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L'équipe de Cap 21 Pays de la Loire, vous souhaite la bienvenue sur son blog. Lancé en décembre 2004, ce blog est au service de ceux qui recherchent des articles d'information sur les sujets abordant les enjeux de santé-environnement, protection de la nature, qualité de la vie, transport, urbanisme, vie politique de la région, etc, dans une posture d'ouverture du local à l' international. Sur un même sujet, vous pouvez trouver des avis divergents, c'est fait exprès, - la source est toujours indiquée en bas de l'article -. Outre ces informations, vous trouvez nos opinions à travers nos interventions, communiqués et aussi sur le mot du jour "Contre-pente". Depuis le 11 mars 2007, à l'occasion des élections présidentielles, CAP 21 a rallié résolument François Bayrou. Son score en Anjou a été magnifique (+ 23 %). Le MoDem, rassemble des hommes et des femmes venus de l'UDF, de CAP 21 et beaucoup de nouveaux militants en politique. Les 535 candidats aux législatives ont permis de confirmer l'émergence de ce nouveau parti, différent, rassembleur, troisième force politique, qui a montré sa force aux législatives, et qui a été très présent aux dernières élections, cantonales et municipales. A l'occasion des municipales 2008, nous avons ainsi choisi le projet de Jean-Claude ANTONINI, qui donne toute sa place au développement durable. Nous avons aujourd'hui 7 élus Modem/Cap 21 pour mettre en oeuvre ce projet, au service des Angevins et de leur territoire.

Bernadette Caillard-Humeau, 1ère adjointe au maire d'Angers à la voirie et aux déplacements, Vice présidente aux transports, déplacements et mobilités d'Angers Loire Métropole.

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politique

Samedi 9 avril 2005
Les plus de 60 ans collectionnent les mandats municipaux et régionaux LE MONDE | 08.04.05 | 15h28  •  Mis à jour le 08.04.05 | 15h28 OAS_AD('Frame1'); Pour être informé avant tout le monde, recevez nos alertes par e-mail. Abonnez-vous au Monde.fr OAS_AD('Top2'); Il siège au conseil régional Midi-Pyrénées depuis les dernières élections, celles de mars 2004. A 52 ans, Francis Esquerré est un tout jeune élu PS. Il s'est inscrit, il y a quatre ans, dans une section du Parti socialiste, près de Tarbes. "Ma fille avait rejoint le PS à Paris. Cela m'a donné envie de renouer avec le militantisme politique que j'avais abandonné au début des années 1970." OAS_AD('Middle1'); Il avait jusqu'alors réservé ses combats pour sa vie professionnelle, d'abord comme éducateur en milieu ouvert, puis comme directeur adjoint de la solidarité d'un conseil régional. "Je ne voulais pas tout mélanger : je vivais mon engagement personnel dans des causes que je crois justes ; je participais à des actions bénévoles au sein d'associations. Mais il arrive toujours un moment où l'on souhaite prolonger par l'action politique." Pour mieux s'investir dans son mandat, Francis Esquerré a obtenu de travailler à temps partiel. "Pour moi, entrer en politique, c'est aussi un moyen de redonner du sens à mon métier au moment où débute la dernière partie de ma carrière professionnelle." Comme lui, les seniors sont nombreux à vouloir s'impliquer dans la vie locale de leur ville ou de leur région. D'après les derniers chiffres communiqués par le ministère de l'intérieur, chargé du suivi statistique des élections, plus des deux tiers (66,29 %) des élus municipaux ont entre 40 et 59 ans, et 28,50 % ont plus de 60 ans. Quant aux conseillers régionaux, la proportion est du même ordre : 68,8 % et 23,6 %. "La disponibilité des retraités les prédispose à se présenter et à être élus. C'est logique, en même temps que préjudiciable. Ils sont de plus en plus nombreux à occuper un poste de maire", explique Vincent Drouin, auteur de l'ouvrage Enquêtes sur les générations et la politique (L'Harmattan, 368 p., 29 €). Les élus français forment-ils une caste d'anciens ? A 63 ans, Catherine Gégout est, depuis peu, membre du Conseil de Paris. Jusqu'en 2001, elle n'avait jamais souhaité se présenter en position éligible, bien qu'elle fût une fidèle du Parti communiste français depuis 1972. L'envie lui en est venue au moment de sa retraite. "Concilier le rythme de vie d'un élu avec son travail n'a rien d'évident. La loi sur la parité a permis à des jeunes femmes d'arriver en politique. Mais on est encore loin du compte. Seul un statut de l'élu permettrait de casser la gérontocratie actuelle", affirme-t-elle. De son côté, Philippe Bennard, 57 ans, a bénéficié du récent dispositif de retraite anticipée en faveur des longues carrières. Son mandat de deuxième adjoint de la ville de Montigny-lès-Cormeilles (Val-d'Oise) l'occupe une vingtaine d'heures par semaine. "Quand je travaillais, je consacrais à la politique presque toutes mes soirées. La retraite m'a permis de gagner du temps libre pour me livrer à d'autres activités, car je ne conçois pas ma fonction municipale comme un métier à temps plein." Philippe Bennard déplore le vieillissement des élus. Pour ce militant PS, également membre de la CGT-Retraités, ce phénomène a une double cause : la professionnalisation croissante de la charge des édiles, ainsi que le rejet de la jeune génération de toute forme d'engagement. "Nous nous pensions dans un rapport au collectif. Quand on s'impliquait, c'était sans réserve, dans l'idée de "changer la vie", pour reprendre un slogan de la fin des années 1960. Aujourd'hui, les jeunes s'inscrivent davantage dans une perspective consumériste et individuelle. D'où leur peur du politique." On pourrait craindre un certain conservatisme face à des dossiers sensibles, tel le pacte civil de solidarité (pacs). Pourtant, à en croire Vincent Drouin, la réceptivité des seniors face aux évolutions de la société ne fait pas de doute. Même si, écrit-il dans son ouvrage, celle-ci est "moins aiguë et moins rapide" que celle des jeunes. Les seniors, qui s'engagent dans la vie publique, possèdent certes des revendications spécifiques, qu'ils entendent défendre. Toutefois, ils ne veulent pas que celles-ci interfèrent dans leur mandat. "Je suis descendu dans la rue manifester contre la baisse du pouvoir d'achat des retraités, avance Philippe Bennard. Mais je l'ai fait comme simple militant. Dans le cadre de mon mandat, je dois prendre en compte l'ensemble des problèmes, évolutions et débats de la société. C'est cela qui me passionne." Pour l'heure, il n'existe pas en France de "lobby" senior aussi puissant que l'American Association of Retired Persons (AARP), fédération de retraités américains, ouverte également au moins de 50 ans, qui pèse de tout le poids de ses 33 millions d'adhérents (soit 13 % de la population américaine) dans les décisions politiques outre-Atlantique. Jusqu'à quand toutefois ? Muriel Rozelier Article paru dans l'édition du 09.04.05

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Mardi 17 mai 2005
(article id=107 - 29-04-2005 - 29) Les européens et l'environnement : sondage Les Européens veulent que les responsables politiques accordent autant d'importance à l'environnement qu'aux facteurs économiques et sociaux Selon les résultats d'un sondage Eurobaromètre, les Européens considèrent qu'un environnement sain est aussi important pour leur qualité de vie que la situation économique ou les facteurs sociaux. La pollution de l'eau, les catastrophes d'origine humaine, le changement climatique, la pollution de l'air et les produits chimiques sont les sujets environnementaux qui préoccupent le plus les citoyens européens. Ce sondage est également le premier à examiner les attitudes à l'égard de l'environnement au sein d'une Union européenne qui compte désormais 25 États membres. «Cette enquête prouve que les citoyens européens se soucient beaucoup de leur environnement et estiment qu'il est intrinsèquement lié à leur qualité de vie», a déclaré M. Stavros Dimas, membre de la Commission chargé de l'environnement. «Les résultats de ce sondage Eurobaromètre invitent clairement la Commission à continuer d'œuvrer pour garantir une protection optimale de l'environnement. Ils confirment également que le public partage la conviction de la Commission selon laquelle une politique environnementale forte peut constituer un moteur pour l'innovation et la croissance», a-t-il ajouté. Principaux résultats Une grande majorité de citoyens européens (88% des personnes interrogées) pense que les responsables politiques devraient tenir compte des problèmes environnementaux lorsqu'ils élaborent des mesures dans d'autres domaines tels que l'économie et l'emploi. Ce point de vue est davantage partagé par les ressortissants des nouveaux États membres. Invitées à évaluer l'influence des facteurs économiques, sociaux et environnementaux sur la qualité de vie, 72% des personnes interrogées ont estimé «très importante» ou «importante» l'influence des facteurs environnementaux. L'influence des facteurs économiques a été évaluée de la même manière par 78% des personnes consultées et les facteurs sociaux ont été estimés aussi importants que les facteurs environnementaux (72%). Ces résultats viennent confirmer ceux d'un sondage Eurobaromètre réalisé en février 2005 sur l'agenda de Lisbonne, selon lequel une grande majorité de citoyens considère les mesures de protection de l'environnement avant tout comme un encouragement à l'innovation (64%) et non un obstacle à la réussite