Logement. AnalyseDes villes dans l'illusion de la démolitionLa transformation de l'habitat, une meilleure solution.Par Sibylle VINCENDONjeudi 24 février 2005 (Liberation - 06:00)http://www.liberation.fr/page.php?Article=277991 aire de la démolition l'alpha et l'oméga d'une politique urbaine ; ériger la maison individuelle en Eden : Jean-Louis Borloo, ministre de la Cohésion sociale, axe sa communication sur ces deux messages simples. Mais peut-être trop simples pour une réalité complexe.En 2004, trois architectes Frédéric Druot, Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal étaient missionnés par le ministère de la Culture pour réfléchir à d'autres pistes que celle de la démolition-reconstruction. Pour eux, le diagnostic est net: détruire est souvent une aberration. D'abord parce qu'il leur paraît absurde de jeter à bas des logements au moment où on en manque. Mais aussi parce qu'il existe une alternative : la transformation des immeubles. Une approche qui n'a rien à voir avec la simple rénovation des façades. Là, les logements sont restructurés, recomposés, les barres éventuellement découpées, des balcons, des jardins privatifs créés. Dans une interview à la revue d'architecture AMC, en novembre 2004, les trois architectes soulignaient que cette pratique plus exigeante, et trois à six fois moins chère, présentait l'intérêt de partir des habitants, de leurs besoins pour élargir ensuite à l'échelle de l'immeuble et du quartier. «Travailler sur le logement, c'est faire de l'urbanisme», y résumait Frédéric Druot.Mais ce travail, «qui ne peut se faire qu'au cas par cas», dit Anne Lacaton, n'a pas les mêmes qualités que la démolition-reconstruction en termes de communication politique. La destruction, elle, gomme carrément du paysage les lieux de la pauvreté. Si, en plus, des maisonnettes viennent remplacer les barres, le politique peut donner l'impression d'avoir résolu le problème.Nul doute que la grande majorité des occupants du logement social collectif rêvent d'une maison. Mais pour nombre d'élus locaux, flatter ce rêve frôle l'imposture. Le problème des villes d'aujourd'hui, c'est d'arrêter de s'étendre à des kilomètres à la ronde en déployant des tapis de lotissements. La loi solidarité etrenouvellement urbains (SRU), qui régit l'urbanisme, vise d'abord à freiner l'étalement urbain, qui ne génère que coûts et pollution. Désormais, dans les agglomérations en surchauffe comme Rennes ou Montpellier, les élus plaident les vertus du petit collectif, des formules de maisons de ville moins consommatrices d'espace. Au Neuhof, quartier d'habitat social de Strasbourg, des maisons groupées seront mises en oeuvre. La maison individuelle suggère la liberté, «même si elle n'est qu'imaginaire», reconnaît Frédéric Druot. «Il faut créer une qualité de maison individuelle dans des immeubles», explique Anne Lacaton. Cela passe beaucoup par les espaces appropriables comme la terrasse ou le petit jardin. Il existe donc une réponse technique intelligente aux désirs de la population. Et une pédagogie à faire. Mais plus difficile, il est vrai, que d'opposer le binôme grandes barres-petites maisons.-----------------LogementPolitique de la ville: Borloo vend ses maisonshttp://www.liberation.fr/page.php?Article=277990Le projet de pavillons à 100 000 euros du ministre de la Cohésion sociale semble ne tenir la route ni sur le plan financier, ni en termes de logique urbaine.Par Tonino SERAFINIjeudi 24 février 2005 (Liberation - 06:00)es sommes rondes se prêtent bien aux effets d'annonces. Après l'ordinateur, puis le permis de conduire, à 1 euro par jour, voici le troisième chiffre magique du gouvernement annoncé hier par le ministre de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo: la maison à 100 000 euros. Visite de chantier hier à Montereau, en Seine-et-Marne, par Jean-Louis Borloo et le Premier ministre en personne.60% des ménages les