été magnifique (+ 23 %). Le futur MoDem, qui sera officiellement et statutaire les 1er ou 2 décembre, rassemble des hommes et des femmes venus de l'UDF, de CAP 21 et beaucoup de nouveaux militants en politique. Les 535 candidats aux législatives ont permis de confirmer l'émergence de ce nouveau parti, différent, rassembleur, troisième force politique, qui a montré sa force aux législatives, qui doit concrétiser aux prochines élections, cantonales et municipales.

Bernadette Caillard-Humeau, Conseillère municipale d'Angers, Déléguée d'Angers Loire Métropole

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Samedi 2 juillet 2005
REVUE DE PRESSE DU 27 MAI AU 3 JUILLET 2005 xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxLE MONDE 27 MAI 2005 http://www.lemonde.fr/ Bientôt, la première ordination "sauvage" d'une femme prêtre à Lyon LE MONDE | 26.05.05 | 13h07  •  Mis à jour le 26.05.05 | 13h37 A 8 heures par e-mail, recevez la Check-list, votre quotidien du matin. Abonnez-vous au Monde.fr lle s'appelle Geneviève Beney. Elle a 56 ans, est mariée, sans enfants, et habite un petit village du Gard, Saint-Victor-des-Oules. Dans quelques semaines, elle sera la première femme prêtre ordonnée en France et, sur-le-champ, excommuniée. La cérémonie aura lieu à Lyon, le samedi 2 juillet, sur une péniche qui partira de Port-Rambaud et naviguera sur la Saône et sur le Rhône. Elle durera près de six heures. Les demandes de participation ­ de 50 euros par personne pour la navigation et le buffet du soir ­ affluent de l'Europe et des Etats-Unis. Trois semaines plus tard, neuf autres femmes devraient aussi être ordonnées sur le fleuve Saint-Laurent au Canada. Cette première ordination "sauvage" d'une femme en France se tiendra symboliquement à Lyon, capitale des "premiers martyrs chrétiens". Et, comme au Canada, elle aura lieu sur un bateau et un fleuve pour manifester la précarité de la situation de ces militantes qui protestent contre la discrimination sexiste au sein de l'Eglise catholique. Geneviève Beney sera ordonnée prêtre par deux "femmes évêques" , Gisela Forster et Christine Mayr-Lumetzberger, qui avaient été "consacrées" , en juin 2004, par un évêque schismatique dont le nom est tenu secret. Cette Allemande et cette Autrichienne ­ avec sept autres femmes ­ avaient été ordonnées prêtres deux ans plus tôt, à Passau (Bavière), dans le diocèse de Munich, près du village natal de Benoît XVI ! Ces manifestations avaient provoqué de sérieuses passes d'armes entre le futur pape, alors préfet de la doctrine romaine, et ces femmes en rébellion contre leur Eglise. Née à Paris, la future première femme prêtre a fait des études de théologie à la faculté de Strasbourg. Elle fut professeur d'éducation physique, puis animatrice culturelle à l'Ecole alsacienne, établissement scolaire huppé de Paris. Dans l'Eglise, elle se situe"à la marge" , dans les réseaux contestataires (Mouvement pour l'ordination des femmes, Nous sommes aussi l'Eglise), développés aux Etats-Unis, en Allemagne, en Autriche et aux Pays-Bas. Geneviève Beney a suivi un "séminaire clandestin" avant d'être ordonnée diacre à Passau. Aussitôt connue la nouvelle de ce premier acte de dissidence, elle avait reçu une lettre de mise en garde de son évêque à Nîmes, Mgr Robert Wattebled. Elle n'ignore pas la peine d'excommunication bientôt encourue, mais veut poser un "acte prophétique de rupture" . Cette première ordination sacerdotale d'une femme en France jette déjà le trouble dans les associations féministes et dans les mouvements de contestation catholiques, partagés entre la fidélité au combat qu'ils mènent depuis longtemps contre le refus de l'Eglise d'ordonner des femmes et le risque de rejet de la communion catholique. En Europe, au Canada, aux Etats-Unis, une cinquantaine de femmes seraient prêtes à ce qu'elles appellent une "transgression de conscience" . Les ennuis commencent-ils pour Benoît XVI ? Henri Tincq Article paru dans l'édition du 27.05.05 LE FIGARO 27 MAI 2005 Geneviève Beney, 56 ans, va être excommuniée L'«ordination» provocation d'une femme prêtre Sophie de Ravinel [27 mai 2005] Geneviève Beney était lasse d'attendre. Bien décidée à devenir prêtre pour l'Église catholique, l'unique solution consistait donc à transformer ses rêves en réalité. Cette femme de 56 ans s'apprête à transgresser les lois canoniques et la profession de foi catholique le 2 juillet prochain. Sur un bateau naviguant sur la Saône et le Rhône, aux alentours de Lyon, elle sera «ordonnée prêtre de l'Église catholique» par deux consoeurs. Ces dernières, une Allemande et une Autrichienne, avaient été «ordonnées» en 2002 par l'évêque schismatique argentin Romulo Antonio Braschi, puis consacrées à l'épiscopat deux ans plus tard. Le bateau sur lequel se déroulera la cérémonie veut être «le signe concret du déplacement et de la progression des femmes dans l'Église». C'est en tout cas ce qu'explique la revue réformatrice Les Réseaux du parvis dans le faire-part de l'ordination publié le mois dernier. Geneviève Beney, qui a fréquenté la faculté de théologie de Strasbourg dans les années quatre-vingt, alimente de temps en temps la revue par ses contributions. Lorsque l'on tente de la joindre pour lui demander dans quelle galère son choix risque de l'embarquer, c'est son «compagnon de vie», Albert, qui prend la communication. Il explique que Geneviève est «terriblement déçue». «Ce qui est une première en France devait rester secret jusqu'en juillet prochain. Maintenant que Le Monde a publié l'information (dans son édition en date d'aujourd'hui), nous risquons d'en être empêchés par des traditionalistes en soutane avec des rangers aux pieds, explique-t-il. Il s'agit d'une action longuement méditée, non violente, de désobéissance à la loi canonique de l'Église catholique.» Pour sa part, Geneviève Beney sait «risquer l'excommunication», mais «souhaite poser un acte symbolique pour faire avancer l'égalité hommes-femmes». Romulo Antonio Braschi, qui a «ordonné» les premières femmes prêtres au cours de l'été 2002, est aussi le fondateur d'une secte, Jesus Rey, revendiquant 13 000 adhérents dans le monde. Pourtant ces femmes ont toujours affirmé appartenir à l'Église catholique. Geneviève Beney affirme avoir déjà été ordonnée diacre en Allemagne l'an dernier, après avoir suivi une formation spécifique par correspondance. Dans une lettre publiée à l'époque, elle précisait déjà que ce geste était «responsable et aimant, symbolique et prophétique». Il visait à «établir l'égale dignité des femmes dans l'Église, sans rien ôter à celle des hommes de la hiérarchie catholique». Son évêque, Mgr Robert Wattebled, du diocèse de Nîmes, lui avait à l'époque envoyé une lettre de mise en garde, lui demandant de ne pas commettre «une grave erreur». De fait, si elle a bien été «ordonnée» diacre, Geneviève Beney est d'ores et déjà excommuniée, selon le droit de l'Église catholique. Hier soir, et en raison des vagues médiatiques attendues, Mgr Robert Wattebled a souligné dans un communiqué qu'il s'agissait d'un «acte grave de rupture à l'égard de l'Église catholique romaine». «Il est évident, a-t-il ajouté, qu'aucune communauté catholique ne peut soutenir de quelque manière que ce soit une telle initiative.» Il a invité les fidèles à prier «l'Esprit de vérité, d'unité et de charité». «De nombreux journalistes, déclare pour sa part le compagnon de Geneviève, ont déjà réservé leur place sur le bateau.» La position du Vatican [27 mai 2005] En juillet 2002, le secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Mgr Tarcisio Bertone, avait fermement réagi lorsque le projet d'ordination de femmes en Autriche avait été rendu public. Le texte, valable pour le cas de Geneviève Beney, affirmait que, suite au document apostolique Ordinatio sacerdotalis de Jean-Paul II, «l'Eglise ne détient pas le pouvoir d'ordonner des femmes à la prêtrise et par conséquent les fidèles doivent considérer cette décision comme définitive». Il était précisé que «les ordinations en question ne sont qu'un simulacre de sacrements et de ce fait se rendent invalides et nulles : en outre, elles représentent une faute grave contre l'institution divine de l'Eglise». L'évêque qui avait pratiqué ces ordinations appartenant à une communauté schismatique, il s'agissait par ailleurs «d'une faute grave contre l'unité de l'Eglise». xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx 01-07-2005 LA CROIX VENDREDI 1er JUILLET 2005 http://www.la-croix.com/ Une Française revendique l’ordination Geneviève Beney serait «ordonnée» prêtre à l’occasion d’une cérémonie organisée sur une péniche à Lyon, samedi 2 juillet, acte déjà condamné par l’Église catholique Haussement d’épaules. Régine Maire, membre du conseil épiscopal de l’archevêché de Lyon, refuse d’accorder trop d’attention à ce qu’elle appelle une «transgression». À savoir la cérémonie d’«ordination» sacerdotale d’une femme, Geneviève Beney, samedi 2 juillet à Lyon sur une péniche. Le mot de «transgression» est d’ailleurs utilisé par Geneviève Beney elle-même, théologienne de 55 ans, licenciée de la faculté de Strasbourg, qui s’en explique dans Témoignage chrétien (sollicitée à plusieurs reprises par La Croix, elle a préféré ne pas nous répondre avant son «ordination»). Elle affirme cependant rester «dans la communion spirituelle avec la communauté universelle » de l’Église catholique. Ce n’est pas l’avis de l’archevêque de Lyon, le cardinal Philippe Barbarin, qui, après lui avoir envoyé personnellement une lettre, estime, dans un communiqué «qu’il n’y a aucune vérité dans les mots qui seront prononcés, ni dans les actes qui seront posés en cette circonstance». Une situation estimée injuste Geneviève Beney, mariée sans enfant, se situe dans la mouvance des sept femmes «ordonnées» prêtres en juin 2002 sur le Danube, et qui avaient été, par la suite, excommuniées latae sententiae (de fait) par l’Église catholique. Après un an et demi de formation, elle-même est devenue «diacre» en juin 2004. Affirmant ne pas souhaiter faire un «coup médiatique», elle veut, dit-elle, lutter ainsi contre une situation estimée injuste, «qui réserve aux seuls hommes célibataires la prêtrise», et induit «l’inégalité des hommes et femmes en matière de responsabilité ecclésiale». Une «revendication un peu dépassée», aux yeux de Régine Maire, qui estime que les femmes exercent aujourd’hui de nombreuses responsabilités dans l’Église. «Quant au problème du ministère, il dépasse d’ailleurs celui des femmes et concerne tous les laïcs engagés dans l’Église», ajoute-t-elle. De fait, une enquête réalisée par La Croix indiquait récemment que plus d’un tiers des diocèses compte aujourd’hui des femmes dans leur conseil épiscopal (sorte de conseil d’administration). Quant aux enseignantes, dans les instituts de formation comme les universités catholiques, elles sont nombreuses. «Personnellement, je n’ai jamais éprouvé de mal à participer à des responsabilités de la vie ecclésiale», témoigne