économique (20%). Ce sondage a également révélé que les citoyens de l'Union européenne privilégient la protection de l'environnement (63%) par rapport à la compétitivité économique (24%). Les citoyens estiment qu'une prise de décision en matière d'environnement au niveau communautaire (33% aujourd'hui contre 30% en 2002) et au niveau des gouvernements nationaux (33% lors des deux sondages) est la meilleure solution. Les Européens se disent davantage préoccupés par les problèmes environnementaux qui touchent directement leur vie. Cinq priorités ont ainsi été relevées: la pollution de l'eau (47%), les catastrophes d'origine humaine telles que les marées noires et les accidents industriels (46%), le changement climatique et la pollution de l'air (45% chacun) et les produits chimiques (35%). Cependant, les résultats du sondage révèlent d'importantes différences d'opinion entre les ressortissants des 15 premiers États membres et ceux des 10 nouveaux (UE-10). Ainsi, le changement climatique est la préoccupation principale des citoyens de l'ancienne UE-15, mais figure seulement au 7ème rang dans l'UE-10. En ce qui concerne les informations disponibles sur les sujets environnementaux, 54% des personnes interrogées s'estiment bien informées, alors que 44% d'entre elles se disent mal informées. Les effets des produits chimiques sur la santé (41%) et les OGM (40%) sont les deux domaines pour lesquels les personnes interrogées estiment que le manque d'informations est le plus important. En ce qui concerne les sources d'informations relatives à l'environnement, les citoyens font davantage confiance aux associations environnementales (42% contre 48% en 2002), puis aux scientifiques (32% contre 35% en 2002) et à la télévision (27% contre 18% en 2002). En comparaison du sondage de 2002, la confiance accordée aux médias a considérablement augmenté. Historique Le sondage a été réalisé entre le 27 octobre et le 29 novembre 2004 sur un échantillon d'environ 1000 personnes dans chaque État membre. Un résumé du sondage ainsi que le rapport entier sont disponibles à l'adresse suivante: http://europa.eu.int/comm/environment/barometer/index.htm http://europa.eu.int/comm/public_opinion/index_fr.htm Europa : le site de l'UE [Economie sociale] [Education à l'environnement] [Union européenne]

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Vendredi 3 juin 2005
News de l'EnvironnementImprimer Envoyer à un ami Politique - Publiée le : 03/06/2005   Nelly Olin succède à Serge Lepeltier au Ministère de l'Écologie et du Développement durable ------------------------------------------------------------------------ Dominique de Villepin, nommé au poste de Premier ministre vient de former son nouveau Gouvernement. Serge Lepeltier est remplacé par Mme Nelly Olin, ancien ministre délégué à la Lutte contre la précarité et l'exclusion et promut à l'Écologie. Le gouvernement Villepin est enfin défini. Après deux jours d'intenses tractations, Jacques Chirac a nommé mercredi soir une équipe resserrée de 31 membres (16 ministres et 15 ministres délégués), contre 40 dans le dernier gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Nelly Olin, 63 ans, ancienne ministre déléguée à la Lutte contre la précarité et l'exclusion, reprend le poste de Serge Lepeltier qui est remercié. Avant sa nomination à 51 ans au poste précédemment occupé par Roselyne Bachelot-Narquin, Serge Lepeltier, avait été le vice-président du groupe UMP au Sénat, poste au sein duquel il a participé à la rédaction de plusieurs rapports portant sur les problématiques environnementales et leur interaction avec les aspects économiques et les ''outils fiscaux'' de dissuasion. C'était donc un nouveau ministre conscient des problèmes environnementaux et des réalités économiques, mais qui s'est trouvé rapidement dans la difficulté de porter ses quelques projets ambitieux à terme. Citons par exemple la levée de bouclier sur le bonus malus sur les véhicules. Serge Lepeltier quitte aujourd'hui son Ministère en se déclarant triste de ne pas avoir bénéficié de suffisamment de temps (14 mois) pour mener à bien les politiques engagées, d'autant que selon lui l'écologie a besoin de temps car la perspective dépasse le court terme pour souvent atteindre le très long terme. Il promet de poursuivre rapidement des initiatives au niveau national et rend hommage à la compétence et à la motivation du personnel en place du Ministère qui est souvent considéré comme l'empêcheur de tourner en rond, de tourner en rond vers l'abîme de la disparition. Nelly Olin est d'un profil très différent même si en qualité de sénatrice-maire UMP de Garges-les-Gonesse (Val-d'Oise) elle avait eu l'occasion de travailler avec Serge Lepeltier à l'époque où il était lui-même sénateur du Cher (projets de lois sur la création d'un Conseil national des ONG, la création de délégations parlementaires à la mondialisation, et la création d'un observatoire national de la mondialisation) puis devenu ministre dans le cadre du projet de loi portant sur la coopération internationale des collectivités territoriales et des agences de l'eau. Ils étaient également tous deux membres du Conseil national du bruit. Née le 23 mars 1941 à Paris et diplômée d'une école nationale de commerce, Nelly Olin exerce la profession d'assistante de direction d'un groupe privé jusqu'en 1985. Elle devient ensuite conseillère générale de Garges-les-Gonesse (1983 à 1995), puis conseillère régionale d'Ile-de-France (1992 à 1995). Elle occupe le poste de secrétaire nationale du RPR chargée de la Ville jusqu'en 2002. La sénatrice-maire a participé en 2003 aux travaux de la commission Stasi sur la laïcité. Spécialiste des questions urbaines, elle est membre du conseil national des villes et du développement social urbain depuis 1998, mais aussi du Haut Conseil à l'intégration depuis 2002. Elle préside aussi le groupe d'étude parlementaire sur la lutte contre la drogue. Nommée Ministre déléguée à la Lutte contre la Précarité et l'Exclusion en novembre 2004, elle démissionne de son poste de Sénateur. Nelly Olin, peu connue du grand public, apparaît donc proche de l'ancien Ministre et a assumé des fonctions qui incluent des problématiques sociales, économiques, voire à connotations environnementales. À l'inverse, le très médiatique Nicolas Sarkozy, renommé Ministre de l'intérieur et assisté par son ministre délégué à l'aménagement du Territoire, Christian Estrosi, interviendront sensiblement sur des questions environnementales. Rappelons en effet que l'Aménagement du Territoire et l'Environnement relevait dans un passé récent de la compétence du même Ministère (MATE). Mais on peut d'ores et déjà s'inquiéter du faible poids qu'aura le nouveau Ministère dans un gouvernement résolument tourné vers l'emploi. Une tendance qui semble déjà confirmée par le faible intérêt de la nomination de Nelly Olin à la tête du MEDD par les médias télévisés. Évoquée très rapidement par les deux premières chaînes françaises, cette nomination est totalement passée sous silence sur le reste du paysage audiovisuel… Les ministres du nouveau gouvernement : - Nicolas SARKOZY, ministre d'État, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire - Michèle ALLIOT-MARIE, ministre de la défense - Philippe DOUSTE-BLAZY, ministre des affaires étrangères - Jean-Louis BORLOO, ministre de l'emploi, de la cohésion sociale et du logement - Thierry BRETON, ministre de l'économie, des finances et de l'industrie - Gilles de ROBIEN, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche - Pascal CLÉMENT, garde des sceaux, ministre de la justice - Dominique PERBEN, ministre des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer - Xavier BERTRAND, ministre de la santé et des solidarités - Dominique BUSSEREAU, ministre de l'agriculture et de la pêche - Christian JACOB, ministre de la fonction publique - Renaud DONNEDIEU de VABRES, ministre de la culture et de la communication - Nelly OLIN, ministre de l'écologie et du développement durable - François BAROIN, ministre de l'outre-mer - Renaud DUTREIL, ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l'artisanat et des professions libérales - Jean-François LAMOUR, ministre de la jeunesse, des sports et de la vie associative Les ministres délégués : - Henri CUQ, ministre délégué aux relations avec le Parlement - Azouz BEGAG, ministre délégué à la promotion de l'égalité des chances - Jean-François COPÉ, ministre délégué au budget et à la réforme de l'Etat, porte-parole du Gouvernement - Gérard LARCHER, ministre délégué à l'emploi, au travail et à l'insertion professionnelle des jeunes - Catherine VAUTRIN, ministre déléguée à la cohésion sociale et à la parité - Brigitte GIRARDIN, ministre déléguée à la coopération, au développement et à la francophonie - Brice HORTEFEUX, ministre délégué aux collectivités territoriales - Catherine COLONNA, ministre déléguée aux affaires européennes - François GOULARD, ministre délégué à l'enseignement supérieur et à la recherche - Léon BERTRAND, ministre délégué au tourisme - Philippe BAS, ministre délégué à la sécurité sociale, aux personnes âgées, aux personnes handicapées et à la famille - François LOOS, ministre délégué à l'industrie - Christine LAGARDE, ministre déléguée au commerce extérieur - Hamlaoui MÉKACHÉRA, ministre délégué aux anciens combattants - Christian ESTROSI, ministre délégué à l'aménagement du territoire C.S.
