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L'équipe de Cap 21 Pays de la Loire, vous souhaite la bienvenue sur son blog. Lancé en décembre 2004, ce blog est au service de ceux qui recherchent des articles d'information sur les sujets abordant les enjeux de santé-environnement, protection de la nature, qualité de la vie, transport, urbanisme, vie politique de la région, etc, dans une posture d'ouverture du local à l' international. Sur un même sujet, vous pouvez trouver des avis divergents, c'est fait exprès, - la source est toujours indiquée en bas de l'article -. Outre ces informations, vous trouvez nos opinions à travers nos interventions, communiqués et aussi sur le mot du jour "Contre-pente". Depuis le 11 mars 2007, à l'occasion des élections présidentielles, CAP 21 rallié résolument François Bayrou. Son score en Anjou a été magnifique (+ 23 %). Le futur MoDem, qui sera officiellement et statutaire les 1er ou 2 décembre, rassemble des hommes et des femmes venus de l'UDF, de CAP 21 et beaucoup de nouveaux militants en politique. Les 535 candidats aux législatives ont permis de confirmer l'émergence de ce nouveau parti, différent, rassembleur, troisième force politique, qui a montré sa force aux législatives, qui doit concrétiser aux prochines élections, cantonales et municipales.

Bernadette Caillard-Humeau, Conseillère municipale d'Angers, Déléguée d'Angers Loire Métropole

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Lundi 22 janvier 2007
Environnement et politique Nicolas Hulot ira ou n’ira pas ? - 19 janvier 2007 - 14:33 (Par Pierre Melquiot) Environnement et politique Nicolas Hulot ira ou n’ira pas ? « Nous et Nicolas Hulot - Ira ou n’ira pas ? La possible candidature de Nicolas Hulot suscite bien des commentaires et bien des tensions ou des espoirs parmi les candidat(e)s à l’élection présidentielle. Interpellations, réponses, invitations à rejoindre, appel à candidature unique, revendication de candidatures multiples, signatures théâtralisées…mais qu’en pensent les militants associatifs ? Quelle que soit la décision prise, une chose est sûre : Nicolas Hulot aura réussi à imposer la question de l’urgence écologique au cœur de la campagne électorale. Avec conviction, il a servi ce combat pour la protection de l’environnement en rappelant qu’il s’agit du combat de tous : le réchauffement climatique et la disparition de la biodiversité concernent chacun d’entre nous et nos enfants. Il était temps. Depuis plus de 30 ans, les milliers d’associations, fédérées au sein de France Nature Environnement, se battent tous les jours, sur le terrain, pour alerter nos concitoyens et nos responsables sur le risque pour l’homme de scier la branche sur laquelle il est assis. Ce combat a été utile. Des projets irrationnels ont échoué, des décisions dangereuses ont été évitées, des idées et des mouvements politiques sont nés. Ce combat n’a toutefois pas permis de diffuser une véritable culture écologique parmi tous nos responsables politiques et économiques. Le budget dérisoire du Ministère de l’environnment en atteste aussi bien que l’opposition sans cesse réalisée entre économie et environnement. Ne boudons pas notre plaisir. La démarche, la diffusion et la signature du Pacte écologique ont permis d'interpeller la classe politique, de faire circuler l’information et de donner une dimension nouvelle au débat sur l'environnement. Il ne faut cependant pas s’y tromper. Si Nicolas Hulot a ouvert la voie, il ne pourra seul, candidat ou non, placer et maintenir la question de l’urgence écologique au cœur du débat public pendant bien longtemps. Certes, les journaux télévisés nous montrent chaque soir les images d’une Terre qui va mal. Certes, les hommes et les femmes qui se présenteront au suffrage universel parlent des conséquences dramatiques de notre modèle de développement. Pourtant, force est de constater que des projets irrationnels continuent de prospérer, grâce à l’action du lobby des pollueurs. Plus grave, les communicants du développement durable ont déjà récupéré la thématique du réchauffement climatique pour détourner l’attention de ses causes complexes et mettre de nouveaux produits sur le marché - comme les agrocarburants ou le réacteur nucléaire EPR – comme autant de fausses solutions. Le marché a donc commencé à recycler le Pacte écologique. Demain, si l’on n’y prend garde, lorsque les élections seront passées, notre société de communication aura digéré le message de Nicolas Hulot et le discours marketing sur le développement durable réduira de nouveau l’écologie à une émotion publicitaire. Or, demain - on le sait maintenant - il sera vraiment trop tard. Il faut donc enrayer tout de suite la machine à détruire sans penser que la compensation ou la technique nous tirerons d’affaire. Pour ce faire, nous devons transformer maintenant l’essai marqué par Nicolas Hulot et opérer une véritable révolution culturelle. Celle-ci suppose tout d’abord que tout le monde, élèves des écoles et des grandes