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L'équipe de Cap 21 Pays de la Loire, vous souhaite la bienvenue sur son blog. Lancé en décembre 2004, ce blog est au service de ceux qui recherchent des articles d'information sur les sujets abordant les enjeux de santé-environnement, protection de la nature, qualité de la vie, transport, urbanisme, vie politique de la région, etc, dans une posture d'ouverture du local à l' international. Sur un même sujet, vous pouvez trouver des avis divergents, c'est fait exprès, - la source est toujours indiquée en bas de l'article -. Outre ces informations, vous trouvez nos opinions à travers nos interventions, communiqués et aussi sur le mot du jour "Contre-pente". Depuis le 11 mars 2007, à l'occasion des élections présidentielles, CAP 21 rallié résolument François Bayrou. Son score en Anjou a été magnifique (+ 23 %). Le futur MoDem, qui sera officiellement et statutaire les 1er ou 2 décembre, rassemble des hommes et des femmes venus de l'UDF, de CAP 21 et beaucoup de nouveaux militants en politique. Les 535 candidats aux législatives ont permis de confirmer l'émergence de ce nouveau parti, différent, rassembleur, troisième force politique, qui a montré sa force aux législatives, qui doit concrétiser aux prochines élections, cantonales et municipales.

Bernadette Caillard-Humeau, Conseillère municipale d'Angers, Déléguée d'Angers Loire Métropole

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Lundi 10 octobre 2005
  Asia may be due for more By Kenneth Chang The New York Times MONDAY, OCTOBER 10, 2005 NEW YORK Powerful earthquakes - magnitude 8 or larger - occurred in the Himalayas in 1803, 1833, 1897, 1905, 1934 and 1950. But in the past half century, the region has been relatively quiet, with no earthquakes anywhere near the magnitude 7. 6 quake that struck northern Pakistan on Saturday.   That calm may have given a false sense of security to growing populations of people living there.   " Those of us in the business knew we were overdue," said Peter Molnar, a professor of geological sciences at the University of Colorado. Molnar was a co- author of a 2001 article in the journal Science that looked at the history of Himalayan earthquakes and how much tectonic stress was building up as the Indian subcontinent crashes into Asia.   The Science article warned, " Several lines of evidence show that one or more great earthquakes may be overdue in a large fraction of the Himalaya, threatening millions of people in that region."   Steven Wesnousky, director of the Center for Neotectonic Studies at the University of Nevada in Reno, said earthquakes with magnitudes similar to the one on Saturday could happen at almost any time along any part of the Himalayas. " It might not occur for 10 to 20 years, but if it occurred tomorrow, it wouldn' t be a surprise," he said.   Quakes like the one that struck the subcontinent on Saturday are " really relatively small compared to the largest earthquakes that zone is capable of producing," Wesnousky said. " That' s the scary part."   The Indian subcontinent slides northward about 4 centimeters, or 1. 6 inches, a year as part of the natural movement of the continental plates.   Half of that motion is absorbed farther to the north in Asia, but the other half puts pressure on the Himalayan mountains, continually building up strain in the rocks that form the mountain ridge.     Wesnousky and his colleagues have found that one or two earthquakes, of magnitude 8. 5 to 9, struck sometime in the 1400s or 1500s. He said it was not yet clear whether the faults all broke at once or whether two different sections broke at different times to cause two separate earthquakes.   For a quake with the magnitude of the one on Saturday - or of about the same magnitude that hit San Francisco in 1906 - the fault slips perhaps 2. 5 to 3. 5 meters, or about 3 yards to 6 yards. In more powerful earthquakes, the fault slips up to five times as much. " We see displacements on the order of 15 or 20 meters or more that occurred during these earthquakes," Wesnousky said.   Geologists' understanding of the earthquakes is inadequate for predicting whether the earthquake Saturday will lead to a larger, more catastrophic one. " There isn' t really anything we can say," Wesnousky said. " It' s difficult to say whether they are a foreshock or not."   Wesnousky said indications so far were that it took a fault 1, 000 years to build up enough strain to unleash such a powerful earthquake.   Because the last mega- earthquakes occurred about 500 years ago, the next ones of that scale could be centuries in the future. But a section of the fault near Nepal may not have broken since about the year 1100, so it may be due.   The Asian continent - not including Japan - has also been quiet in recent decades. Molnar said that from 1897 to 1957, there were 10 to 15 earthquakes as large as or larger than the one Saturday. " Then, nothing of comparable magnitude until 2001," Molnar said, though there were two of magnitude 7. 5 in China in the 1970s.  