Par actu environnement
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Dimanche 5 juin 2005
Le divorce consommé entre les Français et les hommes politiques LE MONDE | 04.06.05 | 11h38  •  Mis à jour le 04.06.05 | 14h45 OAS_AD('Frame1'); A 12 h 15 par e-mail, découvrez toute l'actualité économique et financière. Abonnez-vous au Monde.fr La claque du 29 mai ne s'est pas abattue sur le seul Jacques Chirac. Même s'il en est le principal destinataire. L'ensemble de l'exécutif, les deux principaux partis politiques du pays, l'UMP et le PS, les "grands anciens" défenseurs de l'Europe, tels le père du traité, Valéry Giscard d'Estaing, Simone Veil, Jacques Delors ou Raymond Barre, se sont engagés pour le oui à la Constitution européenne : 15,4 millions d'électeurs ont répondu non. La répartition du non Le non à la Constitution selon la proximité partisane : Pour les partis ayant appelé à voter oui : Verts : 60 % PS : 56 % UDF : 24 % UMP : 20 % Pour les partis ayant appelé à voter non : Extrême gauche : 94 % PCF : 98 % FN : 93 % Le non à la Constitution selon la proximité syndicale : Pour les syndicats favorables au oui : UNSA : 51 % CFDT : 43 % CFTC : 35 % Pour les syndicats favorables au non : SUD : 79 % CGT : 78 % FO : 75 % CGC-CFE : 15 % (Enquête Ipsos/Le Figaro/France 2/Europe 1). Selon un sondage paru dans Le Figaro du 27 mai, les consignes données par les partis sont un argument de vote pour 4 % des électeurs se prononçant pour le non, et pour 6 % des électeurs se prononçant pour le oui. Pour 24 % des électeurs, dire non est l'occasion de s'opposer au gouvernement et à Jacques Chirac. (Enquête Ipsos/ Le Figaro/France 2/Europe 1). Il ne fait aucun doute que sans cette consultation populaire, qui a permis un débat sans précédent, les députés et les sénateurs auraient ratifié sans histoire ce traité par la voie parlementaire. Mais quel décalage, alors, avec le pays réel... Les politiques le représentent-ils de façon juste, dès lors qu'un tel désaveu leur est infligé ? Que dire du fait que 94 % des électeurs de l'extrême gauche et 93 % de ceux du Front national ont voté non, alors qu'aucun de ces partis n'a de siège au Parlement ? Il n'y a plus de prescription ni d'ordre qui tienne. Les électeurs se détournent de leurs partis, de leurs représentants, de leurs gouvernants. Le non sanctionne bien sûr la politique du gouvernement et l'usure d'un premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, maintenu en fonction au-delà du raisonnable. Mais pas seulement. Il traduit aussi le fossé qui s'est creusé entre les citoyens et leurs institutions, au sens large. L'une des causes tient sans doute au manque cruel de renouvellement de la classe politique. Combien de carrières interminables pourrait-on recenser... Pour un jeune, faire son trou en politique relève quasiment de l'exploit, tandis que d'autres affichent une longévité inhabituelle à l'étranger. AUCUN SIGNE DE RAJEUNISSEMENT En constituant son nouveau gouvernement "resserré" , jeudi 2 juin, Dominique de Villepin n'a d'ailleurs donné aucun signe de rajeunissement. Quel message envoie-t-il aux jeunes, premiers touchés par le chômage et qui ont voté non à 56 % ? Eux que le président avait déclaré ne pas comprendre, le 14 avril, sur TF1. Jacques Chirac, lui, avait bénéficié de l'audace du général de Gaulle, qui avait appelé au gouvernement le benjamin de l'Assemblée nationale qu'il était alors. C'était en 1967, et il avait 35 ans. Pour les femmes, les progrès à accomplir restent considérables, malgré une loi sur la parité. A elles, les circonscriptions ingagnables, les tâches mineures ou les secteurs "féminins" . Sans parler des citoyens ou des citoyennes issus de l'immigration auxquels les partis, qu'ils soient de droite ou de gauche, se refusent encore à faire une place à la mesure de celle qu'ils tiennent dans la société. Non content d'ignorer le monde tel qu'il est, l'univers politique s'enferme dans une homogénéité peu commune. Mêmes écoles, même culture, mêmes milieux et codes sociaux identiques : on est entre soi et on y reste. Combien d'ouvriers, qui ont voté à 79 % pour le non, siègent à l'Assemblée nationale ? Le monde politique ne reflète que très imparfaitement la société. Au crédit, cependant, de Dominique de Villepin, la nomination de l'écrivain d'origine maghrébine, Azouz Begag, au poste de ministre délégué à la promotion de l'égalité des chances. Pour le reste, il est bien difficile de répondre aux aspirations de ses concitoyens quand les vrais problèmes ne sont ni expliqués ni traités. Ainsi, le système politique ne s'est pas donné les moyens de s'approprier le débat sur la mondialisation. Le succès d'une organisation comme Attac, comparable à celui des mouvements d'éducation populaire de l'après-guerre, n'est pas un hasard. Mais Attac n'est pas un décideur politique. Là où il y a du débat, les décisions ne se prennent pas et là où les décisions se prennent, il n'y a pas de débat. Ni de pédagogie. Parmi ceux qui ont concouru aux élections en 2002 et 2004, qui a parlé d'un futur traité constitutionnel pour l'Europe ? Qui a expliqué les conséquences de l'élargissement ? Les citoyens eux-mêmes ne comprennent plus la façon dont fonctionnent leurs propres institutions. Les trois années qui viennent de s'écouler en ont encore obscurci la vision. Le premier ministre qui, selon l'article 20 de la Constitution, "détermine et conduit la politique de la Nation" , est devenu, avec le quinquennat mis en oeuvre en 2002, une sorte de super-chef de cabinet du président. Celui-ci, qui doit être un arbitre, est devenu le vrai chef de l'exécutif. ÉLECTIONS "RIDICULES" Quant aux institutions européennes, qui étaient le véritable objet du référendum, le cas est pire encore. Elles restent mal connues, peu investies par les politiques. Jacques Calvet, ancien président de Peugeot, se plaît à qualifier les élections européennes de "ridicules" . On y élit, dit-il, "des jeunes femmes très proches de partis politiques, des militants qu'on ne peut pas rémunérer, ou des recalés de la vie politique nationale qui trouvent ainsi un parachute" . Le jugement est, certes, excessif. Mais c'est, sans doute, faute de ne jamais avoir compris les mécanismes actuels qu'une majorité de citoyens en a refusé de nouveaux. Les politiques pouvaient toujours s'égosiller pour convaincre ­ "Mais puisque l'on vous dit que c'est mieux !" ­, ils ne sont plus crédibles. Béatrice Gurrey Article paru dans l'édition du 05.06.05
Par article Le Monde
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Dimanche 5 juin 2005
Guy Carcassonne, professeur de droit public à l'université Paris-X - Nanterre "Les politiques entretiennent les illusions des Français" LE MONDE | 04.06.05 | 14h47  •  Mis à jour le 04.06.05 | 14h47 A 8 heures par e-mail, recevez la Check-list, votre quotidien du matin. Abonnez-vous au Monde.fr Le non au référendum du 29 mai signifie-t-il un rejet des institutions de la Ve République ? Jusqu'à dimanche, j'avais le sentiment qu'il restait encore deux piliers solides : l'ancrage européen de la France et les institutions. Le premier est déjà ébranlé et voilà que l'on veut s'en prendre au second. C'est une idée que l'on trouve un peu partout, aussi bien dans les élites que dans le peuple. Hier, tous nos problèmes étaient : "La faute à l'Europe ; demain, ce sera "la faute à la Ve République. Mais jamais la nôtre, la France et les Français n'y sont pour rien. Je pense qu'il serait temps de s'interroger de manière plus lucide, plutôt que d'aller chercher des réponses ailleurs. Que la Ve République ait besoin de réforme, je suis le premier à le dire et depuis longtemps ; qu'il faille en changer, c'est une autre histoire. Elle reste, malgré tout, la seule structure encore solide dans un paysage de décombres. Regardez les Pays-Bas : 62 % de non au référendum. Pas une personne ne demande la démission du premier ministre, ou la dissolution et encore moins une réforme des institutions. Quelles sont les causes principales de l'absence de renouvellement du personnel politique ? Le renouvellement ne se produira qu'avec la fin du cumul des mandats. Le jour où cette mesure sera vraiment appliquée, l'Assemblée nationale jouera son rôle. Et l'on aura des députés qui découvriront leur vrai pouvoir. Pour l'instant, ils sont aliénés au gouvernement. Dès