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L'équipe de Cap 21 Pays de la Loire, vous souhaite la bienvenue sur son blog. Lancé en décembre 2004, ce blog est au service de ceux qui recherchent des articles d'information sur les sujets abordant les enjeux de santé-environnement, protection de la nature, qualité de la vie, transport, urbanisme, vie politique de la région, etc, dans une posture d'ouverture du local à l' international. Sur un même sujet, vous pouvez trouver des avis divergents, c'est fait exprès, - la source est toujours indiquée en bas de l'article -. Outre ces informations, vous trouvez nos opinions à travers nos interventions, communiqués et aussi sur le mot du jour "Contre-pente". Depuis le 11 mars 2007, à l'occasion des élections présidentielles, CAP 21 a rallié résolument François Bayrou. Son score en Anjou a été magnifique (+ 23 %). Le MoDem, rassemble des hommes et des femmes venus de l'UDF, de CAP 21 et beaucoup de nouveaux militants en politique. Les 535 candidats aux législatives ont permis de confirmer l'émergence de ce nouveau parti, différent, rassembleur, troisième force politique, qui a montré sa force aux législatives, et qui a été très présent aux dernières élections, cantonales et municipales. A l'occasion des municipales 2008, nous avons ainsi choisi le projet de Jean-Claude ANTONINI, qui donne toute sa place au développement durable. Nous avons aujourd'hui 7 élus Modem/Cap 21 pour mettre en oeuvre ce projet, au service des Angevins et de leur territoire.

Bernadette Caillard-Humeau, 1ère adjointe au maire d'Angers à la voirie et aux déplacements, Vice présidente aux transports, déplacements et mobilités d'Angers Loire Métropole.

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Lundi 10 janvier 2005
POINT DE VUE Tsunami : je savais tout, je ne savais rien, par Paul Tapponnier LE MONDE | 04.01.05 | 14h26 OAS_AD('Frame1');Les archives du "Monde" : plus de 800 000 articles à consulter. Abonnez-vous au Monde.fr Ne nous méprenons pas. D'autres cataclysmes sismiques, sans doute encore plus graves, frapperont l'humanité avant la fin de ce siècle. Nous sommes tous frappés de stupeur. Dimanche 26 décembre 2004 vers 7 heures du matin heure locale, un séisme de magnitude 9, comme la Terre n'en avait pas produit depuis quarante ans, a fait glisser horizontalement de 10-15 m l'interface entre les plaques Inde et Asie, sur 500-600 km de long et 150 de large. OAS_AD('Middle'); Au sud et à l'ouest de la pointe nord de Sumatra, ce séisme a relâché soudainement des forces et déformations accumulées depuis des siècles. En 3-4 minutes, les ondes de choc ont ébranlé toute la province d'Atjeh, provoquant une dévastation dont on commence à peine à appréhender l'ampleur.Déjà hors du commun, ce désastre n'est pas resté circonscrit près de la zone de rupture, comme c'est le cas général des séismes continentaux. Soulevant le fond marin de plusieurs mètres sur une bande de 40 × 400 km2, le chevauchement brutal du bord de l'Asie sur la croûte océanique indienne a fait naître une autre onde, fluide celle-là. Une énorme vague qui, après avoir achevé d'anéantir la côte ouest de Sumatra, a transporté mort et désolation sur les rives du nord de l'océan Indien et de la mer d'Andaman, y compris dans des contrées tectoniquement paisibles où même les petits séismes sont rares.A près de 700 km/h, le maximum d'amplitude de ce raz de marée, très directif mais presque imperceptible en haute mer, est d'abord allé frapper de plein fouet les îles Nicobar. Près de quarante minutes après le séisme, la côte sud de la Thaïlande était atteinte. Une heure trente plus tard, celle du Sri Lanka et de l'Inde du Sud. La vague a ensuite balayé les Maldives et les Seychelles pour finir, avec encore assez de puissance pour chavirer les barques de pêche, sur les rivages de la Somalie et du Kenya.Alors que j'écris ces lignes, le nombre des victimes recensées atteint déjà 140 000. Mais les zones les plus sinistrées, hélas, n'ont encore guère été visitées. Comment s'y rendre ? Ponts, routes et ports sont détruits. Où accoster ? Où atterrir ? On entend dire que plus un signe de vie ne subsiste sur les 250 km du littoral au sud de Banda Atjeh... Sur cette côte basse, le tsunami aurait pénétré 10 km à l'intérieur des terres. Aucune nouvelle de Meulaboh, grande ville la plus proche de l'épicentre.On est donc en droit de craindre que cette immense catastrophe humaine ne rivalise avec les plus grandes connues, toutes d'origine sismique, et la plupart chinoises telle Tangshan en 1976 (255 000 morts), voire Xian en 1556 (830 000 morts). En vérité, le nombre exact des victimes ne sera sans doute jamais connu. Seuls les changements des lignes de côte et des contours des îles seront précisément cartographiés grâce aux satellites d'observation de la Terre, effets permanents d'un cataclysme qui n'est pas à la mesure humaine.Pourquoi une telle démesure ? Par sa puissance, le séisme d'Atjeh n'est après tout que le cinquième des grands séismes instrumentaux connus. Oui, mais il vient de frapper, lui, au cœur des régions les plus densément habitées de la planète, entre les rivages tropicaux de l'Inde et de l'Indonésie, distants de 2 000 km au plus. Tout se conjuguait donc pour donner à cette catastrophe naturelle le maximum de "portée" meurtrière.Aurait-on pu limiter les pertes humaines ? Que faire dans des circonstances comparables ? La première réaction du géophysicien ne peut être que l'humilité. Qu'aurais-je pu faire, moi, qui suis sans doute aussi averti qu'on peut l'être du fonctionnement de la Terre dans cette région du monde, de l'enchaînement séisme-raz de marée et de l'histoire (connue) des grandes catastrophes telluriques depuis trois mille ans en Asie ?Si j'avais été à Phuket, à quelque 800 km de l'épicentre, peut-être aurais-je été alerté par les oscillations du séisme lui-même. Elles ont dû être clairement perceptibles. Les séismes de magnitude 7 réveillent ordinairement les dormeurs à des centaines de kilomètres. Si je les avais ressenties, leur durée m'aurait sans doute inquiété. Ce sont les secousses qui durent, même si leur amplitude est faible, qui requièrent une réaction rapide et sérieuse. Elles sont l'apanage des très grands séismes qui seuls engendrent de longs et puissants trains d'ondes de surface.Aurais-je alors eu la présence d'esprit d'alerter mon entourage et d'inciter le plus grand nombre à la fuite vers les hauteurs dans la perspective d'un tsunami potentiel ? Avec une petite demi-heure de préavis, cette attitude aurait été la meilleure. Mais elle requiert une prise de conscience rapide de la taille du séisme et de son origine probable, "au flair", ce qui n'est pas facile même pour l'homme de l'art.Plus tard à Phuket, ou plus loin à Sri Lanka, où le séisme lui-même n'était plus perceptible, si j'avais été en position de contempler le rivage et de voir la mer se retirer vite et loin de la ligne de ressac habituelle, j'aurais sans doute immédiatement pensé : raz de marée. Aurais-je réagi avec la rapidité nécessaire ? Mais