par International Herald Tribune publié dans : Monde
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Vendredi 13 mai 2005
XXIe siècle. Environnement L'île verte Eoliennes, panneaux solaires, biocarburant... L'île suédoise de Gotland veut, d'ici à 2025, être en mesure de produire 100% de sa consommation d'énergie. Par Olivier TRUC samedi 12 février 2005 (Liberation - 06:00) Gotland envoyé spécial onny Gustafson est l'illustration parfaite du rêve de développement durable caressé par la commune de Gotland, une île suédoise de 57 000 habitants au milieu de la mer Baltique, à 90 kilomètres de la terre ferme. Il y a une dizaine d'années, Gotland s'est fixé pour objectif de devenir une commune verte et en consommant 100 % d'énergie renouvelable produite localement d'ici à 2025. Jonny Gustafson n'a pas attendu. Lorsqu'il a construit sa maison sur la côte Est de l'île, il a fait le pari d'être complètement autonome sur le plan énergétique. Ce patron d'une petite société de conseil en sécurité informatique a acheté il y a sept ans une bicoque rustique qui avait servi d'entrepôt à un paysan. Ni eau, ni électricité, ni tout-à-l'égout. Il pensait en faire un pied-à-terre d'été avec tout de même un minimum de confort. Si Jonny utilise volontiers les toilettes du jardin et bichonne son compost, il n'est pas du genre à s'éclairer à la bougie. Il a donc installé deux capteurs solaires sur le toit, qu'il a reliés au réfrigérateur. Comme il bricolait pas mal, il a rajouté deux autres panneaux pour alimenter ses outils. «Puis ma femme a voulu un four à micro-ondes, et une machine à laver.» Jonny a rajouté des panneaux solaires. Sept ans plus tard, le vieil entrepôt est devenu sa résidence principale. Depuis quatre ans, il dispose d'une éolienne de 23 mètres qu'il a bricolée lui-même avec du matériel récupéré dans les décharges. D'autres panneaux solaires assurent son chauffage. Un transformateur convertit le courant 24 volts qu'il produit en 230 volts. Tout un stock de batteries de récupération lui assure une capacité de trois semaines de consommation. «Ensuite, il faut faire attention à ce qu'on achète. J'ai des ampoules basse énergie partout, j'achète les appareils ménagers qui consomment le moins, et puis on apprend à ne pas tout faire en même temps. Si la machine à laver marche, je n'utilise pas ma perceuse.» Autonome à la ferme. A une trentaine de kilomètres de là, non loin de Visby, Patrik von Corswant, 36 ans, cinquième génération d'agriculteurs, travaille sur l'exploitation familiale. Cochons, vaches, 550 hectares de champs et de pâturages et 200 hectares de forêt. Un gros agriculteur, qui a réussi l'exploit d'être lui aussi autonome, du point de vue énergétique. Son éolienne, achetée en 1992, a été amortie en dix ans. «Maintenant, c'est du bénéfice net, et elle tiendra dix ans de plus.» Une chaudière à paille, achetée il y a deux ans, lui permet de chauffer la maison, la crémerie, mais la plus grande partie de l'énergie ainsi produite sert à sécher le blé. Le gros point noir, c'est le carburant pour les tracteurs, qui consomment 35 000 litres de diesel par an. «On n'a pas encore la bonne technique. Mais on regarde la technologie du méthane pour voir si on ne pourrait pas utiliser le fumier.» Ce que Jonny Gustafson et Patrik von Corswant font, les Suédois en rêvent depuis longtemps. Il y a une dizaine d'années, dans la foulée du Sommet de Rio, le pays s'est mobilisé. Le gouvernement social-démocrate, poussé par les Verts qui le soutiennent au Parlement, a élargi son concept traditionnel de «maison du peuple» en «maison verte du peuple». Plusieurs projets d'écocommunes ont été lancés, dont celui de Gotland, qui est l'un des plus avancés à ce jour. L'un des plus visibles aussi, puisqu'il s'agit d'une île. A Visby, capitale de Gotland, Bengt-Olof Grahn en est un des artisans. Avec le joli titre d'écostratège, ce fonctionnaire municipal veille à ce que les décisions soient autant que possible prises à travers ce filtre. Ce jour-là, il est fou de joie. Le conseil municipal vient de donner son accord pour débourser 1 million de couronnes (110 000 euros) supplémentaires dans le budget 2005 afin d'acheter davantage d'aliments écologiques ­ généralement plus chers­ pour les cantines des écoles et les maisons de retraite de l'île. «Ce type d'investissement a une grande portée symbolique pour les gens», explique-t-il. Mais le projet est bien plus ambitieux. «Notre vision est d'arriver à produire autant d'énergie qu'on en consomme, explique-t-il. Et le grand défi est de remplacer complètement les combustibles fossiles.» De ce point de vue, Gotland a une bonne longueur d'avance, surtout grâce aux éoliennes qui sont depuis une quinzaine d'années familières dans ce paysage. Aujourd'hui, 20 % de l'électricité (12 % de l'énergie) consommée annuellement sur l'île provient des 160 éoliennes, plantées surtout dans le Sud. Depuis 1999, la quantité de fioul acheté par la municipalité a baissé des deux tiers pour être remplacé progressivement par des briquettes de résidus de bois. L'an dernier, l'énergie recyclée et renouvelable constituait déjà 86 % du total utilisé dans le chauffage urbain, qui tend à se développer de plus en plus. Prêt-à-penser gotlandais. L'école de Gråbo, dans la banlieue de Visby, complètement refaite au printemps dernier, est devenue l'une des vitrines de la nouvelle politique gotlandaise. «Cette école était une maison malade, raconte sa directrice, Margareta Zetterström. Elle a été construite à la va-vite dans les années 1970. Il y avait des moisissures, des fuites, le personnel se sentait mal. Nous avons voulu en faire une école modèle.» Le résultat est superbe, lumineux, spacieux. Les classes sont pourvues d'immenses vitres montant jusqu'au plafond pour profiter au mieux de la lumière du jour. Les quatre bâtiments de l'école ont chacun accès à leur propre «salle verte», l'une des grandes fiertés de Margareta Zetterström. «Les élèves y cultivent des plantes, des petits ruisseaux y coulent. En principe, tout ce qui est électrique dans ces salles fonctionne grâce à des petits panneaux solaires et à de petites éoliennes installées sur le toit, avec des batteries pour stocker l'électricité.» La nouvelle bibliothèque universitaire de Visby est un autre lieu emblématique de l'île futuriste. Là aussi, les maîtres mots sont économies d'énergie et efficacité. De vastes fenêtres dont le verre «intelligent» répand la chaleur solaire passive et empêche les déperditions d'énergie, et surtout un