moins riches pourraient bénéficier de ce nouveau dispositif immobilier, soit plusieurs millions de foyers auxquels on fait miroiter un joli rêve de maison pas chère. Mais aussitôt les annonces faites, les critiques ont fusé. «C'est un effet d'annonce totalement déplacé. Il y a beaucoup de gens qui vont croire cela et qui risquent de tomber de haut», commentait hier un important constructeur de maisons individuelles. Calculettes en main, les professionnels du secteur n'ont pas mis longtemps à démontrer que, même en comprimant au maximum tous les coûts, on ne peut pas réaliser une maison à ce prix. «100 000 euros, cela correspond grosso modo au prix d'une maison neuve sans le terrain. Or, autour des grandes agglomérations, le coût du foncier est souvent aussi important que celui du bâti», expliquait hier Maurice Pénaruiz, président de la Fédération française des constructeurs (FFC). Au Snal (Syndicat national des professionnels de l'aménagement et du lotissement), on atteste aussi de l'impact considérable du coût du terrain dans une opération d'accession à la propriété, avec un prix moyen de 59 400 euros . Dans les agglomérations, où vivent 80 % de la population française, c'est encore beaucoup plus. «En troisième couronne parisienne, du côté de Marne-la-Vallée ou de Melun par exemple, il faut souvent compter de 90 000 à 100 000 euros pour une parcelle de 600 m2», affirme Dominique de Lavenère, président du Snal. Et les régions ne sont pas en reste. Les terrains à bâtir dans la périphérie de Toulouse, de Bordeaux, de Nantes, ou de Montpellier, ont rejoint les prix de la grande couronne parisienne. «La maison à 100 000 euros n'est possible que si l'on déconnecte le bâti de la question foncière, commentait hier Christian Louis-Victor, président de l'Union nationale des constructeurs de maisons individuelles (UNCMI). Ça peut être un outil d'intervention dans une démarche de renouvellement et de mixité urbaine.»Expériences. Pour preuve: les expérimentations conduites par quelques municipalités dans les territoires de la politique de la ville. Afin de mélanger l'habitat et favoriser la mixité sociale, des maires prêtent des terrains avec des baux emphytéotiques (c'est-à-dire une location de très longue durée) pour réaliser des opérations d'accession à la propriété dans les quartiers monolithiques de HLM. Une expérience de ce type est menée dans la cité du Val-Fourré par la ville de Mantes-la-Jolie et Capri, promoteur filiale de la Caisse des dépôts. Une autre opération de ce type est conduite à Montereau, site emblématique de la politique de la ville, où Jean-Pierre Raffarin a justement effectué hier sa visite de terrain en compagnie de Borloo. L'annonce de la maison à 100 000 euros intervient en fait dans le cadre d'une communication tous azimuts du ministre de la Cohésion sociale. Hier, en Conseil des ministres, Borloo a dressé le bilan de l'action de l'Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU), qui fête son premier anniversaire. L'ANRU, créée par la loi de programmation et d'orientation de la ville adoptée en 2003, est le bras armé de la politique de rénovation des quartiers HLM, qui se caractérise par de nombreuses démolitions de logements. C'est elle qui octroie les financements et retoque les projets présentés par les élus ou les organismes HLM. A ce jour, l'ANRU a validé 83 projets représentant des interventions sur 120 quartiers dans lesquels vivent 1 million d'habitants. Les financements englobent les opérations d'aménagement (réorganisation de l'espace public, tracé de voiries nouvelles, création d'équipements publics), la réhabilitation de logements existants et nombre de démolitions-reconstruction. Politique du bulldozer. Dans les 83 projets déjà approuvés, on compte 39 000 logements HLM démolis pour 36 000 reconstruits. A terme, il est question de raser pas moins de 250 000 logements, soit quelque 6 % du patrimoine social, et ce souvent sans concertation avec les habitants. Au-delà des démolitions d'immeubles mal conçus, mal construits, mal placés, cette politique du bulldozer est assez controversée (lire ci-contre). Dans son rapport annuel, la Fondation Abbé-Pierre dénonce ce gâchis, alors que le pays fait face à une crise du logement que plus personne ne conteste: 1,05 million de ménages sont inscrits au fichier des demandeurs HLM, dont 315 000 pour la seule Ile-de-France.