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L'équipe de Cap 21 Pays de la Loire, vous souhaite la bienvenue sur son blog. Lancé en décembre 2004, ce blog est au service de ceux qui recherchent des articles d'information sur les sujets abordant les enjeux de santé-environnement, protection de la nature, qualité de la vie, transport, urbanisme, vie politique de la région, etc, dans une posture d'ouverture du local à l' international. Sur un même sujet, vous pouvez trouver des avis divergents, c'est fait exprès, - la source est toujours indiquée en bas de l'article -. Outre ces informations, vous trouvez nos opinions à travers nos interventions, communiqués et aussi sur le mot du jour "Contre-pente". Depuis le 11 mars 2007, à l'occasion des élections présidentielles, CAP 21 rallié résolument François Bayrou. Son score en Anjou a été magnifique (+ 23 %). Le futur MoDem, qui sera officiellement et statutaire les 1er ou 2 décembre, rassemble des hommes et des femmes venus de l'UDF, de CAP 21 et beaucoup de nouveaux militants en politique. Les 535 candidats aux législatives ont permis de confirmer l'émergence de ce nouveau parti, différent, rassembleur, troisième force politique, qui a montré sa force aux législatives, qui doit concrétiser aux prochines élections, cantonales et municipales.

Bernadette Caillard-Humeau, Conseillère municipale d'Angers, Déléguée d'Angers Loire Métropole

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Mardi 29 janvier 2008
Grenelle : 44 mesures concrètes pour le bâtiment Le comité propose la création d’un taux à prêt zéro pour encourager les travaux de rénovation thermiques les plus lourds. © Morguefile Créer un prêt à taux zéro pour encourager les lourds travaux de rénovation énergétique des habitats, taxer les consommations des bâtiments tertiaires, améliorer les diagnostics de performance énergétiques (DPE)…Voici quelques unes des 44 mesures proposées par le comité opérationnel sur la « rénovation des bâtiments existants », l’un des 33 comités chargés de traduire en actions concrètes les promesses du Grenelle de l’environnement. Le comité opérationnel « rénovation des bâtiments existants », l’un des 33 comités chargés de traduire en mesures concrètes les engagements du « Grenelle », a remis le 7 janvier un rapport d’étape au ministre de l’écologie Jean-Louis Borloo. Afin de réduire de 12 % la consommation d’énergie des bâtiments d’ici à 2012, et de 38 % à l’horizon 2020, le rapport préconise 44 mesures qui devraient intégrer les projets de loi d’orientation « Grenelle 1 » et « Grenelle 2 » qui seront présentés au Parlement en cours d’année. La ligne directrice de ces mesures est résumée en préambule par la formule : « aider, puis contraindre ». Selon les experts réunis sous l’autorité de Philippe Pelletier, président de l’Agence nationale pour l’amélioration du logement (Anah), la rénovation thermique des bâtiments doit en effet être incitative jusqu’en 2012, puis impérative au-delà de cette date. En matière d’encouragement, la principale mesure proposée est la création d’un éco-prêt à taux zéro pour financer les réhabilitations lourdes. Assuré par les banques, elles-mêmes soutenues par l’Etat, il concernerait les travaux d’isolation (toit, murs, sols), le remplacement des fenêtres ou du chauffage, et éventuellement l’installation d’équipements d’énergie renouvelables. Pour que ce prêt à taux nul pour l’emprunteur (propriétaire occupant ou bailleur) soit efficace, il « doit être élevé, voire non plafonné (…) La durée de l’emprunt doit être longue et correspondre aux temps de retour prévisionnels d’amortissement des travaux à réaliser, soit 10 à 15 ans. » Harmoniser les DPE Cet éco-prêt « complètera le dispositif actuel de prêts attaché au Livret développement durable (LDD), bien adapté aux travaux de rénovations légères. » L’octroi de cette aide serait conditionné à des critères de performance énergétique solidement établis, comme pourraient l’être les Diagnostics de performance énergétiques (DPE) une fois améliorés et enrichis. Classant la consommation énergétique des bâtiments selon un code couleur qui va du vert (les plus performants) au rouge (les moins performants), le DPE doit, depuis novembre 2006, être fournit par le vendeur d’un bâtiment à son acquéreur. Depuis le 1er juillet 2007, il doit également accompagner chaque contrat de location et chaque demande de permis de construire. Or, à ce jour, la réalisation des DPE par les diagnostiqueurs repose sur des méthodologies diverses et variées et ne constitue pas un bilan thermique exhaustif du logement. D’où, selon le comité opérationnel, la nécessité d’élaborer « une méthode conventionnelle standardisée et fiable applicable à l’ensemble des bâtiments. » Le comité fait également des propositions pour réduire la consommation d’énergie des bâtiments tertiaires. Il préconise notamment la mise en place d’un système de « taxation des consommations d’énergie des bâtiments, et d’exonération de cette taxe pour ceux qui s’engagent dans des actions fortes d’amélioration de l’efficacité énergétique. » Quand aux mesures relatives à l’obligation de rénovation énergétique après 2012, elles feront l’objet des discussions du comité opérationnel lors des six prochains mois. 14 janvier 2008, William Bolle JOURNAL DU DEVELOPPEMENT DURABLE
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Samedi 5 janvier 2008
Les éco-quartiers peinent à sortir de terre Les élus comme leurs administrés réclament des « quartiers durables » économes en énergie dans lesquels ils peuvent se déplacer à vélo ou en transports en commun. Mais les uns comme les autres se heurtent à leurs propres contradictions. Il est souvent difficile de passer de la réflexion aux actes, même lorsqu’on est maire. Et surtout en matière de développement durable, un concept très populaire, mais encore flou. Selon une étude de l’institut TNS-Sofres réalisée pour le compte de Bouygues immobilier, 99% des maires de communes de plus de 8 000 habitants considèrent que le développement durable « aura demain une place importante » dans leur ville. Mais 74% des mêmes pensent « ne pas savoir ce qu’est un quartier durable ». Présenté le 3 décembre dernier, dans le cadre d’un débat organisé par l’Observatoire de la ville, qui réunit des universitaires et des acteurs de l’aménagement urbain, ce sondage traduit l’hésitation des élus, mais aussi celle de leurs administrés ou des aménageurs. « Certains architectes se mettent à refuser la contrainte du développement durable lorsqu’elle bride leur imagination », indique François de Mazières, président de la Cité de l’architecture et du patrimoine, inaugurée en septembre dernier à Paris. « Le sujet des quartiers durables commence à porter à controverse », observe pour sa part François Bertière, PDG de Bouygues immobilier, principal sponsor de l’Observatoire de la ville. Si le concept est associé, dans l’esprit des élus, aux notions d’écologie, d’innovation, de convivialité ou de performance, 37% des maires le considèrent aussi comme « coûteux ». « Cette question se pose », reconnaît Brice Teinturier, de TNS Sofres. « Mais ce n’est pas le principal frein, puisque 33% des élus, contre 17%, estiment que ces opérations entraînent plus de bénéfices que de coûts ». Pour le responsable de l’institut de sondage, « l’obstacle le plus important concerne le périmètre de réflexion ». Ainsi, 63% des élus interrogés estiment que l’agglomération constitue la bonne échelle de réflexion en matière de quartier durable, contre seulement 20% qui jugent que c’est la commune. L’Observatoire de la ville propose d’ailleurs, annonce Alain Sallez, universitaire retraité et président de l’institution, « la transformation des communautés urbaines et d’agglomération en collectivités locales de plein exercice, élues au suffrage universel direct, avant 2014 ». Casernes réhabilitées Plusieurs projets de quartiers durables sont en cours de réalisation. Ainsi, à Grenoble, la mairie réhabilite la caserne de Bonne, située en plein centre, pour en faire un ensemble comprenant 850 logements, des équipements et des activités économiques. Il s’agit d’un véritable « morceau de ville » à aménager, précise-t-on au conseil municipal. A Angers, c’est également une caserne, située à dix minutes à pied du centre-ville, que la municipalité socialiste veut transformer en quartier durable. « Nous avons racheté les terrains en 1999. Le concept est celui d’un parc habité conçu en collaboration avec les habitants, car un quartier durable, c’est d’abord vivant », explique Monique Pirotais, adjointe chargée de l’urbanisme. Le quartier prendra sa forme définitive en 2012. A Narbonne, le maire (UMP) Michel Moynier défend le quartier du théâtre, qui devra, à terme, « présenter un bilan d’émissions de CO2 neutre ». Le tri sélectif, l’isolement des bâtiments, une circulation non polluante et la mise en place de sources d’énergie renouvelable font partie du programme. Les éco-quartiers « s’intègrent généralement dans des projets plus vastes », observe la sociologue Jacotte Bobroff. Ainsi, à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), l’agglomération transforme l’ancien site des usines Kodak, qui a fermé ses portes en 2005, en pépinière d’entreprises entourée de petits immeubles d’habitation. L’ensemble, situé à proximité du centre-ville, contribue à la revalorisation d’un quartier industriel. « Il est nécessaire de disposer d’un