système de chauffage et de climatisation qui prend sa source dans la mer Baltique, située à quelques dizaines de mètres. Durant l'été, des capteurs solaires produisent l'électricité nécessaire pour actionner les pompes à eau de mer et permettre la climatisation. Bengt-Olof Grahn, l'écostratège de Gotland, a bien d'autres exemples à montrer. Ce qui ne signifie pas que tout est rose. La commune traverse actuellement une période de vaches maigres. «Et tout ce travail autour de notre vision est relégué au second plan, se lamente-t-il. En attendant que ça se débloque, nous misons beaucoup sur les nouvelles techniques pour améliorer les bâtiments en construction, comme ce sera le cas du nouveau palais des Congrès.» L'une des batailles les plus âpres concerne la production d'énergie. «On pourrait avoir ici 100 % d'énergie éolienne», assure Angelica Widing, responsable du centre d'information sur l'énergie éolienne situé dans les locaux de l'université de Visby. Les projets qui reposent dans les cartons, notamment quatre grands parcs à éoliennes en mer, suffiraient en effet à atteindre cet objectif. «Il y a des gens prêts à acheter, des entreprises prêtes à construire, mais les autorisations sont complexes et très longues à obtenir», reconnaît Bengt-Olof Grahn. Autre frein, la capacité du réseau électrique de l'île, limité à 160 MW. Il pourrait être saturé d'ici deux à trois ans si les deux premiers projets éoliens se réalisent. «Il faudra augmenter cette capacité et doubler le câble qui nous relie à la terre ferme. Mais pareil investissement ne peut se faire qu'avec l'aide de l'Etat.» Résidus fertilisants. Ces jours-ci, les responsables politiques locaux se déchirent pour savoir s'il faut construire une usine d'incinération d'ordures, comme le veut la majorité, ou une usine à biogaz, solution plus verte qui permettrait d'utiliser le gaz dégagé comme énergie, et les résidus comme fertilisants. «Le problème est le signal que cela enverrait aux gens, s'inquiète Bengt-Olof Grahn. Si tout est brûlé, pourquoi s''embêter à trier ses déchets, ce que les Gotlandais ont appris à faire très bien depuis des années ? C'est un souci.» Autre point noir, l'usine à ciment Cementa, seule grosse industrie de l'île. Elle avale à elle seule un quart de la consommation d'énergie de l'île et menace de déménager en Chine si on la titille un peu trop sur ses rejets toxiques. Mais même Cementa fait des efforts. «Le seul point sur lequel je suis vraiment pessimiste est celui des transports, admet Bengt-Olof Grahn. Pour l'instant, nous ne pouvons pas proposer de carburants alternatifs, car les producteurs considèrent Gotland comme un marché trop limité. Mais qui sait, à l'allure où va le prix du pétrole, les technologies alternatives vont peut-être s'imposer beaucoup plus vite qu'on ne le pense....»
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Mardi 8 mars 2005
Liberté de presse: Madagascar alignée sur le Zimbabwe Dégringolade probable de Madagascar dans les classements, conçus par les organismes internationaux de presse. Les peines d’emprisonnement ferme, infligées mardi au directeur de publication de « La Gazette de la Grande Ile » vont accélérer la régression. Mais des mesures assimilées à des atteintes à la liberté de la presse ont été constatées dans l’île et ont déjà été enregistrées par ces organismes. Depuis un an, citons la fermeture de la Radio Say à Toliara qui a valu, le 7 juillet 2004, une déclaration de Reporters Sans Frontières (RSF) sur le « durcissement du gouvernement de Madagascar à l’endroit des médias ».   Cette radio libre a été ouverte par Randrianasolo Joseph qui fut ministre sous l’amiral Didier Ratsiraka. A l’étranger, on a tôt fait de relier la couleur de la station à la mesure de fermeture… Ont également été consignées la fermeture des radios suivantes : Radio Sava appartenant au maire Pety Rakotoniaina en février 2004 à Fianarantsoa, puis en décembre 2004, Radio Sky Fm (dont le propriétaire est le maire de Toamasina Roland Ratsiraka), Radio Feon’ i Toamasina de l’opposant et ancien ministre Fanony Fulgence, et Radio Ny Antsika du militant fédéraliste Dada Pasy. Quand on sait que « La Gazette » a été fondée par Lola Rasoamaharo qui fut un conseiller technique de l’ancien vice-Premier ministre Pierrot Rajaonarivelo, à l’étranger et dans l’île, on ne manquera de faire le rapprochement avec le verdict d’emprisonnement ferme… Car à l’heure où Pierrot Rajaonarivelo redonne signe de vie et semble se positionner en vue de l’élection présidentielle de 2007 (ou 2006), on semble éliminer tout ce qui pourrait concourir à son ascension ou lui servir d’instrument de propagande. « La Gazette de la Grande Ile » a peut-être été étiquetée parmi les possibles porte-voix de l’ancien vice-Premier ministre (à tort, car notre journal n’a pas de lien avec ce dernier). D’où la sanction qui devrait mettre à l’écart son directeur de publication et intimider son équipe de rédaction. Les mesures répressives de ces derniers mois à l’endroit de la presse malgache semblent en tout cas, avoir des visées politiques. Car au fur et à mesure que le scrutin présidentiel de 2006 approche, on sévit vigoureusement à l’endroit des têtes qui émergent afin qu’elles rentrent dans le rang. On suppose peut-être que ces personnalités sont des présidentiables en puissance qui peuvent menacer la position de l’actuel chef de l’Etat… Il reste que dans les rapports internationaux sur la liberté de la presse et la démocratie, Madagascar en Afrique est de plus en plus alignée sur le Zimbabwe, la pire des références en raison de la répétition des atteintes à la liberté d’expression commise par le régime de Robert Mugabe (lire page 5). Dans le dernier rapport de Reporters Sans Frontières, et au terme d’une énumération des infractions commises contre les activités de presse au Zimbabwe, on relève le passage suivant : « Le président Robert Mugabe fait partie de ceux que RSF appelle les prédateurs de la liberté de la presse ». On notera en effet que dans la typologie internationale des atteintes à la liberté de la presse, le second point par ordre de gravité est l’emprisonnement de journalistes, après l’assassinat et la disparition de journalistes. C’est dire que les peines de prison infligées mardi vaudront à Madagascar un grand bond en arrière dans le hit parade des pays épris de liberté et de démocratie en Afrique. Erreur du régime donc qui pense que pour monter dans le hit, il suffisait d’obliger les journalistes à chanter… ses louanges.  