quelle rapidité ? Et, suivant l'endroit, comment réagir ? Rares sont ceux d'entre nous qui ont vécu ou observé un raz de marée.Je dois confesser que je n'en avais qu'une idée très incomplète. Au-delà de l'horreur brute qu'ils documentent, les nombreux films qui nous parviennent aujourd'hui précisent, mieux que toute image d'archive, ce qu'est exactement un tsunami, cette onde sournoise qui ne se matérialise que près des côtes. Au moins autant que l'effrayant mascaret frontal des peintures japonaises, ou les grandes déferlantes qui lui succèdent, c'est le puissant courant qui s'ensuit qui constitue le danger et l'agent principal de dévastation.La mer envahit la terre pendant plusieurs minutes, avant de se retirer en un temps plus long encore. Ce flux et ce reflux s'apparentent aux plus grandes crues de rivières. Le niveau de l'eau monte rapidement de plusieurs mètres et ces courants violents s'engouffrent partout, inondant tout ce qui est à leur portée. Le mot français, raz de marée (courant de marée) rend précisément compte du phénomène. On pourrait aussi dire "crue de mer". Ce sont ces courants de crue boueux, chargés des limons et vases côtières, qui déplacent bateaux, maisons, et même locomotives pesant plusieurs dizaines de tonnes.Pendant d'interminables minutes, dans un sens puis dans l'autre, les débris massifs charriés par cette crue torrentielle s'entrechoquent, détruisent, blessent et tuent. Même le nageur le plus aguerri ne s'en sortira que par miracle. Ultimement, tout ce qui flotte est entraîné au large, tout ce qui sombre, enseveli dans la boue. Le recours principal ne peut donc être que la fuite, à temps, le plus vite possible.A Phuket, les collines sont relativement proches. Monter rapidement de quelques dizaines de mètres est sans doute envisageable pour qui comprend instantanément ce qui se passe. Mais près des palmiers, sous un soleil radieux, face à une mer chaude et jusqu'ici calme, comment ne pas perdre de nombreuses secondes, toutes précieuses, dans la contemplation incrédule, voire inquisitive, d'un phénomène jamais vu. Curieux d'observer la nature, j'en aurais sans doute perdu beaucoup. Sur les côtes plates comme à Galle, plus encore Banda Atjeh, peu ou pas de fuite possible sur des hauteurs naturelles. L'unique espoir est de grimper dans les étages ou de s'accrocher puis se hisser le plus haut possible sur des bâtiments en espérant qu'ils résisteront.Lorsque le raz de marée surprend, les stratégies de survie sont donc bien minces. Il n'empêche. Comme dans toutes les situations d'urgence, connaissance et éducation sont vitales. C'est une telle éducation qu'ont intégrée les Japonais, qui vivent depuis des siècles avec les tsunamis les plus fréquents du monde. C'est cette éducation-là que mon collègue Kerry Sieh, professeur au California Institute of Technology, avait récemment commencé à inculquer aux habitants de la côte ouest de Sumatra, près de l'équateur et plus au sud, à force d'affiches et de conférences, au niveau local et régional.Là, des recherches approfondies, continues depuis près de dix ans, lui avaient permis de préciser la taille et l'impact des deux séismes géants de 1833 (M = 9) et de 1861 (M = 8,5) sur l'île de Sumatra comme sur celles de Nias, Siberut et autres plus au large. Mieux, ces recherches ont permis de reculer dans le temps et de déterminer que la période de retour de ces catastrophes - la première comparable à celle du 26 décembre, hormis un raz de marée dirigé plutôt vers le sud de l'océan Indien - était de l'ordre de 250 ans. La cartographie, île après île, des anomalies de croissance de micro-atolls coralliens qui vivent à fleur d'eau permet de reconstituer la taille et l'histoire des séismes anciens, étape essentielle dans la compréhension des séismes futurs.Au centre de Sumatra, la recherche fondamentale avait donc porté ses fruits. On savait à quoi s'attendre, et approximativement quand (vers la fin du siècle qui commence). Même imprécis, de tels résultats sont essentiels pour l'évaluation des risques sismiques et tsunamiques futurs au nord et au sud de Padang. On ne savait rien de tel, hélas, quelques centaines de kilomètres plus au nord, dans toute la province aujourd'hui sinistrée d'Atjeh et sur l'île de Simeulue. Ni au Sri Lanka.Dans ces deux régions, guerre civile et guérilla interdisaient toute recherche depuis vingt ans. D'où, en partie, l'étendue du désastre.Est-il possible d'espérer que ce retard criminel de la connaissance puisse être comblé avant la prochaine catastrophe ? Il faut en effet d'abord et avant tout savoir. Dans cette optique, il n'est pas inutile que les médias maintenant mondialisés continuent à diffuser, malgré leur brutalité, les nombreuses vidéos sauvées du naufrage, et les témoignages vécus, pour que le plus grand nombre puisse en tirer connaissance, leçon et réflexe d'action futur. Ecoutez, regardez : voici ce qu'est un raz de marée ! A défaut de n'avoir pu faire, voilà ce qu'on pourrait peut-être faire. Voici les domaines du possible et de l'impossible.Et l'alerte ? N'aurait-on pas pu prévenir à temps les riverains de la mer d'Andaman et de l'océan Indien ? On aurait dû, cela tombe sous le sens : trois quarts d'heure, deux heures, c'est long ! Presque en temps réel désormais, un séisme de magnitude 7 ou plus peut être identifié et localisé grâce aux réseaux mondiaux de stations sismiques tels qu'IRIS ou Géoscope. Mais la nouvelle n'est pas parvenue là où elle aurait dû parvenir en urgence : au bord de la mer. Vingt minutes après 7 heures du matin, tout était déjà consommé à Banda Atjeh.Il n'était pas tout à fait trop tard à Phuket, encore moins au Sri Lanka et dans le Tamil Nadu. Ne parlons pas des Maldives ! Sans nul doute, de nombreuses vies auraient pu être sauvées. Qui est responsable ? Personne, c'est le cœur du problème. La connaissance, une fois encore. Localement, personne ne savait, personne ne se doutait, personne n'imaginait. A l'exception, déjà trop tard, de quelques sismologues éparpillés loin de la zone frappée au cœur, sans doute stupéfiés par les enregistrements qui se déroulaient sous leurs yeux.Cela n'était arrivé de mémoire récente que dans le Pacifique, pas dans l'océan Indien. Il eût fallu qu'existât un système d'alerte bien rodé, encore plus performant que celui du Pacifique vu les temps de parcours beaucoup plus courts de l'onde marine entre sa source et les côtes menacées. On l'a dit et répété, ce système n'existait pas. Il doit être mis sur pied d'urgence. Vu l'élan de solidarité mondial sans précédent des derniers jours, gageons que les moyens seront rapidement réunis.Il serait bon de se soucier aussi de la Méditerranée... avant le prochain désastre. Il est vrai que les plaques s'y meuvent moins vite, surtout à l'ouest. Mais n'oublions pas les dizaines de milliers de victimes à Messine en 1908. Alexandrie et les côtes de l'Egypte dévastées en 365 et 1303 par des raz de marée sans doute venus de Crète ou de Chypre, là où l'Afrique s'enfonce sous l'Egée et la Turquie. Et Bérite (Beyrouth), fleur du