une autre Lyonnaise, Catherine Perrotin, enseignante en éthique à l’Institut catholique de Lyon. Pour elle, il existe de multiples manières d’être associé, et «la vraie question» porte plutôt sur la capacité à la collaboration de ceux qui sont en place, capacité variable selon les évêques. «Le ministère n’est pas un obstacle en soi», affirme-t-elle encore. La lettre Ordinatio sacerdotalis a voulu figer la réponse Il est vrai que, du côté du ministère, les choses semblent aujourd’hui durablement figées. La lettre apostolique de Jean-Paul II Ordinatio sacerdotalis (1994) a, en effet, confirmé, avec un degré d’autorité plus grand, la déclaration Inter insignores de la Congrégation pour la doctrine de la foi qui, en 1976, rejetait l’ordination presbytérale des femmes. La lettre de 1994 avait, à l’époque, été commentée par le cardinal Joseph Ratzinger comme ayant un caractère «définitif» – ce sont ses termes. «À partir du moment où l’on emploie le terme définitif, on place la déclaration dans l’orbite de l’infaillibilité pontificale», analyse ainsi le P. Laurent Villemin, ecclésiologue à la Catho de Paris. L’opposition à l’accès des femmes au ministère presbytéral repose, selon ces deux documents, sur trois raisons. Tout d’abord, alors que les femmes jouent un rôle décisif dans la vie de Jésus, le Christ a choisi ses apôtres parmi les hommes. Ensuite, la tradition de l’Église a toujours observé fidèlement ce choix du Christ. Enfin, le magistère ne l’a jamais remis en cause. Les deux déclarations ne s’engagent que sur ces arguments. On ne trouve donc pas de considérations d’ordre symbolique concernant le rôle du prêtre, (quand il célèbre l’Eucharistie, il agit in «persona Christi»), ni la symbolique des épousailles entre le Christ (représenté par le prêtre) et l’Église (l’épouse). Pour sa part, le théologien dominicain Hervé Legrand (1), affirme qu’il n’existe pas d’obstacle dans la Bible et la tradition à ce que l’ordination puisse habiliter une femme à exercer une «charge pastorale» (sans évoquer explicitement le presbytérat). La question de l’ordination des femmes ne se pose d’ailleurs pas de la même manière pour le diaconat et le presbytérat. La Commission théologique internationale (dont le président n’est autre que le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi) a rendu en 2003 un avis ouvert sur l’accès des femmes au diaconat, en refusant de trancher au regard de l’histoire. Avis particulièrement intéressant, car jusqu’ici, s’agissant des femmes, on a beaucoup utilisé les arguments de la tradition et du magistère. Les premiers temps de l’Église ont en effet vu des femmes diacres. Mais la Commission a estimé ne pouvoir savoir si leur implication liturgique était alors de nature sacramentelle. Jusqu’ici, ni le pape, ni la Congrégation pour la doctrine de la foi ne se sont prononcés sur ce point. Isabelle de GAULMYN (1) «Traditio perpetuo servata ? La non-ordination des femmes : tradition ou simple fait historique ?», dans Rituels. Mélanges offerts au Père Gy, Paris, Cerf, 1990, pp. 393-416. *** L’évêque de Namur a ordonné un homme marié Dimanche 26 juin, Mgr André-Mutien Léonard, évêque de Namur, a ordonné prêtre un homme marié et père de trois enfants. Aucune transgression pour cet évêque qui se dit «profondément attaché au célibat ecclésiastique, bien vécu dans l’Église latine». C’est avec l’accord de Jean-Paul II, obtenu en mai 2004, qu’il accueille dans son presbytérium Patrick Balland, ancien pasteur protestant de 55 ans. Né dans le protestantisme, marié en 1980, celui-ci est entré en 1987 dans la Compagnie des pasteurs de Genève, dont il démissionne en 1992 à la suite d’un long cheminement qui aboutit à sa confirmation par le cardinal Henri Schwery, alors évêque de Sion. Souhaitant devenir prêtre, il reçoit les encouragements du cardinal Ratzinger mais son dossier traîne plusieurs années entre la Suisse et Rome. Il se tourne alors vers Mgr Guy Bagnard, évêque de Belley-Ars, qui l’accueille favorablement, mais la Conférence des évêques de France refuse le principe de l’ordination d’un homme marié. Ayant reçu le soutien des cardinaux Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, et Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, il se tourne finalement vers Mgr Léonard qui l’ordonne diacre en 2004. «Il s’agit moins de l’ordination d’un homme marié que de l’accueil d’un ancien pasteur», précise celui-ci dans le numéro de cette semaine de La Vie, qui raconte son parcours. Depuis la première dispense de ce type, accordée par Pie XII en 1951, environ 300 anciens pasteurs protestants ou prêtres anglicans mariés ont ainsi été accueillis dans l’Église catholique latine. xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx TEMOIGNAGE CHRETIEN JEUDI 30 JUIN 2005 http://www.temoignagechretien.fr/index.php L’ordination de Geneviève Beney ce 2 juillet à Lyon est activement dénoncée par les autorités catholiques. La politique de l’autruche des responsables catholiques n’est pas la plus habile pour renouer le dialogue. L’Église et les femmes   par Noël Bouttier Ce samedi 2 juillet, la France des églises va connaître un petit événement : la première ordination sauvage d’une femme. Lyon – et le symbole n’est pas mince – accueille cette première qui va sans doute plaire aux gazettes. Celles-ci, dans un rapprochement audacieux, y verront un remake du mariage entre homosexuels à la mairie de Bègles voici treize mois. Avec un scénario cousu de fil blanc : une Église dirigée par des hommes s’oppose à l’arrivée de femmes en son sein… En fait, la question est plus sérieuse car elle signe le divorce entre une partie des femmes catholiques et l’institution. Geneviève Beney, qui s’exprime dans nos colonnes (1), traduit son exaspération. « La prêtrise n’est certes pas un droit, écrit-elle, mais pouvoir choisir sa voie en toute liberté, pouvoir répondre en libre choix à l’appel reçu en est un. J’ai choisi, maintenant, de répondre, librement à un appel trop longtemps étouffé et nié. » En mettant en œuvre sa volonté d’être ordonnée prêtre, cette femme de 56 ans sait qu’elle se place en dehors de l’Église catholique qu’elle entend servir. Son intransigeance, que l’on pourra juger suicidaire ou prophétique, pose la question du dialogue dans l’Église. Le simple rappel du droit canon ne suffit pas car, alors, la question vient tout de suite aux lèvres : pourquoi ne pas faire évoluer ce fameux droit canon ? Par-delà la revendication de la prêtrise, Geneviève Beney interpelle l’Église catholique : quelle place donne-t-elle à ces croyantes qui veulent répondre radicalement à l’appel du Christ ? Les propositions d’animation liturgique, d’accompagnement catéchétique des enfants ou d’organisation de fêtes paroissiales ne sauraient étancher la soif de servir exprimée par certaines femmes. D’aucuns railleront leur volonté de s’inscrire dans les pas du prêtre. Elles se plairaient, disent-ils, à reproduire le clivage clercs/ laïcs. L’argumentation est un peu courte, elle fut celle que l’on servit à ces femmes qui, dans les années 80, menèrent bataille pour la parité en politique. On sait que la suite des événements leur donna raison. Même si le pouvoir ecclésial ne saurait se calquer sur les réalités temporelles, le catholicisme doit se demander pourquoi, parmi les religions très présentes dans la sphère occidentale, il est le seul à refuser toute présence féminine dans son clergé. Il peut exister des raisons intéressantes, encore faudrait-il que l’on ait le droit de les discuter sérieusement. Disons-le franchement, la politique de l’autruche des responsables catholiques n’est pas la plus habile pour renouer le dialogue. Il faudrait, par exemple, s’interroger sur le diaconat féminin et se donner du temps pour analyser les effets d’une telle nouveauté. Est-ce que l’Église serait plus « écoutante », perdrait son image dogmatique, expérimenterait un nouveau partage de pouvoir ? Ce n‘est pas céder à l’air du temps que d’appeler de ses vœux un souffle féminin sur l’Église romaine… Cette ordination illégale pour l’institution va-t-elle faire progresser les « droits des femmes » dans les Églises. On peut émettre des réserves. Prendre de front l’ensemble du clergé et une bonne partie des fidèles risque plutôt de radicaliser les positions. Comment ouvrir, par exemple, le chantier du diaconat si l’on déclare d’emblée que cela débouchera sur l’accès au ministère ? On ne fait pas évoluer deux mille ans de christianisme par une initiative unilatérale dans la Capitale des Gaules. Et puis, quelle sera la place de cette femme prêtre excommuniée ? Comment exercera-t-elle son ministère ? Si ce 2 juillet est seulement un acte de transgression, il sera vite oublié. Mais si, au contraire, il permet d’entrebâiller les portes du dialogue doublement cadenassées, alors Geneviève Beney aura utilement pris le risque de se faire chasser de l’Église qu’elle désire tant servir. (1) Lire sa tribune et notre analyse. xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx Prêtrise. Provocation ou prophétie ?   par Jérôme Anciberro La cérémonie « sauvage » d’ordination presbytérale d’une femme revendiquant son attachement à l’Église catholique romaine qui aura lieu le 2 juillet à Lyon n’est-elle qu’« un acte de provo- cation qui n’a pas plus d’importance que le mariage gay de Bègles », comme l’explique un prêtre lyonnais ? Cette ordination n’est pourtant pas la première et certainement pas la dernière. Après la septuple ordination du 29 juin 2002 à Passau, à la frontière austro-allemande, celle d’une sœur dominicaine en Afrique du Sud le 7 août 2003 (immédiatement exclue de son ordre) et celle de la Française Geneviève Beney (1) ce 2 juillet à Lyon, ce sont neuf autres femmes qui devraient être ordonnées le 25 juillet au Canada, sur le fleuve Saint-Laurent. Que va-t-il se passer ? Sans doute la même chose qu’à chaque fois… Après l’ordination de Passau de juin 2002 et un bref échange de lettres avec la congrégation pour la Doctrine de la foi, alors dirigée par le cardinal Ratzinger, la sanction était tombée : les sept femmes ordonnées prêtres avaient été excommuniées. Cela n’a pas empêché que deux d’entre elles soient peu de temps après consacrées évêques clandestinement, l’institution catholique officielle ne reconnaissant évidemment pas cette consécration. Dans un communiqué du 26 mai, Robert Wattebled, évêque de Nîmes, diocèse où vit Geneviève Beney, a été on ne peut plus clair sur l’ordination du 2 juillet : « Une telle célébration – tout comme “l’ordination diaconale” qui l’a précédée – constitue sans équivoque possible un acte grave de rupture à l’égard de l’Église catholique romaine. Conformément au Droit de l’Église, les personnes concernées devront en assumer les conséquences. » Le groupe à l’origine de ce mouvement s’appuie, d’une part, sur le Nouveau Testament, dans le-quel on ne trouve pas d’indication explicite concernant la prêtrise et, par conséquent, imposant l’interdiction du