foncier bien localisé et non situé au milieu d’un champ de betteraves », commente Jacotte Bobroff. Petites maisons avec jardins Toutefois, les élus qui envisagent les quartiers durables comme un outil à part entière demeurent rares. « Je suis M. Jourdain », affirme ainsi Eric Raoult, député-maire (UMP) du Raincy (Seine-Saint-Denis). « On fait des quartiers durables sans s’en apercevoir, en prenant en compte la démocratie et la proximité », détaille-t-il. « On réalise déjà des quartiers durables sans trop le savoir », corrobore Philippe Laurent, maire (UDF) de Sceaux (Hauts-de-Seine). « Les projets qui aboutissent aujourd’hui ont été conçus il y a dix ans, lorsqu’on a commencé à imposer des techniques de construction et une meilleure utilisation des volumes afin de ne pas gaspiller l’espace », détaille l’élu, qui se heurte à un obstacle tenace, lié à l’activité du secteur de la construction. « Quel que soit le type de quartier, il faut passer des appels d’offre et les réponses sont très peu nombreuses, voire inexistantes. Les entreprises sont débordées et il leur manque 500 000 salariés », précise-t-il. Les habitants eux-mêmes, prompts à célébrer le développement durable dans les discours, adoptent parfois des attitudes contradictoires. Secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet observe depuis le récent « Grenelle », « une demande très forte de respect de l’environnement » chez les Français. Mais ce souhait est parfois confus, note-t-elle. « Vouloir plus d’environnement, c’est parfois vouloir des quartiers plus compacts, mais c’est aussi vouloir un petit jardin ». Or, « tout le monde veut sa petite maison avec jardin, mais tout le monde se plaint d’un paysage où il n’y a plus que des petites maisons avec jardin », poursuit Nathalie Kosciusko-Morizet. La Secrétaire d’Etat, candidate à la mairie de Longjumeau (Essonne), rappelle qu’elle est « l’élue d’une circonscription où l’on voit pousser partout des lotissements qui, du point de vue architectural, apportent peu à ce grand mouvement esthétique qu’est l’architecture contemporaine ». D’ici une quinzaine d’années, ces quartiers pavillonnaires « ne correspondront plus à ce que sera devenue l’économie, moins consommatrice de carbone et peuvent devenir des espaces d’appauvrissement », ajoute-t-elle. Olivier RAZEMON
par echos girondins publié dans : urbanisme architecture logement
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Mercredi 14 novembre 2007
HLM : la rénovation urbaine pourrait accroître la pénurie LE MONDE | 12.11.07 | 14h06 • Mis à jour le 12.11.07 | 14h06 Découvrez le Desk, votre écran de contrôle et de suivi de l'information en temps réel. Abonnez-vous au Monde.fr : 6€ par mois + 30 jours offerts C'est un paradoxe : le programme national de rénovation urbaine, qui prévoit, d'ici à 2013, la reconstruction de 250 000 logements sociaux et la réhabilitation de 400 000 autres, pourrait se solder par une aggravation de la pénurie de HLM en France. Le rapport 2007 de l'Observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus), dont Le Monde a obtenu des éléments et qui doit être rendu public mercredi 14 novembre, montre qu'il sera difficile de reconstituer une offre locative équivalente à celle démolie dans les quartiers définis comme prioritaires depuis la loi du 1er août 2003. Premier enseignement : les financements engagés au 31 décembre 2006 prévoient dix démolitions pour sept reconstructions. Même si ce ratio s'est amélioré par rapport aux années précédentes, il apparaît en contradiction avec la règle du "un pour un" : pour un logement social démoli, un autre doit être construit. Christine Boutin, ministre du logement et de la ville, a redit, le 11 octobre, lors des assises du renouvellement urbain, que cette règle "ne saurait souffrir la moindre exception". "Il ne s'agit pas de stopper les démolitions : c'est souvent la seule solution pour régénérer un quartier dégradé. Il s'agit de garantir la croissance du parc de logement social", ajoutait-elle. DÉCALAGE CHRONOLOGIQUE Concrètement, sur les 157 projets pluriannuels signés fin 2006 par l'Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU), créée pour mettre en oeuvre cet ambitieux programme de remodelage des quartiers sensibles, le budget engagé prévoyait la démolition de 28 500 logements et la reconstruction de 19 800 autres. Cet écart peut s'expliquer par un décalage chronologique : il est nécessaire de démolir d'abord, pour libérer des terrains pour les nouveaux logements. La moitié de l'offre nouvelle environ est ainsi produite sur le même site. L'ANRU promet en outre qu'en 2013, au terme du programme, la reconstitution de l'offre démolie sera quasiment complète, hormis dans les zones en déclin démographique. Néanmoins, même si la règle du "un pour un" était scrupuleusement respectée, des statistiques inédites sur la taille des logements concernés permettent d'affirmer qu'un déficit devrait persister. Ainsi, les démolitions engagées touchent essentiellement des logements de plus de 5 pièces (48 % des démolitions, 10 % des reconstructions). D'un autre côté, les nouveaux logements comportent majoritairement moins de trois pièces (24 % des démolitions, 64 % des reconstructions). Des habitations de taille modeste vont donc se substituer à de grands logements. Même si les besoins des familles évoluent, en raison d'une réduction de leur taille, ce constat pourrait, in fine, se traduire par une aggravation des tensions entre l'offre et la demande de HLM. Le rapport souligne par ailleurs les retards pris par certains projets. Enfin, selon l'Observatoire, qui dépend de la délégation interministérielle à la ville, les 724 communes qui n'atteignent pas le palier de 20 % de logements sociaux fixé par la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU) ont fait quelques efforts en 2006. Leur taux moyen de logements sociaux est passé de 13,17 % en 2003 à 13,72 % en 2006. Cependant, 243 de ces communes n'ont financé aucune construction de HLM l'an passé. Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) reste la commune dont la part de logements sociaux est la plus faible (3,2 %) dans le classement des villes qui comptent plus de 15 000 logements et moins de 10 % d'habitations sociales. Emmanuelle Chevallereau Article paru dans l'édition du 13.11.07. Abonnez-vous au Monde à -60%
par article du journal Le Monde publié dans : urbanisme architecture logement
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Samedi 15 septembre 2007
Paru dans l' édition du samedi 15 septembre 2007 À Saumur, les boues produisent de l'énergie La nouvelle station d'épuration de Saumur reçoit, chaque jour, 5 000 m3 d'eaux usées. C'est une première en France. Le traitement novateur des boues permet d'alimenter la chaudière de la station d'épuration. Avec sa nouvelle station d'épuration, Saumur est devenu le bon élève de la classe environnement. Il faut dire que l'ancienne installation, ouverte dans les années 1970 était obsolète, ne traitant ni l'azote, ni le phosphore. Elle était non conforme avec la directive européenne sur les eaux résiduaires urbaines et une mise en demeure avait même été effectuée en 2003. « Notre territoire saumurois est d'une grande richesse et notre préoccupation pour l'environnement est au coeur de nos politiques, souligne Jean-Michel Marchand, président de la communauté d'agglomération et maire de Saumur. C'est pour préserver ce patrimoine exceptionnel, argument majeur de l'inscription du Val de Loire au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco, que nous avons choisi une installation de traitement des eaux de dernière génération. » L'eau traitée rejoint la Loire La communauté d'agglomération (30 000 habitants) a volontairement vu large en prévoyant une station pour 62 000 habitants. Il en coûte 16,5 millions d'euros, dont une aide 5,2 millions d'euros de l'agence de l'eau Loire-Bretagne. Cette station traite à la fois les eaux usées des habitants et des industriels ou celles des viticulteurs, soit 5 000 m3 par jour pour l'ensemble. À leur arrivée, les eaux sont soumises à prétraitement. Les sables décantent au fond du site de stockage, tandis que les graisses en suspension sont raclées, puis envoyées vers un traitement spécifique. Les autres matières -on compte 5 000 fosses septiques individuelles dans l'agglomération- sont, également, traitées sur le site. Le traitement biologique s'effectue dans deux bassins pour l'aération des effluents et la création de conditions adaptées au développement de la flore bactérienne. Deux autres bassins permettent la décantation des boues. Après analyse, l'eau traitée rejoint la Loire. Les boues font l'objet d'un traitement particulier et novateur baptisé Thélys. Il est, pour l'instant, unique en France. Deux centrifugeuses réduisent d'abord les volumes. Les boues sont ensuite chauffées à haute pression et haute température afin d'augmenter la quantité de matière organique biodégradable. Puis, c'est la phase de dégradation de la matière organique et la production de bio gaz qui permet l'alimentation de la chaudière vapeur et le chauffage des bâtiments. « Cela représente 14 % de l'électricité consommée sur le site », souligne Olivier Pécaud de la communauté d'agglomération. Au dernier stade de l'opération, les boues digérées sont à nouveau déshydratées, puis stockées dans un silo. Elles sont utilisées en agriculture dans le cadre d'un plan d'épandage. Francis SALAÜN.