Proche-Orient antique, qui, noyée en 551 après Jésus-Christ, mit plus de dix siècles à s'en relever.En amont de l'alerte, que peut-on espérer faire ? Disons plutôt, que doit-on faire : c'est bien d'un devoir qu'il s'agit. La voie est claire. Tout système d'alerte doit être constamment nourri et amélioré par la recherche fondamentale. Il faut chercher à mieux connaître et mieux comprendre le fonctionnement des failles terrestres. Il est vital de continuer à développer l'observation de notre planète à la frontière des techniques existantes. Il n'est guère de domaine où l'investissement dans la recherche fondamentale doive être plus grand et plus soutenu sur le long terme.Nous savons que, dans les deux ou trois décennies à venir, de grands tremblements de terre sont attendus en mer de Marmara, en Californie du Sud, dans les provinces du Qinghai et du Ganzu, en Chine, pour ne citer que quelques exemples. Comme la sismologie, la sismotectonique - l'étude des failles actives - a fait d'immenses progrès en seulement vingt ans. Chaque année, les failles vivantes de la planète sont cartographiées avec une précision accrue, grâce en partie aux images de satellites dont la résolution a augmenté d'un facteur 100 depuis 1975. La segmentation de ces failles, qui contrôle la taille des séismes, est de mieux en mieux comprise. De nouvelles failles actives sont découvertes. Nous savons donc de mieux en mieux où risquent de se produire les tremblements de terre et quelle peut être leur taille. Un exemple récent : le séisme des Saintes, le 21 novembre 2004, entre Guadeloupe et Dominique, s'est produit sur une faille active sous-marine identifiée il y a quatre ans lors de la campagne Aguadomar (Institut de physique du globe de Paris et Ifremer). La longueur de cette faille (15-20 km) est en bon accord avec la magnitude (6,3) du séisme.En Californie, en Turquie, au Liban et ailleurs, de nombreuses tranchées creusées dans le sol transversalement aux failles ont mis au jour des séquences de 10, 20, voire 30 tremblements de terre anciens, éclairant l'histoire du fonctionnement de ces failles (San Andreas en Californie, nord-anatolienne en Turquie, Yammouneh au Liban) pendant les derniers 5 000, 10 000, voire 20 000 ans. (En excavant les traces des grands séismes - il s'agit de véritables fouilles, au sens archéologique du terme -, on peut retrouver, décrypter et dater au carbone 14 les traces des séismes disparus.) Cette histoire est essentielle pour penser les scénarios sismiques du futur.Les grands séismes sont-ils réguliers ou non ? Se reproduisent-ils environ tous les 150, 250, ou 1 000 ans ? Partout où elle existe, cette connaissance fait reculer les bornes de l'imprévu. Parallèlement à la sismologie, qui écoute les frémissements de la Terre avec de plus en plus d'acuité, la géodésie spatiale nous offre aujourd'hui des techniques d'une finesse telle (GPS, radar interférométrique) que les mouvements millimétriques de surface peuvent être surveillés en continu. Les vitesses moyennes de toutes les failles sismogéniques qui comptent sont désormais accessibles en temps réel. Encore faut-il pouvoir installer et maintenir des réseaux denses d'instruments fonctionnant en continu.C'est une tâche qui doit être entreprise à l'échelle planétaire. Les ancrages de départ sont déjà en place. Il existe par exemple des réseaux GPS récents en Birmanie et en Indonésie orientale, que contribue à maintenir Christophe Vigny, à l'Ecole normale supérieure. D'autres, dans le centre et le sud de Sumatra, sous l'égide de Kerry Sieh, ou dans l'Himalaya, sous celle de Jean-Philippe Avouac, à Caltech, en collaboration avec le CEA, ou encore en Turquie et en Grèce. Mais la plupart sont encore trop modestes pour qu'on puisse résoudre mieux que le premier ordre : les mouvements des grands blocs.Car ce qu'il faut mesurer et comprendre pour espérer "voir venir" les catastrophes du futur, ce sont les variations du deuxième ordre des mouvements et de la sismicité. On sait que certaines failles ne glissent pas toujours à la même vitesse. Grâce à une approche mise au point il y a dix ans par Geoffrey King (Institut de physique du globe de Paris) et Ross Stein (USGS), on sait désormais calculer la nouvelle donne des forces après un séisme. La modélisation des changements de contraintes dans les régions entourant une faille qui vient de glisser permet d'identifier les failles voisines qui sont les plus susceptibles de glisser.Pour aller plus loin, tout repose sur l'observation et la mesure en temps réel. Il est aujourd'hui aussi urgent d'observer la Terre solide que ses climats ou les confins du système solaire. C'est une observation qui doit se concevoir à l'échelle des siècles. Ne nous méprenons pas. D'autres cataclysmes sismiques, sans doute encore plus graves - nous sommes de plus en plus nombreux - frapperont l'humanité avant la fin de ce siècle.Combien de décennies ou de siècles nous séparent d'un séisme comparable à celui qui dévasta le nord des Antilles en 1843 ? Le raz de marée ne pourrait-il atteindre Miami ? Là, pour l'instant, l'histoire se résume à un constat bien mince : aucun autre grand séisme n'a été bien décrit depuis l'arrivée de Christophe Colomb en 1492 ! Il nous faut savoir plus. Répétons-le sans relâche : c'est possible. C'est de la recherche fondamentale.La tâche qui reste est immense, mais les chercheurs sont là, vibrants de motivation et d'idées nouvelles. Ce sont les moyens qui manquent. Comme les palais des rois d'antan ou les cathédrales, les réseaux d'observation de la Terre doivent être érigés pour durer. Ne mégotons pas. Il en va de millions de vies. Nos démocraties actuelles, et les grandes multinationales, cette fois bien éraflées, sauront-elles se montrer à la hauteur de cette tâche et venir en aide aux plus démunis, ceux qui paient souvent le plus lourd tribut ?Paul Tapponnier est directeur du Laboratoire de tectonique à l'Institut de physique du globe de Paris.• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 05.01.05 Voir également l'article sur Sumatra (30 mars 2005) ou d'autres (catégorie catastrophe naturelle)
Par Point de vue paru dans le journal Le Monde
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Dimanche 30 janvier 2005
Danger sur la loi Littoral : le double discours permanent Pendant que l'on bavarde sur la biodiversité avenue de Ségur, CAP 21 et Corinne LEPAGE craignent que l'on ne s'apprête à tuer la loi Littoral rue de Vaugirard. Avec le soutien explicite ou non du secrétaire d'Etat à la mer, M.Goulard,le Sénat, en seconde lecture de la loi sur le développement des territoires ruraux s'apprête sur proposition des sénateurs UMP à permettre le mitage du littoral en ouvrant à l'urbanisation les zones non construites par une simple adaptation des SCOT et des PLU .Autrement dit, plus de loi littoral! Bravo pour la cohérence de l'action publique. Une fois encore, le gouvernement, s'il soutient les amendements déposés démontrera que plus les paroles sur l'environnement sont fortes plus les actes de destructions sont puissants!