par article la gazette de la grande ile publié dans : Monde
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Vendredi 4 mars 2005
ARTICLE LE FIGARO L'Eglise anglicane leur promet la dignité épiscopale d'ici à 2010 Bientôt des femmes évêques en Angleterre Londres : de notre correspondant Jacques Duplouich [04 mars 2005] Bon gré, mal gré, l'Eglise établie d'Angleterre s'efforce d'épouser exigences et conventions du temps. Ainsi, au terme d'une longue réflexion, le synode anglican, réuni récemment à Londres, a décidé d'entamer, en juillet prochain, le processus légal autorisant la levée des interdictions faites aux femmes d'accéder aux fonctions épiscopales. Un pas décisif vers la nomination à la fin de la décennie, dit-on, de la première évêque du Royaume-Uni. Le tabou une fois levé, la voie de l'archevêché de Canterbury sera ouverte au sexe dit faible. Du coup, les considérations théologiques et spéculatives – saint Paul : «Le Christ est le chef de tout homme et l'homme est le chef de la femme» ; saint Augustin : «Homme tu es le maître, la femme est ton esclave, c'est Dieu qui l'a voulu» ; saint Thomas d'Aquin : «En tant qu'individu, la femme est un être chétif et défectueux» – s'abolissent, officiellement, dans l'aberration misogyne qu'elles expriment. La mise en pièce avait débuté d'ailleurs en 1992, quand le synode s'était prononcé en faveur de la prêtrise féminine. Deux ans plus tard, les femmes prenaient la relève des hommes dans les paroisses. Non sans effervescence au sein de l'institution anglicane. Certains fidèles, acquis aux principes défendus par Jean-Paul II sur le statut des prêtres, préféraient rejoindre l'Eglise de Rome. D'autres organisaient la résistance dans les paroisses même, refusant par voie électorale le sacerdoce des femmes. 720 pasteurs renonçaient, avec indemnités, à leur sacerdoce. Pourtant, le mouvement lancé – l'adéquation de l'Eglise et de son siècle – semble irrépressible. Les femmes constituent, aujourd'hui, 20% du clergé anglican. En 2004, leur nombre a dépassé celui des hommes dans les ordinations pastorales. Pourquoi, donc, seraient-elles interdites de promotion épiscopale ?, interrogent les plus militantes d'entre elles. «Homme ou femme, ce qui compte c'est que l'évêque soit bon, un point c'est tout», soutient Christina Reeves, présidente du groupe de pression Les Femmes dans l'Eglise. Contre cette opinion partagée par le clan «libéral» de l'institution, les orthodoxes s'insurgent. «Il n'y a pas de précédent biblique justifiant cette orientation, estiment-ils. Tous les disciples du Christ étaient des hommes», ajoutent-ils. Et que des femmes aient, un jour, «autorité sur les hommes dans leur capacité religieuse serait une erreur». Réserves d'arrière-garde, apparemment. Les enquêtes au sein de l'Eglise d'Angleterre indiquent que 85% de ses 2,5 millions de fidèles, mais moins d'un million de pratiquants réguliers, ne voient pas d'objection à la perspective de femmes évêques. Et 4 seulement des 43 évêques actuels s'y opposent. D'ailleurs, les femmes ayant accédé à la dignité d'évêque sont légion hors d'Angleterre – Etats-Unis, Canada et Nouvelle-Zélande notamment. C'est dans ce dernier pays qu'en novembre 1989, Penny Jamieson a été élue la première évêque de la congrégation anglicane. «Quiconque lit l'histoire de l'Eglise ne peut pas ne pas être impressionné par l'apostolat des femmes chrétiennes tout au long des siècles», commente le très révérend Michael Nazir-Ali, évêque de Rochester. Pourquoi l'Histoire s'arrêterait-elle ?
