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L'équipe de Cap 21 Pays de la Loire, vous souhaite la bienvenue sur son blog. Lancé en décembre 2004, ce blog est au service de ceux qui recherchent des articles d'information sur les sujets abordant les enjeux de santé-environnement, protection de la nature, qualité de la vie, transport, urbanisme, vie politique de la région, etc, dans une posture d'ouverture du local à l' international. Sur un même sujet, vous pouvez trouver des avis divergents, c'est fait exprès, - la source est toujours indiquée en bas de l'article -. Outre ces informations, vous trouvez nos opinions à travers nos interventions, communiqués et aussi sur le mot du jour "Contre-pente". Depuis le 11 mars 2007, à l'occasion des élections présidentielles, CAP 21 rallié résolument François Bayrou. Son score en Anjou a été magnifique (+ 23 %). Le futur MoDem, qui sera officiellement et statutaire les 1er ou 2 décembre, rassemble des hommes et des femmes venus de l'UDF, de CAP 21 et beaucoup de nouveaux militants en politique. Les 535 candidats aux législatives ont permis de confirmer l'émergence de ce nouveau parti, différent, rassembleur, troisième force politique, qui a montré sa force aux législatives, qui doit concrétiser aux prochines élections, cantonales et municipales.

Bernadette Caillard-Humeau, Conseillère municipale d'Angers, Déléguée d'Angers Loire Métropole

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Mardi 29 janvier 2008
Le lundi de Pentecôte va redevenir férié LEMONDE.FR avec AFP | 29.01.08 | 11h48 • Mis à jour le 29.01.08 | 13h39 Suivez l'information en continu, accédez à 70 fils de dépêches thématiques. Abonnez-vous au Monde.fr : 6€ par mois + 30 jours offerts Le lundi de Pentecôte redeviendra un jour férié dès 2008, le principe d'une "journée de solidarité" choisie au sein de l'entreprise étant conservé, a appris l'AFP, mardi 29 janvier, de source gouvernementale. Cette source a confirmé une information parue mardi dans La Tribune. Le ministre du travail, Xavier Bertrand, avait récemment plaidé pour "une journée de solidarité à la carte" en faveur des personnes âgées ou handicapées, sous la forme d'"une journée de RTT, deux demi-journées ou plutôt sept heures dans l'année". Lors de ses vœux à la presse, M. Bertrand avait déjà déclaré son accord avec le rapport sur le lundi de Pentecôte déposé en décembre 2007 par le secrétaire d'Etat à la prospective, Eric Besson, dont il avait assuré partager "l'analyse et la conclusion". La mise en place de cette journée "cacophonique" en 2005, avait déjà abouti à un assouplissement. Les entreprises et les administrations avaient obtenu de choisir la date de cette journée non payée, et c'est seulement faute d'accord qu'elle restait fixée au lundi de Pentecôte. Les deux années suivantes cependant, le flou a persisté. Dans le privé, notamment, certaines entreprises ont fait de ce lundi une journée travaillée ordinaire alors que d'autres en faisaient "cadeau" à leurs salariés. En 2007, moins de la moitié des Français sont allés travailler gratuitement le lundi de Pentecôte.
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Dimanche 16 septembre 2007
Bayrou pose en rassembleur les fondations de la maison MoDem 16.09.07 | 16h11 Réagissez aux articles que vous venez de lire. Abonnez-vous au Monde.fr : 6€ par mois + 30 jours offerts ar Elizabeth Pineau SEIGNOSSE-LE-PENON, Landes (Reuters) - François Bayrou a posé ce week-end les fondations de son Mouvement démocrate lors d'un forum dans les Landes, où il a réactivé les mots d'ordre de sa campagne présidentielle: rassemblement, indépendance, résistance et valeurs. Malgré les déconvenues des législatives, qui ont provoqué la migration de nombre de ses amis vers Nicolas Sarkozy, le député béarnais est apparu combatif et persuadé de la capacité du MoDem à rassembler en vue des prochaines échéances électorales, à commencer par les municipales de mars. Même s'il dit croire davantage aux "visages nouveaux" qu'aux chiffres, François Bayrou a fixé comme objectif de faire passer le nombre de nouveaux adhérents au MoDem de 45.000 aujourd'hui à 100.000 dans 18 mois. "Soyez fiers de ce que vous êtes et de ce que vous avez été, et même de vos hésitations si vous en avez connu. Ne reniez rien", a-t-il lancé lors de son discours de clôture dans la salle des fêtes de Seignosse-le-Penon, au bord de l'océan. "Vous n'entrez pas dans cette maison contre ce que vous avez cru, mais avec ce que vous avez cru", a-t-il ajouté à l'adresse d'environ 2.000 militants venus de tous horizons, dont une bonne partie n'avait jamais adhéré à un parti. Retrouvant les accents de sa campagne électorale, qui s'est terminée sur un score de 18,6% des voix au premier tour, François Bayrou a dénoncé les "deux impasses" que sont selon lui le Parti socialiste et l'UMP. "Ce n'était pas du 'ni-ni', j'ai toujours détesté cette expression. Ce n'était pas le 'moitié-moitié' (mais) une voie originale. C'est du positif que nous faisons", a-t-il estimé. L'ancien ministre dit ne pas se retrouver pas non plus dans le "centre" qui revient selon lui "à se définir par rapport à la droite et par rapport à la gauche. Et nous, nous sommes démocrates", a-t-il dit. "Ce sont les valeurs qui font le ciment d'une action politique". ALLIANCES AUX MUNICIPALES? Pour illustrer cette indépendance de