que celui-ci fronce un sourcil, ils se couchent. En France, tout marche au coup de menton et au caporalisme. Non que les députés soient faibles, mais ils ne sont pas là. Ni prêts à se battre. Leur fonction de contrôle est totalement atrophiée. Il en va de même pour le contrôle du politique sur l'administration. Celle-ci peut être sous-performante, provoquer des gabegies insensées, elle est sûre que les parlementaires ne lui chercheront jamais noise. Renforcer l'Assemblée nationale, c'est rééquilibrer les institutions. Mettre fin au cumul des députés, c'est enfin renforcer l'Assemblée. Le rejet exprimé lors du référendum s'appuie-t-il sur le sentiment que les politiques sont, au fond, irresponsables ? La seule responsabilité des politiques est celle qui procède du suffrage universel. Et encore, c'est vrai dans 60 % des circonscriptions, car pour le reste, ce sont des bastions immobiles, qui restent à droite ou à gauche, quel que soit le candidat. Il n'y a alors pas de concurrence devant les électeurs, mais seulement à l'intérieur des partis, pour obtenir l'investiture. Le fondement même de la démocratie représentative, c'est qu'elle pèse à échéance fixe. La représentativité ne se mesure pas quotidiennement et il est normal qu'il y ait un décalage, au bout de trois ans, entre les électeurs et leurs mandants. Je ne suis pas sûr cependant, qu'il y ait un hiatus tel entre la représentation parlementaire et le résultat du référendum. Pour le PS par exemple, les députés fabiusiens et partisans du non sont nombreux à l'Assemblée nationale. Les députés, ce ne sont tout de même pas des Martiens qui les ont élus. Cela dit, il y a par définition une distance dans la démocratie représentative, sinon c'est de la démocratie directe. Vous n'élisez pas forcément l'homme ou la femme qui vous ressemble, mais celui ou celle qui vous paraît le meilleur. N'y a-t-il pas, en France, une confusion sur les lieux de pouvoir ? Je ne le crois pas. Tout le monde sait que le pouvoir est concentré entre les mains de l'exécutif, autrement dit du président de la République et du premier ministre. En revanche, l'Etat ne peut pas tout. Mais quand Lionel Jospin a eu l'honnêteté de le reconnaître, cela lui a coûté cher. Donc, s'il y a une confusion, elle n'est pas dans le pouvoir mais plutôt dans les esprits. On garde en tête l'image d'un Etat à la fois tutélaire et tout puissant, vers lequel on a le réflexe de se retourner à la moindre difficulté. Or, il n'a à sa disposition que des lois, des décrets et des moyens budgétaires ; comme ces derniers diminuent, ce sont les premiers qui augmentent, sans que cela puisse tout régler. L'impuissance du politique participe-t-elle des raisons du non ? Oui, car au lieu de tenir un langage de vérité, les politiques entretiennent les illusions des Français. Comme, par la suite, ils ne peuvent évidemment pas être à la hauteur de ce qu'ils ont promis, tout le monde perd sur tous les tableaux. Propos recueillis par Béatrice Gurrey Article paru dans l'édition du 05.06.05
Par itw Le Monde
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Vendredi 15 juillet 2005
Face à l’inaction généralisée, les colères de Nicolas Hulot Propos recueillis par Pierre Barthélémy pour « Le Monde 2 » du 18 février 2005. Vous êtes devenu une des figures les plus célèbres de l'écologie en France. Mais on sait moins comment vous vous êtes engagé dans cette voie. Probablement parce que c'est une longue histoire. Je dis souvent que je ne suis pas né écologiste, je le suis devenu par raison, ce qui rend sans doute mes convictions d'autant plus solides. Comme beaucoup de gens, j'avais un certain nombre d'affinités avec les grands espaces, la nature, mais ça ne fait pas de vous un écologiste. On peut d'ailleurs avoir une grande affection pour la nature, au sens rousseauiste du terme, et être un prédateur. Sans m'en rendre compte, je l'ai probablement été quand j'avais 20 ou 25 ans, lorsque pour moi la nature était une sorte d'exutoire. Ma prise de conscience s'est donc faite progressivement, après plusieurs constats consécutifs à mes nombreux voyages. Premier constat : la planète qui nous héberge est beaucoup plus petite qu'on ne l'imagine. Il faut vraiment s'en rendre compte parce que l'on croit vivre dans un monde presque infini. Or ce monde est clos, limité et d'une échelle raisonnable. Corollaire: la planète est vulnérable. Le deuxième constat, c'est que l'empreinte écologique de l'humanité est visible à l'œil nu et son expansion tout autant. Tout à coup, on réalise la rapidité et «l’efficacité» des dégradations que l'on inflige à l'environnement. Je me suis aussi aperçu, par moi-même ou par l'éclairage de nombreux chercheurs, que ces dégradations compromettaient la trajectoire de l'humanité. Ces constats de visu, ces impressions sur le terrain sont corroborés, étayés par les rapports des scientifiques qui sont tous au rouge. Il y a vraiment péril en la demeure, et dans une échelle de temps courte. Longtemps on a pensé qu'à l'issue de ce siècle il faudrait, peut-être, commencer à réduire notre impact sur l'environnement. Non, nous sommes maintenant à la croisée des chemins. C'est maintenant que ça se joue et c'est maintenant que l'on peut décider de l'ampleur des crises à venir -parce que les crises seront inévitables. A partir de ces constats, ce combat m'a paru coiffer les autres préoccupations. Ma conviction est que la crise environnementale va changer d'échelle et quelle donnera des occasions supplémentaires à l'humanité pour s'affronter. Cela ne fera qu'accroître nos points de friction. Lorsqu'il n'y a plus l'espace d'un doute sur ce qui se trouve devant vous, soit vous cédez au fatalisme ambiant, soit vous faites semblant de ne rien voir, comme le fait toute une partie de la société, soit encore vous dites «c'est le combat que je prends». Chemin faisant, d'un combat solitaire, empirique, c'est devenu un combat raisonné, collectif. Dans la fondation que j'ai créée, des experts sont venus me soutenir, me cadrer, me nourrir, m'éclairer parce qu'il faut éviter de véhiculer de fausses vérités, être prudent dans les projections pour ne pas discréditer le reste du combat. C'est un combat raisonné mais on sent tout de même, dans vos dernières interventions, que la colère couve en vous. Très sincèrement, tous les jours, au fond de moi, je suis dans un état de colère monumentale, pour une simple et bonne raison : il n'y a pas un interlocuteur que je rencontre, quel que soit son niveau, sa sphère, ses opinions politiques, qui oppose le moindre argument à nos inquiétudes. Donc individuellement, il y a un accord sur nos analyses, mais collectivement rien ne bouge. Je me dis que soit je passe mon temps à rencontrer des maîtres dans l'art de l'hypocrisie, soit, tout simplement, la prise en charge de tous ces éléments est lourde et complexe : chacun est effrayé et préfère... oublier. Il y a donc des moments où je bous un peu et où je comprends vraiment Greenpeace. Vous voulez dire une défense de l'écologie plus active, plus virulente. Oui, car la surdité des décideurs, quand elle est chronique, c'est une forme de violence. Donner le sentiment d'écouter l'autre mais de ne pas en tenir compte, c'est, sur la longueur, une forme de violence. En revanche, je ne considère pas que les gens de Greenpeace sont violents, je les adore et je les trouve légitimes. Ils ont choisi un mode d'action engagé, parfois un peu plus physique mais c'est, me semble-t-il, le minimum que l’on puisse opposer à cette violence.  