par article Le Figaro/ Jacques Duplouich publié dans : Monde
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Mercredi 2 mars 2005
Reporters sans frontières "bouleversée" par le traitement infligé à Florence Aubenas La mobilisation doit s'intensifier "Nous sommes bouleversés par les images et l'appel de Florence Aubenas. Nous voulons retenir qu'elle est vivante et que l'enregistrement ne comporte aucune menace explicite ou aucun ultimatum. Mais l'épuisement et l'angoisse qui transparaissent sur son visage nous inquiètent au plus haut point. Nous demandons solennellement aux ravisseurs de libérer Florence et son collaborateur, Hussein Hanoun. Au-delà du dégoût que nous inspirent ces méthodes de kidnapping, notre organisation appelle les médias du monde entier, notamment dans le monde arabe, et l'opinion publique à se mobiliser en faveur de Florence, d'Hussein, ainsi que de la journaliste italienne Giuliana Sgrena. L'heure est à l'unité et surtout pas à la polémique." Le 1er mars 2005, un enregistrement vidéo de Florence Aubenas a été transmis par ses ravisseurs, à plusieurs médias à Bagdad. C'est le premier document qui prouve que la journaliste de Libération est vivante, 55 jours après son enlèvement et celui de son interprète, Hussein Hanoun. En revanche, la cassette ne donne aucune indication sur le sort de ce dernier. Florence Aubenas, visiblement très éprouvée par sa détention, lance un appel à l'aide qui laisse percevoir son angoisse. "Je suis en mauvaise santé", affirme-t-elle en anglais. Le 1er mars, un court enregistrement vidéo a été transmis à des médias à Bagdad montrant la journaliste Florence Aubenas. Assise, les mains entre les jambes, elle lance un appel angoissé en anglais : "Mon nom est Florence Aubenas. Je suis française. Je suis journaliste de Libération. Je suis en mauvaise santé. Ma santé psychologique est également très mauvaise. S'il vous plait, aidez-moi." Elle supplie également le député français, Didier Julia, de l'aider. Florence Aubenas porte un polo gris et un pantalon noir. Derrière elle, un fond rouge ne donne aucune information sur l'identité des ravisseurs. L'enregistrement ne comporte pas de revendication particulière, ni d'ultimatum. Selon l'agence de presse Reuters, l'enregistrement a été transmis par des "insurgés". Florence Aubenas, 43 ans, grand reporter à Libération, et son interprète et assistant, Hussein Hanoun Al-Saadi, ont été enlevés, à Bagdad, le 5 janvier 2005 au matin. Elle était arrivée à Bagdad le 16 décembre 2004. Journaliste chevronnée, Florence Aubenas a couvert depuis 1986 pour le quotidien Libération les conflits au Rwanda, au Kosovo, en Algérie et en Afghanistan. L'Irak reste le pays le plus dangereux du monde pour les journalistes. Au moins 33 d'entre eux ont été tués et une quinzaine enlevés depuis le début du conflit en mars 2003. REJOIGNEZ RSF !
par reporter sans frontiere publié dans : Monde
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Mardi 1 mars 2005
VOYAGES Le Bhoutan, royaume étrange, irréel, improbable LE MONDE | 09.03.05 | 14h12 Ce petit pays de l'Himalaya, longtemps replié sur lui-même, s'ouvre lentement aux visiteurs, amateurs de trekking ou passionnés par le bouddhisme. Thimphou (Bhoutan) de notre envoyé spécial Kuenga rêve. Sur les murs du restaurant qui porte son nom - nappes à carreaux blanc et vert, néons, ventilateur -, la photo du roi, Jigme Singye Wangchuk, quatrième de la dynastie, et celle du prince héritier, beau comme un jeune premier d'un film de Bollywood. Elle a 23 ans, est née, vit et tient commerce à Wangdue-Phodrang, un bourg au centre du Bhoutan, ce royaume étrange, irréel, presque improbable, coincé dans l'Himalaya entre Chine et Inde. Elle dit que le roi est aimé par son peuple et par ses quatre épouses officielles, quatre sœurs ayant rang de reine. Elle rêve de partir, pas à la capitale, Thimphou, où "la vie est trop chère", mais aux Etats-Unis d'Amérique. Au Bhoutan, la télévision n'est arrivée qu'en 1999 et, depuis, Kuenga, comme beaucoup, est fascinée par ces ailleurs. Là-bas, elle veut seulement gagner "beaucoup d'argent", et puis revenir dans son pays, celui de ses traditions et "où on vit si calmement". Calme, tranquille, presque au ralenti, le Bhoutan ressemble à une peinture naïve. Dans les vallées, les maisons ont des fenêtres de bois sculpté, les terrasses sont cultivées comme des jardins potagers, des rivières claires serpentent entre des pierres et, au-dessus des yeux, des sommets enneigés. Parfois, un monastère comme celui de Taktsang ("la tanière du tigre"), pendu à la façade noire de la montagne. En bas de la falaise, un homme balaie la route, entre de longues pauses méditatives à l'ombre de ses pensées. Arrive à pied un groupe de femmes aux cheveux courts, enroulées dans leur kira, les robes traditionnelles. Elles espèrent vendre quelques babioles aux touristes qui ont le courage de grimper. Mais ils sont rares, les touristes, au Bhoutan, 9 000 en 2004. L'octroi de 200 dollars par jour imposé par le gouvernement à tout visiteur y est sûrement pour quelque chose. Même si cette taxe est un "forfait tout compris" : hôtel, repas, voiture et guide. Ceux qui viennent ont le goût des marches par des chemins inconnus et superbes ; ou le goût des marches qui mènent aux dzong, ces lourdes bâtisses à la fois monastère et lieu de l'administration royale. Ces forteresses furent élevées pour se protéger des envahisseurs potentiels. Dans leurs cours s'égaillent de très jeunes