ton, François Bayrou a décoché des flèches acérées à Nicolas Sarkozy, dont il a dénoncé "l'absolutisme" et les "signes" envoyés "au monde de l'argent, au CAC 40, aux milliardaires, à l'univers du Fouquet's", le bar parisien où le chef de l'Etat avait fêté sa victoire au soir du 6 mai. Aux fondateurs du Nouveau centre, créé à l'initiative du ministre de la Défense Hervé Morin avec des élus UDF ralliés à Nicolas Sarkozy, François Bayrou a reproché d'avoir succombé aux "tentations naïves de quelques hochets". "C'est pitié que de voir ainsi la faiblesse de caractère s'habiller du manteau de l'action pour se retrouver du coté du manche", a-t-il lancé. Partisan de "l'autonomie" pour les municipales, François Bayrou n'a pas exclu la possibilité d'alliances avec des gens de droite ou de gauche à la condition que ces derniers acceptent l'idée du pluralisme. Une définition floue qui demandera à être vérifiée sur le terrain et laisse ouverte la porte à des accords locaux. D'ici là, François Bayrou devra répondre aux inquiétudes des élus anciennement désignés sous la bannière UDF, dont certaines se sont exprimées à Seignosse. "Des élus s'interrogent. Gare à la casse", prévenait vendredi Didier Bariani, chef de file du MoDem au conseil de Paris. "Je ne voudrais pas que par inquiétude ou par manque de repères, ils aillent dans ce radeau de la Méduse qu'est le Nouveau centre..." "Quelle ligne politique pour le futur mouvement ?", s'interrogeait à la tribune Thierry Benoit, l'un des quatre députés MoDem élus en juin dernier. Le parti de François Bayrou sera officiellement lancé le week-end du 25 novembre, date du congrès fondateur du Mouvement démocrate. Avant, des groupes de travail plancheront sur la charte des valeurs et la charte éthique pré-élaborées lors des travaux du Forum démocrate.
par article du journal Le Monde publié dans : politique
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Jeudi 13 septembre 2007
Bayrou recommence tout à zéro PHILIPPE GOULLIAUD. Publié le 13 septembre 2007 Actualisé le 13 septembre 2007 : 08h23 L'ex-candidat ne renonce pas à faire naître « un courant politique nouveau ». FRANÇOIS BAYROU, le retour. Le président de l'UDF effectue cette semaine sa rentrée politique à Seignosse-le-Penon, station balnéaire landaise où se tient, à partir de demain et jusqu'à dimanche, le Forum démocrate, destiné à mettre le MoDem sur rampe de lancement. Pendant l'été, l'ancien candidat à l'Élysée s'est astreint au silence pour ne pas apparaître « en situation de contestation permanente et systématique », dans « une ambiance de guérilla » contre Nicolas Sarkozy et son gouvernement. Malgré la défection de ses troupes à l'Assemblée nationale, malgré sa débâcle électorale aux législatives, Bayrou croit toujours possible de proposer « une offre politique qui ne soit pas ficelée à l'avance » et soit indépendante de l'UMP et du PS. Car, à ses yeux, le projet de Sarkozy, « un métissage inédit entre néobonapartisme et néoconservatisme », est « voué à l'échec », comme l'est « le projet archéo-socialiste ». « Il n'y a rien de plus exaltant que de faire naître un courant politique nouveau », s'enthousiasme le député des Pyrénées-Atlantiques. Ces trois journées de travail à Seignosse constituent « une étape importante avant le congrès constitutif du Mouvement démocrate », à l'automne, souligne-t-on à l'UDF. De forums en ateliers, les quelque 2 500 militants et élus attendus devraient poser les bases du projet, de la charte éthique et de l'organisation interne du MoDem, ce parti en gestation lancé le 10 mai, après l'échec à la présidentielle. Des listes autonomes Il s'agira aussi, à quelques mois des municipales et des cantonales, de définir la stratégie électorale de l'UDF-MoDem. François Bayrou, qui s'amuse de voir que son parti est très courtisé, tant par l'UMP que par le PS, souhaite que le MoDem présente des listes autonomes dans la plupart des grandes villes, notamment à Paris, Lyon, Lille. Pour le second tour, le MoDem regardera quel est le meilleur projet municipal, le meilleur leader et la meilleure alliance. Dans l'immédiat, François Bayrou, qui « réfléchit » à sa propre candidature à Pau, va devoir répondre aux fortes attentes des 45 000 nouveaux adhérents à jour de cotisation que revendique le MoDem. « Il y a grand besoin, non pas d'un défouloir, mais d'une explication de texte », reconnaît le député européen Jean-Luc Bennhamias, ancien secrétaire national des Verts. L'une des interrogations est de savoir si la greffe a pris entre les militants traditionnels de l'UDF et les nouveaux, venus des Verts, de Cap 21, le mouvement écologiste de Lepage, ou parfois du PS. « C'est ce qu'on va voir à Seignosse », avance Bennhamias, sûr que la greffe a bien pris au niveau de la direction nationale provisoire, ainsi que chez les militants. Mais moins bien chez les élus, dont beaucoup ont, de longue date, conclu des alliances locales avec l'UMP. Absent de Seignosse, le sénateur Jean Arthuis appelle au rassemblement de toute la famille centriste au sein d'une UDF réconciliée (lire ci-dessous). Quant à Didier Bariani, il met François Bayrou en garde contre « la fuite en avant » que constituerait la disparition de l'UDF. Arthuis : "on ne gère pas un parti comme une secte" Propos recueillis par Philippe Goulliaud. Publié le 12 septembre 2007 Actualisé le 12 septembre 2007 : 19h39 Le président du groupe UDF au Sénat invite François Bayrou à sortir d’une "vision messianique qui conduit à l’isolement". Le Figaro : Irez vous au Forum démocrate à Seignosse ? Jean ARTHUIS : Je ne me rendrai pas à Seignosse, parce que j’estime qu’il y a des préalables à régler concernant le devenir de notre famille politique. Au fil des années, elle s’est fragmentée, sous l’effet de forces centrifuges. En 2002, nous avons perdu la moitié de nos députés et de nos sénateurs. En 2007, la quasi-totalité de nos députés. Et le groupe sénatorial lui-même est traversé par la crise. Aujourd’hui, le centre est une mosaïque émiettée, difficile à identifier, totalement inaudible. Nous portons tous une part de responsabilité dans cette dérive et nous ne pourrons pas différer l’indispensable travail d’introspection. A quelques mois des municipales, des cantonales et des sénatoriales, il est urgent de clarifier nos positions, notre projet et notre stratégie. Faute de quoi, nous serions marginalisés et risquerions de disparaître. Quelles sont, selon vous, les causes de cette situation ? Il y a d’abord un problème de gouvernance. La gouvernance mise en pratique par François Bayrou est aux antipodes de la démocratie. On a assisté à une centralisation du pouvoir, à une dilution des responsabilités. Le poste de secrétaire général n’a pas été pourvu depuis le départ d’Anne-Marie Idrac en 2002 et le siège du parti s’est transformé en QG de la fédération de Paris. On ne gère pas un parti comme on anime une secte. Qu’attendez-vous de François Bayrou ? François Bayrou a fait une magnifique campagne présidentielle. Mais son score admirable ne l’exonère en aucune façon d’une autocritique. Il faut qu’il sorte de sa vision messianique qui nourrit les illusions et conduit à l’isolement. Le système électoral étant ce qu’il est, le second tour de la présidentielle et les législatives ont montré les limites de la stratégie d’indépendance. Vous semblez sceptique sur la greffe avec le MoDem. Je salue l’élan militant qui caractérise le MoDem et je souhaite que l’on accueille avec confiance et compréhension cette régénérescence militante. Mais j’exclue d’avoir à choisir entre l’UDF et le MoDem. Nous devons, ensemble, construire une force politique. Le socle, c’est l’UDF. J’attends que le parti reste unitaire et ne soit pas une addition de courants et de chapelles. Que proposez-vous pour sortir l’UDF de cette crise que vous pointez ? J’appelle tous les centristes, toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans nos valeurs sociales, libérales et européennes, à se rassembler au sein de l’UDF. Qu’il s’agisse de ceux qui sont partis en 2002, de ceux qui ont rejoint le Nouveau centre, des membres de l’UDF ou des nouveaux adhérents du MoDem. Je les invite à taire les soupçons et les rancœurs, à tirer un trait sur les querelles du passé. Nous avons le devoir de contribuer à la réussite de la France. Ayons l’ambition d’en être les acteurs vigilants et exigeants.
par article du quotidien Le Figaro publié dans : politique
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Dimanche 19 août 2007
Mercredi 19 septembre 2007 Idées FRANÇOISE FRESSOZ L'analyse de Face au sarkozysme, le créneau démocrate [ 19/09/07 ] Il faut avoir la foi chevillée au corps pour se lancer, comme le fait François Bayrou, dans la constitution d'une offre politique nouvelle qui ne soit ni de gauche ni de droite. Que le centre soit, en France, un vaste réservoir à électeurs, personne ne le conteste. Et surtout pas le Parti socialiste, qui, depuis l'effondrement du Parti communiste, n'a guère d'autre solution que de faire oublier son passé révolutionnaire. Mais que le centre puisse se constituer en force autonome, capable de rivaliser avec l'UMP et le PS, ressemble, dans les institutions de la Ve République, à une mission impossible. Ce qui s'est passé lors de la dernière élection présidentielle en est l'illustration la plus cruelle. Avant le premier tour, François Bayrou était la coqueluche des sondages, le candidat qui montait, celui qui, par une habile alchimie, réussissait à agglomérer sur son nom un triple vote anti-Sarkozy, anti-Royal, antisystème. Le score qu'il réalise le soir du 22 avril - 18,57 % des suffrages exprimés - est bon. Il représente le triple de celui qu'il avait obtenu en 2002 (6,95 %). Mais ce résultat à deux chiffres signe en même temps le début de la fin. A partir du moment où François Bayrou est incapable de figurer au second tour de l'élection présidentielle, c'est comme s'il avait cessé d'exister. Ses soutiens l'abandonnent pour rallier le vainqueur. Ses amis le trahissent pour entrer au gouvernement. Au drame politique s'ajoute l'épreuve humaine. A l'heure des additions, les comptes sont cruels. Le Modem, combien de divisions ? 