écoles, soit informé des enjeux écologiques dans leur complexité. Réfléchir au réchauffement climatique n’a aucun sens si l’on ne tient pas compte des interactions entre tous les éléments de l’écosystème et de toutes les causes de sa dégradation. C’est à ce prix que les remèdes ne seront pas pires que le mal. Cette révolution culturelle suppose également qu’aucune décision publique ne puisse être prise sans étude de son impact sur l’environnement. De ce points de vue, la création d’un poste de Vice Premier ministre chargé de vérifier l’intérêt environnemental de tous les choix publics présente un intérêt évident pour diffuser la culture de l’écologie parmi nos responsables publics et privés. Ceux-ci doivent comprendre que la protection de l’environnement n’est pas une politique publique mineure de plus mais doit être au cœur de toutes les politiques publiques. Santé, emploi, agriculture… autant d’administrations et de secteurs d’activité concernés. Un Vice premier ministre ne servira toutefois à rien si le Ministre de l’environnement n'a pas les moyens financiers et humains d’une véritable politique de préservation de la biodiversité et de la ressource en eau, de prévention des risques et d’évaluation environnementale. La révolution culturelle appelée de nos vœux doit également influer sur les conditions de définition de l’intérêt général. Loin des débats ou enquêtes publics tronqués, où la décision est prise avant la consultation, il importe notamment de rénover le statut des associations et de ne plus les considérer comme un mal nécessaire, considéré avec condescendance. Enfin, notre système de production, fondé sur les mythes de l’abondance et de la croissance quantitative, sur la destruction des richesses naturelles et le gaspillage ne peut plus perdurer. A lire les programmes des candidats, cette révolution culturelle reste à faire. L’écologie se résume encore trop souvent à des catalogues de solutions consensuelles alors que nous avons à faire un choix de civilisation. Il faut faire évoluer ces programmes. L’écologie a donc besoin d’émotion mais plus encore d’intelligence collective. » Sébastien Genest - Président de France Nature Environnement, Fédération française des associations de protection de la nature et de l’environnement
par Pierre Melquiot, FNE publié dans : Point de vue
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Mardi 18 avril 2006
Il faut préparer la "fin du pétrole", par Nicolas Hulot et Jean-Marc Jancovici LE MONDE | 18.04.06 | Malgré des déclarations tonitruantes sur l'ère de l'après-pétrole qui aurait déjà commencé, ou le changement climatique qui serait une menace de premier plan, force est de constater que notre quotidien n'en voit pour l'heure pas la trace. L'humanité n'a jamais consommé autant d'or noir, de gaz et de charbon qu'en 2005 et, en France, l'élévation de la température moyenne planétaire du dernier siècle ne nous a réellement empêchés de dormir que quelques jours durant l'été 2003. Bien sûr, demain sera différent d'aujourd'hui, car c'est la définition même d'un changement, mais comment se persuader que nous sommes mal partis quand tout va bien pour le moment ? Une première certitude vient des mathématiques, qui - hélas ! - ne deviennent pas invalides parce que la conclusion nous déplaît : avec un stock de départ fini, l'approvisionnement pétrolier passera par un maximum puis diminuera sans cesse, et cette conclusion s'applique aussi au charbon et au gaz. Dès lors, à quand l'inexorable début de la décroissance pétrolière ? (qu'il faut bien distinguer de la "fin du pétrole", expression qui n'a d'intérêt que médiatique). La réponse des pétroliers - les seuls à disposer d'informations primaires - oscille entre 2010 et 2025. Même en se reportant sur le gaz et le charbon, les mathématiques interdisent de prolonger plus de quelques décennies une consomMation croissante de combustibles fossiles. La deuxième certitude concerne le climat : il y a vingt mille ans, au plus fort de la dernière ère glaciaire, la planète n'avait perdu que 5 °C de température moyenne par rapport à maintenant. Quelques degrés en plus pour la moyenne planétaire en un ou deux siècles seraient donc un choc climatique aux conséquences inimaginables au premier sens du terme, c'est-à-dire impossibles à imaginer dans le détail. En effet, une transition climatique aussi rapide appliquée à quelques milliards d'individus sédentaires ne s'est jamais produite dans le passé, proche ou lointain. Et surtout, l'inertie du système climatique et la durée de vie du CO2 dans l'air sont telles que la température montera pendant au moins quelques siècles après que les émissions humaines de CO2 auront commencé à diminuer. Malgré ce qui précède, nous vivons aujourd'hui avec l'illusion dangereuse que l'énergie va rester abondante et bon marché pour l'éternité. Il est donc logique que l'on crie au fou dès que quiconque préconise d'en monter le prix ! Or se poser la question du prix de l'énergie, c'est déjà y avoir répondu : toutes