par ARTICLE du quotidien Ouest France publié dans : urbanisme architecture logement
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Samedi 15 septembre 2007
Bretagne Paru dans l' édition du samedi 15 septembre 2007 À Langouet, les habitants voient la vie en vert Le premier lotissement écologique de Langouët est presque terminé. Le deuxième est dans les têtes et devrait être réalisé beaucoup plus rapidement avec l'aide d'un opérateur. : Ouest-France Des bâtiments communaux capables de fonctionner en autonomie énergétique. Un lotissement de briques et de bois. Mais dans quel village vit-on ? « Pourquoi ne mettez-vous pas un peu d'anti-mousse ? Ça éviterait un nettoyage annuel du toit. » Malheur ! On ne dit pas ces choses-là à Langouet. Ce village à 20 minutes au nord de Rennes inaugure ce samedi sa mairie et son lotissement écolo. Seulement, au premier coup d'oeil, difficile de dire que ce village de plus de 600 habitants est différent des autres. Changer les mentalités n'est pas chose simple. Daniel Cueff, le maire, en sait quelque chose : « On nous prenait pour des fous. » Il a pourtant bien la tête sur les épaules cet utopiste convaincu, maître de conférences à Rennes 1 et directeur d'une ONG franco-polonaise. Il vient de passer ses six dernières années à faire de Langouët un exemple de développement durable. Samedi, la commune inaugure un lotissement écologique et une nouvelle mairie. Des nouveautés qui s'ajoutent à la déjà célèbre école écologique et sa cantine bio. Chaque semaine, un à deux cars d'élus, passent dans la commune pour visiter ! « Abandonner le parpaing » Entre la chaudière à bois, les panneaux solaires, le système de ventilation naturelle, l'utilisation au mieux de la lumière extérieure... les bâtiments communaux devraient fonctionner en autonomie énergétique dès cet hiver. « Nous démontrons que la démarche environnementale nous fait faire des économies, y compris dans la construction », explique le maire. Les bâtiments, d'une sobriété rare ne demandent pas des matériaux coûteux et des temps d'installation trop longs. Il y aura toujours des architectes pour critiquer leurs formes cubiques. Mais qui doit s'adapter à qui, après tout ? Daniel Cueff compte sur la législation pour faire plier les plus récalcitrants : « Le jour où les entrepreneurs n'auront plus le droit de faire du parpaing, ils s'adapteront. » En attendant, le lotissement écologique de onze lots a mis six ans à sortir de terre : « Nous n'avions pas d'opérateurs immobiliers avec nous. Il a fallu tout faire nous-mêmes. » Tout doucement, les élus de Langouët et de Bazouges-sous-Hédé sont récompensés de leurs efforts. « Nous allons lancer notre deuxième lotissement écologique. En deux ans, il sera terminé. Habitation familiale de Rennes a décidé de baser sa culture d'entreprise sur l'écologie. » D'ailleurs, Daniel Cueff est optimiste : « Nous faisons partie de l'association Bretagne rurale, rurbaine et développement durable. Quarante collectivités de la région y adhèrent. Nous serons une centaine bientôt. » Les communes sont responsables de 30 % des commandes publiques : « Si elles s'y mettent vraiment, elles sont de nature à modifier les conditions du marché », espère Daniel Cueff. Alexandra BOURCIER. Pratique. Le Forum de l'habitat sain a lieu samedi 15 septembre à Bazouges-sous-Hédé, à partir de 10 heures Dans ce cadre, la commune de Langouet inaugure un pôle de l'économie sociale et solidaire, le lotissement écologique « Prairie madame » et la nouvelle mairie, à partir de 11 heures.
par article du quotidien Ouest France publié dans : urbanisme architecture logement
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Dimanche 6 mai 2007
Lyon se réconcilie avec son fleuve en réaménageant les quais du Rhône LE MONDE | 05.05.07 | 14h30 • Mis à jour le 05.05.07 | 14h30 Lyon, correspondante régionale A 9 heures par e-mail, recevez les titres du journal à paraître l'après-midi. Abonnez-vous au Monde.fr : 6€ par mois + 30 jours offerts ne grande prairie a poussé sous les pavés. Coquelicots, iris, anémones, myosotis, bleuets fleurissent en plein coeur de Lyon depuis le début du printemps. Après vingt mois de travaux, Lyon va inaugurer, le 9 mai, l'aménagement des berges du Rhône, qui, depuis les années 1950, avaient été transformées en parking en plein air : 1 600 places de stationnement, en partie gratuites. Long de cinq kilomètres, ce nouveau parc urbain de 10 hectares reliera les deux poumons de Lyon : le parc de Gerland, au sud de la ville, et le parc de la Tête d'or, au nord. Sans attendre, les Lyonnais se sont approprié l'espace. Les bicyclettes, rollers, promeneurs y déambulent au fil de l'eau, chaque jour, à l'écart de la circulation automobile. Les péniches-restaurants ont commencé à déployer leurs terrasses et leurs transats. Pourtant, l'aménagement du site ne sera totalement achevé qu'en octobre. Il a été confié en 2003 au cabinet d'architectes et paysagistes In Situ, mais la mairie a souhaité privilégier la concertation avec les habitants. Pendant plus d'un an, le maître d'oeuvre a dû corriger, amender son projet pour répondre aux doléances des Lyonnais. Au final, les concepteurs proposent un aménagement moins minéral que leurs premières esquisses, à la fois respectueux de la nature, écologique et convivial. "Nous avons voulu "renaturer" ce site", explique l'adjoint (Vert) à l'urbanisme en charge du dossier, Gilles Buna. L'espace relativement étroit - 7 mètres dans sa partie la plus resserrée, 30 à 40 mètres dans sa plus grande largeur - a été partagé en bandes : une allée en bois au bord de l'eau, le long des péniches, un ruban un peu granuleux pour les piétons, un autre, plus lisse, pour les cyclistes et les rollers. 350 arbres ont été plantés, ainsi que 6 000 m2 de pelouse. "Ce site est à la fois un parc, un port avec ses bateaux de croisière, ses péniches commerciales ou d'habitation, et une promenade, explique Annie Tardivon, architecte, chef de projet. Nous avons voulu réaliser un parcours en forme de tressage, avec des bandes qui se séparent puis se rejoignent, à l'image de la courbe du fleuve." Tout au long du parcours, ont été installés des terrains de sport (foot, volley, basket, boules, skate), des parcours de santé, des aires de jeux pour les enfants et de repos pour les adultes. Le tout multipliant les fonctionnalités du site. Devant la piscine du Rhône, implantée le long du fleuve à proximité des universités, le cheminement en béton a été doublé d'une "estocade" sur pilotis et recouvert d'un plancher en chêne, tandis que les murs de séparation avec la piscine ont été recouverts de plantes grimpantes. Ce qui donne l'illusion au promeneur de marcher sur l'eau, et l'impression étrange d'être à la fois dans la ville et en dehors. La difficulté du projet consistait à prendre en compte les crues violentes et soudaines du Rhône. "Il fallait dresser le moins d'obstacles physiques possible", indique Gilles Buna. Les paysagistes ont sélectionné une végétation résistante aux crues mais aussi au piétinement des promeneurs. L'accent a été mis sur le développement durable : le bassin d'eau près du quartier de la Guillotière est par exemple alimenté par les eaux provenant d'un parking adjacent. Vers le parc de la Tête d'or, le parcours, constitué de petites îles habitées par des castors, a été laissé presque à l'état sauvage. La rénovation des bas-ports a conduit à d'autres modifications au-dessus des quais : deux parkings souterrains ont été construits pour limiter la grogne des riverains propriétaires de voitures, permettant ainsi l'aménagement de deux places, libérées elles aussi des voitures. Ce chantier des berges, dont le coût s'élève à 44 millions d'euros, est le projet majeur du maire socialiste de Lyon, Gérard Collomb. La réconciliation de la ville avec le Rhône et la Saône avait été évoquée pendant des années par les différents candidats à la mairie, mais toujours différée. Depuis plus d'un siècle, Lyon tournait le dos à ses deux fleuves, qui façonnent pourtant son identité. Pour Gérard Collomb, qui enviait l'opération Paris-Plage, lancée par son alter ego parisien, Bertrand Delanoë, ce projet est un peu une revanche : "A Lyon, ce sera la plage toute l'année", avait-il ironisé. Sophie Landrin Article paru dans l'édition du 06.05.07.