4 députés contre 29 UDF dans la précédente législature. Quelle gamelle ! Pour expliquer l'échec, on pourrait bien sûr invoquer le jeunisme de ce centre nouveau, qui, après des années de compagnonnage avec la droite, a forcément besoin de temps pour s'émanciper. « Le centre n'est qu'une posture petite-bourgeoise », disait avec mépris François Mitterrand pour qualifier les élus de cette mouvance politique, qui, tout en ayant le coeur à gauche, ont les pieds solidement ancrés à droite. Mais l'explication n'est qu'à moitié satisfaisante. Avant François Bayrou, un autre centriste « émancipé », c'est-à-dire ni de droite ni de gauche, avait déjà tenté l'aventure présidentielle et s'était heurté exactement aux mêmes difficultés. C'était en 1965, Jean Lecanuet, que François Mauriac n'avait pu s'empêcher de rabaisser au rang de « Kennedillon », avait démarré la campagne du premier tour avec 2 % ou 3 % d'intentions de vote à peine. Puis, il s'était mis à grimper grâce à un discours simple, un bon sourire, une bonne maîtrise de la télévision et une campagne d'affichage efficace. Les 15 % qu'il obtint au premier tour créèrent l'événement et contribuèrent à l'impensable : la mise en ballottage du général de Gaulle, mais ils ne furent en aucun cas un ticket pour l'avenir. A partir du moment où le match du second tour se concentrait entre de Gaulle et Mitterrand, le centre n'existait plus. Alors condamné d'avance François Bayrou ? Sans aucun doute si son objectif est bien d'imposer dans le pays une troisième force. Tant que les institutions resteront ce qu'elles sont, le tripartisme n'aura aucune chance de s'enraciner. L'évolution de ces dernières années a, au contraire, conduit à une bipolarisation dont ont su pleinement profiter le PS et l'UMP. Mais il se pourrait bien que le calcul de François Bayrou soit d'une autre nature. « Si nous avions gagné l'élection présidentielle, une vague orange aurait immédiatement crée un équilibre nouveau dans le pays », répète-t-il à ses troupes. Autrement dit, l'objectif du président du Modem n'est pas d'installer une troisième force. Il est de profiter de l'élection présidentielle, dont le premier tour est un vrai scrutin proportionnel, pour détrôner l'un ou l'autre membre du duopole actuel et imposer le Mouvement démocrate. Compte tenu de sa solitude actuelle, le rêve peut paraître encore plus fou que le précédent. Il mérite pourtant qu'on s'y arrête parce qu'il met au jour deux interrogations majeures soulevées par les résultats du scrutin de 2007. La première concerne la nature du sarkozysme et par là même sa durée de vie. Tropisme américain beaucoup plus affirmé que ses prédécesseurs, attitude décomplexée vis-à-vis de l'argent et de ce que François Bayrou appelle le « monde du Fouquet's ». Nicolas Sarkozy est en rupture avec la tradition française dans les valeurs qu'il incarne. Il l'est aussi dans sa pratique du pouvoir. Il pousse beaucoup plus loin que Valéry Giscrard d'Estaing sa domination sur Matignon ; il bouscule beaucoup plus que les autres présidents l'équilibre des pouvoirs. Comme l'explique le constitutionnaliste Dominique Rousseau, « le président a tendance à prendre la place de tout le monde. Il encourage la fusion entre le chef et le peuple, ce qui peut mener à terme à la confusion, voire au despotisme » (1). S'agit-il d'une évolution profonde du système politique français ou d'un épisode néobonapartiste lié aux troubles nés de la mondialisation ? François Bayrou, en tout cas, prend date et offre une alternative. Au modèle du chef fusionnel et passionnel, il oppose celui du chef d'orchestre raisonné et raisonnable qui lui semble davantage ancré dans la tradition française. « L'absolutisme présidentiel est un handicap, un facteur de retour en arrière pour notre pays », explique-t-il en se faisant l'ardent défenseur de la séparation des pouvoirs. La seconde interrogation touche à la capacité du Parti socialiste à surmonter son troisième échec présidentiel d'affilée. S'il y parvient, François Bayrou n'aura guère d'espace pour incarner une alternative crédible à Nicolas Sarkozy. S'il échoue, en revanche, rien n'est impossible. En politique, les mots ne sont jamais anodins. Aujourd'hui, le président du Modem s'affiche moins centriste que démocrate. Ce terme est revendiqué, à travers le monde, par les partis de gauche qui ont rompu avec le marxisme ou n'en ont jamais été imprégnés. La mue actuelle du Parti socialiste le conduit à devenir de plus en plus démocrate et de moins en moins révolutionnaire, mais l'évolution est à la fois lente et conflictuelle. Aucun premier secrétaire n'a été en mesure de l'imposer à un parti qui se complaît dans la confusion. François Bayrou prend le pari que la crise de leadership va durer au PS et que, tant qu'elle sera pas réglée, il bénéficiera d'une fenêtre de tir pour construire sa propre légitimité. Alors il fait entendre sa petite musique démocrate : « résistance » au modèle économique dominant, qui, accuse-t-il, repose « sur des fortunes vite faites et une accumulation de patrimoine propre à creuser les inégalités » ; gestion « sérieuse » des deniers publics, réforme de l'Etat, qui, pour réduire les inégalités, doit être davantage un incitateur qu'un faiseur. Sur le fond, rien qui diffère avec « Le Manifeste pour une gauche moderne » que viennent de publier les Gracques (2) ou avec le positionnement très « démocrate » d'un Manuel Valls. Entre le centre et le PS, jamais les frontières ne sont apparues aussi poreuses. C'est pourquoi, même s'il paraît fou, le pari de François Bayrou ne peut être repoussé d'un revers de la main. FRANÇOISE FRESSOZ est éditorialiste aux « Echos ». ffressoz@lesechos.fr http ://blogs.lesechos.fr/fressoz (1) Entendu lundi soir sur FR3 dans l'émission de Dominique Taddéi« Ce soir (ou jamais) ».(2) Nom collectif choisi par d'anciens collaborateurs de François Mitterrandet des gouvernements Rocard, Bérégovoy et Jospin.