-----------------«Pourquoi abattre pour reconstruire plus loin?»http://www.liberation.fr/page.php?Article=277992Des habitants de la Source à Orléans refusent la destruction de leurs immeubles.Par Mourad GUICHARDjeudi 24 février 2005 (Liberation - 06:00)Orléans correspondancen hall propre et lumineux. Des boîtes aux lettres et des ascenseurs tout neufs. Une agréable odeur de parfum d'intérieur. Et, surtout, une solidarité presque palpable. Ici, on ne se croise pas sans se saluer. De l'immeuble principal de dix étages aux deux petites constructions réparties sur quatre niveaux, tout le monde se plaît à prendre des nouvelles de l'autre. Cette ambiance particulière vécue et savamment entretenue par une centaine d'habitants de la Source, quartier populaire et excentré d'Orléans, aurait pourtant vocation à disparaître.Pétition. La raison ? Un grand projet de ville (GPV) intégrant la destruction de ces trois immeubles et la reconstruction à quelques encablures de là de nouveaux bâtiments. «Nous avons appris par un courrier de l'élu de la Confédération nationale du logement (CNL) au conseil d'administration de notre bailleur social Pierres et Lumières que nos bâtiments allaient être détruits. Ceci sans la moindre concertation, ni la plus petite information. Je trouve ça gonflé !», s'indigne Sylvie Larousse, 39 ans, assistante maternelle, résidente de la tour Bossuet depuis 1988. Une pétition exigeant le retrait du projet a déjà recueilli 90 signatures sur les 105 foyers recensés et le soutien des commerçants alentour. «On ne va pas déménager à nos âges. Nous avons des habitudes ici et des souvenirs. Pourquoi abattre un immeuble pour le reconstruire un peu plus loin ? C'est ridicule», proteste Andrée Hel (69 ans), retraitée. Pour Dominique Larousse, l'époux de Sylvie, les raisons qui poussent Pierres et Lumières à détruire son cadre de vie sont simples : «C'est pour le fric.» Michel Ricoud, responsable local de la CNL, explique : «Pierres et Lumières, outre les aides qu'elle peut percevoir dans le cadre du GPV, serait exonérée de la taxe foncière sur les propriétés bâties... pendant vingt-cinq ans !»«Raté». Le bailleur, lui, se contente d'enregistrer poliment les remarques des locataires. Dans un communiqué de presse, la responsable de l'agence locale assure que l'opération ne se fera pas sans «concertation». Michel Languerre, conseiller municipal délégué au GPV, explique qu'il y a un «raté» dans la «communication»: «Nous avons émis le souhait que Pierres et Lumières corrige le tir, qu'elle prenne au moins l'avis des habitants», rappelle l'élu. Et de confier en aparté : «Personnellement, je ne suis pas favorable à ces destructions.»Permis. Soutien inespéré pour les locataires, car, sans permis de démolir délivré par la ville, le bailleur social ne pourra pas procéder à la destruction des trois édifices. Le devenir des immeubles Bossuet et du GPV en général est suivi avec grand intérêt par Jean-Pierre Sueur, ancien maire d'Orléans, sénateur (PS) et surtout auteur du rapport «Demain, la ville» remis, en 1998, à Martine Aubry alors ministre de la Solidarité : «Cette situation prouve que ce GPV n'est pas porteur d'un grand projet. Il fonctionne de manière erratique. J'ai récemment questionné le ministre Borloo sur cette question: pourquoi mettre de l'argent dans la destruction d'immeubles tout à fait vivables, tandis que d'autres grands ensembles attendent des financements?»