garçons promis à un avenir de moine. En attendant leurs 18 ans, l'âge du choix entre vie monacale et vie tout court, ils jouent, c'est la récréation, jets d'eau, cache-cache, espiègleries de l'enfance. Entre tous, le dzong de Punakha est une icône. Il a été construit au XVIIe siècle pour y protéger une relique, les vertèbres du fondateur de l'école bhoutanaise du bouddhisme. Demain, jeudi 17 février, le neuvième jour du premier mois de l'année lunaire, Punakha fera la serda, la grande procession. Kuenga ira peut-être. La route est longue, longue de lacets, de pierres tombées de la montagne, de nids de poule, de ravins vertigineux et sans parapet. Et quand un cortège royal roule à toute allure, il est d'usage de se garer immédiatement sur le bas-côté. A Punakha, le dzong a été bâti au confluent des rivières Pho et Mo. Dhoorjay n'empruntera pas la passerelle qui chancelle au-dessus de l'eau. Pour s'approcher de la forteresse, tout Bhoutanais doit porter la tenue traditionnelle, le go, sorte de kimono rayé de marron comme une robe de chambre. Lui est en jean et blouson de jogging. Cet étudiant de 22 ans aspire à réussir le concours qui lui permettra de poursuivre ses études en Australie. Après, il reviendra pour travailler à la capitale, enfin s'il trouve du travail. De l'autre côté de la passerelle une kermesse s'est installée, baraques de bambou pour se restaurer sur le pouce, boire un thé noir ou une Red Panda, la bière bouthanaise, et stands de jeux : fléchettes, massacre, pêche à la ligne, tir à l'arc ou porté de sacs... Des femmes aux petits chapeaux pointus demandent à être photographiées : elles sont d'un village proche de la frontière tibétaine, Laya, à trois ou quatre jours de marche. Les voilà déçues que le visiteur ne possède qu'un appareil argentique : elles préfèrent les numériques, parce qu'elles se voient dans la photo. Le froid tombe. Pour se réchauffer, hommes et femmes mâchent et remâchent la doma : un bout de noix d'arec recouvert d'un peu de chaux et enrobé d'une feuille de bétel. Cette chique dégage une odeur pestilentielle. Pour ceux qui dormiront à la belle étoile la doma adoucira peut-être les frimas de la nuit. Le lendemain se lève tôt. Le dzong est sur le pied de guerre. Il ne s'agit pas moins que de reconstituer la fameuse bataille du milieu du XVIIe siècle qui a permis de repousser les Tibétains qui voulaient s'emparer de la précieuse relique. Cela commence par un long prêche du je khenpo, première figure religieuse du pays, sur ses troupes alignées dans la cour. Puis la bataille est lancée, avec cris et pétards, et quelques bataillons partent à l'assaut derrière des officiers à cheval. Deuxième temps, le je khenpo mène une longue et lente procession colorée au milieu de la foule, pour jeter des oranges dans le fleuve : c'est là que les Tibétains se noyèrent, emportés par la forcedes courants et le poids de leur armure. Le je khenpo rentre dans son dzong. Le bon peuple déjeune sur l'herbe. Kuenga est de ceux-là, elle a finalement fait le chemin, laissé son restaurant à sa mère. Elle rit, "c'est une belle journée", dit-elle. Belle de lumière et belle de l'idée que, une fois encore, le Bhoutan a su se préserver de l'ennemi extérieur. Un moine drapé de rouge et un soldat en tenue de combat marchent main dans la main. Deux jeunes hommes s'en vont, traversent la passerelle, mettent des casques, retroussent leur go et enfourchent une moto japonaise. Ils rentrent plein gaz à Thimphou. Leur route passe par la brume du sommet du col Ducha (3 040 mètres) et sa boutique, pour se réchauffer d'un thé et acheter des souvenirs authentiques mais chers. Au mur, les portraits des rois. Et un masque dont le nez est un phallus et la bouche une vulve. Les Bhoutanais vouent un culte à Drukpa Kinley, un lama égrillard, un sacré gaillard dont les performances sexuelles auraient été sans limite. Des sexes masculins triomphants sont souvent peints sur les façades des maisons, ou taillés dans du bois et plantés dans les jardins. Ces représentations chasseraient les démons. On en voit moins à Thimphou. C'est que la capitale commence à changer, avec le long des rues des immeubles de quatre étages, toujours dans l'esprit de l'architecture bouthanaise mais sans la tradition. Thimphou, 50 000 habitants, son marché, ses restaurants pour randonneurs, ses cafés Internet et ses boîtes de nuit. Comme le 34, où résonnent les lourds tempos des rythmes internationaux. La jeunesse y écrase ses mégots dans des cendriers pleins. Pourtant le Parlement a voté, en décembre 2004, une loi qui taxe lourdement (100 % de la valeur) toute importation de cigarettes. Deux mois plus tard, les Bhoutanais fument encore. Même de hauts fonctionnaires ont toujours un paquet, de marque américaine, dans un repli de leur go. Ils assurent, avec un zeste de sourire, qu'il provient de stocks constitués avant la loi. Les jeunes du 34 préfèrent les Navy Cut, des cigarettes indiennes grandes comme des allumettes, vendues en paquet de dix : "C'est facile de s'en procurer, raconte une étudiante. Il suffit d'aller dans les magasins connus." Un code, simple comme bonjour, permet la transaction. Seul souci, le coût : de 10 ngultrums, les Navy Cut sont passées à 40, soit environ 1 euro. Le prix de la contrebande à la frontière sud entre Bhoutan et Inde. Quand, vers 1 heure du matin, trois policiers débarquent pour signaler aux patrons du 34 qu'il faut éteindre les lumières, ils laissent aux clients le plaisir d'en griller une