presbytérat pour les femmes et, d’autre part, sur l’histoire des premiers siècles de l’Église, où des femmes-prêtres et même évêques auraient exercé leur ministère. Les objections catholiques officielles sont nombreuses. L’ordination des femmes est illicite si l’on s’en tient au code de droit canonique de l’Église catholique. Le canon 1024 spécifie que « seul un homme baptisé reçoit validement l’ordination sacrée ». Par ailleurs, les évêques qui ont procédé à ces ordinations ou consécrations, en tout cas pour ceux qui sont connus, n’ont pas été nommés ou confirmés par le pape (lire encadré). Mais l’obstacle n’est pas seulement légal. Il est aussi théologique. Si les Écritures ne disent pas explicitement qu’un prêtre doit être un homme, il n’empêche que selon ces mêmes textes, Jésus n’a choisi que des hommes comme apôtres. « N’est-ce dû qu’au contexte culturel de l’époque ou s’agit-il de quelque chose de plus fondamental ? Je pense que sur ce point, le “principe de précaution théologique” s’impose », explique Charles Bonnet, supérieur du séminaire de Lyon. Un principe de précaution qui ne semble pourtant pas gêner nombre d’Églises protestantes qui s’appuient sur les mêmes textes et comptent dans leurs rangs des femmes pasteurs. Mais les protestants ne reconnaissent pas le sacrement de l’ordre. Une autre question de fond est celle du possible schisme que produirait le choix de l’ordination des femmes. L’exemple des Églises de confession anglicane, qui ont ouvert le sacerdoce aux femmes à partir de 1976, n’est pas fait pour rassurer l’institution catholique. « On a vu des Églises épiscopaliennes qui refusaient de reconnaître des femmes ordonnées dans d’autres pays. Les oppositions ont pu être très dures sur ce sujet. On peut imaginer que l’ordination des femmes pourrait produire un résultat équivalent dans le catholicisme, s’inquiète le père Bonnet. Et cela poserait aussi des problèmes pour un rapprochement avec les Églises orthodoxes. » Du côté des groupes catholiques réformateurs, si l’on reste prudent, on voit évidemment les choses autrement. « Il s’agit avant tout d’une démarche personnelle de Geneviève Beney. Nous ne savons pas si ce sera un geste prophétique. Mais la cause en vaut certainement la peine… », déclare Huguette Charrier, de Femmes et Hommes en Église, une association qui entend promouvoir le partenariat et la parité entre hommes et femmes « en Église comme dans la société ». Vaste programme… Lire aussi sa tribune et notre éditorial. Un évêque très controversé… Les sept femmes ordonnées le 29 juin 2002 à Passau l’ont été par Romulo Braschi. Né en 1942 en Argentine, ordonné en 1966, Romulo Braschi exerce d’abord son ministère dans la banlieue de Buenos Aires. Emprisonné sous la dictature, il s’éloigne de l’Église catholique romaine qu’il estime compromise avec le régime et rejoint l’Église dissidente « catholique charismatique de Jésus-Roi ». Il aurait reçu une double consécration épiscopale à la fin des années 90, d’une part d’un évêque d’une Église brésilienne dissidente, d’autre part, de Geronimo Podesta, véritable évêque catholique romain, qui n’exerçait plus de ministère depuis la fin des années 60… puisqu’il s’était officiellement marié ! C’est d’ailleurs sa femme qui est venue au secours de l’institution catholique romaine en 2002 en démentant que son mari ait consacré Braschi. Intransigeance romaine C’est en 1976, quand la question est soulevée par l’Église anglicane, que le Vatican s’exprime officiellement sur l’ordination des femmes. La congrégation pour la Doctrine de la foi publie la déclaration Inter Insignores où il est dit que l’Église « ne se considère pas autorisée à admettre les femmes à l’ordination sacerdotale ». En 1994, Jean Paul II, dans sa lettre apostolique Ordinatio Sacerdotalis, reprend cette position et affirme qu’elle « doit être définitivement tenue par tous les fidèles de l’Église ». En 1995, le cardinal Ratzinger précise que cet enseignement appartient au dépôt de la foi « infailliblement en vertu du magistère ordinaire et universel ». Une formulation qui laisse certains théologiens rêveurs... xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx Ordination d'une femme prêtre: mise en garde de l'archevêque de Lyon Presse Canadienne LYON, France (AP) - L'archevêché de Lyon a averti mercredi que la "prétendue" ordination à la prêtrise d'une femme, prévue samedi dans la capitale des Gaules, "constituera sans équivoque un acte grave de rupture à l'égard de l'Eglise catholique". Dans un communiqué, il précise que l'archevêque de Lyon, Mgr Philippe Barbarin, a demandé à cette femme, Geneviève Beney, "de renoncer à ce projet. Il n'y aura, en effet, aucune vérité dans les mots qui seront prononcés, ni dans les actes qui seront posés en cette circonstance. Pour beaucoup de catholiques, ce sera une source de blessures et de souffrances inutiles". Cette ordination "sauvage" d'une femme prêtre en France, la première dans ce pays, est le prolongement d'un processus remontant au 29 juin 2002: ce jour-là, à Passau (Bavière), quatre Allemandes, deux Autrichiennes et une Américaine avaient été ordonnées au sacerdoce par un évêque indépendant. Elles furent excommuniées et pareil sort semble attendre Geneviève Beney. Le père Vincent Feroldi, responsable presse de l'archevêché de Lyon, a précisé à l'Associated Press qu'un décret d'excommunication ne sera pas techniquement nécessaire étant donné que cette ordination illégale placera de facto Mme Beney "hors de la communion", c'est à dire non pas hors de l'Eglise, mais ne pouvant plus accéder aux sacrements religieux. Le code de droit canon précise que parmi les motifs d'excommunication "latae sententiae" (sanction automatique) figurent l'hérésie, l'apostasie, le schisme, la violence contre le pape et la consécration d'un évêque ou d'un prêtre sans mandat du pape. Quand bien même une telle procédure n'était pas nécessaire, un décret d'excommunication avait toutefois été promulgué par le Saint Siège. xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx Notre transgression ne fait que retrouver la Tradition : dans les premiers siècles du christianisme, des femmes furent appelées à être diacres, prêtres et évêques. Refusant toute provocation, Geneviève Beney voit dans son ordination un moyen de progression vers l’égalité hommes-femmes. Le sens de ma transgression   par Geneviève Beney Le 2 juillet à Lyon, je serai seule, en France, à être ordonnée. Mais d’autres femmes avant moi ont déjà fait ce choix de la prêtrise au sein de l’Église catholique romaine et d’autres, après moi, s’y préparent. Mon choix est libre et en conscience. L’acte que je poserai en ce jour est le fruit d’un long et parfois difficile cheminement de vie. C’est un acte mûri qui prend appui sur un discernement personnel et communautaire. Mais il reste néanmoins un acte de transgression. Je précise et j’insiste : il ne s’agit pas d’une rupture avec l’Église catholique romaine car, au plus intime de moi-même, je me maintiens dans la communion spirituelle avec la communauté universelle. S’il y a rupture de ma part, c’est avec une situation que je considère comme obsolète car injuste envers les femmes, une situation qui maintient l’inégalité entre hommes et femmes en matière de responsabilités et de prises de décisions ecclésiales. Par cette transgression, je n’attaque personne, je m’oppose uniquement à la loi canonique (en particulier l’article 1024) qui réserve le ministère presbytéral aux seuls hommes baptisés célibataires. En conscience, il me semble légitime que cette loi soit enfin modifiée et permette aussi aux hommes mariés et aux femmes mariées ou non d’accéder à ce ministère de responsabilité pastorale. C’est une question de dignité humaine que chaque personne puisse choisir selon sa vocation personnelle. La prêtrise n’est certes pas un droit, mais pouvoir choisir sa voie en toute liberté, pouvoir répondre en libre choix à l’appel reçu en est un. J’ai choisi, maintenant, de répondre, librement, à un appel trop longtemps étouffé et nié. Notre transgression ne fait que retrouver la Tradition : dans les premiers siècles du christianisme, et même jusqu’à une période avancée de l’Histoire, des femmes furent appelées à être diacres, prêtres et évêques. De plus, les études et recherches théologiques et bibliques récentes, réalisées en particulier depuis le Concile Vatican II, ont montré que rien ne faisait obstacle à l’ordination des femmes. La Tradition a été oubliée. Et le débat sur la question est resté bloqué par des interdits qui n’ont rien à voir avec la foi chrétienne. La Tradition est vivante et doit s’adapter à chaque époque. à l’heure où la société civile oscille entre progrès démocratiques et danger des intégrismes de tous poils, à l’heure où parité, égalité et partenariat hommes/femmes commencent à devenir effectifs dans certaines parties du monde alors qu’ailleurs, ils ne sont pas encore à l’ordre du jour, n’est-il pas temps que l’Église catholique universelle retrouve son rôle prophétique contre les discriminations et oppressions envers les femmes ? Notre transgression de femmes ordonnées veut donner élan et impulsion prophétique en ce qui concerne la place des femmes dans l’Église et, par ricochet, dans la société toute entière. Le moyen que nous utilisons est celui de l’action non violente qui met son but dans ses moyens : le but est l’égalité de fonctions et de responsabilités spirituelles, décisionnelles et pastorales dans l’Église catholique, le moyen est de faire sauter les entraves qui empêchent d’atteindre ce but en faisant comme si, déjà, ces entraves n’existaient plus. Et, par notre action, elles n’existent déjà plus, symboliquement et de fait : il y a déjà eu, il y a maintenant et il y aura encore des femmes appelées à des ministères ecclésiaux, y compris ordonnés ; il y aura encore des femmes répondant : « Me voici, je suis prête. » Telle sera ma réponse quand, au début de la cérémonie, l’évêque m’appellera par mon nom. Lire aussi notre éditorial et notre analyse. Il était une foi... Geneviève Beney, née à Paris en 1949, a été professeur d’éducation physique en collège, puis animatrice d’un foyer socio-culturel dans une école privée non confessionnelle de Paris. Elle est licenciée en théologie. Mariée avec un protestant, elle a été ordonnée diacre en juin 2004 (ordination non reconnue par l’institution catholique). xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx NOVOPRESSE 21 juin 2005 http://lyon.novopress.info/ contact@novopress.info contact-lyon@novopress.info Dans le monde de la pensée et de l’information unique, un monde où Big Brother voit, entend, lit et dirige tout ; un monde où la manipulation et le spectacle dominent la vérité et la réalité, il est urgent et vital qu’une information alternative et sans tabous puisse être transmise. Tel est le but de Novopress : être une agence de presse internationale, iconoclaste et réactive. Novopress tentera d'analyser les faces cachées de l’actualité et d’en expliquer les véritables causes et implications, mais aussi de vous tenir au courant de tous ces "petits" événements qui pèsent parfois tellement lourd dans notre vie quotidienne. Novopress se veut aussi un espace des libertés informatives, un média pour vous et avec vous. En nous transmettant des informations, en faisant circuler un article lu dans un journal ou sur le Net, vous contribuerez à l'élaboration d'une contre-information audacieuse et indépendante. Ni vraie virtualité, ni fausses réalités. Sortez du monde imaginaire, lisez et faites lire Novopress ! Vous voulez devenir correspondant de Novopress ? Contactez nous !        :: En voulant devenir prêtre, une femme défie l’Église Rubrique : Culture   |  June 21st, 2005 Religion. Du jamais vu. Le 2 juillet, aura lieu à Lyon la première ordination d’une femme prêtre en France. Stupeur dans l’Église catholique lyonnaise. Le 2 juillet, la Capitale des Gaules sera le théâtre d’un événement sans précédent. Un phénomène absolument illicite aux yeux de l’Église catholique. Ce jour-là, Geneviève Beney, Gardoise de 56 ans, mariée et sans enfants sera en effet la première femme prêtre ordonnée en France. L’information était révélée la semaine dernière par le quotidien le Monde, qui indiquait que la cérémonie se déroulerait sur la Saône et le Rhône à bord d’une péniche*. L’intéressée, que nous avons contactée, nous a déclaré : “Ce qui importe est l’acte posé. Il doit parler de lui-même. Je ne refuse pas systématiquement de m’exprimer dans la presse ou les médias, mais ce n’est pas le moment. J’aurais l’air de me justifier et de me mettre en avant. Ce que je refuse absolument.” Une discrétion relative, car depuis plusieurs mois le “Groupe des femmes ordonnées”, dont Geneviève Beney est membre, invite qui veut à participer à la navigation du 2 juillet, puis à assister à l’ordination de neuf autres femmes, fin juillet, sur le fleuve Saint-Laurent, au Canada. Ce Groupe des femmes ordonnées se situe à la marge de l’Église catholique, dans la mouvance de réseaux contestataires comme le “Mouvement pour l’ordination des femmes”, “Nous sommes aussi l’Église” ou encore les “Réseaux du Parvis”, très actifs en Amérique du Nord, en Allemagne et en Autriche. Geneviève Beney sera d’ailleurs ordonnée par une Allemande et une Autrichienne, deux femmes elles-mêmes ordonnées prêtres, en 2002, à deux pas du village natal du nouveau pape Benoît XVI… Dans sa Hirtinnenbrief (lettre pastorale) de mars 2005, le Groupe des femmes ordonnées annonce la couleur sans équivoque : “Parce que nous vivons une époque de transition, nous voulons réclamer pour les femmes l’égalité du droit à l’ordination. Et nous avons besoin de le faire contra legem pour casser une loi injuste et cependant rester résolument dans l’Église. Nous devons agir de façon claire pour promouvoir l’égalité du droit des femmes à être ordonnées afin de briser le sexisme effréné des structures de notre Église.” Querelle théologique Cette première ordination “féministe” à Lyon s’inscrit donc dans le vaste mouvement qui milite pour la place de la femme dans la société. Après l’armée ou l’État, l’Église de France est la nouvelle institution ciblée. Pour ces mouvements féministes, de même que la parité hommes/femmes doit permettre la construction d’une société plus juste, de même le droit accordé aux femmes d’exercer une autorité dans la communauté des croyants doit permettre la construction d’une Église plus évangélique. Le père Charles Bonnet, supérieur du séminaire universitaire Saint-Irénée, basé à Francheville, qui en connaît un rayon sur la formation des prêtres et la baisse des vocations… masculines, n’est pas surpris : “Dans notre culture unisexe, où l’identité se manifeste par l’égalité, toutes les institutions sont invitées à résorber les différences. L’Église, elle, continue de dire que l’identité ne signifie pas forcément l’égalité. Pour ma part, je reconnais que le débat sur l’ordination des femmes doit exister dans l’Église mais, à mon sens, il n’est pas encore assez mûr. Il faut continuer à réfléchir sur ce que l’on peut faire.” Une déclaration un brin en décalage avec la position officielle de l’Église catholique qui, envers et contre tout, depuis Rome, reste imperturbable. Sous prétexte que le Christ n’a choisi lui-même que des hommes pour être ses apôtres. Voilà donc pourquoi l’Église catholique n’a jamais emboîté le pas à l’Église anglicane qui, pour sa part, ordonne prêtres des femmes depuis 1994. À Rome, la porte est fermée depuis le concile Vatican II (1962-1965). Pourtant, selon Christian Terras, directeur de Golias, revue catholique critique lyonnaise (Voir Lyon Capitale n° 523), Paul VI (1963-1978) l’avait entrouverte : “Il avait demandé à une commission de dix-sept théologiens et exégètes de se prononcer sur cette question. Cette commission a publié un texte dans lequel douze d’entre eux disaient : “A priori, rien dans la tradition ne peut interdire cette ordination.” Mais, avec le branle-bas de combat qu’a constitué Vatican II dans l’Église, Paul VI n’a pas donné suite, de peur d’augmenter la fracture avec les intégristes. En 1994, Jean-Paul II, voyant les premières ordinations de femmes, a complètement refermé cette porte. Il a déclaré, du haut de son infaillibilité pontificale, qu’une telle ordination était interdite. Enfin, en 2001, Jean-Paul II et Ratzinger ont définitivement fermé cette porte en interdisant même aux femmes de devenir diacres.” Selon le même Christian Terras, qui connaît Geneviève Beney et l’une de ses enquêtes sur les femmes dans l’Église depuis trois ans, le verrouillage de Rome sur la question est tel qu’il n’y a plus qu’à désobéir, à transgresser : “Il n’y a qu’un mouvement d’opinion publique à l’intérieur même de l’Église qui puisse arriver à débloquer les choses.” Golias, un ami de longue date…Ce discours, on ne peut plus au diapason avec celui du Groupe des femmes ordonnées de Geneviève Beney, n’explique-t-il pas que cette première ordination “sauvage” en France soit prévue à Lyon ? La question mérite d’être posée. Certes, la symbolique de l’eau qui évoque la rencontre avec Dieu, “source vive”, est avancée. Certes, la symbolique des premiers martyrs chrétiens de Lyon, en 177, est également mise en avant pour manifester la précarité de ces militantes au sein de l’Église catholique. Mais la raison fondamentale est plutôt à rechercher dans un défi lancé au cardinal Philippe Barbarin. Un prélat jeune, dynamique, à la fois moderne et “tradi” qui, depuis le départ à la retraite de Mgr Lustiger, est appelé à prendre de l’importance dans l’Église de France. Alors, est-ce Golias qui a suggéré à Geneviève Beney et à ses amies l’idée de venir à Lyon ? Après un grand éclat de rire, Christian Terras nous a déclaré : “Ces femmes sont assez grandes pour se déterminer elles-mêmes, mais nos échanges ont été fructueux. Mgr Barbarin est un cardinal très médiatique, qui ne manque pas une occasion de parler. Venir à Lyon pour un événement pareil, c’est l’assurance d’avoir quelqu’un qui ne restera pas silencieux.” Pour l’instant, l’effet recherché est nul, dans la mesure où le cardinal de Lyon a décidé de s’en tenir au communiqué rédigé par Mgr Robert Wattebled, archevêque du diocèse de Nîmes, dont dépend Geneviève Beney : “Une telle célébration – tout comme l’ordination diaconale qui l’a précédée – constitue sans équivoque possible un acte grave de rupture à l’égard de l’Église catholique romaine. Conformément au droit de l’Église, les personnes concernées devront en assumer les conséquences. Il est évident qu’aucune communauté catholique ne peut soutenir en quelque manière que ce soit une telle initiative. Dans la communion de notre Église, nous aurons à cœur de prier l’Esprit de vérité, d’unité et de charité.” Pour l’heure, il est donc clair que la conséquence immédiate de cette ordination “sauvage” à Lyon sera l’excommunication de ses acteurs. Une menace qui laisse de marbre les intéressées, car “l’excommunication est une sanction qui interdit la participation aux sacrements, mais qui n’exclut pas de l’Église”. À moyen terme, les conséquences de cet acte sont encore floues. Pour le père Charles Bonnet, “cette transgression sera du même ordre que le mariage homosexuel de Bègles avec Noël Mamère. Un geste spectaculaire qui fera la une des journaux mais qui, dans les faits, sera nul. Certains diront qu’elles ont raison. D’autres se durciront”. Une idée que partage le père Vincent Féroldi, directeur de la communication du diocèse de Lyon : “Je crains qu’une telle provocation ne durcisse les choses. Cette attitude risque de pousser le magistère à se raidir sur la question du ministère ordonné féminin.” De son côté, Christian Terras voit bien sûr les choses d’un autre œil : “C’est une dynamique, un mouvement de l’histoire qu’on ne pourra pas arrêter. L’Église sera bien obligée de se coltiner le problème.” Source : Lyon Capitale N° 528 xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx LIBERATION VENDREDI 1ER JUILLET 2005 A Lyon, la «mère Geneviève» hérisse le cardinal Première ordination illégale d'une femme prêtre en France, samedi. Par Alice GERAUD vendredi 01 juillet 2005 (Liberation - 06:00) Lyon correspondance Geneviève Beney, dame catholique de 56 ans, fait voir rouge le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon. Bravant la loi de l'Eglise, elle s'apprête à se faire ordonner prêtre par deux évêques femmes, elles aussi ordonnées illégalement (au regard du droit canon) en juin 2002. Toutes se réclament du mouvement Women Ordination World Wide, courant contestataire au sein de l'Eglise catholique. La cérémonie, une première en France, aura lieu samedi à Lyon à bord d'un bateau loué. «Le bateau, c'est un symbole très présent dans la Bible. Comme l'Arche de Noé, c'est un lieu d'accueil», dit Elfride Hart, l'une des fondatrices du mouvement. Etre sur un bateau nous permet aussi d'échapper aux pressions de l'épiscopat. Les églises ne sont pas vraiment prêtes à nous ouvrir leurs portes.» Avant d'embarquer, elle a prévu d'organiser une conférence de presse et d'inviter plusieurs évêques femmes, un prêtre néerlandais, et des membres du mouvement venus de toute l'Europe à l'investiture de la première femme prêtre de France. «Prétendue femme prêtre, précise l'archevêché qui n'hésite pas à qualifier l'initiative d'«acte grave». Selon le père Vincent Feroldi, porte-parole du diocèse, «cette ordination est une parodie d'ordination». Mercredi, le cardinal Barbarin a prévenu la contrevenante qu'elle encourait l'excommunication. Réaction à laquelle s'attend Geneviève Beney. En juin 2002, sept femmes, quatre Allemandes, deux Autrichiennes et une Américaine, qui s'étaient fait ordonner prêtres sur le Danube avaient subi le même sort. Jointe par téléphone il y a quelques semaines, Geneviève Beney expliquait qu'elle ne souhaitait pas se mettre «en position de rupture avec l'Eglise». «Il s'agit d'un acte symbolique pour