par article du journal Le Monde publié dans : urbanisme architecture logement
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Mercredi 25 avril 2007
Boomtown Bangalore LE MONDE | 25.04.07 | 14h53 ? Mis à jour le 25.04.07 | 14h53 Réagissez aux articles que vous venez de lire. Abonnez-vous au Monde.fr : 6? par mois + 30 jours offerts Ne vous méprenez pas : lorsque, à Bangalore, on vous parle de B2B, ce n'est pas de Business to Business, fonction commerciale de l'Internet inventée dans la Silicon Valley au siècle dernier, qu'il s'agit. B2B (prononcer : bi-tou-bi), ici, cela veut dire Back to Bangalore. Et les B2B, ce sont les ingénieurs, informaticiens et autres professionnels indiens émigrés aux Etats-Unis, qui aujourd'hui reviennent, fiers de voir l'Inde aux avant-postes de la mondialisation, confiants dans l'avenir et heureux de pouvoir exercer leurs talents chez eux, près de leurs amis et de leur famille. Dans les années 1990, ils furent si nombreux, ces petits prodiges du logiciel, à faire le succès de l'informatique américaine, qu'il était de bon ton de plaisanter sur l'odeur de curry flottant dans les couloirs de Palo Alto, en Californie. Dix ans plus tard, on ne plaisante plus. A Bangalore, il y a tout sur place : le software et le curry. Pourquoi s'exiler dans les banlieues aseptisées de la Silicon Valley ? Homme d'affaires fraîchement retraité, K. Vasudevan se consacre désormais à cette mission : encourager le mouvement B2B. Il dirige la branche locale de TiE (The Indus Entrepreneurs), association internationale d'entrepreneurs indiens née aux Etats-Unis, et ce qui se passe sous ses yeux l'émerveille. "Ici, c'est la Silicon Valley de l'Inde", assure-t-il, le sourire jusqu'aux oreilles. Aujourd'hui, 40 % des exportations de logiciels indiens viennent de Bangalore, et le secteur enregistre une croissance annuelle de 30 %. Les Indiens expatriés en Californie reviennent, le plus souvent dans les bagages des sociétés américaines qui s'installent à Bangalore, mais aussi, affirme M. Vasudevan, pour créer leurs propres entreprises. Lui-même n'a qu'un regret : "Si j'étais né cinquante ans plus tard, j'aurais pu faire partie de cette révolution." La libéralisation de l'économie indienne, à partir de 1991, a ouvert la voie à "cette révolution". L'irruption de l'Internet dans l'économie mondiale, puis, en 1999, la grande peur du Y2K, le bogue de l'an 2000 qui a contraint les grosses entreprises à chercher des solutions pour protéger leurs systèmes informatiques, ont fourni aux informaticiens indiens un formidable tremplin : c'est à partir de ce moment-là que des entreprises de logiciels indiennes comme Infosys, Wipro et TCS (Tata Consulting Services) ont véritablement décollé à l'échelle mondiale. En quelques années, le boom des centres d'appels a transformé Bangalore en une énorme capitale des services informatiques. Profitant d'une main-d'oeuvre anglophone, qualifiée et fabuleusement bon marché, les grandes entreprises occidentales ont afflué. Aux Etats-Unis, cette délocalisation-là a même reçu un nom : "to be bangalored", pour un salarié de l'Indiana qui a perdu son emploi, c'est "se faire bangaloriser". Lorsque d'autres pays, les Philippines notamment, sont venus offrir aux multinationales des coûts encore plus compétitifs que l'Inde pour les centres d'appels, Bangalore a conservé son avantage en offrant le offshoring et le BPO (business process outsourcing) - en français, infogérance - à grande échelle : outre le support téléphonique après-vente, les entreprises occidentales sous-traitent à des prestataires installés à Bangalore leurs activités administratives et commerciales - traitement de données, comptabilité, paie, analyses de données financières, traductions... tout ce qui peut être transféré et traité à distance par ordinateur est susceptible d'être externalisé. Puis, le temps est venu de délocaliser le R & D, la partie recherche et développement de l'industrie informatique. Hewlett Packard depuis 2002, Microsoft depuis 2005, Cisco, Intel ces derniers mois... les grands noms du high-tech américain font désormais phosphorer les cerveaux indiens chez eux. Et, comme dans un monde aussi mouvant, une position n'est jamais acquise, Bangalore est déjà en train de se réinventer. Après l'outsourcing, l'offshoring et le BPO, place à l'ingénierie. "La demande aujourd'hui, c'est l'ingénierie aéronautique", observe un expert européen. Et Bangalore, où le gouvernement avait installé, après l'indépendance, les centres de recherche de l'industrie spatiale et aéronautique indienne, entend répondre à la demande. Capgemini y met en place une équipe d'ingénierie aéronautique. Infosys y développe pour Airbus des programmes de l'A380. Demain, ce sera la biotechnologie, dont la moitié des entreprises récemment créées en Inde ont choisi Bangalore. "Boomtown Bangalore" évolue avec le marché, jamais à court de relais de croissance. Seul problème : la croissance urbaine n'a pas été planifiée, la ville explose et les infrastructures n'ont pas suivi. Avec son unique porte d'embarquement, le petit aéroport a un côté dérisoire. Les embouteillages sont homériques. Le ramassage d'ordures est un mirage. Trouver une chambre d'hôtel au pied levé relève de l'exploit. Les coupures d'électricité interrompent les déjeuners d'affaires - les entreprises, elles, ont leurs propres générateurs. L'eau manque. Séduits par la hausse des prix du terrain, les paysans vendent leurs lopins de terre à la périphérie et viennent grossir la population urbaine, sans moyens de subsistance durables. "Boomtown Bangalore" ? L'expression fait sourire L. C. Jain, disciple du Mahatma Gandhi venu ici pour la première fois en 1952, dans l'enthousiasme de la construction de l'Inde indépendante, à une époque où "il n'y avait pas trois voitures sur la route". Aujourd'hui, il faut une bonne heure, pare-choc contre pare-choc, pour parcourir les 20 km qui séparent le centre-ville d'Electronics City, le quartier futuriste des entreprises du high-tech. Pas de doute, "Bangalore est en plein boom", ironise-t-il dans sa maison ombragée encore à l'abri des bulldozers. Mais pour qui ? Pour les 20 % des habitants qui "réussissent au-delà de toute espérance" ? Ancien membre de la Commission nationale du plan, nommé ambassadeur en Afrique du Sud lorsque Nelson Mandela en devint président, L. C. Jain s'inquiète, avec la sagesse de ses 81 ans, du sort de tous ceux qui ne profitent pas du "boom" indien : "Nous sommes 1 milliard, il est triste que seuls 300 millions en bénéficient. Gandhi est plus mort que jamais." Gagnés par l'euphorie de l'ascension de l'Inde, les anciens de Bangalore ne partagent pas tous l'amertume de L. C. Jain, mais ils s'accordent sur un point : leur ville n'est plus la même. Avant de devenir "Boomtown", Bangalore fut la "ville-jardin" au climat tempéré, où la Couronne britannique installa ses garnisons - pour le plus grand plaisir du jeune officier Winston Churchill, qui y passa trois paisibles années. La ville comptait alors 150 000 âmes. Elle fut plus tard le "paradis des retraités", où d'aimables fonctionnaires, amenés de toute l'Inde pour faire tourner les institutions de la défense, des sciences et de la recherche, dans les années 1970, choisissaient de finir leurs jours. En 1981, dopée par l'industrie du textile et de la soie, la population approchait les 3 millions d'habitants. Ils sont aujourd'hui 7 millions. La municipalité enregistre 500 nouveaux véhicules chaque jour, deux-roues compris. Et l'anxiété de L.