Par Eric Delhaye
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Mardi 22 février 2005
mardi 22 mars 2005 Séné offrira la voile « barre en main » Un point Passion Plage, le premier du Golfe, ouvre en juin, à la Mouette Séance de matelotage pour les moussaillons. En 2004, la voile scolaire (écoles et collèges) a permis de faire découvrir l'activité à 720 enfants du pays de Vannes. OAS_AD('Position2'); Naviguer sans les contraintes de préparation du voilier ou de transport de la planche à voile. C'est ce que proposera en juin la Mouette sinagote dans le cadre de son Point Passion Plage, le premier du Golfe. Avec l'aide de la communauté d'agglomération, la base nautique du pays de Vannes vient de renouveler sa flotte. « Vous ne savez pas pourquoi ça s'appelle la bôme ? Pensez au bruit que ça fait quand elle vient vous cogner dans la tête. » La boutade du moniteur a le grand mérite d'inviter les marins en herbe à se méfier des mouvements un peu traîtres de cette pièce horizontale. « Je ne suis pas sûr que c'est l'étymologie exacte mais c'est sans doute efficace ! », s'amuse François Goulard, visiblement dans son élément. Le président de la communauté d'agglomération, voileux confirmé, s'est fait présenter, samedi, les nouveaux bateaux achetés par la Mouette sinagote avec l'aide financière de la communauté d'agglomération. Dix Optimists neufs, huit dériveurs (RS Feva et Buzz), quatre catamarans (d'initiation et de compétition), quelques kayaks... (1) Autant de supports qui doivent permettre au club d'accroître son audience. « C'est un impératif pour nous », souligne Christophe Nouet, le président obligé « de serrer les boulons » pour rééquilibrer le budget de la petite entreprise (160 000 € en 2005 dont 60 % en charges salariales). « On n'y est pas encore. Cette année, le déficit devrait être supérieur à celui de 2004 ! » 35 classes en 2004 Pour inverser la tendance, le club compte notamment sur les rentrées apportées par le futur Point Passion Plage (PPP). Une première dans le golfe. Il s'agit de proposer aux navigateurs une formule « barre en main » en quelque sorte. « Pour pratiquer la voile une heure, il faut passer actuellement deux heures avec les préparatifs et le rangement », explique Pierre-François Caton, le directeur. « Avec le PPP, le matériel attend le navigateur, il ne reste que le temps de l'habillement. » Le tarif demandé est bien sûr à la mesure de la qualité du service fourni. « Un moniteur diplômé sera employé pour cela pendant deux mois à plein temps. » Démarrage prévu le 12 juin. Le reste de l'année, le club continuera à s'appuyer entre autres sur la voile scolaire (35 classes et 113 séances en 2004). « Même si elles ne sont facturées qu'au prix coûtant, elles nous permettent de vivre. Nos stages en vacances scolaires ne sont pas assez remplis. Le manque de capacités d'hébergement pour les groupes ou les touristes de passage nous handicape... » Avec le soutien de Nautisme en Bretagne, la Mouette va s'engager dans une démarche de commercialisation plus forte qui devrait lui permettre d'élargir sa clientèle. « Notre aide financière est là pour faciliter vos interventions auprès des jeunes, en particulier les enfants du primaire », rappelle François Goulard. « Nous souhaitons qu'ils puissent découvrir les loisirs nautiques (voile, aviron, kayak...). Nous sommes en train d'adopter un plan pour cela. Tous les clubs du Golfe qui aident à la pratique de la voile devraient bientôt bénéficier de financements pour leur matériel neuf (50 % du coût). » (1) Un investissement global de 54 000 €.

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Dimanche 6 mars 2005
Les produits toxiques déversés clandestinement au large des côtes refont surface. samedi 26 février 2005 Les tsunamis qui ont frappé l’Asie en décembre dernier ont permis de redécouvrir des déchets radioactifs immergés illégalement par les pays occidentaux le long des côtes de la corne africaine. C’est ce que révèle un rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement, intitulé « Après le tsunami - Une évaluation environnementale préliminaire », publié mercredi. Djibnet.com Par Sandrine Desroses La Somalie : dépotoir pour les déchets radioactifs occidentaux ? Les raz-de-marée qui ont endeuillé l’Asie du Sud, en décembre dernier, ont également eu un impact en Somalie. Des répliques ressenties jusque dans la sous-région d’Afrique de l’Est (qui a également payé un lourd tribut à la catastrophe) ont fait remonter à la surface les déchets radioactifs déversés au large des côtes somaliennes, durant les années 80 et 90, par des pays occidentaux. Une enquête préliminaire menée par les experts du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) évoque le cas de la Somalie et du Kenya. Le suivi de l’affaire est attendu dans les prochaines semaines avec une enquête plus approfondie sur place. Mais dans l’immédiat, et pour des raisons que l’on imagine aisément, les différentes autorités contactées semblent s’accorder à entretenir la plus grande retenu quant à ces découvertes. Le rapport des experts du PNUE, publié mardi, fait état de l’ampleur des dégâts, causés par les tsunamis, tant sur le plan sanitaire qu’environnemental dans toutes les zones touchées. Il évoque, entre autres, les scandaleuses découvertes en Somalie. Mais le fait n’est pas si nouveau. En effet, profitant de l’instabilité du climat politique en Somalie, en guerre civile permanente depuis la fin de 1990, de nombreux pays occidentaux auraient fait des propositions à l’Etat somalien : armes contre stockage de déchets toxiques. Et pour cause : le rapport du PNUE estime que la gestion et l’élimination des matériaux dangereux reviendrait à 2.50$ la tonne en Somalie, contre 250$ en Europe. Les autorités n’ayant ni les moyens, ni les compétences pour surveiller et contrôler les choses, la porte restait ouverte à tous les abus. Problèmes de santé inhabituels Une partie des conteneurs, en dépôt dans les fonds marins depuis des années, refait surface, à cause des tsunamis. Leur état d’usure avancée inquiète les autorités, d’autant que ces objets flottants non clairement identifiés demeurent à quelques centaines de mètres du rivage. Les premiers effets de cette présence indésirable se font déjà ressentir chez les populations locales. « Un nombre important d’individus dans les zones somaliennes affectées se plaint de problèmes de santé inhabituels, y compris de problèmes pulmonaires graves et d’infections de la peau », indique-t-on dans le rapport. Si le danger menace les Hommes, il en va de même pour l’environnement. Les observateurs du monde marin indiquaient, déjà dans la région en 2004, des troubles du comportement de la faune liés au déversement de produits chimiques dans la mer : de « nombreux cas de cécité » chez certains animaux marins, qu’il est « parfois possible de pêcher avec les mains : les poissons ne bougent pas, ils ne fuient pas. Quant aux tortues, elles sortent déposer leurs œufs sur le sable, mais ensuite, au lieu de retourner à l’eau, elles avancent toujours plus loin sur la terre ferme », apprend-on sur le portail alternatif sur l’eau Planète Bleue. L’inconscience et la cupidité des uns fait le malheur des autres. Et en l’absence d’un véritable Etat somalien, les habitants n’auront pas grand monde vers qui se tourner pour demander des comptes...ou des soins.