-----------------------Néo-pavillonismehttp://www.liberation.fr/page.php?Article=277993Par Gérard DUPUYjeudi 24 février 2005 (Liberation - 06:00)e dynamitage des premières tours a eu valeur de révision déchirante pour l'urbanisme social français. Une utopie qu'on pouvait faire remonter à Le Corbusier s'effondrait dans les gravats de béton, victime d'un constat simple. Ces bâtiments étaient aussi invivables pour leurs habitants que dissuasifs pour les autres. Depuis, l'implosion de HLM décatis est devenue presque aussi routinière que l'avait été leur construction. Un quart de siècle de politique de la ville menée en grande urgence n'a apporté aucune doctrine de substitution. Quelques ravaudages, parfois bienvenus, peu d'imagination. La dialectique de la dynamite et du pavillon casse la baraque. Avec ses maisons à 100 000 euros, Borloo vogue au fil de l'eau.Pourtant, la faillite de l'urbanisme moderne, ce n'est pas les tours, mais ce qu'il y a autour (ou ce qu'il n'y a pas: équipements et commerces). L'interminable mitage du territoire périurbain (et désormais péripériurbain) par des maisons individuelles est sans doute le signe le plus regrettable de l'américanisation de la société française. Mais la politique de la fuite de la ville, monstruosité environnementale, horrible gaspillage d'espace et d'énergie, est suffisamment plébiscitée pour assurer la popularité de ceux qui s'entendent à la faire mousser, même quand ils savent au fond d'eux-mêmes que le vrai problème serait de reconstruire des villes en ville et non de les exporter chez les scarabées. Le néopavillonisme à l'enseigne d'une France de petits propriétaires est le revers inévitable de la gentryfication galopante des centres-ville. Faut-il s'étonner de voir Raffarin et ses ministres s'en faire les chantres?-----------A savoirhttp://www.liberation.fr/page.php?Article=277994jeudi 24 février 2005 (Liberation - 06:00)Des aides à la propriétéLoi LoucheurVotée en 1928, la loi Loucheur vise à permettre à 500.000 familles d'accéder à la propriété. Les maisons sont standardisées et leur fabrication industrialisée en grande série. C'est la première production de masse de maisons populaires.CastorsNé avant guerre, développé à partir des années 50, le mouvement des Castors regroupe des familles qui pratiquent l'autoconstruction coopérative. Le travail est une forme d'apport personnel. Regroupées en cités, ces maisons sont fondées sur un projet communautaire.ChalandonnettesEn 1969, Albin Chalandon, ministre de l'Urbanisme, lance un vaste programme de maisons individuelles. Les «chalandonnettes» sont marquées par des malfaçons, mais lancent l'accession à la propriété de masse appuyée sur le plan épargne-logement.Maison PhénixL'explosion de la maison individuelle démarre dans les années 70 avec la célèbre maison Phénix, du nom d'un constructeur. Tous les éléments sont préfabriqués. PTZ (Prêt à taux zéro) est destiné aux accédants à la propriété. Une partie de l'argent est fournie sous forme de prêt à 0% d'intérêt par un organisme bancaire. Son montant varie de 8.200 à 32.500 euros, selon les revenus, la composition du foyer et la zone de résidence. L'accédant rembourse le capital, l'Etat prend en charge les intérêts.1.043.000 ménagessont inscrits au fichier des demandeurs de HLM en France. La demande a fortement augmenté au cours des huit dernières années (855.000 en 1996). Faute de trouver à se loger à des prix abordables dans le privé, de nombreux foyers se tournent vers le logement social. En Ile-de-France, on compte 315.000 demandeurs, dont plus de 100.000 à Paris
ARTICLE LE MONDE
La maison à 100 000 euros souhaitée par M. Borloo suscite le scepticisme
LEMONDE.FR | 24.02.05 | 09h58
Dans le cadre de son plan de réhabilitation des cités, Jean-Louis Borloo prévoit pour les ménages les plus modestes des mesures leur permettant d'acquérir un pavillon pour 100 000 euros "tout compris".