-C. Jain n'est pas sans fondement : le différentiel entre les salaires les plus élevés et les plus bas est passé de 5 en 1991 à 14 en 2001. La "ville-jardin" comptait 262 lacs en 1961, il n'y en a plus que 81. "Nous sommes en train de créer un monstre", s'alarme l'économiste Poornima Vyasulu. Il y a trente ans, lorsqu'elle et son mari Vynod ont fait construire leur maison, ils n'avaient pas prévu de ventilateurs au plafond. Inutile. "Puis, en 1983, en rentrant d'un voyage, on s'est rendu compte qu'on avait besoin de ventilateurs", se souvient Poornima. Elle-même travaillait à l'époque pour l'Organisation nationale de l'espace, sur le projet du premier satellite indien. "Pour être au bureau à 10 heures, j'étais à l'arrêt du bus, en bas de chez moi, à 9 h 25. Aujourd'hui, le même trajet me prendrait une heure quarante-cinq. Même distance, même route." Mme Vyasulu, dont une fille travaille pour Google à Hyderabad, une autre pour les croisières Carnival aux Etats-Unis et un neveu dans un laboratoire de Hewlett-Packard à Singapour, s'étonne d'avoir vu sa ville se transformer autant "dans une vie". Tout change : "Vous avez vu comme il devient difficile de trouver de la cuisine du sud de l'Inde dans les restaurants des hôtels ?" Poornima Vyasulu s'anime, ajuste son sari grenat et or sur son épaule : "Dans le moindre dîner de mariage, maintenant, on vous sert de la cuisine du Nord, c'est du véritable impérialisme culinaire !" Et ne lui parlez pas de l'usage de la langue locale du Karnataka, le kannada : même les Bangalorais ne s'en embarrassent plus. "Ça me fait réfléchir à ce que nous sommes devenus..." Depuis des décennies, les habitants de Bangalore, ville d'immigration intérieure, ont appris à s'adapter. Actuellement, à l'heure où Infosys, Wipro et Tata partent à la conquête du monde, l'anglais, plus que jamais, est roi. "Aujourd'hui, si vous n'avez pas une qualification en anglais et en informatique, vous n'avez aucune chance", constate le Père jésuite Francis Guntipilly, qui tente d'inclure les enfants défavorisés dans la grande course à l'éducation. En ville, des affiches publicitaires vantent la langue sésame : "Speak english fluently and confidently, 100 % job assured" (parlez anglais couramment et avec confiance, emploi assuré à 100 %). C'est d'ailleurs en anglais que se font les annonces importantes, toujours sur les murs : "Ne pas afficher, ne pas uriner." Les menaces du gouvernement local de fermer les écoles qui n'enseigneront pas en kannada plutôt qu'en anglais ne semblent d'ailleurs pas inquiéter grand monde : "C'est de la politique", vous répond-on avec un geste mi-las, mi-rebelle. Bengalooru, au lieu de Bangalore ? Haussements d'épaules. L'important est ailleurs. "Boomtown Bangalore" ou "Boomtown Bengalooru" : ce qui compte, c'est le "boom". Car la politique est une dimension importante de la croissance de Bangalore. En Inde, la plus grande démocratie du monde, tout est sujet à débat, à recours en justice ou à manifestation, et Bangalore n'échappe pas à la règle. L'extension des SEZ - zones économiques spéciales créées aux abords des grandes villes pour favoriser des pôles de croissance - est devenue un sujet explosif : grèves de la faim et violences ont contraint les autorités à assouplir la méthode. Avocat et grand défenseur des causes environnementales, Leo Saldhana critique une urbanisation menée pour le seul bénéfice des classes moyennes enrichies par l'industrie du high-tech, ses centres commerciaux et ses autoroutes sans trottoirs. Et le gouvernement du Karnataka n'oublie pas que 70 % de ses électeurs vivent - mal - de l'agriculture : leur priorité n'est pas la construction d'un aéroport international. Que fait l'industrie du high-tech lorsque l'insuffisance des infrastructures urbaines et de transports entrave son développement ? Elle prend les choses en main. Patiemment. A travers des associations professionnelles, des missions de conseil et de concertation, les entreprises d'Electronics City ont mis en place un partenariat public-privé qui a permis la construction, grâce à des capitaux privés, de deux autoroutes urbaines et d'un aéroport international, le tout devant être achevé courant 2008. Dialogue parfois difficile, reconnaît Kris Gopalakrishnan, nouveau PDG d'Infosys et président de la confédération patronale locale, mais qui progresse : "Au moins, maintenant, on a de l'espoir, ça allège les frustrations." Après tout, reconnaît-il, "en contribuant à la création de la marque Bangalore, qui a attiré les multinationales, nous avons été à la source du problème. A nous de contribuer à sa solution" ! "L'éléphant indien va finir par doubler le tigre asiatique", K. Vasudevan, l'homme d'affaires retraité, le jure : " Nous sommes lents, mais nous y arriverons." En attendant, d'autres grandes villes d'Inde profitent de la saturation de Bangalore. Hyderabad en particulier, sa grande rivale, vient de lui souffler un gros projet industriel, une usine de la première entreprise indienne de biotechnologies, Biocon. Bangalore à son tour "bangalorisée" ! Les B2B s'en mêlent aussi. Diplômé de Yale, Ramesh Ramanathan a interrompu une belle carrière dans la haute finance à Wall Street pour se jeter à corps perdu dans l'aménagement urbain, à Bangalore puis au niveau fédéral. "D'ici dix ans, l'Inde aura réglé le problème de ses villes", promet-il. Sans doute le plus célèbre B2B, Sabeer Bhatia, l'homme qui quitta Bangalore pour la Californie à 19 ans avec 250 dollars en poche, fonda Hotmail avec un copain de Stanford et, en 1997, vendit sa société à Bill Gates pour 400 millions de dollars, n'a-t-il pas sa patience. De retour à Bangalore, il a créé, en 2005, une société de logiciels, InstaColl, dont il veut faire un fleuron non plus du "made in India" mais du "made by India", prochaine étape de l'ambitieuse Inde SA. Mais pour son dernier projet, Nano City, la future "capitale mondiale de la propriété intellectuelle", ce n'est pas Bangalore qu'il a choisie, c'est Chandigarh, dans le nord de l'Inde - sa ville natale. La décision a valeur d'avertissement. précédent | 1 | 2 Sylvie Kauffmann Article paru dans l'édition du 26.04.0
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Jeudi 5 avril 2007
Boomtown Bangalore LE MONDE | 25.04.07 | 14h53 ? Mis à jour le 25.04.07 | 14h53 Réagissez aux articles que vous venez de lire. Abonnez-vous au Monde.fr : 6? par mois + 30 jours offerts Ne vous méprenez pas : lorsque, à Bangalore, on vous parle de B2B, ce n'est pas de Business to Business, fonction commerciale de l'Internet inventée dans la Silicon Valley au siècle dernier, qu'il s'agit. B2B (prononcer : bi-tou-bi), ici, cela veut dire Back to Bangalore. Et les B2B, ce sont les ingénieurs, informaticiens et autres professionnels indiens émigrés aux Etats-Unis, qui aujourd'hui reviennent, fiers de voir l'Inde aux avant-postes de la mondialisation, confiants dans l'avenir et heureux de pouvoir exercer leurs talents chez eux, près de leurs amis et de leur famille. Dans les années 1990, ils furent si nombreux, ces petits prodiges du logiciel, à faire le succès de l'informatique américaine, qu'il était de bon ton de plaisanter sur l'odeur de curry flottant dans les couloirs de Palo Alto, en Californie. Dix ans plus tard, on ne plaisante plus. A Bangalore, il y a tout sur place : le software et le curry. Pourquoi s'exiler dans les banlieues aseptisées de la Silicon Valley ? Homme d'affaires fraîchement retraité, K. Vasudevan se consacre désormais à cette mission : encourager le mouvement B2B. Il dirige la branche locale de TiE (The Indus Entrepreneurs), association internationale d'entrepreneurs indiens née aux Etats-Unis, et ce qui se passe sous ses yeux l'émerveille. "Ici, c'est la Silicon Valley de l'Inde", assure-t-il, le sourire jusqu'aux oreilles. Aujourd'hui, 40 % des exportations de logiciels indiens viennent de Bangalore, et le secteur enregistre une croissance annuelle de 30 %. Les Indiens expatriés en Californie reviennent, le plus souvent dans les bagages des sociétés américaines qui s'installent à Bangalore, mais aussi, affirme