par article du journal les echos publié dans : politique
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Mercredi 8 août 2007
Chronique Un bayrouisme sans François Bayrou, par Patrick Jarreau LE MONDE | 07.09.07 | 14h01 • Mis à jour le 07.09.07 | 14h01 A 9 heures par e-mail, recevez les titres du journal à paraître l'après-midi. Abonnez-vous au Monde.fr : 6€ par mois + 30 jours offerts François Bayrou annonçait que, élu président de la République, il formerait un gouvernement avec "des gens compétents qui viendront des deux camps". Celui qu'a constitué Nicolas Sarkozy ressemble à cette définition. Du moins réunit-il des personnalités de droite et de gauche. Dire que les ministres sont "venus" des deux bords politiques ne serait pas exact pour ceux qui appartiennent à la droite et qui n'ont pas eu à bouger : ils sont restés chez eux. Les autres les ont rejoints. Des centristes ont abandonné le candidat de leur famille avant même le premier tour de l'élection présidentielle ou se sont séparés de lui entre les deux tours. Le ministre de la défense, Hervé Morin, a rallié M. Sarkozy après avoir été l'un des plus fermes partisans de M. Bayrou. En fait, il est revenu là où les centristes ont toujours été. Seuls sont vraiment "venus" ceux qui ont franchi la frontière entre les deux camps. Sont-ils encore à gauche, voire de gauche ? Ils ne sont plus membres du Parti socialiste, en tout cas, puisqu'ils l'ont quitté ou en ont été exclus. Les socialistes n'ont pas de mots assez durs pour eux ou pour les plus en vue d'entre eux. Il n'est pas question, pour le PS, de s'estimer si peu que ce soit représenté au gouvernement, ni même de se montrer bienveillant envers ses anciens amis. Il est vrai que Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères, avait pris depuis longtemps ses distances avec un PS dans lequel il ne s'est jamais vraiment reconnu et qui l'a toujours regardé avec méfiance. Pionnier du combat humanitaire, il était déjà ministre d'ouverture quand il était entré pour la première fois dans un gouvernement, celui de Michel Rocard, en 1988. Il n'a rejoint le PS que dix ans plus tard, y occupant une place à part. Pendant la campagne présidentielle, il se sentait plus proche de Ségolène Royal que du PS. Comme Jean-Marie Bockel, jadis chevénementiste, converti au blairisme et revendiquant haut et fort son social-libéralisme. Le PS a dissous sa section de Mulhouse et va en créer une nouvelle, qui présentera une liste, aux élections municipales, contre le maire, devenu secrétaire d'Etat à la coopération et qui a passé un accord avec l'UMP. Ce sont au contraire leurs incompatibilités d'humeur avec la candidate qui ont éloigné Eric Besson et Jean-Pierre Jouyet du Parti socialiste, dont le premier était l'un des secrétaires nationaux et dont le second fut longtemps proche. Quant à Martin Hirsch et Fadela Amara, autres ministres ou quasi-ministres venus de la gauche, ils sont entrés au gouvernement pour faire avancer les causes auxquelles ils se sont identifiés : la lutte contre la pauvreté pour l'un, l'intégration des immigrés, de leurs enfants et petits-enfants pour l'autre. L'ouverture à la mode Sarkozy réalise-t-elle le projet d'union de M. Bayrou ? Donne-t-elle raison, au moins sur ce point, au candidat centriste ? Oui dans la mesure où celui-ci ne proposait pas un gouvernement de coalition à l'allemande - impossible en France, à supposer qu'il soit souhaitable -, mais bien la réunion de compétences venues des deux bords. Cette mobilisation des compétences déborde du cadre du gouvernement, quand des personnalités comme Hubert Védrine, Jacques Attali ou Michel Rocard acceptent de participer à l'exploration des politiques à mener dans leurs domaines d'expertise ou de réflexion. En revanche, le rêve qu'agitait le troisième homme, celui d'une troisième voie qui dépasserait le clivage gauche-droite et permettrait de faire des réformes approuvées des deux côtés, reste... un rêve. Nicolas Sarkozy pourrait dire qu'il met en oeuvre ce qui, du programme de François Bayrou, était réalisable. Et qu'il démontre, avec le concours empressé du Parti socialiste, l'impossibilité de ce qui en faisait le charme. Patrick Jarreau Article paru dans l'édition du 08.09.07.