choses égales par ailleurs, le prix d'une ressource épuisable dont la consommation aimerait augmenter en permanence ne peut qu'exploser. Un prix de marché restant bas "aussi longtemps que possible" ne serait même pas une bonne nouvelle : nous pourrions alors émettre tellement de CO2 que nos (petits-) enfants hériteraient d'une facture climatique monstrueuse, sans beaucoup d'énergie résiduelle pour y faire face, et sans même avoir profité de la fête. Que viennent nucléaire et énergies renouvelables, alors, bien qu'utiles, elles seront insuffisantes pour remplacer en quelques décennies pétrole, gaz et charbon : il va falloir se mettre au régime. Face au "Français moyen" du XVIIe siècle, l'homo industrialis vit comme un nabab : tout bénéficiaire du smic, tout étudiant, tout retraité commande en permanence à l'équivalent énergétique de 100 domestiques, qui s'appellent voitures, machines industrielles, chauffage central, avions, lave-linge, congélateurs, etc. Membres d'une espèce qui a déjà connu quelques milliers de générations depuis son apparition, nous n'avons pas encore pris la mesure du formidable saut de puissance effectué depuis la naissance de nos grands-parents, multipliant au passage la pression de l'homme sur son environnement par un facteur 100 en un siècle. Cette vie à crédit ne va pas durer, et il serait temps que nous nous en rendions compte, des simples électeurs jusqu'à M. Barroso, qui semble pourtant penser que des prix bas - donc faux - sont une bénédiction pour l'avenir. Dès lors, souhaitons-nous gérer du mieux possible une inéluctable décroissance de la consommation d'énergie fossile, ou préférons-nous attendre que "quelque chose" se charge de le faire pour nous sans nous demander notre avis ? L'histoire a amplement prouvé que la passivité n'est pas la meilleure option. Et pour l'action, quiconque a bien creusé le sujet tombe invariablement sur... la hausse de la fiscalité sur l'énergie. Ce qu'il faut faire ? Monter le prix de toutes les énergies fossiles de 5 % à 10 % en termes réels tous les ans, sans limite, jusqu'au jour où nous pourrons penser être débarrassés des problèmes les plus redoutables. Cette progressivité permettra à chaque consommateur ou producteur de s'organiser en "voyant venir" les surcoûts, qui auront lieu de toute façon sinon, mais de manière brutale, nous exposant alors à de très mauvaises surprises. Par ailleurs, la fiscalité est un simple recyclage national, qui ne crée ni chômage ni récession, alors qu'un choc pétrolier est un appauvrissement net du pays, qui crée récession et chômage, comme en 1973. Trop de chômage n'est clairement pas bon pour la démocratie : faut-il rappeler que la crise de 1929 a fini par amener la dictature un peu partout en Europe ? Et faut-il se croire définitivement vaccinés contre le totalitarisme, au motif que depuis soixante ans tout va bien... dans un contexte de croissance ininterrompue ? Les "modestes", qui trinqueront le plus en cas de problème, devraient paradoxalement être les premiers à réclamer cette hausse progressive, qui sera bien plus équitable que le chaos qui nous menace sinon ! Une taxe accrue donne plus d'argent à l'Etat : tant mieux. Ce dernier pourra financer la reconstruction dont nous avons besoin. Taxer l'énergie protégera les entreprises, en leur créant un contexte stable qui est le meilleur service à leur rendre. Du reste, quans ils ont bien compris le problème, nombreux sont les dirigeants pour qui la question n'est plus "faut-il taxer ?", mais "comment taxer de manière équitable sans que je sois le premier perdant ?". Quiconque réclame, comme citoyen, que l'on fasse "quelque chose" pour éviter les ennuis à venir, peut-il s'opposer, comme consommateur, au fait d'être touché au porte-monnaie ? L'histoire économique ayant démontré que c'est in fine le prix qui nous incite à la vertu. Nicolas Hulot est producteur de l'émission "Ushuaïa Nature" Jean-Marc Jancovici est consultant en énergie. Article paru dans l'édition du 19.04.06
par point de vue Hulot et jancovici paru dan sle Monde publié dans : Point de vue
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Lundi 10 avril 2006
Manifeste pour s'en sortir, par Eric Le Boucher LE MONDE | 08.04.06 | 13h05  •  Mis à jour le 08.04.06 | 13h06 Suivez l'information en continu, accédez à 70 fils de dépêches thématiques. Abonnez-vous au Monde.fr : 6€ par mois + 30 jours offerts Voici un quartet d'économistes de premier plan dont certains ont eu des responsabilités gouvernementales de très haut niveau. Ils viennent d'écrire un "manifeste" pour redonner de l'espoir en France, pour que l'économie reparte vers la croissance, pour que tous les jeunes retrouvent, enfin, une chance dans la vie. Considérant que ce projet apporte une réponse à l'angoisse existentielle qui plombe la France et qu'il fait avancer la réflexion pour 2007, nous en reproduisons ci- dessous l'essentiel. "L'éducation et le travail peuvent donner à chaque individu une opportunité de réussir et à chaque génération