"Nous préparons avec Marc-Philippe Daubresse [ministre délégué au logement] une loi pour faciliter l'accession à la propriété, au travers d'avantages particuliers sur la TVA, le coût du terrain, la simplification des procédures. OAS_AD('Middle');
..", a déclaré le ministre de la cohésion sociale dans un entretien au Parisien de mercredi 23 février.
"Au-delà, des élus locaux, dont le maire de Montereau, Yves Jego, travaillent sur un produit auquel je crois beaucoup : un projet de maison à 100 000 euros tout compris", précise-t-il. Le ministre ajoute que le Crédit foncier est associé à ce projet et qu'il est encore trop tôt "pour préciser les détails". "Nous en reparlerons dans deux mois", précise-t-il.
L'accession à la propriété est en effet devenue de plus en plus difficile pour les ménages modestes, ainsi que les classes moyennes, avec la flambée des prix de l'immobilier, qui ont grimpé de près de 70 % depuis 1998.
Si l'on suppose que le terrain est mis à disposition par les communes, comme c'est le cas à Montereau (Seine-et-Marne) où aura lieu la première expérience, "cette maison n'est pas forcément donnée", a jugé, mercredi, Christian Louis-Victor, le président de l'Union nationale des constructeurs de maisons individuelles (UNCMI), interrogé par l'AFP. "Si elle fait 70 mètres carrés et qu'on la vend 100 000 euros, je trouve que c'est plutôt cher", a-t-il poursuivi en référence au prix moyen des maisons en France. En 2004, selon les statistiques de l'UNCMI, une maison de 107 mètres carrés était vendue 100 000 euros, hors prix du terrain.
"EFFETS D'ANNONCE"
Paul-Louis Marty, délégué général de l'Union sociale de l'habitat (USH), qui fédère l'ensemble des organismes HLM, "demande à voir" et met en garde contre "les effets d'annonce". "On se méfie, notamment vis-à-vis de nos locataires, de ne pas susciter des espoirs qui seraient déçus, et d'envoyer des familles fragiles vers l'accession à la propriété", a-t-il commenté.
Par ailleurs, s'interroge M. Marty, ce projet, tel qu'il est présenté pour le moment, sollicitera encore les collectivités locales. "A propos du renouvellement urbain, de la relance de la construction, de la réhabilitation des logements, on sollicite de plus en plus les collectivités, je ne sais pas jusqu'où elles peuvent aller", a-t-il dit. "Des maisons à 100 000 euros, ça fait un moment qu'on en fait, cela dépend où", a-t-il ajouté.
Le Parti socialiste a qualifié ce projet de "proposition démagogique sans réel contenu", le taxant de "promotion publicitaire" plutôt que de "projet urbain cohérent d'aide à ceux qui cherchent à se loger". La Confédération nationale du logement (CNL) a jugé que ce projet relevait de la "démagogie".
Avec AFP
ARTICLE LCI La maison à 100 000 euros
Renault propose une voiture à 7500 euros, Jean-Louis Borloo, une maison à 100.000 euros. Dans une interview au Parisien, le ministre de la Cohésion sociale dévoile un projet destiné à favoriser l'accession à la propriété des ménages les plus modestes.
Mis en ligne le 23 février 2005
Le ministre de la Cohésion sociale Jean-Louis Borloo a dévoilé un projet de "maison à 100.000 euros tout compris" destinée à 60% des ménages les moins riches, dans une interview à Aujourd'hui en France/Le Parisien publiée mercredi. "Des élus locaux dont le maire de Montereau-Fault-Yonne en Seine-et-Marne Yves Jego, travaillent sur un produit auquel je crois beaucoup : un projet de maison à 100.000 euros tout compris", frais de notaire inclus, a déclaré le ministre.