par chronique de P.Jarreau dans Le Monde publié dans : politique
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Lundi 21 mai 2007
François Bayrou: "je proposais un rassemblement, Nicolas Sarkozy a fait des ralliements" AP | 21.05.2007 | 00:04 "Je proposais un rassemblement, et Nicolas Sarkozy a fait des ralliements", a commenté dimanche soir sur France 3 le président de l'UDF-Mouvement Démocrate François Bayrou à propos de la composition du nouveau gouvernement. Pour François Bayrou, invité de l'émission France Europe Express, "l'élection de Nicolas Sarkozy ouvre une phase tout à fait inédite de l'histoire de la République. Parce que c'est la première fois qu'on va trouver tous les pouvoirs politiques entre les mêmes mains avec un puissant soutien des pouvoirs économiques des grandes puissances financières et médiatiques. Cet ensemble de pouvoirs-là, jamais dans la cinquième République, il n'a été rassemblé entre les mêmes mains". "Il n'y a d'exemple dans aucun pays du monde, avec la majorité au Sénat, à l'Assemblée Nationale, le contrôle de tous les corps de la République", a-t-il dit. "Le président de la République a tous les pouvoirs entre les mains sans qu'il n'y ait de contre-pouvoir. Il est nécessaire de bâtir un contre-pouvoir", a souligné le dirigeant centriste. Interrogé sur les prochaines législatives, il a expliqué que "nous allons donner aux Français le moyen de dire: 'nous voulons un équilibre des pouvoirs, nous voulons le pluralisme en France". Et le soir du premier tour, on verra...", a-t-il dit. Partisan d'une "logique de coalition", François Bayrou a "refusé d'être inféodé dans la majorité". "Je ne ferai pas de ralliement. Je refuse l'attitude qui consiste à abandonner sa ligne pour aller se rallier à la ligne de quelqu'un d'autre", a-t-il dit. En revanche, "si Nicolas Sarkozy avait dit 'venez me voir et discutons ensemble de ce que nous pourrions faire', je l'ai dit entre les deux tours, je serais aller le voir", a-t-il dit. AP
par article repris sur le nouvel obs.com publié dans : politique
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Vendredi 18 mai 2007
Corinne Lepage : «Nous sommes dans un gouvernement qui cherche des personnalités.» Membre fondatrice du Mouvement Démocrate, l'écologiste Corinne Lepage a refusé hier un poste de secrétaire d'Etat proposé par Bernard Kouchner par « fidélité à ses conviction », considérant que le gouvernement Fillon n'est pas un gouvernement d'ouverture. Souhaitant se consacrer à la formation du Mouvement Démocrate, elle s'est proposée comme chargée de mission sur le Développement durable à l'international. Elle s'inquiète par ailleurs du nouveau ministère de l'Ecologie et de son ministre, qu'elle a connu peu soucieux des enjeux environnementaux. Marianne2007.info : Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères et européennes, vous a proposé hier d'être secrétaire d'Etat chargé de la Coopération, du Développement international, de la Francophonie et des Droits de l'homme. Pourquoi avoir refusé ? Corinne Lepage : C'était très honorifique et très intéressant. Cependant j'ai décliné cette proposition parce que, compte tenu du contexte, je considère que nous ne sommes pas dans un gouvernement d'union nationale mais plutôt dans un gouvernement qui cherche des personnalités et je juge qu'on doit mener une réflexion plus large. Je ne suis pas dans une opposition radicale et j'ai donc dit à Bernard Kouchner que j'étais prête, s'il le souhaitait, à accepter une mission sur le développement durable et les relations Nord-Sud, qui sont des sujets que je connais. François Bayrou ne risque-t-il pas de vous reprocher l'offre que vous avez faite à Bernard Kouchner ? Tout cette discussion s'est faite en parfaite transparence avec lui. Participer à une politique gouvernementale et accepter une mission d'intérêt général sont deux choses totalement différentes. En écartant cette offre, n'avez-vous pas peur d'avoir compromis toute chance d'obtenir un ministère sous la présidence Sarkozy ? C'est possible. La route sera longue mais j'ai une certaine idée de l'éthique en politique et de la fidélité à mes convictions. J'attends de voir, au-delà des espérances que font naître l'ouverture actuelle, quelles sera la réalité des décisions politiques. Vous avez été la ministre de l'Ecologie d'Alain Juppé qui est aujourd'hui ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durable. Que pensez-vous de cette nomination ? Je ne veux pas faire de procès d'intention et j'attends de voir le périmètre réel de ce ministère. Mais vu le poids relatif du développement durable, d'une part, et des transports et de l'énergie d'autre part, je m'inquiète des arbitrages qui seront faits entre ceux qui voudront construire des routes et ceux qui voudront promouvoir les énergies propres. Sur le ministre lui-même, il a dit que son séjour au Canada lui avait ouvert des perspectives sur l'environnement. Ce n'est pas l'impression qu'il m'avait fait en tant que Premier ministre. Mais là encore, je lui laisse le bénéfice du doute sur le fait qu'il ait changé : il faudra voir les décisions qui seront prises. Quelles sont vos projets politiques dans l'immédiat ? Ma priorité est de travailler à la construction du Modem. Mon engagement auprès de François Bayrou est entier, d'autant plus que ce nouveau parti réunira beaucoup de gens issus de l'écologie. Vendredi 18 Mai 2007 Propos recueillis par Sylvain Lapoix
par marianne publié dans : politique