une prospérité supérieure à celle de ses parents. Cette promesse, qui a formé le socle du progrès économique et social depuis deux siècles, est aujourd'hui remise en cause parce que le pays n'a plus investi dans son futur. Il a échoué à résoudre ses problèmes de déficits et a pourtant négligé les investissements clés : son système de formation ne fournit pas aux enfants une éducation d'un bon niveau international, ses infrastructures ne sont pas préparées aux défis technologiques de demain, son Etat ne s'est pas adapté pour répondre utilement et efficacement aux demandes de la population d'aujourd'hui. Sans changements, l'avenir des jeunes Français restera inhibé, alors qu'il peut en être autrement. " Le premier danger pour les jeunes est la dette accumulée. Elle va peser sur leur dos alors qu'arrive l'âge de la retraite de la génération du baby-boom. Les systèmes sociaux risquent de ne pas tenir financièrement. En outre, ces déficits menacent la confiance et, avec elle, la croissance pour des décennies. Le deuxième danger est l'impréparation de l'avenir. Pour les salariés français, la compétition de la Chine ou de l'Inde ne se limite pas à l'industrie mais concerne tous les services qui peuvent être fournis électroniquement à longue distance. " La France peut essayer de s'isoler et de fermer ses portes à la mondialisation. Cette approche est irréaliste et peu sérieuse, étant donné le degré déjà grand d'ouverture de notre économie. Mais les tenants du libre-échange, et les auteurs de ce texte en font partie, doivent aussi reconnaître que les libéralisations peuvent causer des fractures sociales. Il n'est donc pas suffisant de prôner une poursuite du libéralisme, il faut aussi développer des politiques qui améliorent la productivité et qui partagent à la fois les coûts et les avantages de l'ouverture commerciale. " Pour réduire la dette, il faudra des choix politiques et une volonté. Le problème est si lourd que nous pensons nécessaire de préférer une approche bi- partisane. Pour savoir comment relancer la croissance et l'innovation, un important travail intellectuel est encore nécessaire. Un débat doit s'ouvrir dans le pays pour parvenir à présenter aux hommes politiques des options plutôt que des solutions fermées. Les nouvelles réalités requièrent des visions neuves, des idées intelligentes et du courage politique. Notre projet est d'ouvrir ce débat. " Pour y contribuer, nous avançons trois principes. Le premier est que l'économie pour être forte et durable ne doit exclure aucune partie de la population. L'économie moderne repose sur le capital humain. Dans la compétition mondiale, la France n'a pas les moyens de sous-utiliser une fraction importante de ses forces à cause du chômage ou d'une mauvaise formation. L'éducation est l'ingrédient essentiel. Les études montrent que l'investissement dans la formation compte parmi les plus "rentables" sur la durée d'une vie. Malheureusement, la France gâche beaucoup de ce potentiel par un système mal organisé. " Deuxième principe : l'insécurité économique affecte la croissance. Sans une protection efficace en cas de revers, les gens ont tendance à fuir tous les risques, l'excès de prudence s'installe. C'est le cas en France aussi bien pour les salariés que pour les entrepreneurs. Les bénéfices de la technologie et de la concurrence sont freinés par les craintes de leurs effets déstabilisants dans certains secteurs. Un excès de protection ruine l'incitation au travail. Il faut donc revoir les politiques actuelles pour retrouver un équilibre efficace. " Troisième et dernier principe : le gouvernement peut agir. Le marché est la pierre angulaire de la croissance mais il ne peut pas générer seul les investissements dans l'éducation, la science, la recherche. La politique doit tout à la fois soutenir les forces du marché et jouer son rôle dans les investissements clés. Les responsables politiques doivent reconnaître qu'ils peuvent réduire les risques mais pas les éliminer et ils doivent apprendre à la population à les mesurer plutôt que lui promettre des protections futiles et intenables. " En revanche, ils doivent promouvoir l'innovation. La croissance dépend de plus en plus de la technologie. La France est très en retard, le gouvernement doit accroître nettement ses investissements dans la science et la technologie et réformer son système de recherche." Ce manifeste est signé par Roger Altman, Jason Bordoff, Peter Orszag sous la direction de Robert Rubin, ancien conseiller et ministre de Bill Clinton. On l'aura compris, il concerne les Etats-Unis et non la France. Nous l'avons réécrit et "arrangé" pour l'appliquer à notre pays. Aux Etats-Unis, ce projet, dénommé Hamilton, participe des critiques démocrates contre cette Amérique inégalitaire où la middle class voit s'effondrer ses rêves de promotion. Mais il nous a semblé que cette stratégie vaut pour la France. Quand on demande que faire pour résoudre la crise française, la réponse n'est pas si compliquée. L'éducation et le travail : deux idées fortes pour retrouver une croissance juste. Éric Le Boucher Article paru dans l'édition du 09.04.06