On parle beaucoup de vous comme le «Vert» de Jacques Chirac. Quelle est la nature de votre relation ? Je l’ai rencontré, à la fin des années 1980, à sa demande, il était maire de Paris et avait eu écho que je voulais lancer une fondation s'occupant d'éducation à l'environnement. Il m'a proposé son aide, et la Mairie de Paris a été, un temps, un des partenaires de la fondation. Jacques Chirac a par la suite montré assez régulièrement un intérêt - qui s'est intensifié au cours des dix dernières années - pour la vision et l'analyse que j'avais de l'état du monde. Au retour de mes voyages, je lui racontais, un peu, ce que j'avais vu de merveilleux et, surtout, ce que j'avais vu d'inquiétant. Au départ, c'était un témoignage et cela s'est transformé en un dialogue constant, dense et intense sur l'écologie. Je l'ai fait «profiter» de ma propre évolution personnelle. Je l'ai nourri d'un certain nombre de notes soit personnelles soit émanant de personnes diverses, qui lui transmettaient des rapports et des expertises sur des thématiques environnementales. Cela dure toujours. Je ne me suis pas privé de cette écoute parce que ma mission consiste à sensibiliser, informer, porter la connaissance tant au niveau du grand public qu'à celui des décideurs. Parallèlement, il s'est noué entre le président et moi une sorte de relation d'estime, mais il a toujours été très clair entre nous qu'elle ne pouvait en aucun cas interférer sur mon indépendance. J'ai pu, en différentes occasions, affirmer cette indépendance, en critiquant ouvertement et régulièrement les non-choix et l'inertie du gouvernement, les camps politiques sur leur ignorance et leur inconséquence. Ce travail que j'ai fait avec le président, je l'ai aussi fait avec d'autres hommes politiques, comme François Hollande, Laurent Fabius, Arnaud Montebourg et bien d'autres. Il y a peu d'hommes politiques de premier plan avec lesquels je n'ai pas essayé d'engager un dialogue. Le point d'orgue de ma relation avec le président a été le jour où, peut-être à la suite d'un quiproquo entre lui et moi, il m'a proposé de devenir ministre. Cela ne m'avait jamais traversé l'esprit et, pour un certain nombre de raisons que j'ai déjà expliquées, je n'ai pas eu l'ombre d'un doute sur ma réponse. Mon refus n'a pas contrarié le dialogue que nous avons et il m'arrive de prendre mon téléphone ou d'envoyer un fax pour pousser un coup de gueule. Pensez-vous franchement qu'écologie et politique sont compatibles ? Je le souhaite mais je ne le crois pas pour l'instant. Nous ne sommes pas dans la situation de faire du développement durable. Nous sommes plutôt dans le théâtre des apparences. Bossuet constatait que nous étions des créatures étonnantes qui nous affligions des effets dont nous continuions à adorer les causes. On fait tous semblant de s'affliger des effets, mais on ne veut pas voir les causes et on continue à les encourager. Les mots écologie, environnement, développement durable, qui étaient ghettoïsés il y a peu, sont dans la bouche de tout un chacun, gauche et droite confondues, mais on n'a pas tiré les conséquences de ce que cela impliquait, la révision fondamentale de notre société, notamment sur le plan économique.Le développement durable, ce n'est pas un petit paramètre que l'on prend en compte quand on a considéré tous les autres. C'est une imprégnation transversale de tous les choix de la politique. Cela s'apparente à un tamis : chaque choix public doit passer à travers. On se trouve à des années-lumière de cela. On est, aujourd'hui comme hier et probablement comme demain, dans de la poudre aux yeux. La politique, telle qu'on la conçoit aujourd'hui, s'inscrit dans un canevas de temps incompatible avec l'engagement écologique car ce que l'on va semer ne profitera pas, en termes électoraux, à celui qui aura semé. L'écologie n'est pas dans la mentalité du personnel politique qui, pour la plupart, a été élevé dans l'idée que nos institutions, notre technologie, notre recherche trouveront remède à tout, que des désordres éventuels trouveront remède dans notre intelligence. Et puis, cette préoccupation remet en cause des fondamentaux car, dans une société vivant dans le culte de la croissance quantitative, il faut bien reconnaître que le premier ennemi de l'écologie à l'heure actuelle, c'est cette croissance, dès lors qu'elle entraîne à parité une croissance des flux d'énergie et de matière. Tant que notre société ne se dotera pas d'un minimum d'outils comme la fiscalité énergétique, on ne se mettra pas en situation d'agir efficacement. Mais je peux vous assurer que lorsque vous dites cela à un homme politique de gauche ou de droite, il a décroché depuis longtemps et pense que ce n'est pas possible. Il voit arriver les lobbies lui démontrant que tout cela va menacer l'emploi ou tel secteur économique... En France, nous sommes un peu les chantres du protocole de Kyoto de réduction des gaz à effet de serre mais, dans le même temps, nous nous mettons dans la situation de ne pas tenir nos engagements parce que nous ne réalisons pas que si, par exemple, nous construisons une troisième plate-forme aéroportuaire sur Paris, cela va engendrer une augmentation des gaz à effet de serre… Comment pouvez-vous concilier votre relation d'estime avec le président de la République avec le fait qu'il dirige une majorité qui cède à bien des lobbies ? D'abord, j'ai toujours du respect pour les gens qui ont fait du chemin, même s'il est insuffisant. Ensuite, j'aurais aimé entendre des grands leaders de gauche avoir des engagements aussi forts que ceux que le président a eus régulièrement. Enfin, dans un système où pouvoirs exécutif et législatif sont séparés, vous aurez beau être président, avoir la majorité à l'Assemblée comme au Sénat, si votre camp politique ne partage pas cet engagement, la marge de manœuvre sera excessivement faible. Regardez comment le président a dû se battre pour faire passer auprès de son propre camp la Charte constitutionnelle sur l'environnement, un texte édulcoré qui n'est pas la panacée ! Dans l’actualité écologique des derniers mois, il y a certes la Charte, mais aussi l'abattage des loups, la mort de l'ourse Cannelle, les dates d'ouverture de la chasse, des attaques contre les lois «Montagne» et «Littoral». La protection de l’environnement semble dans le collimateur de bien des parlementaires, et particulièrement de parlementaires de la majorité. C'est calamiteux. J'aurais aimé que le président intervienne, il aurait pu faire preuve d'autorité et je regrette très profondément qu'il ne l'ait pas fait. Le florilège que vous citez est inique. Je n'attends plus rien de probant du système actuel. Des exemples : le budget du ministère de l'écologie est en baisse, on divise ses locaux pour y mettre la francophonie, on a réduit comme peau de chagrin le budget de l'Agence de l'environne ment et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Je sais que le bilan écologique du quinquennat sera insignifiant. Je ne doute pas de la bonne volonté d'un Lepeltier [le ministre de l'écologie]. Mais sa bonne volonté est là essentiellement pour encaisser tous les jours des coups de ses propres collègues. Il faut un courage et une résignation que je n'aurais pas car sa mission est impossible. Comment voulez-vous faire face à un Gaymard, à un Devedjian, des gens qui sont habités par d'autres logiques, pour qui le développement durable est juste un obstacle ? Le ministère de l'écologie doit au minimum être à Bercy. Au minimum... Et le tamis dont je vous parlais tout à l'heure doit être chez le premier ministre. Ce n'est évidemment pas le cas. Pourtant, c'est au niveau de la structure du gouvernement que l'autorité du chef de l'Etat devrait se faire le plus sentir... J'ai plaidé plusieurs fois pour ce changement de structure. Quand j'ai refusé à deux reprises d'être ministre, j'ai essayé de faire en sorte que mon refus soit accompagné de propositions concrètes en disant : «Ce n'est pas l'homme qui compte, vous n'aurez pas plus de résultats avec moi. C'est l'architecture qui compte.» J'avais demandé que l'on tienne compte de ces remarques, notamment au cours du dernier remaniement, que l'on donne un pouvoir économique et politique différent au ministère de l'écologie, qu'il soit au minimum rattaché au premier ministre. On ne m'a jamais dit non. On m'a même de temps en temps laissé de l'espoir. Et non seulement cela n'a pas été fait, mais cela a été pire que cela puisqu'on a supprimé le secrétariat d'Etat au développement durable. Tout cela parce que l'opposition est quasiment unanime à droite. Il faut d'ailleurs savoir comment, dans les couloirs, l'engagement écologique du président est traité par l’UMP : ils tournent cela en dérision, parce qu'ils n'y croient pas. Qu'est-ce que le «syndrome du Titanic», qui donne le titre de votre dernier livre ? C'est une métaphore qui repose sur plusieurs analogies. La première, c'est que le Titanic, à l'époque, était le fleuron de notre technologie. Ceux qui l'avaient conçu comme ceux qui le pilotaient ne se posaient pas la question de sa vulnérabilité. C'est symptomatique de notre époque qui a une