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Mardi 8 mai 2007
François Bayrou reste la personnalité politique préférée des Français, selon un sondage AP | 03.05.2007 | 21:39 François Bayrou reste la personnalité politique préférée des Français parmi celles qu'ils souhaitent voir jouer un rôle important au cours des mois et des années à venir, selon un sondage TNS Sofres pour "Le Figaro Magazine" publié jeudi. Avec 65% d'avis favorables (66% à gauche, 65% à droite), le leader centriste gagne 10 points par rapport au même baromètre du mois d'avril. Il devance les deux finalistes de l'élection présidentielle. Nicolas Sarkozy, candidat de l'UMP, recueille 56% (83% à droite, 25% à gauche), en hausse de 7 points, contre 52% (85% à gauche, 29% à droite) pour la candidate socialiste Ségolène Royal, qui progresse de 6 points. Les deux principaux "Premier-ministrables", Jean-Louis Borloo à droite et Dominique Strauss-Kahn à gauche, avancent tous deux d'un point, respectivement à 46% et 41%. Quant aux partis politiques, 55% des personnes interrogées disent avoir une bonne opinion de l'UDF, contre seulement 31% d'un avis contraire. Le parti centriste fait mieux que l'UMP (48% contre 41%), les Verts (46% contre 43%), le PS (45% contre 45%), le PCF (25% contre 60) et le FN (16% contre 77%). - sondage réalisé les 25 et 26 avril auprès d'un échantillon national de 1.000 personnes représentatif de l'ensemble de la population âgé de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. AP
par Caillard-Humeau publié dans : politique
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Mardi 8 mai 2007
Édition du mardi 08 mai 2007 La participation à Angers a été très forte, dimanche, pour le second tour de la Présidentielle. Élire un président ou un maire, ça n'a rien à voir. Pourtant, on a tendance à croire que les élus locaux y pensent, et pas seulement en se rasant ! « On ne mélange pas deux élections », prévient d'emblée Jean-Claude Antonini. N'empêche que le score de Ségolène Royal à Angers doit redonner le sourire au maire, à moins d'un an des municipales. Déjà, après le premier tour, Jean-Claude Antonini n'avait pas attendu pour appeler de ses voeux une union entre socialistes, centristes et écologistes. Et force est de constater que le résultat angevin, qui place Ségolène Royal en tête avec plus de 52 % des voix, apporte de l'eau à son moulin. « Manifestement, les électeurs qui ont voté Bayrou au premier tour ont reporté leurs voix à gauche au second tour », constate le maire juste après l'annonce des résultats à l'hôtel de ville. Sur le papier, une voie « royale » s'ouvre donc pour la social-démocratie angevine qui est censée défendre la modération, le compromis politique et la concertation. Pour autant, Laurent Gérault, leader de l'opposition angevine et représentant de l'UDF dans le département, ne tire pas de plan sur la comète et ne veut surtout pas qu'on lui parle d'alliance ! « On travaille sur un projet pour Angers. C'est vrai que je distingue clairement qu'il y a trois pôles : UMP, PS et centre. Que va-t-il se passer ensuite · Cette question n'a pas lieu d'être pour le moment. » Pour lui, c'est davantage une question de génération que de partis. « On voit clairement émerger un peu partout une nouvelle génération de candidats, c'est un point majeur pour les échéances électorales à venir. Ma conviction, c'est qu'il existe dans l'électorat bayrouiste, une part de culture centre-droit, et une part de social-démocratie. Il est donc normal que j'exprime ce que je crois être juste pour Angers. » Et Christophe Béchu dans tout ça ? Est-il inquiet en voyant le joli score de Royal à Angers, lui à qui l'on prête l'intention d'en briguer la mairie ? Eh bien, non ! Le président du conseil général affirme qu'il n'est pas spécialement surpris. Au contraire. « J'observe qu'il y a eu un vote encore plus fort pour Ségolène Royal dans la plupart des grandes villes de l'Ouest, tandis qu'à Angers, l'écart reste faible. C'est plutôt rassurant. » Mais lui aussi n'a pas l'intention de faire l'analogie avec les municipales. « En 1995, Chirac avait été élu à Angers, mais un mois plus tard, les Angevins avaient choisi un candidat d'une tendance différente. Vous savez, il y a onze mois entre ces deux élections, c'est long. » Et lui, sera-t-il candidat ? Roulement de tambour... « Ma décision est prise, rappelle-t-il, et vous en serez informés le moment venu. Chaque chose en son temps. » En politique, rien ne sert de courir, il faut partir à point. Arnaud WAJDZIK. Ouest-France
par article du quotidien ouest france publié dans : politique
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Mercredi 25 avril 2007