tenter de faire avancer les choses et faire en sorte que l'Eglise vive enfin avec son temps», expliquait-elle. Geneviève Beney n'a pas toujours été militante pour la réforme de l'Eglise. Née à Paris dans une famille catholique «modeste», elle était prof de gym et de danse avant de tout plaquer pour étudier la théologie à Strasbourg. Elle dit avoir ensuite cherché sa place dans l'Eglise, sans parvenir à la trouver. A la fin des années 80, elle s'est installée dans le Gard où elle a rencontré son mari, un protestant. Dans leur village de Saint-Victor-des-Oules (Gard), elle propose ses services à la paroisse. Lorsqu'elle est devenue diacre l'an dernier, l'évêque de Nîmes lui avait envoyé un avertissement. Geneviève Beney n'en a pas tenu compte : «Ma décision est l'aboutissement de tout un cheminement personnel, je ne pouvais pas m'arrêter là.» xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxREUTERS 2 JUILLET RADIO CANADA Une femme ordonnée prêtre à Lyon samedi 02 juillet 2005 (Reuters - 19:49) LYON - Geneviève Beney, une femme mariée de 56 ans, a été ordonnée prêtre samedi en fin de journée à Lyon par trois femmes évêques venues d'Allemagne, d'Autriche et d'Afrique du sud. L'archevêque de Lyon, le cardinal Philippe Barbarin, a réagit par l'intermédiaire d'un simple communiqué : "Cet acte relève de l'effet d'annonce. Il ne remplit aucune des conditions requises par l'Eglise catholique. Une telle cérémonie constitue sans équivoque un acte grave de rupture à l'égard de l'Eglise catholique". La cérémonie s'est déroulé sur la Saône, sur un bateau qui a quitté le quai Rambaud, dans le deuxième arrondissement, à 17h00, avec une soixantaine de participants catholiques militant pour l'ordination des femmes. Geneviève Beney, qui est monté discrètement sur le bateau, n'était pas présente à la conférence de presse organisée avant l'embarquement. Mais elle s'est exprimée par l'intermédiaire d'une déclaration lu par Gisela Forster, l'évêque allemande. "Aujourd'hui, je suis seule, en France à être ordonnée. L'acte que je pose en ce jour est le fruit d'un long et parfois difficile cheminement de vie", a-t-elle dit. "C'est un acte mûri qui prend appui sur un discernement personnel et communautaire mais il reste, néanmoins un acte de transgression", a reconnu Genevière Beney. "Il ne s'agit pas d'une rupture avec l'Eglise catholique romaine car, au plus intime de moi-même, je me maintiens dans la communion spirituelle avec la communauté universelle". L'Eglise devrait en principe l'excommunier. Geneviève Beney explique son geste, qu'elle veut symbolique, comme "une rupture avec une situation obsolète car injuste envers les femmes, une situation qui maintient l'inégalité entre hommes et femmes en matière de responsabilités et de prises de décisions ecclésiales". AU MOINS 60 FEMMES SE PREPARENT A L'ORDINATION « Par cette décision, je n'attaque personne », a-t-elle souligné. "Je m'oppose uniquement à la loi canonique qui réserve le ministère presbytérien aux seuls hommes baptisés célibataires". Geneviève Beney a par ailleurs appelé "à une modification de la loi permettant aussi aux hommes mariés, aux femmes mariées ou non d'accéder à ce ministère de responsabilité pastorale". Gisela Forster, vêtue d'une aube dans les dégradés de rouge, a expliqué pourquoi elle ordonnait régulièrement des femmes dans le monde, plus particulièrement dans des pays anglo-saxons. "Une ordination est comme un don. J'ai reçu l'imposition des mains d'une personne qui avait confiance en moi et, à travers mes mains, je transmets de la force et de la confiance à une autre personne dans laquelle je découvre des dons et des talents qui la rendent apte pour oeuvrer comme prêtre". Patricia Fresen, évêque originaire d'Afrique du Sud, a annoncé de son côté que, "après Geneviève Beney, neuf autres femmes seront ordonnées le 25 juillet sur le Saint-Laurent au Canada". Elle a précisé que "plus de 60 femmes de divers pays - Allemagne, Autriche, Suisse, Pays-Bas, Suède, Canada, Etats-Unis - suivaient actuellement le programme de préparation à l'ordination". Geneviève Beney, qui avait déjà été ordonnée diacre en 2004 dans des conditions similaires, a exercé diverses professions - professeur d'éducation physique, professeur de danse, animatrice d'un foyer socio-culturel dans un lycée privée de Paris... Elle a suivi des études de théologie à la faculté de Strasbourg, où elle a obtenu une licence. Elle est militante du mouvement contestataire catholique "Women Ordination World Wide". Sans enfant, elle est mariée à un protestant, Albert Ratz, qui a participé à la cérémonie. « C'est un acte magnifique qui sert à résister contre les blocages incompréhensibles de la religion catholique », a-t-il dit en montant sur le bateau. xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx LIBERATION 1er JUILLET 2005 Dispense papale de célibat pour l'abbé Patrick Balland, ex-pasteur protestant, a été ordonné en Belgique. Par Catherine COROLLER vendredi 01 juillet 2005 (Liberation - 06:00) ien que marié, Patrick Balland, 55 ans et père de quatre enfants, a été ordonné prêtre catholique le 26 juin dans la cathédrale Saint-Aubain de Namur (Belgique), comme le révèle l'hebdomadaire la Vie. Pour accéder à ce ministère, cet abbé, soumis à l'obligation de célibat, dû obtenir une dispense du pape Jean Paul II. «Je suis un cas particulier instauré par Pie XII qui permet aux pasteurs luthériens, anglicans et calvinistes mariés qui entrent dans l'Eglise catholique d'être ordonnés», explique-t-il. Ce libéralisme n'est pas désintéressé : l'Eglise catholique, manquant de vocations, espère ainsi ramener dans son giron des brebis égarées. Jean Paul II aurait accordé des dispenses de célibat à deux cents prêtres anglicans ou pasteurs convertis. Né dans une famille protestante suisse, Patrick Balland a exercé comme pasteur avant de se convertir en 1991, imité par sa femme un an plus tard. «Je suis entré dans l'Eglise catholique en fils obéissant. Jean Paul II aurait pu me dire : "On préfère que vous restiez théologien laïque", j'aurais accepté. J'ai laissé l'Eglise discerner si j'avais une vocation sacerdotale ou pas», dit-il. Pendant douze ans, Benoît XVI, alors cardinal, étudie le dossier. Le 7 mai 2004, Jean Paul II donne son feu vert. Patrick Balland peut être ordonné. De son passé protestant, il ne conserve aucun penchant libéral. Il n'entend pas se transformer en avocat des prêtres mariés : «Cela arrivera peut-être un jour mais il faudra du temps», déclare-t-il, ajoutant : «J'ai des amis prêtres qui sont très bien dans leur célibat et qui vivent une paternité spirituelle avec leurs paroissiens.» Et il n'a pas davantage l'intention de défendre l'accès des femmes à la prêtrise. Interrogé sur l'ordination de Geneviève Beney (lire ci-dessus), il perd toute onction ecclésiale : «Je refuse que mon cas soit mis en parallèle avec cette ordination sauvage que je condamne radicalement. Sur le célibat des prêtres, l'Eglise romaine peut évoluer, c'est de l'ordre, de la discipline. L'ordination des femmes n'est pas du tout de même nature. Il n'y aura jamais de femmes prêtres, non par discrimination, mais parce que cela relève du dogme de la foi. Le prêtre qui offre un sacrifice au nom du Christ ne peut pas être une femme. C'est intangible». xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx   Communiqué de presse :     Eglise catholique-chrétienne: une deuxième femme recevra l’ordination à la prêtrise Le 21 mai 2005, l’évêque Fritz-René Müller ordonnera la diacre Anne-Marie Kaufmann-Konrad à la prêtrise à l’église St-Pierre à La Chaux-de-Fonds. Il lui transmettra les signes du ministère presbytal. Par l’imposition des mains, elle sera accueillie dans le collège des prêtres. Il y a six ans, l’Eglise catholique-chrétienne de la Suisse a apporté une modification à la Constitution qui permet dorénavant d’ordonner des femmes au ministère apostolique. Madame Kaufmann est la deuxième femme à choisir cette voie. A l’intérieur de la communauté vieille-catholique de l’Union d’Utrecht, l’ordination des femmes s’est imposée dans les Eglises de l’Europe occidentale. L’Eglise tchèque ordonne des femmes uniquement au diaconat et l’Eglise polonaise est toujours dans l’expectative. La Polish National Catholic Church aux Etats-Unis et au Canada s’est séparée de l’Union d’Utrecht entre autre pour cette question.   Madame Kaufmann a fait ses études de théologie à la Faculté de théologie catholique-chrétienne et de théologie réformée évangélique de l’Université de Berne. Elle a reçu sa formation pratique comme diacre dans les paroisses de Möhlin et de Bienne. Après sa consécration elle sera proposée à l’élection comme curé à la paroisse de La Chaux-de-Fonds. Anne-Marie Kaufmann est mère de trois enfants et dirige avec son mari une exploitation agricole.   La célébration religieuse débutera à 10h30.   Berne, le 12 mai 2005                                                                       Maja Weyermann Chargée de l’information de l’Eglise catholique-chrétienne de la Suisse  xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx CROYANTS EN SARTHE Pour une recherche spirituelle dans le dialogue entre les différentes traditions religieuses et philosophiques.  Pour un libre débat dans l'Eglise catholique sur son fonctionnement et son rapport aux femmes et aux hommes d'aujourd'hui. Contre tous les intégrismes, fondamentalismes et pratiques de secte. "C'est pour que nous restions libres que le Christ nous a libérés. Donc tenez bon et ne vous remettez pas sous le joug de l'esclavage" (Epître de Paul aux Galates, ch 5, v 1). Croyants en liberté Sarthe  est membre du réseau Chrétiens en liberté pour  d'autres visages d'Eglise Croyants en liberté Sarthe Ludmila Javorova femme prêtre de l'Eglise catholique clandestine dans la Tchécoslovaquie communiste, ignorée par le Vatican après la chute du mur de Berlin Traduction de Chronique , une critique de livres du journal "El Mundo", journal espagnol.  