Par Par Sandrine Desroses
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Lundi 7 mars 2005
  par AFP, le 8-3-2005 à 17:28:22 Les quatre régions de la façade atlantique ont plaidé lundi 7 mars 2005 à Nantes, cinq ans après la marée noire provoquée par l'Erika, pour une meilleure coordination des moyens de lutte anti-pollution, une anticipation des risques et la reconnaissance du coût écologique. Les régions ont aussi fait un point sur l'état de la procédure judiciaire avec un procès pénal attendu en 2006 où doivent être représentées 60 parties civiles et dans lequel 19 personnes physiques ou morales sont poursuivies dont Total. Les quatre régions Bretagne, Pays-de-la-Loire, Poitou-Charentes et Aquitaine (concernée par la catastrophe du Prestige principalement) ont annoncé leur volonté "de peser sur la réglementation et les procédures d'urgence pour protéger leur littoral". Les collectivités locales touchées par les marées noires de l'Erika et du Prestige sont réunies au sein d'une association "Ouest littoral solidaire". La catastrophe de l'Erika aura coûté un milliard d'euros aux collectivités publiques. "Ces affaires de pollutions marines sont aussi des affaires économique, si nous voulons que les choses changent, il faut faire changer l'équation économique", a considéré Corinne Lepage, ex-ministre de l'environnement de 1995 à 1997 (gouvernement Juppé) et avocate de plusieurs parties civiles dans le dossier de l'Erika. "Il faut que les pollutions coûtent le plus cher possible (NDLR: à leurs responsables), non pas pour être pénalisantes mais pour être dissuasives", a expliqué l'avocate, présidente de Cap 21, prenant pour exemple les lois appliquées aux Etats-Unis. Le milliard d'euros avancé par les collectivités publiques ne prend pas en compte les incidences écologiques sur la faune et la flore. Ainsi, selon l'Ifremer, entre 80.000 et 150.000 oiseaux marins ont été victimes de la pollution générée par le naufrage de l'Erika en décembre 1999. "On a tendance à parler de ce qui est mesurable financièrement. Or, un oiseau mazouté ça n'a pas de prix", a relevé Roselyne Bachelot (UMP), députée européenne et ministre de l'Ecologie de 2002 à 2004 qui considère qu'il est "absolument primordial que la législation du Fipol soit profondément modifiée car elle met des limites inacceptables à l'indemnisation écologique". Autres dégâts consécutifs à la catastrophe et difficilement quantifiables, ceux liés au nettoyage des côtes, parfois effectué de façon "sauvage", a rappelé Dominique Voynet, sénatrice Verts et ministre de l'environnement à l'époque de la catastrophe, de 1997 à 2001. "Les associations de protection de l'environnement insistent sur les dégâts qui ont été commis par le nettoyage", note la sénatrice qui a souligné l'importance de mettre en place une véritable coordination des moyens en cas de marée noire et de se doter d'outils favorisant l'anticipation de ce type de catastrophe. 400 km de côtes avaient été touchés par le pétrole de l'Erika. Depuis, la réglementation européenne a évolué, le contrôle des navires dans les ports a été renforcé (de 7% à 30% aujourd'hui en France). Depuis le naufrage du Prestige, le retrait des navires à simple coque s'est aussi accéléré mais les intervenants ont souligné le "décalage entre les règles adoptées au niveau européen et leur traduction concrète sur le terrain".
Par media tropical AFP
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Lundi 21 mars 2005
La France renforce son dispositif de sauvegarde maritime ARTICLE LE MONDE Mercredi 16 mars, le cargo philippin Neptunic, soupçonné d'une pollution volontaire par rejet d'hydrocarbures, a été dérouté vers Brest. Une caution de 250 000 euros lui a été imposée. Le 11 mars, pour les mêmes raisons, le cargo italien Enrico-Ievoli a dû régler une amende de 450 000 euros pour reprendre la mer. Ces deux bateaux sont les premiers contrevenants en matière de pollution marine de l'année 2005. En 2004, 7 076 navires ont été interrogés, 17 navires ont été déroutés par la marine française et soumis à des poursuites judiciaires (contre un seul en 2003), et 98 incidents ont été évités. La France a décidé de se doter de moyens juridiques et militaires accrus pour mieux assumer sa mission de sauvegarde maritime, un concept qui vise à la fois la lutte contre le narcotrafic, l'immigration clandestine, la pêche illicite, les pollutions marines, mais aussi la sauvegarde de la vie humaine. L'Assemblée nationale a adopté, mercredi, en première lecture, un projet de loi permettant à l'Etat de prendre des mesures de coercition à l'égard de tout navire dans deux cas : soupçons de trafic de stupéfiants et soupçons de trafic de migrants. Ce texte fournit un nouvel outil juridique permettant à la marine nationale d'intervenir à l'intérieur de la mer territoriale d'un Etat étranger, sous réserve de la signature d'un accord ad hoc. Le même jour, Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, a présenté au conseil des ministres un bilan des missions de sauvegarde maritime, qui représentent aujourd'hui 25 % de l'activité des bâtiments et aéronefs de la marine. L'échouage, en février 2001, du cargo East-Sea transportant 900 immigrés clandestins, sur la côte méditerranéenne, et les attentats du 11-Septembre ont convaincu les autorités françaises de se prémunir contre les menaces de ce type. En 2004, dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic, 2 068 navires ont été interrogés (7 ont été interceptés), et un peu plus de 1 tonne de cocaïne a pu être saisie. S'agissant de l'immigration clandestine, 3 embarcations ont été interceptées, et 43 immigrants clandestins remis à la police de l'air et des frontières (PAF). Ce bilan de la "police des mers" apparaît modeste au regard des chiffres avancés par Mme Alliot-Marie : un tiers des quelque 1 000 tonnes de cocaïne produites chaque année en Amérique du Sud est acheminé vers l'Europe par voie maritime, et 65 000 des 100 000 entrées illégales par an de migrants en Europe se font par mer. La France est moins exposée à l'immigration clandestine que Gibraltar ou l'Italie, a rappelé, jeudi 17 mars, le vice-amiral d'escadre Alain Oudot de Dainville, en précisant que le problème se pose surtout à Mayotte et aux Antilles. Il reconnaît, d'autre part, que la France a eu tendance à baisser la garde en ce qui concerne la surveillance de ses côtes. Le réseau de sémaphores, largement tombé en désuétude, a donc été réhabilité, la surveillance radar a été renforcée, et deux nouveaux remorqueurs d'intervention vont entrer en activité cette année : les Abeille Bourbon et Liberté. S'agissant de la sauvegarde de la vie humaine, 626 personnes ont été secourues en 2004. Laurent Zecchini Article paru dans l'édition du 20.03.05

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Mardi 22 mars 2005