Mesdames, Messieurs, Je n’ai à cet instant que deux sujets à l’esprit. Le premier sujet, c’est la France, que j’ai scrutée pendant ces mois de campagne électorale, que j’ai rencontrée en milliers de visages différents, la France qui s’inquiète, qui souffre, qui est déchirée, bien plus qu’elle ne l’a jamais été, et en même temps, la France riche de potentiel, riche de promesses, la France qui voudrait y croire. Et j’ai à l’esprit aussi, et plus que tout, les quelque sept millions de Français qui m’ont donné leur confiance, qui ont mis leur espoir dans cette démarche nouvelle, faisant surgir d’un coup la troisième force politique française, la seule force nouvelle de notre pays. Les sept millions de Français et tous ceux qui ont eu à un moment ou à un autre l’envie de se joindre à eux, et parfois qui le regrettent. Cela fait un immense espoir. Il y a désormais dans notre pays trois forces politiques, une à droite, une à gauche, et une au centre. Et c’est le centre qui est la force nouvelle. Je veux vous parler de l’avenir. La France a trois problèmes : nous sommes un pays à la démocratie malade ; nous sommes un pays au tissu social déchiré ; nous sommes un pays en manque de croissance. Notre démocratie est malade de la confiscation du pouvoir, de l’incapacité à faire vivre le pluralisme, des difficultés de la presse, de l’absence de séparation des pouvoirs, y compris du pouvoir économique, de la connivence entre les mondes des affaires, médiatique et politique, de la crise de la justice. Le citoyen n’a pas l’impression d’y trouver sa place. La société civile y est méprisée. Nous avons à reconstruire, depuis les fondations, notre démocratie. Le tissu social est déchiré. Partout on croise de lourdes misères, personnes âgées aux ressources très faibles, travailleurs pauvres, difficultés de logement, partout la couleur de la peau, la consonance du nom, la religion, dressent les Français les uns contre les autres, partout le quartier où l’on vit, l’adresse postale, forment ghetto. Entre les policiers et les jeunes, entre les différents quartiers, entre personnes au travail et personnes au chômage ou aux minima sociaux, on se regarde du coin de l’œil, on s’épie, et on est prêts à s’affronter. L’école elle-même, le lieu même de l’égalité des chances, est en situation de doute et d’échec. Nous avons à retisser notre société. Nous sommes en panne de croissance. À ce sujet, on prend souvent l’effet pour la cause. Nombre de nos compatriotes par exemple considèrent que le chômage et la faiblesse du pouvoir d’achat sont des maux de notre pays. Ces maux sont des symptômes. Le mal c’est l’absence de croissance. Si nous avions de la croissance, nous aurions des emplois (beaucoup sont à libérer) et nous aurions du pouvoir d’achat à répartir. Beaucoup de nos compatriotes considèrent que l’immigration est la cause de nos maux. La situation de l’immigration est une conséquence. Un pays qui va bien sait intégrer, faire vivre ensemble. C’est l’emploi qui intègre. J’ai rencontré des milliers de jeunes Français d’ascendance immigrée. Ils m’ont tous dit une seule chose : donnez nous du travail et tout le reste s’arrangera ! Donnez nous du taf ! Ma conviction est celle-là : les trois maux de la France, ils doivent être soignés et réparés ensemble ! Or, parlons franchement : Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, dans le face à face sempiternel de la droite sempiternelle et de la gauche sempiternelle, vont non pas réparer mais aggraver l’un ou l’autre de ces maux. Nicolas Sarkozy, par sa proximité avec les milieux d’affaires et les puissances médiatiques, par son goût de l’intimidation et de la menace, va concentrer les pouvoirs comme jamais ils ne l’ont été. Par son tempérament, et les thèmes qu’il a choisis d’attiser, il risque d’aggraver les déchirures du tissu social, notamment en conduisant une politique d’avantage au plus riche. Ségolène Royal paraît mieux intentionnée en matière de démocratie, encore que le parti socialiste n’ait rien fait quand il était au pouvoir pour corriger ces maux, plus attentive à l’égard du tissu social, mais son programme, multipliant les interventions de l’État, perpétuant l’illusion que c’est à l’État de s’occuper de tout, et qu’il peut s’occuper de tout, créant je ne sais combien de services publics, va exactement à l’encontre, en sens contraire, des orientations nécessaires pour rendre à notre pays et à son économie leur créativité et leur équilibre. Les deux candidats ont de surcroît promis une augmentation absolument délirante des dépenses publiques, de l’ordre de 60 milliards d’euros chacun, dans un pays endetté comme le nôtre, l’un des deux ajoutant une baisse totalement improbable des prélèvements obligatoires dans une proportion que ni Reagan ni Mme Thatcher n’ont jamais approchée même en rêve. Notre pays a un problème de démocratie, un problème de fracture sociale, un problème d’économie, un problème de dette. Nicolas Sarkozy va aggraver les problèmes de la démocratie et la fracture du tissu social, Ségolène Royal, par son programme, va aggraver durablement les problèmes de l’économie et l’un comme l’autre vont déséquilibrer le déficit et la dette. De surcroît, par leur choix de l’affrontement camp contre camp, ils affaiblissent durablement la France. Dans les deux cas, sauf correction forte que je n’aperçois pas, et dont je tiendrai compte si elles intervenaient, ce qui se prépare, après les belles promesses, c’est une nouvelle déception du pays, une impuissance, une paralysie. Dans cette situation, je ne donnerai pas de consigne de vote. J’estime que les Français qui ont voté pour moi sont en conscience des citoyens libres de leur choix. Je ne reviendrai pas en arrière sur notre chemin de liberté. Je ne cherche ni n’accepterai aucune soumission ou ralliement à l’un des deux camps. Je veux au contraire garantir aux Français que quel que soit le vainqueur, ils trouveront pour les représenter une force de contre-pouvoir, libre, capable de dire oui si l’action va dans le bon sens et non si elle va dans le mauvais sens. Capable, autrement dit, de faire sortir la politique des réflexes du toujours pour et du toujours contre, pour défendre l’intérêt général.
publié dans : politique
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