EGLISE : Licenciée par le Vatican Ludmila, le seul prêtre en jupons. Elle dit la messe depuis 31 ans. Elle a exercé le sacerdoce dans la clandestinité, en Tchécoslovaquie, dans l'attitude secrète d'un espion. Depuis, Rome lui a interdit d'exercer ses fonctions. Claret Editorial vient de publier "Des profondeurs. L'histoire de Ludmila Javorova ", de Miriam Therese Winter - JOSÉ MANUEL VIDAL Elle est sortie de chez elle avec le long vêtement noir des dimanches. C'était minuit, la nuit de du 28 décembre 1970. Elle a regardé, à gauche et droite, pour à s'assurer que personne ne l'épiait puis, en courant presque, elle a parcouru la courte distance qui la séparait de l'étage de l'évêque. Dans le bureau de Félix María Davidek, archevêque de Brno, tout était prêt. Ludmila Javorova a sonné deux longues fois et une courte, le signal convenu. Elle était rayonnante de bonheur. Enfin, à 38 ans, allait s'accomplir le rêve de sa vie. Avant d'entamer l'antique cérémonial, Mgr Davidek lui demanda à nouveau: "Veux-tu le recevoir?", "Oui, je le veux ", répondit-elle. Alors, l'archevêque catholique Davidek a entamé le cérémonial du sacrement de l'ordre sacerdotal; il lui a imposé ses mains, comme signe extérieur de ce dernier, dans la ville morave de Brno, en la présence d'un frère de l'archevêque, comme témoin. Ensuite, elle a célébré sa première messe, a effectué sa première consécration du pain et du vin et a donné sa première bénédiction aux deux personnes présentes. "De retour à maison, il pleurait à verse pour toutes les années où j'avais contenu mes larmes", rappelle-t-elle. Depuis lors, elle est devenue la première "prêtresse" catholique du monde dans les derniers 20 siècles (nombre de théologiens assurent que, jusqu'au 1er siècle , l'Église catholique a compté des femmes prêtres et diacres). Comme tel, Ludmila disait la messe tous les jours, seule, dans sa maison de Brno, sans même que ses parents le sachent. C'étaient les années de plomb de la dictature communiste en Tchécoslovaquie et dans tout le Centre de l'Europe. L'Église catholique était poursuivie, contrôlée par l'État. On l'appelait "l'Église du silence" et "l'Église martyre". L'actuel archevêque de Prague, Mgr Vlk, a travaillé plus de 20 années comme simple plongeur... Pour déjouer la police communiste, l'archevêque Davidek a ordonné en secret 17 évêques, certains d'entre eux mariés et pères de famille, et 68 prêtres hommes, beaucoup d'entre eux mariés. Elle a gardé le secret, mais beaucoup des Catholiques clandestins slovaques connaissaient alors sa condition sacerdotale et ils l'acceptaient comme telle. Plus encore, il lui est arrivé d'être "vicaire général", c'est-à-dire, la numéro deux de l'archidiocèse de Brno. Après la chute du Mur de Berlin, se révéla au grand jour l'existence de l'Église clandestine tchèque Et avec elle, l'existence d'une femme prêtre. Ludmila a attendu jusqu'à 1989, l'année de la "révolution de velours", pour demander la reconnaissance ecclésiale et l'aide du Pape. "J'ai d'abord essayé d'obtenir une entrevue avec le Pape par le biais du cardinal Wyszynski de Pologne, mais sans l'obtenir. Je lui ai ensuite demandé directement son aide pour qu'il m'accepte comme je suis. Je lui ai écrit une lettre qui disait simplement: "Saint Père, j'ai reçu l'ordination sacerdotale dans ces circonstances, et maintenant, je vous le communique". Mais dix années sont passées et le Vatican a donné l'ordre de se taire pour toute réponse. Ce n'est qu'ensuite, en 1995, que Ludmila a publiquement reconnu sa condition Et, seulement alors, la hiérarchie romaine a réagi. Quand à Rome, on s'est avisé de l'existence, d'au moins, une femme prêtre, d'évêques mariés et de prêtres avec des fils et des petits-fils, s'est répandu la panique dans la Curie. Le Pape a chargé le cardinal Ratzinger de mettre de l'ordre. Rome a nié la validité de l'ordination sacerdotale de Ludmila Javorova et des quatre évêques mariés. Elle a accepté la décision du Vatican, mais elle continue à proclamer que, quoique n'exerçant plus, elle est prêtre. Il assure, par exemple, que dans la Tchécoslovaquie d'alors, il y avait deux types de clergé. Celui de "première ligne", absolument fidèle à l'État et contrôlé par l'appareil communiste (après la chute du communisme, ses membres ont continué à exercer leur ministère sans aucun problème venu de Rome). L'autre clergé, nommé de "seconde ligne", avait choisi d'agir clandestinement pour maintenir l'intégrité de la foi catholique. Son ministère avait été invisible et son ordination secrète à la demande du Vatican même, qui leur avait interdit coopérer avec les communistes. Toutefois, la réponse de Rome, après la chute du Mur de Berlin, fut "de reconnaître le sacerdoce des collaborationnistes et le nier aux clandestins", dit-elle, douloureuse: "En conséquence, aux yeux de Rome, ce qui avait été considéré comme légitime et même héroïque sous les forces du communisme , était interprété comme un sacerdoce parallèle et un problème à résoudre". Mais, quoique que Rome essaye de le dissimuler, Fridolin est un évêque marié et Ludmila Javorova une femme prêtre. Un symbole vif existe déjà dans l'Église catholique, que la hiérarchie s'échine à nier: un prêtre en jupons. Traduit par Le Mulot Le Pharisien libéré - 13 janvier 2002 ---------------------------- L'auteur du livre : Miriam Therese Winter http://mtwinter.hartsem.edu/ Le Livre dont parle El Mundo: http://mtwinter.hartsem.edu/Depths.htm (sur le site de l'auteur) http://www.futurechurch.org/newsletter/fall01/ludmila.htm sur le site de "Future Church", une espèce de "Wir sind auch Kirche" américain, sur le site de Belief.net : http://www.beliefnet.com/story/79/story_7920_1.html Voir enfin le site http://www.womenpriests.org/fr/ (en français), spécialement consacré à l'ordination des femmes prêtres dans l'Eglise catholique romaine. Enfin le site de l'association chrétienne féministe Femmes et Hommes en Eglise.  xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx  LA CROIX DU 3 JUILLET 2005 03-07-2005
publié dans : revue de presse
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Jeudi 19 mai 2005
  Environnement - 19/05/2005 Gers : quota de signatures atteint en vue d'un référendum sur les OGM Une pétition en faveur d'un référendum sur les essais OGM en plein champ dans le Gers a désormais recueilli plus de 14.000 signatures, soit 10% de l'électorat départemental, le seuil limite pour l'organisation d'une consultation, selon l'association chargée de la collecte.Les pétitions devraient être officiellement remises samedi à Philippe Martin, président (PS) du conseil général du Gers et initiateur de ce projet de référendum.L'élu avait lancé cette idée en septembre 2004 à la veille d'une opération de fauchage à Solomiac (Gers) afin de "sortir du bras de fer entre gendarmerie et police d'une part et les organisations anti-OGM d'autre part".Fermement opposé aux essais OGM en plein champ, Philippe Martin avait pris une délibération en juin 2004 dans laquelle le conseil général se déclarait "opposée à tous essais privés ou publics, à toutes cultures de plantes génétiquement modifiées en plein champ sur le territoire du département".Cette délibération a été annulée le 6 avril 2005 par le tribunal administratif de Pau. Le conseil général du Gers a fait appel de cette décision."Pourquoi ne pas organiser le vote le dimanche 4 septembre, un an après la tentative d'arrachage de la parcelle de maïs transgénique de Solomiac? Ca aurait de l'allure", a estimé l'élu socialiste. document.write('<\/scr' + 'ipt>'); Environnement - 17/05/2005 Appel à candidature pour les Trophées éco actions L’association des maires pour l’environnement et le développement durable « Les Eco Maires » organise les Trophées Eco actions. Ce concours, ouvert à toutes les communes et EPCI, récompense des actions locales innovantes en matière d’environnement et de développement durable. Les collectivités peuvent concourir dans l’une des cinq catégories suivantes : Politique globale, Aménagement, Equipement/construction, Gestion/organisation et Sensibilisation/éducation.Pour concourir, il suffit de retirer un dossier sur le site des Eco Maires et de déposer son dossier avant le 10 septembre 2005. http://www.ecomaires.com Environnement - 13/05/2005 Manifestation à Marseille contre un projet d'incinérateur à Fos-sur-mer Quelque 250 personnes, selon la police, ont manifesté vendredi matin à Marseille devant le siège de la communauté urbaine pour protester contre le projet d'implantation d'un incinérateur à Fos-sur-mer (Bouches-du-Rhône) qu'elles jugent trop polluant.La communauté urbaine Marseille-Provence-Métropole (MPM) devait entériner vendredi matin le choix de l'entreprise qui construira l'incinérateur, le groupe franco-ibérique Valorga-Urbaser.Le maire socialiste de Fos-sur-mer, René Raimondi, avait appelé à la manifestation, soulignant que "le principe de précaution doit prévaloir, la dioxine ne s'arrêtant pas aux seules frontières de Fos-sur-mer". A ses côtés, se trouvaient notamment Michel Caillat, maire socialiste d'Istres et Philippe Caizergues, maire sans étiquette de Port-Saint-Louis.Plusieurs élus de la MPM ont été empêchés de pénétrer dans le palais du Pharo, siège de la communauté urbaine, par les manifestants qui ont filtré les entrées pendant près de trois heures. Diverses associations locales, les Verts, Greenpeace ont participé à la manifestation. Environnement - 03/05/2005 Teknival : des associations écologistes saisissent l’Europe Plusieurs associations écologistes ont décidé de porter plainte devant la Commission Européenne pour "non-respect du droit communautaire" sur la protection de l'environnement, après l'organisation d'une rave géante, le week-end dernier, dans la Marne, a annoncé mardi la Ligue de protection des oiseaux (LPO) dans un communiqué.Le Teknival de Marigny-le-Grand (Marne) a rassemblé jusqu'à 40.000 raveurs pendant trois jours sur une ancienne base aérienne de l'Otan, site considéré comme fragile par les défenseurs de l'environnement et qui doit intégrer prochainement le réseau Natura 2000. "Le terrain militaire de Marigny abrite de nombreuses espèces animales et végétales protégées, dont certaines rarissimes (outarde, canepetière, hibou des marais, lin de Léon)", soulignent les associations. Ces dernières avaient d’ailleurs obtenu de la part du Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, en référé, la suspension de l'autorisation tacite donnée par la préfecture de la Marne aux organisateurs du Teknival. Cette décision de justice n’avait cependant pas été exécutée par l’Etat faute de disposer de forces de l’ordre en nombre suffisant. Environnement - 28/04/2005 Projet d'une "Maison de l'éthique et du développement durable" Une "Maison de l'éthique et du développement durable" devrait ouvrir ses portes en septembre 2005 au coeur de La Défense (Hauts-de-Seine).Ce projet, présenté par Pierre Cadet, président de la "Fédération européenne du développement durable", consiste à mettre à la disposition des entreprises, associations, collectivités et du grand public, 4.000 m2 d'exposition et d'information sur l'éthique des affaires et le développement durable.Cent vingt entreprises (Société Générale, Total, France Télécom, Areva...) et huit villes (dont Courbevoie, Puteaux et Nanterre) "sont motivées", a expliqué Pierre Cadet.Médiathèque, expositions, forum, bourse à la création d'entreprises, centre d'information sur l'Europe : la gestion de cet espace doit être assuré par des cotisations des membres (jusqu'à 40.000 euros par an pour les grandes entreprises), le mécénat et des subventions européennes.Ce projet a reçu l'aval de l'EPAD, Etablissement public d'aménagement de la Défense (EPAD). Environnement - 27/04/2005 Les Français gagneraient à mieux trier leurs ordures La collecte sélective des ordures coûte en moyenne 6 euros par an et par habitant pour les collectivités locales, mais ce coût peut varier de 1 à 5 en fonction des contraintes