confiance outrancière dans notre technologie et notre science. Deuxième analogie : quand l'équipage a vu l'iceberg, il a tourné trop tard le gouvernail. Nous, nous faisons semblant d'avoir vu l'iceberg mais, dans le meilleur des cas, on se prépare à diminuer un peu l'allure, et pas du tout à modifier la trajectoire. Dernière analogie : quand le bateau coula, que l'on fût en première classe ou dans les soutes, chacun en prit pour son grade. C'est cela le syndrome du Titanic. Quels sont, à vos yeux, les signes les plus dramatiques que notre vaisseau Terre va rencontrer un iceberg écologique ? En préambule, je voudrais dire que j'ai longtemps cru que la communication allait sauver l'humanité, que les hommes, en se découvrant les uns les autres, allaient mieux se comprendre et s'apprécier. Je crains que la communication ait un effet pervers contraire, qu'elle cristallise les différences et rende d'autant plus indécentes les injustices. Cela crée et alimente d'énormes tensions, qui font ensuite le lit de toutes formes de radicalisation. Les crises écologiques qui nous menacent vont être un facteur aggravant, se surajouteront à ces tensions. Quels sont les signaux de ces crises écologiques ? Pour moi, il y a quatre courbes, qui s'alimentent les unes les autres. La première, c'est la courbe démographique : la population mondiale devrait dépasser les 9 milliards d'individus à la fin du siècle. Parallèlement, la deuxième courbe, celle de la consommation et de la pollution, augmente. On pèse chacun, chaque jour, de plus en plus sur la planète. La troisième, celle de l'émission de gaz à effet de serre, et la quatrième, celle de l'érosion de la biodiversité, augmentent elles aussi. Pour employer une image, on voit bien que les trajectoires de l'humanité et de la nature sont en train de converger et qu'il va y avoir une collision. Dans les modélisations prudentes du réchauffement planétaire présentées par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), la fourchette basse est alarmante. En termes de désordre écologique, de conséquences sanitaires, de pénurie de ressources, d'érosion de la biodiversité, le tableau est dramatique. On ne nous parle pas d'une échéance de deux cents ans. On nous dit qu'il va y avoir un effet d'emballement dans le siècle. Ainsi, les océans ont une capacité de stockage du CO2 qui diminue lorsque la température de l'eau augmente. Ainsi, quand le permafrost repasse régulièrement à des températures positives, la fermentation des matériaux organiques reprend et le méthane, qui est un gaz à effet de serre beaucoup plus efficace que le CO2, est libéré dans l'atmosphère. Voilà deux effets d'emballement. On va changer d'échelle. Les écologistes de par le monde tirent le signal d'alarme. Pourtant, les Etats-Unis, les plus gros pollueurs, n'ont pas ratifié le protocole de Kyoto et font semblant de ne pas entendre. Voyez-vous un moyen de faire pression sur eux ? La meilleure et la seule attitude consiste à construire une Europe exemplaire sur le plan écologique. Elle devra redonner du sens au progrès, c'est-à-dire orienter la recherche et la technologie pour améliorer durablement la condition humaine. Elle devra être solidaire avec le Sud pour ne pas être responsable de désordres écologiques et sanitaires. Et solidaire avec le futur pour que nos enfants et nos petits-enfants ne se retrouvent pas avec des équations sans solutions. Faisons cette Europe-là et, à ce moment, les Américains seront bien obligés de se rendre compte que nous avons su anticiper. Et si nous trouvons de nouveaux modes de transport, de chauffage avec des énergies ayant un impact raisonnable sur l'effet de serre, nous en tirerons économiquement profit le jour où le pétrole s'arrêtera. Si nous avons exploité différemment nos matières premières, notre eau, nos ressources halieutiques, nos sols, ce sera précieux. De toute façon, si nous ne mettons pas en place des mécanismes de régulation, la nature le fera d'elle-même, indépendamment de nous. Je dis souvent que le monde de demain sera radicalement différent de celui d'aujourd'hui. Il le sera de gré ou de force. S'il l'est de gré, le tribut sera beaucoup moins lourd et terrible que s'il l'est de force. N'en avez-vous pas assez de jouer les Cassandre ? Très sincèrement, si. Mais en même temps, comme je combats le fatalisme, si moi-même j'y cède, je me renie. Je réfléchis à une autre méthode pour peser plus et créer un lobby des consciences.
Par Le Monde 2
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Vendredi 22 juillet 2005
"Le ministère de l'écologie est de plus en plus étriqué" LE MONDE | 19.07.05 | 13h19  •  Mis à jour le 19.07.05 | 13h51 Jacques Chirac, au Sommet pour le développement durable de Johannesburg, en 2002, avait déclaré : "Notre maison brûle et nous regardons ailleurs." Comment jugez-vous son action ? A l'international, le président de la République joue, sur les sujets écologiques, un rôle d'ambassadeur loin d'être insignifiant. On l'a vu au dernier sommet du G8. Mais l'écologie demeure à quelques exceptions près la préoccupation dernière de nos gouvernements, de nos députés. On est dans une architecture gouvernementale qui empêche de faire du développement durable. On m'avait à plusieurs reprises bercé de l'espoir que les choses n'en resteraient pas là. L'idée essentielle était que le ministère de l'écologie soit placé, avec des attributions élargies, à un niveau qui lui confère une autorité interministérielle, probablement comme ministère d'Etat. Qui vous avait fait cette promesse ? Le président de la République, mais aussi son entourage. Les leaders politiques de gauche et de droite que j'ai rencontrés ont tous également admis que c'était un préalable indispensable. Or, le ministère de l'écologie est de plus en plus étriqué, tant sur le plan économique que sur le plan politique. Le changement climatique devrait être affiché comme la priorité numéro un du gouvernement. Il s'agit ni plus ni moins que de l'avenir de la planète. Ce fait majeur n'a pas encore perfusé dans les esprits des politiques. C'est désespérant. Qui avez-vous rencontré à gauche ? Plusieurs fois Laurent Fabius, ainsi que François Hollande, Julien Dray ou Arnaud Montebourg. Tous ces gens ne nous opposent aucun argument sur le diagnostic, au contraire. Mais une fois qu'on les a quittés, c'est vrai à gauche comme à droite, ils sont rattrapés par leurs urgences et probablement par la pression des intérêts particuliers, ce qui fait que l'urgence écologique est toujours reléguée aux calendes grecques. Et Nicolas Sarkozy ? C'est la même chose. Durant notre dernier entretien, je lui ai dit : "Très bien, vous me dites que vous avez compris que les enjeux climatiques sont importants. Maintenant, est-ce que vous avez compris que l'ultralibéralisme débridé est à l'origine de ce désordre-là ?" Comment a-t-il répondu ? Par le silence. J'ai vu que j'allais trop loin. Quand on arrive à ce point de l'énoncé des problèmes, on sent que les gens ont envie de s'enfuir en courant, en disant : "Où cela nous mène-t-il ?" Ce désintérêt des politiques ne reflète-t-il pas celui des citoyens ? Il n'y a pas de lobby écologique. Mais l'opération "Le défi pour la Terre", que nous venons de lancer avec l'Ademe -Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie-, est un signal. En un mois, 220 000 personnes se sont engagées à réduire les émissions de gaz à effet de serre par différentes pratiques. Il y a une attente populaire profonde. Mais il y a aussi des intérêts économiques puissants (automobile, nucléaire). Les préoccupations sectorielles vont nous paraître bien dérisoires dans quelques années, car les conséquences du changement climatique, de l'épuisement de nos ressources, les problèmes de santé liés à l'environnement ne vont pas rester longtemps une abstraction. Vous imaginez-vous en candidat à la présidentielle ? Non. J'ai les pieds sur terre. Par contre, il est très important qu'au prochain scrutin présidentiel, l'écologie puisse représenter un élan populaire et citoyen, pour imposer à ceux qui prétendent assumer le pouvoir des mesures et des objectifs incontournables. José Bové est-il capable de l'incarner ? Il représente une partie de cette attente, il peut y avoir d'autres personnes capables de la porter. Mais, préalablement, il faut essayer, par un élan citoyen, d'imposer aux candidats, de gauche et de droite, une vraie plate-forme. Si jamais cette plate-forme était refusée ou traitée à la légère, la question d'une candidature l'incarnant se poserait alors. Propos recueillis par Hervé Kempf Article paru dans l'édition du 20.07.05