M. Vasudevan, pour créer leurs propres entreprises. Lui-même n'a qu'un regret : "Si j'étais né cinquante ans plus tard, j'aurais pu faire partie de cette révolution." La libéralisation de l'économie indienne, à partir de 1991, a ouvert la voie à "cette révolution". L'irruption de l'Internet dans l'économie mondiale, puis, en 1999, la grande peur du Y2K, le bogue de l'an 2000 qui a contraint les grosses entreprises à chercher des solutions pour protéger leurs systèmes informatiques, ont fourni aux informaticiens indiens un formidable tremplin : c'est à partir de ce moment-là que des entreprises de logiciels indiennes comme Infosys, Wipro et TCS (Tata Consulting Services) ont véritablement décollé à l'échelle mondiale. En quelques années, le boom des centres d'appels a transformé Bangalore en une énorme capitale des services informatiques. Profitant d'une main-d'oeuvre anglophone, qualifiée et fabuleusement bon marché, les grandes entreprises occidentales ont afflué. Aux Etats-Unis, cette délocalisation-là a même reçu un nom : "to be bangalored", pour un salarié de l'Indiana qui a perdu son emploi, c'est "se faire bangaloriser". Lorsque d'autres pays, les Philippines notamment, sont venus offrir aux multinationales des coûts encore plus compétitifs que l'Inde pour les centres d'appels, Bangalore a conservé son avantage en offrant le offshoring et le BPO (business process outsourcing) - en français, infogérance - à grande échelle : outre le support téléphonique après-vente, les entreprises occidentales sous-traitent à des prestataires installés à Bangalore leurs activités administratives et commerciales - traitement de données, comptabilité, paie, analyses de données financières, traductions... tout ce qui peut être transféré et traité à distance par ordinateur est susceptible d'être externalisé. Puis, le temps est venu de délocaliser le R & D, la partie recherche et développement de l'industrie informatique. Hewlett Packard depuis 2002, Microsoft depuis 2005, Cisco, Intel ces derniers mois... les grands noms du high-tech américain font désormais phosphorer les cerveaux indiens chez eux. Et, comme dans un monde aussi mouvant, une position n'est jamais acquise, Bangalore est déjà en train de se réinventer. Après l'outsourcing, l'offshoring et le BPO, place à l'ingénierie. "La demande aujourd'hui, c'est l'ingénierie aéronautique", observe un expert européen. Et Bangalore, où le gouvernement avait installé, après l'indépendance, les centres de recherche de l'industrie spatiale et aéronautique indienne, entend répondre à la demande. Capgemini y met en place une équipe d'ingénierie aéronautique. Infosys y développe pour Airbus des programmes de l'A380. Demain, ce sera la biotechnologie, dont la moitié des entreprises récemment créées en Inde ont choisi Bangalore. "Boomtown Bangalore" évolue avec le marché, jamais à court de relais de croissance. Seul problème : la croissance urbaine n'a pas été planifiée, la ville explose et les infrastructures n'ont pas suivi. Avec son unique porte d'embarquement, le petit aéroport a un côté dérisoire. Les embouteillages sont homériques. Le ramassage d'ordures est un mirage. Trouver une chambre d'hôtel au pied levé relève de l'exploit. Les coupures d'électricité interrompent les déjeuners d'affaires - les entreprises, elles, ont leurs propres générateurs. L'eau manque. Séduits par la hausse des prix du terrain, les paysans vendent leurs lopins de terre à la périphérie et viennent grossir la population urbaine, sans moyens de subsistance durables. "Boomtown Bangalore" ? L'expression fait sourire L. C. Jain, disciple du Mahatma Gandhi venu ici pour la première fois en 1952, dans l'enthousiasme de la construction de l'Inde indépendante, à une époque où "il n'y avait pas trois voitures sur la route". Aujourd'hui, il faut une bonne heure, pare-choc contre pare-choc, pour parcourir les 20 km qui séparent le centre-ville d'Electronics City, le quartier futuriste des entreprises du high-tech. Pas de doute, "Bangalore est en plein boom", ironise-t-il dans sa maison ombragée encore à l'abri des bulldozers. Mais pour qui ? Pour les 20 % des habitants qui "réussissent au-delà de toute espérance" ? Ancien membre de la Commission nationale du plan, nommé ambassadeur en Afrique du Sud lorsque Nelson Mandela en devint président, L. C. Jain s'inquiète, avec la sagesse de ses 81 ans, du sort de tous ceux qui ne profitent pas du "boom" indien : "Nous sommes 1 milliard, il est triste que seuls 300 millions en bénéficient. Gandhi est plus mort que jamais." Gagnés par l'euphorie de l'ascension de l'Inde, les anciens de Bangalore ne partagent pas tous l'amertume de L. C. Jain, mais ils s'accordent sur un point : leur ville n'est plus la même. Avant de devenir "Boomtown", Bangalore fut la "ville-jardin" au climat tempéré, où la Couronne britannique installa ses garnisons - pour le plus grand plaisir du jeune officier Winston Churchill, qui y passa trois paisibles années. La ville comptait alors 150 000 âmes. Elle fut plus tard le "paradis des retraités", où d'aimables fonctionnaires, amenés de toute l'Inde pour faire tourner les institutions de la défense, des sciences et de la recherche, dans les années 1970, choisissaient de finir leurs jours. En 1981, dopée par l'industrie du textile et de la soie, la population approchait les 3 millions d'habitants. Ils sont aujourd'hui 7 millions. La municipalité enregistre 500 nouveaux véhicules chaque jour, deux-roues compris. Et l'anxiété de L.-C. Jain n'est pas sans fondement : le différentiel entre les salaires les plus élevés et les plus bas est passé de 5 en 1991 à 14 en 2001. La "ville-jardin" comptait 262 lacs en 1961, il n'y en a plus que 81. "Nous sommes en train de créer un monstre", s'alarme l'économiste Poornima Vyasulu. Il y a trente ans, lorsqu'elle et son mari Vynod ont fait construire leur maison, ils n'avaient pas prévu de ventilateurs au plafond. Inutile. "Puis, en 1983, en rentrant d'un voyage, on s'est rendu compte qu'on avait besoin de ventilateurs", se souvient Poornima. Elle-même travaillait à l'époque pour l'Organisation nationale de l'espace, sur le projet du premier satellite indien. "Pour être au bureau à 10 heures, j'étais à l'arrêt du bus, en bas de chez moi, à 9 h 25. Aujourd'hui, le même trajet me prendrait une heure quarante-cinq. Même distance, même route." Mme Vyasulu, dont une fille travaille pour Google à Hyderabad, une autre pour les croisières Carnival aux Etats-Unis et un neveu dans un laboratoire de Hewlett-Packard à Singapour, s'étonne d'avoir vu sa ville se transformer autant "dans une vie". Tout change : "Vous avez vu comme il devient difficile de trouver de la cuisine du sud de l'Inde dans les restaurants des hôtels ?" Poornima Vyasulu s'anime, ajuste son sari grenat et or sur son épaule : "Dans le moindre dîner de mariage, maintenant, on vous sert de la cuisine du Nord, c'est du véritable impérialisme culinaire !" Et ne lui parlez pas de l'usage de la langue locale du Karnataka, le kannada : même les Bangalorais ne s'en embarrassent plus. "Ça me fait réfléchir à ce que nous sommes devenus..." Depuis des décennies, les habitants de Bangalore, ville d'immigration intérieure, ont appris à s'adapter. Actuellement, à l'heure où Infosys, Wipro et Tata partent à la conquête du monde, l'anglais, plus que jamais, est roi. "Aujourd'hui, si vous n'avez pas une qualification en anglais et en informatique, vous n'avez aucune chance", constate le Père jésuite Francis Guntipilly, qui tente d'inclure les enfants défavorisés dans la grande course à l'éducation. En ville, des affiches publicitaires vantent la langue sésame : "Speak english fluently and confidently, 100 % job assured" (parlez anglais couramment et avec confiance, emploi assuré à 100 %). C'est d'ailleurs en anglais