d'urbanisme et surtout de l'efficacité du tri.Plus on trie efficacement, plus le coût est bas, a relevé Bernard Hérodin, directeur général de la société spécialisée Eco-emballage. A Lyon, où la moitié des ordures finit dans la mauvaise poubelle, le coût est le double de la moyenne nationale. La ville s'est engagée dans un programme ambitieux pour abaisser ce "taux de refus" de 50% en 5 ans.Paris (intra-muros et 80 communes périphériques) fait à peine mieux: le "taux de refus" pour 5 millions d'habitants collectés y est de 35%. Il est en moyenne de 25% en France, "ce qui signifie que le quart de ce qui est dans le bac ne devrait pas s'y trouver", explique Bernard Hérodin.On peut faire beaucoup mieux : à Strasbourg, par exemple, le taux de refus est inférieur à 10%, grâce des campagnes répétées de sensibilisation.L'enjeu est de taille: les coûts d'élimination des déchets ménagers ont explosé en France. Entre 1990 et aujourd'hui, ils ont augmenté de 140% (de 2,3 milliards d'euros à 5,6 milliards d'euros).D'une part, les Français produisent de plus en plus de déchets (+30% de tonnage en plus entre 1990 et 2003). D'autre part, l'Etat, qui avait beaucoup aidé au début de la collecte il y a treize ans, s'est peu à peu dégagé, laissant une part plus lourde aux collectivités locales. Enfin, les coûts d'élimination ont explosé (+80% entre 90 et 2003), avec la mise aux normes des rejets de dioxines des incinérateurs, la suppression des décharges sauvages.A l'avenir, l'évolution de la consommation vers le "non durable" risque de peser lourd dans les coûts d'élimination, selon lui. En revanche, le coût de la collecte seule devrait baisser, avec les gains d'efficacité attendus, estime-t-il. Environnement - 22/04/2005 Projet de lotissement écologique en Bretagne La commune de Silfiac (Morbihan) posera en juin la première pierre de son lotissement écologique, une originalité adoptée par plusieurs communes bretonnes qui, pour séduire et contenter les nouveaux arrivants, cherchent à développer un nouveau projet de vie."L'éclairage public sera intelligent et s'allumera grâce à un détecteur de présence, les lampes seront à économie d'énergie et produiront une lumière d'ambiance", explique Serge Moëlo, le maire de la commune."La voirie sera semi-poreuse pour permettre l'absorption de 40% des eaux de ruissellement et des citernes de 7.000 litres vont être enfouies dans chacune des parcelles pour assurer la récupération des eaux de pluie, elles serviront à alimenter les chasses d'eau, choisies à deux vitesses pour l'économie".Le maire a même souhaité pousser l'expérience plus loin en laissant la tonte du gazon bordant le futur lotissement à "des moutons de Ouessant".Plusieurs communes bretonnes situées principalement dans le bassin rennais et qui étaient en perte de dynamisme se sont lancées dans des opérations similaires sous l'impulsion de l'Ademe (Agence du développement et de la maîtrise de l'énergie).La commune située aux alentours de Rennes projette de construire 22 maisons individuelles et 10 logements locatifs sur le modèle écologique.Pour éviter le piège de la "cité-dortoir", ces projets ont intégré des espaces de vie communs comme des potagers et des emplacements pour barbecue partagés, mais aussi des configurations routières privilégiant les impasses pour éviter le flux de circulation des véhicules.La dizaine de communes bretonnes qui se sont investies dans les "lotissements écologiques" souhaitent aussi que ces habitations restent proposées à des prix abordables, comme à Langouet (Ille-et-Vilaine) qui propose à ses primo-acquérants des prêts à taux zéro.La mairie de Silfiac déclare ainsi vendre ces maisons avec terrain pour 100.000 euros, des prix qui restent abordables grâce au financement d'une partie de l'opération par des subventions des collectivités locales et de l'Ademe.
par la gazette des comunes publié dans : revue de presse
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Mardi 29 mars 2005
ARTICLE LE FIGARO Destinée à financer l'aide aux personnes âgées et handicapées, la «journée de solidarité» est entrée en vigueur ce week-end dans certaines régions Polémique autour de la suppression des premiers jours fériés. La «journée de solidarité» se met en place dans un certain désordre. Le long week-end pascal a été la première occasion de mettre en oeuvre la suppression d'un jour férié, votée l'an dernier par le Parlement pour financer l'aide aux personnes âgées et handicapées. Et l'occasion aussi de premières protestations lorsque le vendredi saint ou le lundi de Pâques ont été préférés au lundi de Pentecôte, censé être la règle générale. La loi votée en juin dernier autorise en effet les entreprises et les administrations à choisir un autre jour que le lendemain de la Pentecôte pour donner une journée de travail au titre de la solidarité. Dans le privé, ce choix résulte de négociations collectives. Pour le public, c'est l'organe dirigeant chaque entité, après «avis des instances concernées», qui décide. C'est seulement à défaut d'accord que le lundi de Pentecôte chômé est supprimé. Dans les faits, la plupart du temps, le choix du recteur d'académie s'impose à tous. Car si les enfants vont à l'école, les parents doivent suivre. Après quelques tergiversations, le ministre de l'Éducation, François Fillon, avait annoncé à l'automne que la règle était l'ouverture des écoles le lundi de Pentecôte dans «toutes les académies de France sauf lorsqu'en vertu d'un décret de 1990 qui déjà le permettait, une exception locale, notamment culturelle, conduirait le recteur à prendre une décision contraire». C'est ce qui a conduit le recteur de Montpellier, qui gère les établissements du Gard, à choisir plutôt le lundi de Pâques pour ce département (lire ci-contre). En Alsace, la décision de plusieurs entreprises de travailler le vendredi saint a mis le feu aux poudres. Héritage allemand, cette journée est en effet traditionnellement chômée dans les deux départements alsaciens, sous régime concordataire. L'archevêque de Strasbourg et les élus locaux ont vigoureusement protesté. Ici et là, d'autres entreprises ont choisi le lundi de Pâques. L'Union régionale du syndicat CFTC de Picardie a ainsi appelé les consommateurs à «boycotter les magasins qui seront ouverts le lundi de Pâques» pour «offrir une journée de repos en commun aux familles des salariés du commerce». Contestée par les syndicats, l'instauration d'une journée de solidarité, qui doit rapporter 800 millions d'euros pour la nouvelle branche «dépendance» de la Sécu, ne fait pas l'unanimité au sein de l'UMP. Les élus du Midi, notamment, s'inquiètent des répercussions sur le tourisme de la fin du long week-end de Pentecôte. Le gouvernement a dû promettre qu'une évaluation du dispositif serait faite à l'issue de la première année. Ses opposants citent désormais les récents propos de Philippe Douste-Blazy, le ministre de la Santé, qui a déclaré que la suppression d'un jour férié «ne suffira pas» à l'avenir à payer la dépendance... La "journée de solidarité" du lundi de Pentecôte perturbe les fêtes de Pâques ARTICLE LE MONDE | 26.03.05 | 14h41  •  Mis à jour le 26.03.05 | 14h41 OAS_AD('Frame1');A 12 h 15 par e-mail, découvrez toute l'actualité économique et financière. Abonnez-vous au Monde.fr OAS_AD('Top2'); Dans le Haut-Rhin, le Bas-Rhin, la Moselle et le Gard, les fêtes de Pâques sont perturbées par la question du lundi de Pentecôte. A l'origine de ce désordre, la décision du gouvernement d'ôter au lundi de Pentecôte son caractère férié et d'en faire une "journée de solidarité" en faveur des personnes âgées et handicapées. Seuls les élèves des écoles et les enseignants peuvent obtenir des dérogations des recteurs d'académie.OAS_AD('Middle1');En décrétant que le lundi de Pâques serait travaillé dans le Gard pour préserver la Feria de Nîmes, organisée traditionnellement le lundi de Pentecôte, le recteur de l'académie de Montpellier a provoqué un imbroglio : les élus gardois avaient alerté le gouvernement sur les risques d'impopularité et le manque à gagner (2 millions d'euros) pour la Feria si le lundi de Pentecôte n'était plus férié.Damien Alary, le président (PS) du conseil général du Gard, sous la pression d'une menace de grève, a décidé de donner leur lundi de Pâques aux 2 000 employés de la collectivité territoriale, après avoir décidé le contraire quelques jours auparavant. Mais, partenariat avec l'éducation nationale oblige, le transport scolaire des collégiens sera assuré et des équipes d'astreinte seront mises en place "pour faire rapidement face à tout incident qui pourrait survenir dans un établissement". Coût de la mesure : 100 000 euros.L'ANPE, les services de l'équipement, le Trésor public, les douanes, la Ddass seront fermés, tandis que la préfecture, les directions de l'agriculture et du travail fonctionneront normalement. A Nîmes, les crèches, la mairie et les piscines seront fermées.Dans l'éducation nationale, des enseignants ont essayé de trouver une parade pour ne pas travailler le lundi de Pâques. Une récente session de formation syndicale a vu 740 professeurs s'inscrire, pour seulement 70 places, et les syndicats appellent à "faire de ce lundi une journée revendicative."GRÈVE DES ACHATSEn Alsace-Moselle, c'est une chaîne de magasins qui a déclenché le scandale. En raison du droit local datant de 1892, le vendredi saint est férié et chômé, comme le 26 décembre, jour de la Saint-Etienne. En prétendant fixer la "journée de solidarité" le vendredi saint, la chaîne de supermarchés Match (groupe Cora) a provoqué un tollé politico-syndical et une protestation des Eglises catholique et luthérienne en Alsace-Moselle.Dans un communiqué commun, Mgr Joseph Doré, archevêque de Strasbourg, et Jean-François Collange, président du directoire de l'Eglise de la confession d'Augsbourg, ont appelé les fidèles "à ne pas laisser le vendredi saint devenir un jour ordinaire".De leur côté, la CFTC, la CFDT, la CGT et FO ont appelé les Alsaciens à "une grève des achats". Tout comme le président (UMP) du conseil régional d'Alsace, Adrien Zeller, qui a demandé à ses concitoyens de "ne pas cautionner par leur fréquentation une déréglementation insidieuse".Outre les supermarchés Match, certains magasins Leclerc, Super U, Intermarché ainsi qu'une enseigne de bricolage avaient également décidé d'ouvrir le vendredi saint au lieu du lundi de Pentecôte.Article paru dans l'édition du 27.03.05
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Vendredi 25 mars 2005