Par article Le Monde
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Lundi 1 août 2005
environnement - 09/07/2005 Seule une catastrophe écologique pourrait faire réagir les politiques En discuter sur le forum "environnement, écologie et nature" crédit : notre-planete.infoSelon une enquête sur Internet publiée le 4 juillet par TNS Sofres, 70% des Européens pensent qu’il faudrait une catastrophe écologique pour que la communauté internationale prenne de sérieuses mesures en faveur de la protection de l’environnement. Ils sont même 79% des Français et des Anglais à partager cet avis. Près de 60% des Européens réclament une législation internationale en faveur de l’environnement Alors que le sommet du G8 échoue à engager les Etats-Unis dans le protocole de Kyoto, 59% des Européens plébiscitent une législation internationale. Celle-ci - avec pour mission de réduire l’impact des plus grands pollueurs de la planète - résoudrait les problèmes environnementaux du monde, selon les Européens interrogés. Dans un deuxième temps, 14% des Européens jugent que la responsabilité de l’environnement incombe aux individus. 9% seulement d’entre eux considèrent que les meilleurs résultats seraient obtenus grâce à une législation nationale visant à limiter l’impact environnemental des entreprises. Il est étonnant de constater que seulement 14% des Européens interrogés se sentent en mesure d'agir pour l'environnement quant on connaît le poids de notre responsabilité et de nos actions au quotidien. Il s'agit sans aucun doute d'un manque criant de communication et de sensbilisation. En Allemagne, près des trois-quarts des personnes interrogées (73%) sont tout à fait d’accord avec une législation internationale, pour la moitié seulement en France (52%) et en Italie (50%). Quant aux responsabilités individuelles et nationales, la France se situe dans la moyenne européenne (16% en faveur de la responsabilisation des individus et 6% pour la législation nationale). Les Pays-Bas sont les moins exigeants à l’égard des individus (8% des réponses). Peut-être sont-ils déjà suffisamment sensibilisés aux problématiques de l’environnement ? Les Espagnols, quant à eux, sont les plus exigeants à l’égard de leur gouvernement. Ils sont 15% à soutenir une législation nationale. Un autre phénomène est spécifique à notre pays. 17% des Français demandent aux entreprises d’être responsables en matière d’environnement envers leurs différents interlocuteurs (actionnaires, clients, salariés, etc.). La moyenne européenne est de 7% seulement. Un optimisme global sur l’avenir de notre environnement planétaire De manière surprenante, les Européens sont optimistes. Même si la moitié d’entre eux juge la qualité de leur environnement moyenne (52%), voire faible (24%), tout n’est pas perdu. 65% d’entre eux affirment que des décisions immédiates peuvent inverser les dommages et rendre le monde plus sûr pour les 50 années à venir. C’est en France et en Espagne que cet optimisme est le plus élevé. 71% des Français et 73% des Espagnols sont favorables aux décisions immédiates. Les Pays-Bas sont les moins optimistes (51%). A l’inverse, 9% des Européens pensent qu’il est trop tard pour agir. Les Européens considèrent que leur gouvernement devrait investir dans les énergies renouvelables Si le domaine d’action gouvernemental jugé prioritaire par 26% des Européens est, sans surprise, la réduction de la pollution, l’énergie renouvelable semble aujourd’hui incontournable. Près d’un tiers des Européens (31%) souhaite que leur gouvernement investisse davantage dans les énergies renouvelables. Ce chiffre est de 38% en Allemagne. Nous observons également quelques particularités nationales : - Les Français ne se sentent pas concernés par la gestion de l’énergie (5% des réponses). En revanche, la protection de la nature leur semble plus primordiale (20% des réponses). - 17% des Anglais estiment que leur gouvernement doit concentrer ses efforts sur le recyclage des déchets industriels et domestiques. - 19% des Italiens sont favorables aux programmes de tourisme vert et à l’amélioration des transports publics. Notes Cette étude a été effectuée en mars 2005 auprès de 1 000 personnes âgées de 16 ans et plus, échantillon représentatif de la population nationale de six pays européens. Ces personnes ont été interrogées sur notre Access Panel Européen online dans les six pays suivants : Angleterre, Allemagne, Espagne, France, Italie et Pays-Bas. Auteur : notre-planete.info (Christophe Magdelaine)
Par article Notre-planete.info
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Mardi 2 août 2005
Analyse Les élus sans le peuple, par Bertrand Le Gendre LE MONDE | 30.07.05 | 13h13  •  Mis à jour le 30.07.05 | 14h09 es mois écoulés n'ont pas bonifié la cote des politiques. Leur réputation est en berne et leurs mandants se défient d'eux, quand ils ne mettent pas en cause leur probité. Peu représentatifs de la France d'aujourd'hui, occupés souvent à se chamailler, ils paient le prix de promesses mirobolantes et de leur impuissance à donner du sens à une époque où tout va trop vite. La campagne référendaire aurait pu être l'occasion de remonter le courant, de renouer avec le peuple. Mais il était bien tard. A pédagogie improvisée, résultat décevant. OAS_AD('Middle1'); Dans le rôle du timonier en chef, Jacques Chirac est le premier à faire les frais de cette désaffection. La popularité des représentants de la nation n'est pas brillante non plus, comme le révèlent les indicateurs de TNS-Sofres. Ils montrent que 36 % seulement des Français ont confiance en leurs députés, alors que 61 % ne leur font pas crédit. Seuls les maires et les conseillers généraux échappent à ce désamour. Mince consolation, car ce clivage renforce l'idée que plus un élu est comptable de l'avenir moins il est écouté. Les études de TNS-Sofres montrent aussi que les électeurs hésitent à considérer que la politique est "une activité honorable" ; 58 % le pensaient il y a quatre ans contre 50 % seulement l'automne dernier. "Honorable"... Ce n'est pas seulement la compétence des élus que ce mot mesure, mais leur désintéressement, sinon leur honnêteté. Une défiance que la chronique des petits et grands scandales politiques n'a cessé d'alimenter récemment : condamnation d'Alain Juppé pour financement illégal du RPR (décembre 2004) ; démission d'Hervé Gaymard, le ministre de l'économie, pour occupation, aux frais du contribuable, d'un duplex de 600 mètres carrés à Paris (février 2005) ; affaire des marchés truqués d'Ile-de-France, trois mois d'un feuilleton judiciaire qui n'a épargné ni la majorité, ni le PS, ni les Verts ; procès Schuller-Balkany, "copains coquins" des Hauts-de-Seine sous étiquette RPR... Pour éviter d'être assimilée à ces moutons noirs, la corporation tout entière aurait dû faire preuve d'un surcroît d'abnégation et de sens civique. Or, c'est le contraire qui s'est passé. Conserver son poste, sinon ses privilèges, semble primer pour elle sur l'intérêt général. Ainsi du non-cumul des mandats, toujours promis, souvent remis. Et du mode d'élection. Pour tenir compte de l'évolution de la population française, les circonscriptions où auront lieu les prochaines législatives auraient dû être remodelées, certaines supprimées, d'autres créées. Mais c'eût été contrarier trop de sortants : il n'y aura pas de redécoupage. Les Français voteront en 2007 sur la base de la carte électorale de 1986. Ce petit arrangement entre amis serait sans conséquence s'il n'aggravait pas la déconnexion des élites politiques et du peuple. Celui-ci ne se sent pas compris par des élus dont la sociologie n'a qu'un rapport lointain avec le corps électoral. Les députés ont en moyenne 56 ans et 7 mois aujourd'hui contre 49 ans et 6 mois en 1981. En 1997, l'Assemblée nationale comptait 10,9 % d'élus femmes. Cette proportion est passée à 12,3 % en 2002, soit une progression de 1,4 point. Rarement le "pays légal" aura moins été en phase avec le "pays réel". Ce décalage s'est aggravé depuis que M. Chirac a inauguré son deuxième