que se font les annonces importantes, toujours sur les murs : "Ne pas afficher, ne pas uriner." Les menaces du gouvernement local de fermer les écoles qui n'enseigneront pas en kannada plutôt qu'en anglais ne semblent d'ailleurs pas inquiéter grand monde : "C'est de la politique", vous répond-on avec un geste mi-las, mi-rebelle. Bengalooru, au lieu de Bangalore ? Haussements d'épaules. L'important est ailleurs. "Boomtown Bangalore" ou "Boomtown Bengalooru" : ce qui compte, c'est le "boom". Car la politique est une dimension importante de la croissance de Bangalore. En Inde, la plus grande démocratie du monde, tout est sujet à débat, à recours en justice ou à manifestation, et Bangalore n'échappe pas à la règle. L'extension des SEZ - zones économiques spéciales créées aux abords des grandes villes pour favoriser des pôles de croissance - est devenue un sujet explosif : grèves de la faim et violences ont contraint les autorités à assouplir la méthode. Avocat et grand défenseur des causes environnementales, Leo Saldhana critique une urbanisation menée pour le seul bénéfice des classes moyennes enrichies par l'industrie du high-tech, ses centres commerciaux et ses autoroutes sans trottoirs. Et le gouvernement du Karnataka n'oublie pas que 70 % de ses électeurs vivent - mal - de l'agriculture : leur priorité n'est pas la construction d'un aéroport international. Que fait l'industrie du high-tech lorsque l'insuffisance des infrastructures urbaines et de transports entrave son développement ? Elle prend les choses en main. Patiemment. A travers des associations professionnelles, des missions de conseil et de concertation, les entreprises d'Electronics City ont mis en place un partenariat public-privé qui a permis la construction, grâce à des capitaux privés, de deux autoroutes urbaines et d'un aéroport international, le tout devant être achevé courant 2008. Dialogue parfois difficile, reconnaît Kris Gopalakrishnan, nouveau PDG d'Infosys et président de la confédération patronale locale, mais qui progresse : "Au moins, maintenant, on a de l'espoir, ça allège les frustrations." Après tout, reconnaît-il, "en contribuant à la création de la marque Bangalore, qui a attiré les multinationales, nous avons été à la source du problème. A nous de contribuer à sa solution" ! "L'éléphant indien va finir par doubler le tigre asiatique", K. Vasudevan, l'homme d'affaires retraité, le jure : " Nous sommes lents, mais nous y arriverons." En attendant, d'autres grandes villes d'Inde profitent de la saturation de Bangalore. Hyderabad en particulier, sa grande rivale, vient de lui souffler un gros projet industriel, une usine de la première entreprise indienne de biotechnologies, Biocon. Bangalore à son tour "bangalorisée" ! Les B2B s'en mêlent aussi. Diplômé de Yale, Ramesh Ramanathan a interrompu une belle carrière dans la haute finance à Wall Street pour se jeter à corps perdu dans l'aménagement urbain, à Bangalore puis au niveau fédéral. "D'ici dix ans, l'Inde aura réglé le problème de ses villes", promet-il. Sans doute le plus célèbre B2B, Sabeer Bhatia, l'homme qui quitta Bangalore pour la Californie à 19 ans avec 250 dollars en poche, fonda Hotmail avec un copain de Stanford et, en 1997, vendit sa société à Bill Gates pour 400 millions de dollars, n'a-t-il pas sa patience. De retour à Bangalore, il a créé, en 2005, une société de logiciels, InstaColl, dont il veut faire un fleuron non plus du "made in India" mais du "made by India", prochaine étape de l'ambitieuse Inde SA. Mais pour son dernier projet, Nano City, la future "capitale mondiale de la propriété intellectuelle", ce n'est pas Bangalore qu'il a choisie, c'est Chandigarh, dans le nord de l'Inde - sa ville natale. La décision a valeur d'avertissement. précédent | 1 | 2 Sylvie Kauffmann Article paru dans l'édition du 26.04.0
par article le monde publié dans : urbanisme architecture logement
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Lundi 2 avril 2007
Édition du lundi 02 avril 2007 Pour les maires de Maine-et-Loire, la gestion de l'arrivée de nouveaux habitants est l'un des enjeux majeurs de l'avenir de leur commune. Comment gérer l'arrivée de nouveaux habitants ? Le phénomène va bien au-delà des villes. Samedi au Lion-d'Angers, il était au coeur de l'assemblée générale des maires du département. Explication. Aujourd'hui, pour désigner les nouveaux comportements des ménages, notamment, en termes de logement, on parle d'« étalement urbain ». C'est quoi, au juste ? En dix ans, la donne a changé. Dix ans au bout desquels une nouvelle tendance s'est affirmée : la ville n'est plus l'Eldorado pour se loger. Hausse du prix de l'immobilier, crainte du chômage, saturation, parfois, dans certains quartiers, de l'offre de logements, choix d'une autre qualité de vie. Désormais, le bonheur est dans le pré. En tout cas quand on cherche un toit. Aujourd'hui, les ménages s'installent dans les petites communes rurales. Les lieux de vie et d'emploi se dissocient et on n'hésite plus à « bouffer des bornes » pour aller travailler. C'est ça, l'étalement urbain. Une tendance nationale qui se vérifie aussi dans le Maine-et- Loire. Quels avantages pour les petites communes ? Une population qui augmente, c'est plus de développement. Et Jean-Pierre Ferré, le maire de Gené (412 habitants), serait bien en peine de dire le contraire. Son intervention, au cours de l'assemblée générale fut, à ce sujet, éloquente. « Dans les années 90, nous avons frôlé la fermeture de notre école. 18 élèves, seulement. Et puis, de nouvelles familles sont arrivées. Aujourd'hui, l'école compte 90 élèves et nous avons ouvert une quatrième classe en septembre dernier. Nous avons également le projet de construire de nouveaux lotissements, pour répondre à la demande, refaire notre salle communale et remettre aux normes notre assainissement en mettant en place une nouvelle station. » Et les inconvénients ? Forcément, quand il y a plus de monde à un endroit précis, la valeur du terrain disponible augmente. L'envolée des prix du foncier, c'est donc l'un des risques pointés par Jean-Baptiste Humeau, professeur de géographie à l'Université d'Angers, lors de son intervention. Mais il n'y a pas que cela. « Nous pouvons également citer la banalisation paysagère, car dans une commune, avoir un rassemblement de pavillons sur catalogue, ce n'est guère valorisant d'un point de vue esthétique. Et puis, de nouveaux habitants, cela génère un coût social non négligeable (accueil périscolaire, par exemple), rendant ainsi l'équilibre budgétaire plus difficile à atteindre. » Dans ces conditions, que faut-il faire : maîtriser l'extension des bourgs ou laisser faire ? Pour Bruno Letellier, directeur du Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement (CAUE), également intervenant, il est clair qu'à un moment, il faudra dire « stop ». « Il y a des limites à l'accueil de nouveaux habitants. Foncières, financières, territoriales. » D'autant que, comme l'a souligné Patrick Naudet, consultant et adjoint au maire de Doué-la-Fontaine, « ce phénomène d'étalement urbain n'est peut-être pas durable, car, maintenant, on peut cumuler cinq ou six emplois au cours d'une carrière professionnelle ». Du coup, pour Bruno Letellier, « il faut privilégier la reconstruction de la ville sur la ville, c'est-à-dire réaménager des lieux déjà existants pour les transformer en logements. L'autre solution, pour les communes, c'est de maîtriser le foncier. » Ce qu'a fait Éric Touron, le maire de Distré (1 669 habitants), dans le Saumurois. « Nous avons acquis quatre hectares de terrains, en bordure de route. Cela nous sert de réserve foncière et, surtout, nous a permis de bloquer le système. Aujourd'hui, personne ne peut plus construire sans l'accord de la commune. » Jean-Philippe NICOLEAU.