ARTICLE LE MONDE La pollution et l'inertie du climat rendent ses changements inéluctables Le ministre britannique de l'économie, Gordon Brown, a, mardi 15 mars à Londres, exhorté tous les pays riches à agir contre le réchauffement climatique, à l'occasion d'une réunion informelle organisée avant le G8 consacré à l'environnement. Le Royaume-Uni se place en promoteur du protocole de Kyoto, qui, dans les pays signataires, ambitionne de stabiliser, à l'horizon 2010, les émissions polluantes à leur niveau de 1990. Cet objectif, certes louable, risque d'être difficile à tenir, notamment en l'absence des Etats-Unis, qui ont refusé de ratifier le protocole. Mais, même s'il était atteint, le réchauffement annoncé ne serait pas pour autant enrayé, comme le rappellent deux articles publiés vendredi 18 mars dans la revue Science. Des chercheurs du Centre national de recherche sur l'atmosphère de Boulder (Colorado) ont fait tourner leurs modèles pour mesurer les effets de l'inertie du climat. Ils ont constaté que, même si l'on gardait une composition identique de l'atmosphère, ou un niveau d'émission de gaz à effet de serre égal à ce qu'il était en l'an 2000, les effets sur la hausse des températures et du niveau des océans se feraient sentir pendant des décennies, voire des siècles. Tom Wigley a procédé aux deux exercices. Pour une composition constante de l'atmosphère, le réchauffement du globe pourrait dépasser 1 0C avant qu'on n'assiste au retour à l'"équilibre" du climat. La courbe suit une asymptote pour rejoindre ce "pic" d'ici un à quatre siècles environ, selon les différentes hypothèses de sensibilité du climat retenues. Il n'en va pas de même dans le scénario d'un niveau d'émission constant, restant au niveau de 2000 : la courbe est alors presque linéaire. Le réchauffement serait de 2 à 6 0C en l'an 2400, tandis que le niveau des océans s'élèverait de 7 à 50 centimètres par siècle. Une éventuelle stabilisation n'interviendrait pas avant des millénaires. "Clairement, le message à retenir est, écrit Tom Wigley, que, si nous voulons éviter un réchauffement de cette ampleur, les émissions des gaz ayant un effet sur le rayonnement solaire devront être réduites à un niveau substantiellement inférieur à celui d'aujourd'hui." L'équipe de son collègue Gerald Meehl, avec deux autres types de modèles numériques, parvient sensiblement aux mêmes conclusions, même si elle a borné son horizon prédictif à 2100-2200. Si l'on réussissait à stabiliser la concentration de gaz à effet de serre au niveau de 2000, le réchauffement augmenterait d'un demi-degré supplémentaire. D'autre part, l'élévation additionnelle du niveau des mers, engendrée par la dilatation des océans sous l'effet de ce réchauffement, serait trois fois plus importante d'ici à la fin du XXIe siècle qu'au cours du XXe (15 à 20 cm), estime l'équipe américaine. La faute, là encore, à l'inertie du système climatique et à ses réactions en chaîne, qui sont très longues à stabiliser. Ces résultats sont d'autant plus préoccupants qu'ils partent d'hypothèses très optimistes : les projections réelles ne montrent aucunement une tendance de l'économie mondiale à un prochain assagissement : le dynamisme de la Chine et des pays émergents indique plutôt le contraire, avec une débauche dans la consommation d'énergie et les émissions associées. De plus, chaque tonne de CO2 supplémentaire émise dans l'atmosphère y restera longtemps. Comme le rappelle David Archer, de l'université de Chicago, sur le site realclimate.com, les gaz à effet de serre, une fois parvenus dans l'atmosphère, sont loin d'être totalement et rapidement réabsorbés par les océans ou d'être fixés par photosynthèse dans les végétaux terrestres ou dans le sol. "Mon modèle indique que 7 % du CO2 envoyé dans l'atmosphère aujourd'hui y sera toujours dans 100 000 ans", assure-t-il. Ce résultat bouscule les présentations habituelles qui montrent un cycle du CO2 bien plus court. Les négociations internationales sur le changement climatique sont d'ailleurs fondées sur des projections à un siècle, un horizon "bien éloigné de l'an 100 000", souligne David Archer. Pourtant, rappelle le chercheur, cette échelle de temps semble pertinente lorsque l'on débat des dangers du nucléaire. "C'est pourquoi la véritable durée des changements climatiques induits par l'homme pourrait être considérée par certains comme tout aussi pertinente pour prendre des décisions immédiates", conclut-il. Hervé Morin Article paru dans l'édition du 20.03.05

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Jeudi 24 mars 2005
POINT DE VUE La mer Noire et le rêve d'un grand lac européen LE MONDE | 23.03.05 | 16h01  •  En cette année 2005 placée sous le signe de la mémoire, il est une commémoration restée dans la pénombre : le 60e anniversaire des accords de Yalta, qui avaient partagé le monde en deux blocs antagonistes entre vainqueurs de la seconde guerre mondiale, le 4 février 1945. Et, pourtant, s'il est un fait historique qui frappe par son actualité, c'est bien celui de la réunification du Vieux Continent à l'heure de l'élargissement de l'Union. Soviétique hier, aujourd'hui ukrainienne, demain européenne, Yalta parviendra-t-elle à s'affranchir du fardeau de son passé, elle qui n'apparaît aux yeux du monde qu'à travers le prisme de cette semaine de février 1945 ? C'est peut-être le cas depuis peu. Ville de la péninsule de Crimée, Yalta est au coeur d'une zone maritime en pleine mutation. C'en est fini du lac soviétique, désormais les pays de la mer Noire regardent vers l'Europe. La Roumanie et la Bulgarie ont un pied dans l'Union européenne, la Turquie s'efforce de les rejoindre, la Géorgie et l'Ukraine ne veulent rien d'autre. Une nouvelle page s'est ouverte l'année dernière avec la perspective d'un "statut de voisinage immédiat" que les Vingt-Cinq ont promis à l'Ukraine et aux Etats du Caucase (Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan). D'élection en élection, les Etats autoritaires ont gagné au fil du temps en transparence, en libéralisation des moeurs et en respect des droits de l'homme. En deux ans, les pays de la zone ont davantage progressé sur ce terrain que depuis la chute du Mur en 1989. Ainsi les équipes actuelles ont rompu avec les méthodes des régimes au pouvoir pendant des décennies et tentent de créer autour de ce lac de plus en plus européen une communauté de destin. Ce regain démocratique ouvre à l'ensemble des peuples de la région trois voies de développement complémentaires. L'Organisation de la coopération économique de la mer Noire (Ocemn), créée en 1992 et jusque-là poussive, gagnera en visibilité et en cohésion. Ce forum régional dont six pays sont membres (Bulgarie, Géorgie, Roumanie, Russie, Turquie, Ukraine) et auquel cinq autres sont associés (Albanie, Arménie, Azerbaïdjan, Grèce, Moldavie) s'est inspiré du modèle de l'UE dans son fonctionnement. L'Ocemn est d'ailleurs devenue, depuis 1999, une vraie organisation économique avec une identité légale internationale reconnue. D'autres Etats (Autriche, France, Allemagne, Egypte, Israël, Italie, Pologne, Slovénie, Tunisie) y ont un statut d'observateurs. A l'heure où les conflits du Proche-Orient soulèvent l'incessante question des débouchés, ses terminaux (Odessa, Supsa, Novorossisk), ses gazoducs (le Bluestream qui emmène du gaz russe vers la Turquie) et pipelines (le Bakou-Tbilissi-Ceyhan ou