par article Le Monde publié dans : Point de vue
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Lundi 20 mars 2006
L'écologie en mode de vie LE MONDE | 20.03.06 | 16h28  •  Mis à jour le 20.03.06 | 17h57 Vivre autrement n'est plus le rêve de quelques babas cool et des seuls militants écologiques. Une part croissante de la population française s'alimente, s'habille, entretient sa forme et sa beauté, sa maison et son jardin en se souciant, davantage qu'avant, du bien-être de l'espèce humaine et de la préservation de la nature. Le succès du 19e salon Vivre autrement, au Parc floral de Paris, du vendredi 17 au lundi 20 mars, en témoigne : le nombre de visiteurs (31 000 en 2005) a doublé en cinq ans. Idées éthiques Signalethique, 04-78-94-14-70 ou www.signalethique.fr ; Artisans du monde, 01-56-03-93-50 ou www.artisansdumonde.org Mode: Modetic, 08-71-73-90-92 ou www.modetic.com ; Voice-tm, 01-45-87-20-94 ou www.voice-tm.com ; Seyes, 01-40-18-57-89 ou www.seyes.fr ; Tudo Bom ? 01-55-84-43-33 ou www.tudobom.fr Habitat : Habitaterrehappy, 01-41-74-91-65 ou www.habitaterrehappy.com S'informer: Le Rythme de la vie, Michel Maffesoli, éd. La Table ronde, 2004, 224 p., 18 euros Magazine Habitat naturel, bimestriel, 5,95 euros. www.habitatnaturel.fr D'après le sociologue Michel Maffesoli, professeur à la Sorbonne et directeur du Centre d'études sur l'actuel et le quotidien (CEAQ), ce succès s'explique par la mutation de nos valeurs sociétales : "Depuis le début des années 1970, une nouvelle relation à la nature s'installe, nous ne la percevons plus comme un corps mort à exploiter." Cet état d'esprit populaire, qu'on ne retrouve dans aucun programme politique ni aucune structure organisée, se mesure à l'essor de la consommation bio, aux préoccupations de santé (toxicité des produits courants, obésité), et à la recherche d'un commerce plus équitable au niveau mondial. En 2005, plus d'un Français sur deux a consommé des produits bio (un quart au moins une fois par semaine), alors qu'ils n'étaient que 37 % deux ans auparavant, selon le baromètre CSA-Agence bio 2005. Même si les fruits et légumes restent avec les oeufs les premiers produits achetés, depuis un an les gammes se sont étendues en même temps que les réseaux de distribution spécialisés se sont développés. Le réseau Biocoop (256 magasins) a par exemple ouvert 35 commerces en 2005 et en prévoit 40 nouveaux cette année. La raison ? Les produits courants écologiquement compatibles séduisent de plus en plus d'acheteurs, en dépit des prix qui restent en moyenne un tiers plus élevés. Chez Biocoop, dans les magasins Naturalia ou Monoprix, des produits naturels - c'est-à-dire fabriqués sans pétrochimie ni parfum artificiel par exemple - d'entretien de la maison, du linge ou de soin du corps jouxtent désormais les pâtes, huiles d'olive, camembert ou steaks hachés labélisés AB (un sigle contrôlé par l'Etat). La clientèle aussi s'est élargie. Si les principaux acheteurs restent plutôt des femmes urbaines d'âge mûr, "beaucoup de couples de 30-35 ans se mettent aux produits écologiques quand arrive le premier enfant", constate Barbara Bobon, directrice du marketing de Biocoop. La progression des ventes (+ 28 % en 2005) des marques Léa Nature, leader français de la cosmétique naturelle, des produits d'épicerie Jardin bio (+ 30 %) et Jardin bio équitable (+ 40 %) attestent de l'intérêt renforcé pour des produits sains et naturels. Cette démarche concerne tous les aspects de la vie. Il s'agit par exemple de choisir des matériaux écologiques pour construire sa maison et se chauffer - 250 000 m2 de capteurs solaires ont été installés depuis 1999, dont 100 000 m2 l'an dernier, selon le nouveau magazine Habitat naturel - mais aussi de prendre soin de sa santé, différemment. Dans les 63 magasins Nature & Découverte, l'un des plus gros vendeurs d'huiles essentielles, les ventes de produits de bien-être ont augmenté de 20 % en deux ans : "Les clients veulent plus de naturalité et de transparence, mais ce n'est pas toujours facile de trouver des fournisseurs qui peuvent répondre à cette forte demande", dit Françoise Vernet, directrice du marketing de Nature & Découverte. Récemment, Greenpeace et WWF, certains scientifiques et des personnalités comme Nicolas Hulot (et son Défi pour la Terre) ont affirmé que le corps de l'homme accumule, au fil des générations, des toxiques (produits courants, pesticides, médicaments...). Ces campagnes ont marqué les esprits. Aussi les Français cherchent-t-ils désormais de nouvelles approches en complément ou en marge d'une médication allopathique conventionnelle. "40 % de ma clientèle n'a plus de médecin, explique l'ostéopathe énergéticien Patrick Hoor, installé à Nantes depuis quinze ans. Les gens en ont marre de prendre des médicaments inutiles, voire dangereux, qui ne traitent que les symptômes. Ils viennent me voir une fois par