par article tiré du quotidien Ouest France publié dans : urbanisme architecture logement
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Jeudi 15 mars 2007
Maison d'architecte à 100.000 euros pour 28 familles locataires en HLM – une première en France Maison d'architecte à 100.000 euros pour 28 familles locataires en HLM – une première en France La première pierre d'un lotissement de 28 maisons construites dans le cadre du dispositif d'accession sociale à la propriété des "maisons à 100.000 euros" a été posée le mardi 13 mars 2007 à Epinay-sur-Seine (93). Un projet qui ne doit rien au hasard. La vraie histoire du premier chantier de maisons à 100.000 euros (ou presque) à sortir de terre. Cette opération va permettre "une diversification de l'habitat" à Epinay, qui compte plus de 50% de logements sociaux, a expliqué le maire UDF Hervé Chevreau, en inaugurant le chantier avec les futurs propriétaires et le député-maire UMP de Montereau-Fault-Yonne (77), Yves Jégo, président de l'Association française de l'accession populaire à la propriété (AFAP). "L'accession populaire à la propriété permet à des locataires de devenir propriétaires pour le prix d'un loyer", a souligné Yves Jégo qui parle d'une "opération vertueuse", dès lors qu'"elle libère du logement social, responsabilise les occupants et leur permet de se constituer un patrimoine". Encore fallait-il, pour que l'on puisse effectivement parler de patrimoine, que ces maisons, quel que soit leur prix, soient construites dans les règles de l'art. Un tout jeune architecte de 26 ans, Louis Téqui, y a vu "une occasion nouvelle pour les architectes de réinvestir le champ de la maison individuelle". Son projet est, selon lui, "l'illustration des possibilités architecturales et urbaines offertes par ce dispositif". Il note d'ailleurs que le carcan normatif y est beaucoup moins contraignant que dans le logement social 'habituel'. Cela dit, le projet ne lui est pas tombé tout cuit sur la table à dessin. "C'est une belle histoire", dit-il. Tout commence avec une vision récurrente dans le TGV Lyon, celle d'une cité qui se "hérisse au milieu des champs". Le sujet de son diplôme aura donc trait au renouvellement urbain de Montereau-Surville (restructuration d’une tour, des logements intermédiaires et individuels). Il est en terrain connu puisque son mémoire de 3ème cycle avait trait déjà à "la mémoire patrimoniale des grands ensembles". "Je voulais faire un projet qui colle à la réalité et réponde aux désirs des élus et des habitants, étant entendu que la demande de logement individuel est largement majoritaire", explique l'architecte. Yves Jego, maire de Montereau donc, est l'un des premiers promoteurs de la 'maison à 100.000 euros' ; il charge le Groupement d'intérêt public (GIP) de sa ville de faire travailler des architectes sur la faisabilité d'une maison à 100.000 euros. Les architectes, dont Louis Téqui, remettent un projet théorique à 80.000 euros pour 85m² utiles. Terralia, une société coopérative HLM spécialisée dans le montage d'opérations d'accession sociale à la propriété, est séduite par l'inventivité du jeune homme et, dans le cadre de l'opération d'Epinay, l'invite, avec trois autres architectes, à participer au concours de 28 logements. Hervé Chevreau, le maire UDF, tient à cette opération pour laquelle il offre le foncier tout en mettant en place une série de mesures anti-spéculatives. Il est séduit à son tour par la volonté du jeune architecte que la voirie soit publique : "on ne fait pas un lotissement mais un quartier de ville qui s'inscrit dans une histoire, une continuité urbaine et spatiale", argumente Louis Téqui ; lequel gagne le concours, discute et accepte des compromis mais sans mettre sous le boisseau son "ambition architecturale". Le projet est complexe et, en vrai, seul un jeune architecte qui démarre peut s'y consacrer avec autant d'ardeur : "mon investissement et mon temps ne son pas facturés", dit-il en souriant. Le projet urbain Le projet des 28 maisons à 100.000€ est implanté sur une parcelle sise 101/109 route de saint Leu à Epinay sur Seine. En limite du territoire communal d’Epinay, le terrain jouxte Villetaneuse. Situé aux franges du quartier résidentiel Blumenthal, le long d’un ensemble d’entrepôts et derrière un collège récemment reconstruit, le site appartient à la zone urbaine UD correspondant à des petits immeubles. La typologie adoptée pour les logements, des habitations individuelles groupées en bande, assure une transition urbaine entre l’environnement existant de maisons individuelles jumelées, les tours de logement proches et les petits collectifs à venir sur les parcelles adossées à la route de saint Leu. Afin de favoriser l’inscription du quartier dans la ville, le projet prolonge la structure urbaine du quartier Blumenthal. Anticipant la construction de logements et d'équipements sur la parcelle des ateliers mitoyens, la rue desservant le site depuis la route de St Leu pourra être partagée avec les futurs immeubles voisins. Cette disposition permettra une économie de voirie et ouvrira le quartier sur son environnement. Une réflexion conjointe entre la commune d’Epinay sur Seine, le maître d’ouvrage et l’architecte a conduit à décider de rendre publique les voiries créées pour la desserte des maisons situées en cœur de parcelle. En effet, le caractère publique de la voirie garantit une meilleure intégration du projet dans la ville, une normalisation de son statut, et évite le risque d’enfermement lié aux voies privées (ghettoïsation ou bunkerisation…) Le choix d’une typologie de maisons en bande s’explique par la volonté de créer de véritables "façades urbaine" structurantes pour la ville. La maison en bande présente aussi l’avantage d’être source d’économie en minimisant les pertes énergétiques par les façades en contact avec l’extérieur. Le stationnement résidentiel est intégré sur les parcelles des maisons, entre la rue et la façade de la maison. La situation des maisons entre cour et jardin définit des espaces extérieurs aux attributions complémentaires : le jardin de devant comme lieu de stationnement, espace de transition entre la rue et l’intérieur des maisons, il protège les logements des nuisances de la rue ; le jardin de derrière comme lieu de détente protégé pour la famille. Au delà du stationnement résidentiel, 14 places de parking sont prévues sur la voirie pour les visiteurs. La voirie intègre aussi un bassin de rétention paysager implanté entre le pignon de l’alignement de fond de parcelle et la façade des entrepôts mitoyens. Prévu pour décharger le réseau public d’évacuation des eaux pluviales en cas de pluie exceptionnelle, le bassin est normalement hors d’eau et peut être utilisé comme terrain de jeu. Le projet architectural La liste suivante énumère les techniques et matériaux retenus pour le projet des 28 maisons à 100.000 € à Epinay sur Seine : 1- Murs de parpaings en aggloméré de ciment ou de briques creuses épaisses type monomur. 2- Enduit "taloché fin" gris taupe et blanc cassé en revêtement extérieur. 3- Planchers en dalles pleines en béton armé ou des préfabriqués poutrelles hourdis formeront la structure des planchers. 4- Charpente traditionnelle et Couverture tuile couleur ardoisée, tuile à emboîtement légèrement galbée. L’utilisation de deux couleurs d’enduit en façade n’est pas le fruit du hasard, la couleur gris taupe a été retenue pour les murs en contact avec le sol et les parties de façade en retrait (faille sur rue, balcon sur jardin) ; tandis que le blanc cassé marquera les volumes saillants et/ou aériens. Les contrastes ou ruptures de volumétrie sont accentués par la bichromie des enduits ; l’expression contenue des couleurs et des volumes garantit une plus grande cohérence architecturale et une meilleure capacité d’appropriation par des acquéreurs divers. La maison repose sur un principe architectural et constructif de demi niveaux à la hauteur variable. La cuisine et l'entrée se trouvent ainsi de plain pied avec la rue tandis que le séjour ouvert est surélevé de 3 marches. Ces différences de niveaux autorisent une hauteur sous plafond de 3.04m dans le séjour, tandis qu'entrée et cuisine bénéficient d'une hauteur de 2.35 m. Dans les chambres, la hauteur est de 2.50 m minimum. Chaque pièce trouve ainsi une spécificité exprimée par son volume. Ce sont donc les hauteurs sous plafond qui marquent et caractérisent les pièces à vivre. Elles permettent de différencier des espaces sans pour autant les séparer. Les cloisons ne sont utilisées que pour les chambres et les salles d'eau. La cuisine est ouverte sur le séjour et englobe un coin repas. Ce n'est plus seulement un espace de service mais une pièce centrale où se déroulent de nombreux événements de la vie quotidienne; il s'agit de retrouver le sens du "foyer" multiséculaire. Afin de remédier aux surfaces imposées par l'économie de la maison, le plan est largement ouvert et les sources de lumières sont multiples. C'est le vide qui construit la maison. L'espace est dilaté, et la lumière du jour provient de plusieurs sources aux orientations différentes et participe à l'ambiance aérée et joyeuse de la maison. La lumière changeante, le vide, les différences de niveaux et la fluidité lui octroient une image contemporaine. Bref de vraies maisons d'architecte, même si le prix final sera de 119.961 euros TTC en raison d'aménagements techniques du terrain indispensables et l'augmentation du coût de la construction depuis deux ans. Selon le président de l'AFAP, 1.000 maisons devraient commencer à sortir de terre en 2007 en France, un nombre qu'il espère rapidement voir multiplier par dix (des premiers chantiers ont déjà été officiellement lancés à Nîmes et
par voir article sur cyber BTP publié dans : urbanisme architecture logement
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