BTC, pour l'acheminement du brut de la Caspienne vers la Méditerranée) accentuent sa dimension géopolitique. L'OTAN ne s'y est pas trompée, elle qui accorde une attention toute particulière à la périphérie russe. Un statut particulier a été attribué à l'Ukraine. En 1997, ce pays a signé avec l'OTAN la charte sur le partenariat distinct prévoyant la création d'un mécanisme consultatif de gestion de crise susceptible d'être activé dès lors que Kiev percevrait une menace pour sa sécurité. En 2004, la Bulgarie et la Roumanie ont rejoint l'Alliance, avec, à la clé, l'implantation de bases militaires sur leurs sols ; la Géorgie n'a jamais caché son intention d'en être membre un jour et multiplie les programmes de coopération avec les pays de l'OTAN. De son côté la Turquie, membre historique, parraine son poulain géorgien, accréditant l'idée d'une mer Noire en phase de devenir sinon lac atlantiste, du moins occidental. LA "GORGE D'ISTANBUL" L'horizon d'une démocratie accomplie est cependant loin d'être atteint. L'amnésie ou le déni d'un pan de leur histoire reste vivace chez certains : la Bulgarie et la Roumanie par rapport aux Roms, la Turquie face aux Arméniens, la Géorgie envers ses minorités, l'Ukraine vis-à-vis de la question des Tatars de Crimée ont du mal à regarder leur passé en face. Comment la Russie réagit-elle à l'endroit de ces évolutions ? La vieille ambition d'un accès aux mers chaudes reste-t-elle d'actualité aux yeux du Kremlin, au moment où la zone de ses intérêts stratégiques est en train de lui échapper ? Le détroit du Bosphore reste un point crucial pour l'exportation du brut russe (près de 70 millions de tonnes par an, soit 30 % des exportations russes), dont la production rivalise aujourd'hui avec celle de l'Arabie saoudite. Saisissant l'enjeu de la mer Noire, la Russie et la Turquie, les deux ennemis héréditaires, se sont subitement rapprochées, avant tout pour des raisons économiques, comme l'ont attesté les visites officielles quasiment simultanées des deux chefs de l'exécutif, Recep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine. De multiples projets d'oléoducs sont à l'étude pour contourner la "gorge d'Istanbul" (Istanbul Bogazi), laquelle, longue de 30 kilomètres et large de 3 kilomètres à 600 mètres à peine, est un passage naturel extrêmement périlleux. En 2004, le Bosphore a vu passer 52 000 navires, dont 9 500 chargés de produits pétroliers, et Ankara ne manque jamais de souligner les risques que ce trafic fait peser sur l'environnement. Quel tracé l'emportera ? Celui de Burgas (Bulgarie) jusqu'à Vlore (Albanie), via la Macédoine ? Cet autre, allant de la Bulgarie jusqu'au port grec d'Alexandropolis (sur la mer Egée) ? Ou bien encore celui partant du port turc de Samsun jusqu'au terminal de Ceyhan, sur la Méditerranée ? La seule inconnue de taille reste la Russie. En pleine perte d'influence auprès de son ancien glacis, ce pays tarde à trouver sa place dans cette nouvelle configuration de la mer Noire, passée de l'expression géographique à une dimension politico-économique. Yalta lui avait garanti un statut de puissance mondiale, la nouvelle architecture de la mer Noire lui ôte, soixante ans plus tard, tout espoir de reconquête. Reste la symbolique, comme ce monument à Staline, Roosevelt et Churchill, une triple statue de bronze, que Moscou voudrait voir installer dans le parc du palais Livadia, là où se tint la conférence il y a soixante ans. Marie Jégo et Gaidz Minassian Article paru dans l'édition du 24.03.05

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Mercredi 30 mars 2005
Le violent rééquilibrage d'une région déstabilisée par la catastrophe du 26 décembre ARTICLE LE MONDE | 29.03.05 | 14h39  •  Mis à jour le 29.03.05 | 14h39 Le séisme qui a secoué le nord-ouest de l'île de Sumatra (Indonésie), dans la nuit du lundi 28 au mardi 29 mars, est évalué par l'US Geological Survey (USGS) à une magnitude de 8,7 sur l'échelle de Richter. Cette estimation en fait, selon l'institut américain, l'un des quatre ou cinq séismes les plus violents survenus au cours du dernier siècle. Il a été provoqué par les mêmes contraintes tectoniques que celui du 26 décembre, mais n'a pas provoqué d'effondrement brutal du plancher océanique dont le tsunami est la conséquence meurtrière. Celui observé sur les côtes de certaines îles n'a ainsi, cette fois, guère dépassé trois mètres de hauteur. OAS_AD('Middle1'); A trois mois de distance, ces deux événements majeurs ­ et de nombreux autres, moins puissants ­ résultent de l'affrontement de la plaque indo-australienne avec la plaque eurasienne. La première exerce un mouvement de subduction en direction de la seconde à un rythme de 5 à 6 centimètres par an. Ce qui génère des tensions énormes le long de la grande faille de Sumatra. Cet affrontement, qui existe depuis 50 millions d'années, fait de l'Indonésie une des régions les plus sismiques du globe. D'autant que plus à l'est, une autre plaque entre en jeu, celle du Pacifique. NOMBREUSES RÉPLIQUES À VENIR "Le nouveau séisme, localisé au sud-est du précédent, a été clairement déclenché par le tremblement de terre du 26 décembre, explique Michel Granet, directeur de l'Institut de physique du globe de Strasbourg (CNRS, Université Louis-Pasteur). Il est lié à une modification du champ de contraintes associé au précédent événement." Le tremblement de terre de décembre "a entraîné des modifications régionales importantes. Toute cette zone est fragilisée et on assiste à une forme de retour à l'équilibre", ajoute-t-il. La survenue de forts séismes, dans cette région, est en effet attendue par les scientifiques depuis le tsunami du 26 décembre. Dans une communication publiée le 17 mars par la revue Nature, trois chercheurs britanniques mettaient notamment en garde contre de tels risques. La reconfiguration de la grande faille de Sumatra due à la catastrophe du 26 décembre, expliquaient-ils, était susceptible d'accroître les tensions au sud de la zone touchée. De fait, l'épicentre du séisme de Nias se trouve précisément à 300 km au sud-est de l'épicentre du premier tremblement de terre. "Le nouveau séisme s'est produit sur une zone de rupture, une frontière de plaque très longue, explique M. Granet. Ce n'est pas la même faille qui a joué, mais un segment de faille situé dans une région comprise entre le séisme de 2004 et celui de 1861." Etant donné la puissance relâchée par les deux séismes qui ont frappé à trois mois de distance, il faut s'attendre à de nombreuses répliques. Le premier tremblement de terre en a déjà produit plus de 400 de magnitude supérieure à 5 et a provoqué un gros séisme de magnitude 6,8 sur l'île de Simeulue, le 26 février. "Le niveau des répliques associées à ce séisme montre bien qu'il s'agissait d'un phénomène exceptionnel", poursuit M. Granet. Il faut s'attendre à de nombreuses autres, générées par celui qui vient à nouveau de frapper Sumatra. D'ores et déjà, une dizaine de répliques ­ dont l'une a culminé à 6,1 ­ ont été enregistrées. Stéphane Foucart et Christiane Galus Article paru dans l'édition du 30.03.05