trimestre et je leur propose un traitement préventif à base de médecines douces (ostéopathie, diététique, phyto-aromathérapie et homéopathie). Je prends en compte l'aspect physiologique, organique et psychique de la personne, en fonction des différentes saisons chinoises." A sa modeste mesure, le petit commerce de Corinne Bullat, créatrice d'Happyterrehappy en mai 2005, fleurit gentiment. Cette décoratrice qui travaille à la conception d'espaces de vie écologiques et sains, notamment pour soulager les enfants allergiques, s'est fait une spécialité de la traque de la pollution de l'air intérieur. "Les gens commencent à faire attention à ne plus utiliser de peintures avec solvants, ils choisissent différemment leurs revêtements de sol et maintenant on s'attaque au mobilier à cause du formaldéhyde que certains meubles libèrent", dit-elle. Côté vêtements, une nouvelle génération de diplômés de grandes écoles de commerce mettent leurs connaissances marketing et commerciales au service de la promotion de la filière de coton bio-équitable. En marge des géants comme La Redoute ou Monoprix, les concepteurs des marques de vêtements Seyes, Idéo, Tudo Bom ?, vendent sur des sites Internet sophistiqués au design coloré et moderne, des vêtements issus du commerce équitable. Pour eux, le prix n'est pas tout, même si c'est encore un frein au développement massif de cette alterconsommation. "En tant que RMiste, j'ai du mal à acheter du jus d'orange équitable, dont le prix est deux fois supérieur, mais, quand je peux, je le fais, explique Stéphane Martin, cofondateur de la marque Seyes, qui tient à fabriquer en France où le secteur textile perd 15 000 emplois par an. Avec nos pulls (entre 75 et 80 euros), c'est la même chose. A cause de H & M., on croit qu'un pull vaut 10 euros, mais pour sortir ce prix, la matière est de mauvaise qualité et il faut rogner sur les salaires en imposant des conditions de travail impossibles", affirme-t-il... Ce que lui comme beaucoup de jeunes, dit-il, n'acceptent plus. Florence Amalou Article paru dans l'édition du 21.03.06
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Vendredi 3 juin 2005
Limiter la croissance, ou la changer LE MONDE | 03.06.05 | 14h22  •  Mis à jour le 03.06.05 | 14h22 Les archives du "Monde" : plus de 800 000 articles à consulter. Abonnez-vous au Monde.fr Jusqu'à quand l'humanité va-t-elle pouvoir continuer à bouleverser son environnement sans en subir des conséquences dommageables ? C'est la question que pose, en termes pondérés, l'atlas du PNUE, reprenant une citation de l'historien de l'environnement John McNeill : "Il est maintenant assez clair que nos modes de vie actuels ne sont pas écologiquement durables, mais nous ne savons pas combien de temps nous pourrons continuer à les suivre ou ce qui arrivera si nous continuons." Le pessimisme qui imprègne les observateurs de la crise écologique conduit en fait à réactiver le concept des limites de la croissance, que l'on croyait tombé en désuétude depuis les avertissements du Club de Rome en 1973. "L'humanité surexploite le capital naturel, dit Pascal Peduzzi, du PNUE à Genève. Nos stocks diminuent et les intérêts sont de plus en plus petits." L'inquiétude est d'autant plus justifiée que, si l'expansion démographique se ralentit nettement, elle ne s'en poursuit pas moins : on devrait compter 9 milliards d'humains vers 2050, environ la moitié plus qu'aujourd'hui. En outre, la croissance de l'économie mondiale ne faiblit pas. "Or, si le PIB croît de 3 % par an, cela aboutit à un doublement en vingt-quatre ans" , poursuit M. Peduzzi. Sans modification radicale du contenu de la croissance économique, ce doublement signifie une transformation accrue de l'environnement et une dégradation accentuée des cycles naturels. LA DÉPENDANCE AU PÉTROLE Cette crise écologique pourrait-elle conduire à une crise de société ? "Il est arrivé que des groupes ou même des civilisations atteignent les limites environnementales pour une ressource particulière, écrivent les auteurs de l'atlas. Quelques-uns se sont effondrés." L'essayiste Jacques Neirynck, ancien professeur à l'Ecole polytechnique de Lausanne, auteur du Huitième Jour de la création (Presses polytechniques romandes), va plus loin : "Le fait que l'on soit dans une impasse écologique n'est pas une première historique : la France s'est trouvée à la fin du XIVe siècle dans cette situation, quand le défrichement a atteint ses limites après une déforestation maximale. La grande crise de la fin du Moyen Age s'est ensuivie. La fin de l'Empire romain peut s'analyser de la même façon. C'est un schéma classique : quand un système technique marche bien, il va au bout des ressources. Et cela peut s'arrêter d'un seul coup." Pour M. Neirynck, la faiblesse majeure du système actuel est sa dépendance au pétrole. De ce point de vue, la société n'échapperait à la crise que si elle évoluait assez rapidement vers un système moins agressif écologiquement et moins soumis à cette source d'énergie. H. K.