dernière. Dehors, il fait nuit froide. Les chiens se livrent à de bruyantes agapes autour des poubelles. Le jour, ils dorment sur les trottoirs, au soleil, bercés par la mélancolie du temps qui passe si lentement au Bhoutan. Bruno Caussé Des relations difficiles avec les voisins Conséquence d'une querelle interne à la hiérarchie bouddhiste, un dignitaire religieux s'enfuit du Tibet, en 1616, pour se réfugier au Bhoutan, dont il entreprend l'unification et la défense avec la construction de forteresses. Il faudra attendre le traité de paix de 1733 pour que cessent les invasions tibétaines. Le Bhoutan est ensuite, jusqu'au milieu du XIXe, secoué par des guerres civiles. Puis par un conflit avec les Anglais, qui cherchaient des débouchés pour la Compagnie des Indes orientales. En 1907, une assemblée de seigneurs et de lamas élit le premier roi du Bouthan. En 1949, signature d'un traité avec l'Inde, désormais indépendante. En 1959, le servage est aboli et des Tibétains se réfugient au Bhoutan après l'invasion de leur pays par la Chine. En 1971, le pays adhère aux Nations unies. Au début des années 1990, le Bhoutan chasse de son territoire quelque 85 000 personnes sous prétexte de leur origine népalaise. Ce dossier est toujours source de tensions avec le Népal. En mai 2005, le Bouthan devrait adopter une nouvelle Constitution autorisant le bipartisme. • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 10.03.05
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Mardi 1 mars 2005
VOYAGES Le Bhoutan, royaume étrange, irréel, improbable LE MONDE | 09.03.05 | 14h12 Ce petit pays de l'Himalaya, longtemps replié sur lui-même, s'ouvre lentement aux visiteurs, amateurs de trekking ou passionnés par le bouddhisme. Thimphou (Bhoutan) de notre envoyé spécial Kuenga rêve. Sur les murs du restaurant qui porte son nom - nappes à carreaux blanc et vert, néons, ventilateur -, la photo du roi, Jigme Singye Wangchuk, quatrième de la dynastie, et celle du prince héritier, beau comme un jeune premier d'un film de Bollywood. Elle a 23 ans, est née, vit et tient commerce à Wangdue-Phodrang, un bourg au centre du Bhoutan, ce royaume étrange, irréel, presque improbable, coincé dans l'Himalaya entre Chine et Inde. Elle dit que le roi est aimé par son peuple et par ses quatre épouses officielles, quatre sœurs ayant rang de reine. Elle rêve de partir, pas à la capitale, Thimphou, où "la vie est trop chère", mais aux Etats-Unis d'Amérique. Au Bhoutan, la télévision n'est arrivée qu'en 1999 et, depuis, Kuenga, comme beaucoup, est fascinée par ces ailleurs. Là-bas, elle veut seulement gagner "beaucoup d'argent", et puis revenir dans son pays, celui de ses traditions et "où on vit si calmement". Calme, tranquille, presque au ralenti, le Bhoutan ressemble à une peinture naïve. Dans les vallées, les maisons ont des fenêtres de bois sculpté, les terrasses sont cultivées comme des jardins potagers, des rivières claires serpentent entre des pierres et, au-dessus des yeux, des sommets enneigés. Parfois, un monastère comme celui de Taktsang ("la tanière du tigre"), pendu à la façade noire de la montagne. En bas de la falaise, un homme balaie la route, entre de longues pauses méditatives à l'ombre de ses pensées. Arrive à pied un groupe de femmes aux cheveux courts, enroulées dans leur kira, les robes traditionnelles. Elles espèrent vendre quelques babioles aux touristes qui ont le courage de grimper. Mais ils sont rares, les touristes, au Bhoutan, 9 000 en 2004. L'octroi de 200 dollars par jour imposé par le gouvernement à tout visiteur y est sûrement pour quelque chose. Même si cette taxe est un "forfait tout compris" : hôtel, repas, voiture et guide. Ceux qui viennent ont le goût des marches par des chemins inconnus et superbes ; ou le goût des marches qui mènent aux dzong, ces lourdes bâtisses à la fois monastère et lieu de l'administration royale. Ces forteresses furent élevées pour se protéger des envahisseurs potentiels. Dans leurs cours s'égaillent de très jeunes garçons promis à un avenir de moine. En attendant leurs 18 ans, l'âge du choix entre vie monacale et vie tout court, ils jouent, c'est la récréation, jets d'eau, cache-cache, espiègleries de l'enfance. Entre tous, le dzong de Punakha est une icône. Il a été construit au XVIIe siècle pour y protéger une relique, les vertèbres du fondateur de l'école bhoutanaise du bouddhisme. Demain, jeudi 17 février, le neuvième jour du premier mois de l'année lunaire, Punakha fera la serda, la grande procession. Kuenga ira peut-être. La route est longue, longue de lacets, de pierres tombées de la montagne, de nids de poule, de ravins vertigineux et sans parapet. Et quand un cortège royal roule à toute allure, il est d'usage de se garer immédiatement sur le bas-côté. A Punakha, le dzong a été bâti au confluent des rivières Pho et Mo. Dhoorjay n'empruntera pas la passerelle qui chancelle au-dessus de l'eau. Pour s'approcher de la forteresse, tout Bhoutanais doit porter la tenue traditionnelle, le go, sorte de kimono rayé de marron comme une robe de chambre. Lui est en jean et blouson de jogging. Cet étudiant de 22 ans aspire à réussir le concours qui lui permettra de poursuivre ses études en Australie. Après, il reviendra pour travailler à la capitale, enfin s'il trouve du travail. De l'autre côté de la passerelle une kermesse s'est installée, baraques de bambou pour se restaurer sur le pouce, boire un thé noir ou une Red Panda, la bière bouthanaise, et stands de jeux : fléchettes, massacre, pêche à la ligne, tir à l'arc ou porté de sacs... Des femmes aux petits chapeaux pointus demandent à être photographiées : elles sont d'un village proche de la frontière tibétaine, Laya, à trois ou quatre jours de marche. Les voilà déçues que le visiteur ne possède qu'un appareil argentique : elles préfèrent les numériques, parce qu'elles se voient dans la photo. Le froid tombe. Pour se réchauffer, hommes et femmes mâchent et remâchent la doma : un bout de noix d'arec recouvert d'un peu de chaux et enrobé d'une feuille de bétel. Cette chique dégage une odeur pestilentielle. Pour ceux qui dormiront à la belle étoile la doma adoucira peut-être les frimas de la nuit. Le lendemain se lève tôt. Le dzong est sur le pied de guerre. Il ne s'agit pas moins que de reconstituer la fameuse bataille du milieu du XVIIe siècle qui a permis de repousser les Tibétains qui voulaient s'emparer de la précieuse relique. Cela commence par un long prêche du je khenpo, première figure religieuse du pays, sur ses troupes alignées dans la cour. Puis la bataille est lancée, avec cris et pétards, et quelques bataillons partent à l'assaut derrière des officiers à cheval. Deuxième temps, le je khenpo mène une longue et lente procession colorée au milieu de la foule, pour jeter des oranges dans le fleuve : c'est là que les Tibétains se noyèrent, emportés par la forcedes courants et le poids de leur armure. Le je khenpo rentre dans son dzong. Le bon peuple déjeune sur l'herbe. Kuenga est de ceux-là, elle a finalement fait le chemin, laissé son restaurant à sa mère. Elle rit, "c'est une belle journée", dit-elle. Belle de lumière et belle de l'idée que, une fois encore, le Bhoutan a su se préserver de l'ennemi extérieur. Un moine drapé de rouge et un soldat en tenue de combat marchent main dans la main. Deux jeunes hommes s'en vont, traversent la passerelle, mettent des casques, retroussent leur go et enfourchent une moto japonaise. Ils rentrent plein gaz à Thimphou. Leur route passe par la brume du sommet du col Ducha (3 040 mètres) et sa boutique, pour se réchauffer d'un thé et acheter des souvenirs authentiques mais chers. Au mur, les portraits des rois. Et un masque dont le nez est un phallus et la bouche une vulve. Les Bhoutanais vouent un culte à Drukpa Kinley, un lama égrillard, un sacré gaillard dont les performances sexuelles auraient été sans limite. Des sexes masculins triomphants sont souvent peints sur les façades des maisons, ou taillés dans du bois et plantés dans les jardins. Ces représentations chasseraient les démons. On en voit moins à Thimphou. C'est que la capitale commence à changer, avec le long des rues des immeubles de quatre étages, toujours dans l'esprit de l'architecture bouthanaise mais sans la tradition. Thimphou, 50 000 habitants, son marché, ses restaurants pour randonneurs, ses cafés Internet et ses boîtes de nuit. Comme le 34, où résonnent les lourds tempos des rythmes internationaux. La jeunesse y écrase ses mégots dans des cendriers pleins. Pourtant le Parlement a voté, en décembre 2004, une loi qui taxe lourdement (100 % de la valeur) toute importation de cigarettes. Deux mois plus tard, les Bhoutanais fument encore. Même de hauts fonctionnaires ont toujours un paquet, de marque américaine, dans un repli de leur go. Ils assurent, avec un zeste de sourire, qu'il provient de stocks constitués avant la loi. Les jeunes du 34 préfèrent les Navy Cut, des cigarettes indiennes grandes comme des allumettes, vendues en paquet de dix : "C'est facile de s'en procurer, raconte une étudiante. Il suffit d'aller dans les magasins connus." Un code, simple comme bonjour, permet la transaction. Seul souci, le coût : de 10 ngultrums, les Navy Cut sont passées à 40, soit environ 1 euro. Le prix de la contrebande à la frontière sud entre Bhoutan et Inde. Quand, vers 1 heure du matin, trois policiers débarquent pour signaler aux patrons du 34 qu'il faut éteindre les lumières, ils laissent aux clients le plaisir d'en griller une dernière. Dehors, il fait nuit froide. Les chiens se livrent à de bruyantes agapes autour des poubelles. Le jour, ils dorment sur les trottoirs, au soleil, bercés par la mélancolie du temps qui passe si lentement au Bhoutan. Bruno Caussé Des relations difficiles avec les voisins Conséquence d'une querelle interne à la hiérarchie bouddhiste, un dignitaire religieux s'enfuit du Tibet, en 1616, pour se réfugier au Bhoutan, dont il entreprend l'unification et la défense avec la construction de forteresses. Il faudra attendre le traité de paix de 1733 pour que cessent les invasions tibétaines. Le Bhoutan est ensuite, jusqu'au milieu du XIXe, secoué par des guerres civiles. Puis par un conflit avec les Anglais, qui cherchaient des débouchés pour la Compagnie des Indes orientales. En 1907, une assemblée de seigneurs et de lamas élit le premier roi du Bouthan. En 1949, signature d'un traité avec l'Inde, désormais indépendante. En 1959, le servage est aboli et des Tibétains se réfugient au Bhoutan après l'invasion de leur pays par la Chine. En 1971, le pays adhère aux Nations unies. Au début des années 1990, le Bhoutan chasse de son territoire quelque 85 000 personnes sous prétexte de leur origine népalaise. Ce dossier est toujours source de tensions avec le Népal. En mai 2005, le Bouthan devrait adopter une nouvelle Constitution autorisant le bipartisme. • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 10.03.05
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