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Vendredi 1 avril 2005
ARTICLE LE FIGARO Treize ans après l'interdiction de la pêche dans les eaux canadiennes, le stock ne s'est pas reconstitué Au large de Terre-Neuve, la morue n'est toujours pas revenue «Si nous continuons de pêcher ainsi, nos enfants mangeront du ragoût de méduse», indique Daniel Pauly, expert international en matière de surpêche à l'université de Colombie britannique (Canada). L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) met également en garde contre l'appauvrissement des stocks de poissons dans les océans. Dans le cas de la morue, les scientifiques n'ont pas percé le mystère. Treize ans après le moratoire canadien (1992) interdisant de façon inédite aux ressortissants du pays de la pêcher dans la zone exclusive d'exploitation (limite des 200 miles), le stock ne se reconstitue toujours pas. Désireux de sensibiliser le reste du monde, le Canada organise une conférence internationale sur le sujet à Saint-John's (Terre-Neuve et Labrador) du 1er au 5 mai prochain qui devrait réunir plus de 70 nations. Petty Harbour (Terre-Neuve et Labrador) : de notre envoyée spéciale Isabelle Brisson [29 mars 2005] A Petty Harbour, le soleil brille faiblement entre deux nuages. Le thermomètre marque plusieurs degrés au-dessous de zéro. La tempête de neige est attendue pour plus tard, mais le brouillard d'abord et le vent ensuite ont déjà bloqué les avions au sol depuis plus de vingt-quatre heures. Ce joli petit port de pêche est proche du plateau continental et du fameux banc de Terre-Neuve, zone particulièrement favorable à la reproduction et à l'alimentation des poissons. Ici, aujourd'hui, la capitainerie du port est fermée. Les bateaux qui reposent sur un mètre de neige montrent des couleurs plus ou moins ternes. Cette année, les pêcheurs n'ont pas gagné suffisamment d'argent pour les repeindre. Dans cette communauté la moitié des pêcheurs (140) sont au chômage. Le gouvernement a transformé les licences de pêcheurs de fonds en licences de pêcheurs de crabes. Les casiers entassés à même le sol ont remplacé les seines, fascines, chaluts et autres filets à morue. Dans son local, David Hern, qui aura 57 ans en mai, se souvient. Il plaisante. Plus de turlutte, non plus ! La turlutte est l'une des plus anciennes méthodes de pêche à la ligne. «Quand j'ai commencé dans le métier, il y a 47 ans, on utilisait trois lignes qui donnaient 500 à 700 kg par jour.» Les pêcheurs ne quittaient pas le bateau pendant quinze heures de suite. «Il fallait courir d'un bout à l'autre du bateau pour ramasser le poisson. Ça mordait bien.» Cet Irlandais d'origine, au regard malicieux, au rire facile et à la carrure solide, appartient à la sixième génération de pêcheurs de sa famille. Il gère trois bateaux de deux pêcheurs à plein temps et ne demande qu'à parler. Aujourd'hui, c'est toute une filière qui est sinistrée, du pêcheur à l'usine de transformation. Actuellement, David répare les filets de ses casiers à crabes avec celui de ses frères qui est resté dans le métier. Un autre frère est devenu garde côte, un autre menuisier et son beau-frère, infirmier. Ils ne se plaignent pas. D'autres sont plus mal lotis. Au fond du local, sur le poêle à gaz, une casserole remplie de neige sert de cendrier. Les bouteilles de bière se vident. Désormais la saison de pêche ne débute qu'en mai. Ici, comme dans la plupart des autres petits ports de la côte, les pêcheurs de morue piègent le crabe des neiges (Chionoecetes opilio). Cette pêche emploie moins de monde, même si elle rapporte plus. Longues pattes brunes et corps arrondi, ce crustacé de la famille des araignées de mer pèse en moyenne 700 grammes pour une taille de 13 cm. Le Canada, deuxième plus grand pays du monde après la Russie, est baigné par trois océans et possède le trait de côte le plus long au monde. La zone des 200 miles n'englobe pas la totalité du grand banc de Terre-Neuve, qui s'étend au sud-est de la province. Le «nez» et la «queue» de ce grand banc, soit environ 10% du territoire, se trouvent au-delà. Des stocks importants de poissons chevauchent cette limite légale et sont exploités dans les eaux internationales à l'extérieur du périmètre canadien. Ce sont des pêcheurs illégaux qui réalisent 30% des captures mondiales. La diminution des stocks a commencé en 1960. Elle a abouti au moratoire canadien qui interdit de pêcher dans la zone des 200 miles. Actuellement, peu de pays ont suivi le Canada, à part l'Islande qui impose des quotas et la Nouvelle-Zélande qui ajuste sa pêche. Pour expliquer que les stocks ne se reconstituent pas, chacun prêche pour sa propre chapelle. Certains pêcheurs disent que les phénomènes naturels sont responsables. Réchauffement des eaux et pollution sont accusés de perturber les migrations. D'autres incriminent les étrangers et même les phoques, au grand dam des organisations écologiques, qui accusent la surpêche. «On mettrait volontiers Brigitte Bardot et Greenpeace à la mer avec les phoques», s'emporte David Hern, en pêcheur viril. Les connaissances sur la biologie des poissons et sur la diversité du milieu sont insuffisantes. Ce qui est sûr, c'est qu'une dizaine d'espèces, dont les morues moridées, sont d'autant plus menacées qu'elles sont capturées en haute mer où aucun régime juridique ne permet d'encadrer leur exploitation. Difficile d'expliquer aux poissons qu'il y a des frontières. Pour eux sans doute le pêcheur tient une grande part de responsabilité. A l'heure actuelle, trop peu d'aires maritimes sont protégées dans le monde, affirme le Congrès mondial pour les parcs (WPC). Au Canada, elles concernent une zone de l'île de sable au large de la Nouvelle-Ecosse à laquelle s'est ajoutée l'an dernier la zone du champ hydrothermal Endeavour au large de la côte ouest du Canada et quelques zones de conservation de coraux ont été délimitées sur la côte est. La France, qui représente le deuxième domaine maritime du monde avec 11 millions de km2, dont Saint-Pierre-et-Miquelon, surnommée la «baguette française» par les Canadiens, a seulement classé 1 200 km2 de son domaine maritime en aires protégées, soit 0,01%, alors que l'Australie en a classé 4,5%. Dans les zones réglementées par l'Opano (Organisation des pêches de l'Atlantique du Nord-Ouest), de nombreux contrôles s'opèrent. Le comptage des poissons s'effectue grâce à des sondages en mer. Des prélèvements sont effectués au hasard sur l'ensemble d'une zone quadrillée par des bateaux qui effectuent des échantillonnages. Puis un indice relatif est calculé, donnant le reflet de l'abondance de chaque espèce. Des observateurs embarquent sur les navires. Ce sont des scientifiques qui mesurent le poisson, prélèvent les otolithes (os présents dans les oreilles) qui révèlent l'âge du poisson. Ces données ajoutées au nombre des débarquements de poissons permettent d'estimer l'état des stocks. L'année dernière à Petty Harbour, David Hern et son frère ont eu l'autorisation de garder 100 kg de morues, prises en captures accidentelles. Certaines années, ils n'ont aucun droit.

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