"Une loi pour faciliter l'accession à la propriété, au travers d'avantages particuliers sur la TVA, le coût du terrain, la simplification des procédures", est en préparation avec le ministre délégué au Logement Marc-Philippe Daubresse. Selon le quotidien, "moyennant un très faible apport et des remboursements de 500 euros par mois sur vingt ans, les locataires de HLM notamment pourraient devenir propriétaires d'une maison de 70 à 90 m²". Les pavillons disposeront d'un séjour, un salon, une cuisine, trois chambres et une place de parking. Pourront en bénéficier les ménages ayant droit à un logement social du fait de leurs faibles ressources (31 000 euros pour un couple avec deux enfants en région parisienne par exemple).
"Plutôt cher"
Les services du ministère de la Cohésion sociale, le Crédit Foncier et Yves Jego "finalisent ce projet", selon le ministre. "Le projet sera détaillé d'ici à deux mois dans sa dimension nationale", selon Le Parisien. Jean-Louis Borloo devait présenter ce plan en conseil des ministres mercredi et faire un premier bilan de son plan de rénovationurbaine lancé en 2003.
"Si elle fait 70 mètres carrés et qu'on la vend 100.000 euros, je trouve que c'est plutôt cher", a indiqué Christian Louis-Victor, président de l'Union nationale des constructeurs de maisons individuelles (UNCMI). "En 2004, les 200.000 personnes qui ont acheté une maison individuelle via ma fédération en France ont payé 100.000 euros pour une maison de 107 mètres carrés", fait-il remarquer. La porte-parole du Parti socialiste Annick Lepetit, a qualifié le projet de "proposition démagogique sans réél contenu".
ARTICLE BATI-ACTU
Borloo, promoteur de la maison à 100.000 euros
En visite avec Jean-Pierre Raffarin dans un quartier de Montereau (Seine-et-Marne) symbole de la politique de rénovation urbaine du gouvernement, le ministre de la Cohésion sociale Jean-Louis Borloo, a dévoilé le principe de "maisons à 100.000 euros tout compris". Détails de cette initiative locale qui pourrait faire école.
Cela pourrait ressembler à un nouvel effet dannonce, mais cette "maison à 100.000 euros" est bel est bien une réalité. Certes, comme le fait remarquer le président de l'Union nationale des constructeurs de maisons individuelles (UNCMI), Christian Louis-Victor, elle existe déjà pour bon nombre de Français qui choisissent de construire en zone rurale. "En 2004, les 200.000 personnes qui ont acheté une maison individuelle via ma fédération en France ont payé 100.000 euros pour une maison de 107 mètres carrés" , fait-il remarquer.
En revanche, proposer une maison individuelle à ce prix en zone urbaine, relève de lexploit... ou dune volonté politique forte. Cest incontestablement ce dernier facteur qui est le moteur le lopération présentée à Montereau-Fault-Yonne, la mairie cédant symboliquement le foncier, soit une part très importante du budget.
Publicité
Depuis son arrivée à la mairie de cette commune de 17.000 habitants, Yves Jego tente de réparer les erreurs urbanistiques du passé, la ville étant véritablement séparée en deux, avec une partie basse historique et résidentielle, et une partie haute crée sur un plateau en 1958 pour désengorger Paris. Appelée Surville, cette ancienne ZUP a expérimenté tous les labels imaginés par les différents ministres de la Ville - HVS, Contrat de Ville, ZFU, ZUS, ORU... sans succès. "Vivre à Surville était devenu une sanction" explique Yves Jego.