ENQUÊTE NR : Jean-Michel Marchand est-il un vrai écolo ? “ Je fais de l'écologie une politique globale ”( 25/03/2005 )  La gestion de l'eau, les pistes cyclables, l'usine d'incinération de Lasse, les énergies renouvelables, son appartenance aux Verts : Jean-Michel Marchand s'explique et explique ses choix.  Vignes municipales au pied du château : c'est royal pour un maire Vert ! (Dessin Nicolas Jolivot)A Paris en trois ans, la circulation des vélos a augmenté de 50 %. Et dans le même temps, de combien à Saumur ?« Franchement, je n'en sais rien. Une commission extra-municipale a été mise en place et travaille sur les pistes cyclables et la circulation à vélo à Saumur. Lorsque nécessaire, nous avons assuré la réfection des 34,6 km de pistes et bandes cyclables auxquelles viennent de s'ajouter les 2,5 km de la Loire à vélo. Une réflexion est engagée pour améliorer la continuité des circuits, la sécurisation du réseau sur les giratoires, et la finalisation de la boucle Val de Thouet. »L'usine d'incinération de Lasse a suscité de vives réserves et critiques de la part des écologistes du Nord-Saumurois. Pourquoi avez-vous adhéré, pratiquement sans mot dire, à cet équipement ?« Il était décidé quand je suis devenu maire. Je connais l'outil, j'étais informé en tant que député. Devenu maire, fallait-il donc l'accepter ou le refuser ? Il n'était pas rentable de remonter un nouveau projet pour la ville de Saumur, seule. Je continue d'être vigilant vis-à-vis des engagements pris pour les contrôles et les coûts. Cela étant, il n'y a aucune véritable bonne solution, sinon à produire moins de déchets, à trier plus et mieux. Mais il faut des débouchés économiques derrière. »Les Verts demandent que les collectivités gèrent l'eau et l'assainissement en régie directe. Aux municipales de mars 2001, vous avez annoncé un réexamen du contrat de concession à la SAUR. Qu'est-ce qui a changé depuis ?« Nous sommes en discussion avec la SAUR sur la station d'épuration de Saumur. Le contrat avec l'actuelle s'applique-t-il automatiquement pour la future station ? Ou faut-il procéder à un appel d'offres ? C'est un débat de juristes, mais nous n'irons pas en procès. Voilà une opportunité de se mettre autour de la table pour envisager ce qui pourrait être renégociable dans ce contrat signé pour trente ans avec effet à partir de janvier 1991, par mon prédécesseur en tant que président du district. On ne peut pas dénoncer ce contrat, sauf à engager une longue et coûteuse procédure, mais on doit pouvoir trouver des espaces de négociation. »Élu maire de Saumur, vous vouliez « promouvoir les énergies renouvelables ». Des projets d'implantations d'éoliennes se trouvent à l'étude. Mais c'est à Distré, Forges et Antoigné. Pourquoi pas à Saumur ?« Sur le territoire de la ville de Saumur, il n'existe pas d'espace susceptible d'accueillir des éoliennes. Une entreprise spécialisée nous l'a confirmé. Comme président de la communauté d'agglomération et vice-président du Parc naturel régional, je suis attentivement les trois projets. A Antoigné, il semble pouvoir se faire sans grande difficulté. Même chose à Forges qui a un maire dont j'apprécie l'engagement environnemental. Reste Distré où c'est plus compliqué, puisqu'il faudrait des éoliennes d'une hauteur de cent mètres ce qui pose problème avec l'aérodrome de Terrefort. »Finalement, pourquoi êtes-vous chez les Verts, plutôt qu'au Parti socialiste ?« Outre le partage d'idées et d'engagements écologiques, je retrouve chez les Verts des espaces de liberté d'expression. Je parle de ce que je connais, je n'émets donc pas de jugement par rapport à une autre formation politique nationale, comme le PS par exemple. Chez les Verts, j'ai de vrais amis politiques, en particulier Marie-Hélène Aubert et Guy Hascoët. Et je reste fidèle en amitié. »“ On ne peut tout faireet tout de suite ”L'actif militant d'Anjou Écologie Autogestion que vous avez été dans les années 80 qualifierait-il le maire de Saumur Jean-Michel Marchand de vrai écolo ?« Si être un vrai écolo, c'est avoir uniquement une préoccupation environnementaliste, alors je ne suis pas un vrai écolo ! Je me considère militant écologiste, car je fais de l'écologie une politique globale. On ne peut tout faire et tout de suite. Il faut avoir en tête toutes les facettes de l'action politique que l'on a à conduire. Personnellement, je m'appuie sur des principes comme la démocratie de proximité, le développement durable, les options économiques et sociales, le principe de précaution qui ne veut pas dire que l'on doit tout s'interdire et le principe de préservation par rapport aux espaces naturels. »Début décembre 2003, en présentant les douze voitures et le scooter électriques dont vous avez doté le parc roulant municipal, vous aviez pris l'engagement d'utiliser le scooter autant que possible. Qu'en est-il ?« C'est vrai, je l'ai peu utilisé. Mais il est pris très régulièrement par des agents et techniciens municipaux. Avec l'arrivée des beaux jours, j'ai bien l'intention de m'en servir moi aussi. »
par Bernadette Caillard-Humeau publié dans : revue de presse
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Mardi 15 mars 2005
vendredi 18 mars 2005 Capucins-Verneau : un quartier neuf en 2016 Plus de 100 hectares seront aménagés pour accueillir 15 000 nouveaux habitants OAS_AD('Position2'); Fini les moutons sur le plateau des Capucins. Entre l'ex-aérodrome d'Avrillé et le lycée Jean-Moulin, le site s'apprête à entrer dans le tissu urbain. Dans les dix années à venir, de 4 000 à 6 000 logements vont sortir de terre, avec les commerces et services nécessaires. Mercredi soir, les élus et les concepteurs ont fait le point avec les riverains. « Tout le secteur va connaître un tourbillon de chantiers ! » Jean-Claude Antonini les énumère, avec la jubilation d'un maire qui veut faire bouger sa ville. « L'autoroute A 11, le tramway, l'urbanisation du plateau des Capucins et le parc du végétal. » Dans une dizaine d'années, vers 2016, le quartier Capucins-Verneau comptera plus de 15 000 habitants contre 2 000 aujourd'hui. « C'est le dernier endroit où la ville peut se développer. Nous allons le réaliser avec tous les ingrédients nécessaires à une harmonieuse vie urbaine, dans le souci d'un développement durable. » Mercredi soir, les élus municipaux ont rencontré 200 habitants. Une nouvelle réunion de quartier avec les deux architectes-urbanistes, Roland Castro et Sophie Denissof. « Nous avons dessiné des morceaux de ville avec des petits collectifs et des maisons individuelles dans un esprit de trajets variés entre jardins fleuris et espaces verts, espaces privés et publics... Un urbanisme du promeneur. » Les deux concepteurs poursuivent en évoquant « des espaces tricotés, des paysages urbains en dentelle... » Des propos colorés et poétiques à des riverains qui attendent pour voir. Les stades sur la couverture de l'A11 Parallèlement, Jean-Claude Antonini confirme que l'habitat serait plus serré et plus dense que l'actuel quartier de Verneau. « Pas question de gaspiller du terrain. Tous les espaces auront une destination. » En ce qui concerne l'attractivité du quartier, aujourd'hui, autour de la maison des services publics et de la MPT, il parle de recentrage, autour d'une place centrale composée de commerces et de services. « Naturellement, le centre du quartier va se déplacer. Il s'articulera autour de l'ensemble des populations. Et Verneau sera valorisé par le fait d'être rattaché aux Capucins. » Un quartier tout neuf avec certainement un nouveau nom. La municipalité avec l'aide du comité consultatif y songe. « A proximité du CHU et d'une nouvelle technopole à haute valeur ajoutée, l'ensemble doit être parfaitement identifié par les Angevins. » En attendant la présentation d'une maquette générale, les habitants et riverains souhaitent quelques précisions. Hippolyte Le Faucheur, président du Verneau-Athlétic-Club, obtient l'assurance que les terrains de sport ne disparaîtront pas. « Pas question de fermer un terrain sans qu'un autre, équivalent, soit reconstruit. Nous envisageons d'installer les stades sur la couverture lourde de l'autoroute. » Il y a un problème avec l'échangeur de Carrefour. Les habitants veulent qu'il soit complet et réalisé assez vite. Ils craignent une circulation trop dense sur le boulevard Jean-Moulin. Réponse du maire : « C'est la faute à Cofiroute qui n'a pas voulu financer, dès le début, un équipement complet. Il faut désormais une nouvelle déclaration d'utilité publique. Si tout se passe bien, il sera opérationnel en 2012, financé par les collectivités locales. » Le passage du tramway et l'emplacement de ses stations préoccupent. « Et les bus seront-ils toujours là ? », lance un usager. Jean-Claude Antonini, sûr de lui : « Où le tramway ne passera pas, les bus passeront. » Et de préciser : « Le même ticket donnera accès aux deux moyens de transport. » Yves LAUNAY.
par Ouest France publié dans : revue de presse
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Mardi 8 mars 2005
COMMUNIQUE CAP 21 Loi sur l’eau : une réforme qui ne s’attaque pas à la racine du mal Corinne LEPAGE et CAP 21 sont déçus du manque d'ambition et de contenu du projet de réforme de la loi sur l'eau qui ne s’attaque pas aux véritables racines du mal. Cette réforme, attendue depuis de nombreuses années et sans cesse reportée comporte certes quelques éléments de satisfaction au regard des débits réservés, de la modulation et de la simplification des redevances de bassin, de la prise en compte des aires d’alimentation des captages, de la création d’un fonds de garantie pour couvrir les risques liés à l’épandage des boues de station d’épuration, des nouvelles possibilités offertes pour le financement de l’assainissement pluvial. Mais le projet pêche sur trois points majeurs : - il est injuste car il n'applique pas le principe pollueur-payeur et maintient sur les ménages la plus grande partie de l’effort (84% des contributions) en exonérant le contributeur principal : le monde agricole. Il fait également supporter des contributions supplémentaires aux pêcheurs pour la gestion des milieux aquatiques, sources de nombreuses inquiétudes dans les fédérations. - il ne permettra en aucun cas d'atteindre les objectifs de la directive en terme de qualité des eaux en ne s'attaquant pas sérieusement aux problèmes des pesticides et des nitrates. Ainsi le gouvernement s'apprête à alléger considérablement l'installation des porcheries et autres élevages industriels en relevant la plupart des seuils déclenchant des procédures de contrôle contraignantes. CAP 21 est fortement préoccupé par la dégradation rapide des ressources en eau par les nitrates et les pesticices, toutes les études convergeant dans le même sens (IFEN, réseaux de surveillance des Agences de l’Eau, synthèse de la DRASS Picardie…). La situation ne devrait pas s’améliorer rapidement et des mesures de réduction des intrants (azote et produits phytosanitaires) uniquement basées sur le volontariat ne suffiront pas ! - il peut être dangereux pour nos rivières en permettant la relance des politiques de barrage et en réduisant les garanties de qualité des rivières. CAP 21 demande l’amélioration substantielle du texte lors de son examen parlementaire en proposant notamment : - de prendre des dispositions transitoires qui viseraient à « sanctuariser » certaines zones du territoire pour garantir la production d’eau durant le temps nécessaire à