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Mardi 29 mars 2005
L'information face à la communication ARTICLE LE MONDE | 28.03.05 | 15h42  •  Mis à jour le 28.03.05 | 15h42 l y a soixante-dix ans, le 29 mars 1935, du fait de l'impasse dans laquelle s'étaient enlisées les discussions entre syndicats et patrons de presse pour élaborer une première convention collective, les députés et sénateurs ont su faire preuve d'audace pour doter les journalistes d'un double statut d'auteur et de salarié. Il s'agissait alors de permettre aux journalistes de travailler librement et en conscience, de leur donner les moyens de résister aux pressions internes ou externes dont ils peuvent faire l'objet. Aujourd'hui, le contexte particulier et dramatique de la presse et des médias exige une audace aussi grande pour empêcher que les élus de la République ne se retrouvent en situation de dépendance, et que le débat démocratique ne soit confisqué par des puissances économiques et industrielles liées aux commandes de l'Etat. La presse, écrite et audiovisuelle, n'est pas une industrie comme les autres, un journal ne se fabrique pas comme une paire de chaussures. Nous pensons que le but principal d'un journal n'est pas l'enrichissement de son propriétaire ou des fonds d'investissement, ni que le rôle d'une chaîne de télévision se résume à vendre du temps de cerveau humain à un fabricant de soda. En son temps, le rapporteur de la loi à l'Assemblée, M. Brachard, l'a dit avant nous à la tribune du Palais-Bourbon : "Un journal n'est pas une denrée assimilable à toutes les autres denrées. L'industrie de la presse, c'est autre chose que des cylindres qui tournent et des bobines de papier qui s'impriment." Nous avons encore la faiblesse de penser que le journal quotidien et le journal télévisé de 20 heures doivent avant tout informer et éduquer le public et être le nécessaire instrument de contrôle de la vie publique. Aujourd'hui, nous nous éloignons de cette conception de l'information. Les mouvements de concentration entre les mains de quelques groupes industriels ou de fonds d'investissement ou de pension entraînent la profession dans une dérive inexorable. Les coûts de recherche et de traitement de l'information sont réduits ; les nouveaux propriétaires des médias dictent des obligations en termes de profits identiques à ceux des autres secteurs d'activité. L'arrivée du groupe Dassault à la tête de la Socpresse, l'ampleur prise par le groupe Lagardère, l'expansion du groupe Ouest-France, le poids pris par les fonds d'investissements Carlyle, Cinven, Candover dans les médias, l'influence politique du groupe Bouygues dictant ses ordres au gouvernement pour créer une chaîne d'information internationale font peser de lourdes menaces sur l'information. Nous avons la nette impression que le lobby patronal paralyse toute velléité de légiférer. D'ailleurs, le sénateur Serge Dassault avoue tout haut ce que d'autres propriétaires de médias imposent aux rédactions de façon plus insidieuse : la priorité aux "idées saines". Nous devons nous soumettre aux méthodes douces de la communication. Nous sommes invités en permanence à privilégier les "techniques de persuasion complexes et intimes" directement inspirée des techniques du marketing depuis que l'information est devenue un produit. Dans de grandes régions, comme le Nord - Pas-de-Calais par exemple, le groupe Dassault impose des pages communes à ses trois titres, La Voix du Nord, Nord-Eclair et Nord Littoral, dans lesquelles certains groupes de pensée sont interdits de séjour. On s'achemine vers une région où la pensée unique régnera sans partage puisque La Voix du Nord vient aussi de racheter une télévision locale, Canal 9. Qui peut garantir aujourd'hui que la liberté d'expression du journaliste ne sera jamais utilisée pour mentir, tromper ou manoeuvrer ? Le statut professionnel des journalistes de 1935 était une formidable avancée démocratique. Par respect du public, il était enfin reconnu à notre profession les droits les plus élémentaires du code du travail, ceux du code de la propriété intellectuelle, mais aussi un certain nombre de droits nouveaux. Ce statut devait nous préserver des dérives des employeurs tentant de nous imposer d'écrire contre notre conscience. Il s'agissait aussi, en faisant du journalisme un véritable métier, avec un statut protecteur, de mettre les professionnels à l'abri de toutes les pressions et de leur assurer des garanties morales et matérielles. Les principales dispositions de ce statut sont la clause de conscience, les indemnités de congédiement, l'instauration d'une carte d'identité professionnelle et les minima de salaires. Aujourd'hui, les nouveaux dirigeants des médias martèlent que le statut des journalistes, exorbitant du droit commun, est un handicap pour l'économie de l'information. En fait, l'information est surtout victime des erreurs de gestion, et c'est la volonté de l'encadrer qui amènent le lecteur, l'auditeur et le téléspectateur à douter de ce qu'il lit ou entend comme des journalistes. Elle est enfin malade des appétits démesurés en matière de profits immédiats. Ils n'hésitent pas non plus à dénaturer certaines dispositions du statut du journaliste : le groupe Dassault a transformé la clause dite de cession en un vaste plan social. Cette variante de la clause de conscience assimile le refus du journaliste de travailler avec le repreneur du journal à un licenciement (avec le versement d'une indemnité d'un mois de salaire par année d'ancienneté). Plus de 250 journalistes ont refusé de travailler pour Dassault. La Socpresse refuse de compenser ces départs, fragilisant des rédactions déjà exsangues. Les