Aujourdhui, Yves Jego, dont les administrés sont logés à 74% dans le parc social, se pose en poisson pilote du programme national de rénovation urbaine lancé lannée dernière par Jean-Louis Borloo et qui sétend jusquen 2011. "Il me semble que le vrai critère de réussite dune politique sociale dans le domaine du logement ne devrait pas être seulement le nombre de logements HLM construit chaque année mais aussi et peut être surtout le nombre de familles que lon a réussi à extraire du parc social !" a-t-il déclaré en accueillant le Premier ministre et le ministre de la Cohésion sociale.
Yves Jego a profité de l'évènement pour présenter son projet en cours de "maison à 100.000 euros". "Un produit auquel je crois beaucoup" a déclaré Jean-Louis Borloo.
Cette formule originale daccession à la propriété est destinée à 60% des ménages les moins riches. "Il sagit dune maison individuelle qui peut prendre plusieurs formes architecturales des plus traditionnelles aux plus modernes, construite en matériaux durables, 80m2 de surface habitable, 250 m2 de terrain, un apport personnel symbolique, un budget total de 100 000 Euros tout compris avec un remboursement de prêt sur 17 ans pour moins de 500 euros par mois" a expliqué Yves Jego.
Seuls les ménages se trouvant sous le plafond de ressources donnant droit à un logement social pourront prétendre à lachat de cette maison, soit 31.000 euros en Ile-de-France pour un couple avec deux enfants.
Bien sûr, la maison ne pourra pas être revendue à un prix supérieur à 100.000 euros pendant toute la durée du prêt (qui pourra aller jusquà 20 ans) et le terrain devrait rester propriété de la commune.
Le programme, appelé Les Rougeaux, verra le jour dans la partie haute de la ville. Il sera divisé en trois parcelles mêlant du logement social locatif en R+3, de laccession sociale à la propriété avec une cinquantaine de maisons individuelles réalisées par la coopérative HLM Terralia (groupe Essia) et une autre cinquantaine de maisons en promotion privée dont lopération sera conduite par Maisons Pierre, premier constructeur de maisons individuelles en Ile-de-France.
Les maisons proposées disposeront dune surface habitable comprise entre 70 et 90 m2, avec séjour, cuisine, salon et trois chambres.
Réalisée en matériaux traditionnels, elles devraient répondre à certains critères HQE. "On peut faire du beau, tout en restant dans des budgets raisonnables" déclare François Mailier, président de Confluence Habitat lOPHLM de Montereau. Cest ainsi que dautres projets similaires sont en cours dans le quartier, mais en maisons à ossature bois. Cest notamment le cas du Clos des Orchidées (25 maisons en ossature bois) ou des Rosiers (108 maisons avec base en traditionnel et étage en ossature bois). "Chaque maison aura sa propre teinte en façade, mais aussi au niveau des tuiles. Dans les cours, nous allons planter des arbres fruitiers" explique François Mailier. "Encore une fois, le budget de ces opérations est tout à fait raisonnable. Pour les Rosiers, le coût de construction sélève à 9,7 millions deuros et 11,8 millions avec les voiries" précise-t-il.
Comme à Corbeil-Essonne, ville dont lindustriel Serge Dassault est le maire, Montereau multiplie les expériences sous loeil bienveillant de Jean-Louis Borloo. Mais ces projets sont encore embryonnaires et les professionnels - qui attendent des détails - redoutent "un effet d'annonce".
Après que le ministre de la Cohésion sociale Jean-Louis Borloo ait dévoilé le principe de ces "maisons à 100.000 euros tout compris" dans le Parisien de mercredi 23 février, ces services se sont empressés de préciser quil ne s'agissait pas d'une "annonce nationale". Des discussions ont actuellement lieu avec le Crédit Foncier pour monter un tel projet et les communes seraient sollicitées du point de vue foncier a expliqué le ministre. "Mais le projet n'est pas encore ficelé, notamment financièrement, il y a encore deux mois de travail" explique-t-on à son cabinet.
Jean-Philippe Defawe
( 23/02/2005 )