nouveaux patrons des médias mènent aussi des offensives contre les droits d'auteurs des journalistes. Ils sont pourtant l'un des moyens de nous opposer à la marchandisation de l'information. Les patrons de presse précarisent la profession, affaiblissant les garanties matérielles et morales du statut. Tous leurs efforts sont tendus vers un objectif : réduire le nombre de salariés intervenant dans la fabrication d'un journal écrit ou audiovisuel. Les qualifications professionnelles sont également au centre de leurs préoccupations, sous prétexte de l'introduction dans les rédactions des technologies numériques. Dans l'écrit, c'est le secrétaire de rédaction qui est visé, c'est-à-dire celui qui met en forme l'information, auquel on voudrait imposer des tâches techniques supplémentaires et opérer un sulfureux mélange entre les responsabilités rédactionnelles de mise en forme de l'information et de réalisation technique des pages. Dans l'audiovisuel, le reporter devrait remplacer le technicien chargé du montage, au risque de ne plus avoir le recul suffisant sur l'information. Dans l'un comme dans l'autre cas, de lourdes menaces pèsent sur la qualité de l'information livrée au public. Notre métier, c'est l'information. Le journaliste ne peut remplir sa mission sociale que dans la liberté garantie par un statut de haut niveau. Le Parlement a, dans la conjoncture d'aujourd'hui, le devoir et le pouvoir de lui assurer cette indispensable liberté en complétant le statut professionnel des journalistes et la responsabilité de garantir le pluralisme en légiférant, notamment, pour limiter les concentrations. Michel Diard est secrétaire général du Syndicat national des journalistes CGT (SNJ-CGT), Alain Goguey est membre du bureau national. par Michel Diard et Alain Goguey Article paru dans l'édition du 29.03.05
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Vendredi 11 juin 2004
De la politique à la com’… de la com’… à la publicité mensongère Qualité de l'émetteur : Association Objet : Avis, prise de position   Description... Le savez-vous ? nous sommes dans la semaine du développement durable. Vous savez ce type d’opération de communication qui est monté une fois par an pour faire croire aux gens que les décideurs sont très conscients d’un problème , s’en occupent activement ….pour mieux l’oublier les 51 semaines ou les 364 jours restants. Il en va ainsi de la journée sans voiture , qui généralement augmente la pollution et permet de ne rien faire le reste du temps, de la journée de la femme, de la journée sans tabac etc… Dans l’immense majorité des cas, ce type d’exercice peut avoir au moins une valeur pédagogique et constituer un outil d’entraînement et de valorisation de certaines actions ou expériences. Le risque, mais c’est aussi l’objectif poursuivi, est d’entraîner une confusion dans l’esprit des gens entre politique et communication. Par exemple, l’annonce du gouvernement de doter les administrations de 20% de leur flotte automobile de véhicules propres est une communication mais certainement pas une politique :l’obligation existe depuis 1996 et figure dans la loi sur l'air ! Mais, avec le développement durable et l’environnement , nous sommes en passe de franchir un nouveau seuil : celui qui sépare la communication de la publicité mensongère. Les associations de Franche Comté ne s’y sont pas trompées qui ont refusé de participer à cette semaine. En effet, comment oser organiser une semaine du développement durable lorsque les clignotants sont passés du vermillon au carmin sur tous les sujets qui touchent à l’environnement . on se contentera de quelques exemples pris sur une très longue liste : -notification d’un programme de quota d’émissions de gaz à effet de serre en retard et très inférieurs aux exigences communautaires -reprise du programme nucléaire sous prétexte de changement climatique alors que la construction de l’EPR nous prive de tout financement sérieux sur les énergies renouvelables et que le prototype ne sera prêt que dan s 8 à 10 ans -développement d’une politique du secret alors même que la France vient de se faire condamner pour n’avoir pas appliqué les directives communautaires sur le droit à l’information du public -autorisation de tuer ,des loups malgré nos engagements internationaux et le refus successif de tous les ministres de l’environnement d’entrer dans cette logique -suppression de la majeure partie de subventions au monde associatif ce qui a entraîné de nombreux licenciements et une très grande difficulté à pouvoir exister ; ces coupes sombres dans le budget du monde associatif sont sélectives puisque la Fondation de M.Monod a perçu de ce budget 200 millions d’euros ! -suppression de l’IFEN en tant qu'établissement public, coupable d’avoir fourni des renseignements statistiques accablants sur l’état de nos ressources…. -Sans parler de l’inénarable charte de l’environnement qui supprime dans un grand élan de générosité le principe pollueur payeur , rend le contribuable indéfiniment responsable financièrement du non respect d’un principe de précaution qui n’en a plus que le nom. Autrement dit, la charte risque bien de déconstruire le droit de l’environnement en faisant croire par une opération de communication particulièrement habile, qu’elle enfante dans la douleur une révolution juridique ! C’est le monde à l’envers ! Aussi, oublions la semaine d’un développement durable de ses seuls promoteurs. La meilleure réponse est celle du boycott. Si vous croyez au développement durable, entrez en résistance ! Corinne Lepage 16 juin 2004
par corinne lepage juin 2004 publié dans : Point de vue
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