mandat. Lui-même est un mal élu : 14 % seulement des Français en âge de voter lui ont apporté leurs suffrages au premier tour de la présidentielle de 2002 (19,9 % des suffrages exprimés). Tandis que le même 21 avril, les candidats qui n'ont aucun représentant au Parlement (Jean-Marie Le Pen, Bruno Mégret, Olivier Besancenot, Arlette Laguiller, Daniel Gluckstein) totalisaient 29,64 % des suffrages exprimés. D'où le sentiment que le rejet de la Constitution européenne était inscrit dans les résultats du 21 avril. Le 28 février, nouvelle manifestation de ce décalage, 82 % des députés et sénateurs réunis à Versailles donnaient leur feu vert au traité constitutionnel. Trois mois plus tard, le 29 mai, 55 % des Français votaient non, accréditant l'idée que le fossé est toujours aussi large entre les électeurs et ceux qui prétendent parler en leur nom. PARAÎTRE "MODERNE" Les promesses semées à tout vent ajoutent à ce malaise. M. Chirac avait juré que les impôts et les charges baisseraient de 30 milliards d'euros entre 2002 et 2007. La croissance devait être d'au moins 2 % cette année, elle sera peut-être de 1,5 %. Le déficit de la Sécu, c'était acquis, allait diminuer notablement. Ça ne sera pas mieux que l'année dernière et plutôt pire qu'il y a deux ans. Cette impuissance à tenir parole nuit sérieusement à la réputation des politiques, qui donnent le sentiment de ne plus avoir prise sur les événements. La mondialisation avait déjà réduit leur rayon d'action et voilà que la construction européenne semble à son tour leur échapper. M. Chirac fait ce qu'il peut pour regagner le terrain perdu mais, en l'obligeant à parler en ministre de l'agriculture plutôt qu'en architecte de l'Europe future, Tony Blair l'a "ringardisé". Au Britannique le discours sur la recherche et les hautes technologies, levain de l'Europe de demain. Au Français la défense courroucée du monde agricole, façon Jules Méline (1838-1925), figure emblématique du protectionnisme français que la PAC n'a que trop perpétué. Le président français a senti le danger et a tout fait, le 14 juillet, pour paraître "moderne" en insistant sur le projet Iter ou sur celui d'une bibliothèque numérique façon Google. Aux yeux de millions de Français, surtout les plus jeunes, M. Chirac, qui depuis un quart de siècle s'est présenté à toutes les présidentielles sans exception, appartient à un autre âge de la politique. Un décalage générationnel que la campagne référendaire n'a fait qu'aggraver et qui a tourné à la quasi-déroute, le 14 avril sur TF1, lorsque le chef de l'Etat a tenté de convaincre 80 jeunes adultes des bienfaits de la construction européenne. Comme tous les politiques de sa génération, M. Chirac met à côté de la plaque lorsqu'il invoque les guerres d'hier pour sanctifier l'Europe d'aujourd'hui. Appelée à la rescousse alors que le non menaçait de l'emporter, Simone Veil, ancienne présidente du Parlement européen, a même surenchéri : "Mes camarades de déportation (...) sont presque tous pour le oui." Pour une majorité de Français, la paix et la prospérité sont un acquis. 1957, date du traité de Rome, est de l'histoire ancienne. Le divorce des Français avec nombre d'élus tient à leur incapacité à éclairer l'avenir, à relier aujourd'hui à hier. Nouvelles technologies de l'information et de la communication, progrès scientifiques vertigineux, menaces écologiques, mondialisation des échanges, résurgence des fanatismes... Jamais une époque n'a été aussi grosse de promesses et de menaces, sauf peut-être à l'avènement de la modernité, entre la fin du XIXe siècle et la guerre de 14-18. Le silence des politiques sur cette nouvelle modernité explique que les Français ne les tiennent plus pour des passeurs. Et qu'ils ne leur prêtent plus qu'une oreille distraite. Depuis quand ? Depuis la chute du mur de Berlin, sans doute, date à laquelle les Français ont à la fois perdu leurs repères idéologiques ­ le communisme était vaincu, le capitalisme triomphait ­ et leurs repères géographiques : les frontières de l'Europe s'étendaient désormais jusqu'à Tallinn (Estonie) et Sofia (Bulgarie). Une classe politique moins provinciale, moins centrée sur elle-même, aurait sans doute pris la mesure de ce basculement. Elle se serait efforcée de mieux expliquer à ses concitoyens l'Europe et le monde. Au lieu de quoi elle donne en spectacle ses querelles, ses ambitions et parfois ses déboires conjugaux. Prodigue en promesses et avare de résultats, elle a déboussolé les Français et fait le lit des démagogues, qui ne se recrutent plus seulement à l'extrême droite. C'est un signe. Bertrand Le Gendre Article paru dans l'édition du 31.07.05
Par article du journal Le Monde
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Mardi 8 novembre 2005
Les associations écologistes menacées par les restrictions budgétaires LE MONDE | 08.11.05 | 15h25  •  Mis à jour le 08.11.05 | 15h25 OAS_AD('Top2'); L'adoption du budget de la mission écologie et développement durable pour l'année 2006, prévue mardi 8 novembre à l'Assemblée nationale, est entourée de contestations multiples dans le monde politique et associatif. Deux à trois mille membres de plus de 80 associations ont défilé, samedi 5 novembre, à Paris et Valence, pour dénoncer le manque de moyens consacrés à la protection de la nature. Avec 633 millions d'euros "d'autorisations d'engagements", l'écologie ne représente que 0,3 à 0,4 % du budget de l'Etat. OAS_AD('Middle'); La modestie de ce budget contraste avec le discours du président Jacques Chirac et celui du président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, qui, récemment, envisageait de "résoudre tous les problèmes d'environnement en France d'ici à une génération" . Aujourd'hui, des membres de la majorité rejoignent l'opposition dans la critique. Philippe Rouault (UMP, Ille-et-Vilaine), rapporteur spécial du budget de l'écologie, plaide pour que l'Etat "rebatte les cartes" . "Les dotations de certaines missions, hier encore importantes, ne trouvent plus leur pertinence" , affirme-t-il. Sont visés : les crédits de l'équipement et des transports, et ceux de l'industrie ou de l'agriculture. SUPPRESSION DES EMPLOIS-JEUNES Selon M. Rouault, les crédits de paiements du ministère sont passés de 636 millions d'euros en 2005, à 615 millions en 2006, soit une baisse de 3,31 %, à périmètre constant. Les sommes consacrées à la gestion des risques naturels et des crues, la lutte contre le changement climatique et la préservation de la biodiversité, sont en baisse. Cependant une rallonge de 33 millions d'euros, prélevés sur le fonds de prévention des risques naturels majeurs, devrait être votée. Pour sa part, Nelly Olin, ministre de l'écologie, évoque un budget "en croissance opérationnelle" et chiffre la capacité financière de l'Etat dans son secteur à plus de 3 milliards d'euros. Elle inclut notamment dans ce périmètre les 2 milliards d'euros gérés par les agences de l'eau décentralisées, et 219 millions de moyens nouveaux attribués, sous la forme de taxes affectées, aux établissements publics placés sous sa tutelle. En parallèle au débat sur la capacité d'action du ministère, monte une forte inquiétude dans les associations de défense de l'environnement. Elles doivent à la fois faire face à la baisse des moyens du ministère qui les finance en partie et à la fin du dispositif emplois-jeunes. Selon France Nature Environnement (FNE), qui fédère quelque 3 000 associations en France, la "survie" de ce réseau fort de 1 000 salariés est en jeu. Les aides de l'Etat aux associations ont chuté de 33 % entre 2002 et 2005, et 50 % de ces emplois sont menacés, estime la FNE. "Nous sommes de plus en plus sollicités par l'Etat pour assurer des missions de service public, mais nous n'aurons bientôt plus les moyens de fonctionner", résume Bernard Rousseau, président du réseau Eau de FNE. Outre leur fonction d'alerte, les associations sont présentes sur de nombreux fronts : gestion d'espaces naturels, représentation de la société civile dans les instances de concertation de l'Etat ou des collectivités locales, etc. Et leur capacité d'expertise est très sollicitée. "Nous, bénévoles, avons besoin de salariés pour nous appuyer face à des groupes qui ont beaucoup de moyens pour défendre leurs intérêts, comme les industriels ou les agriculteurs sur la gestion de l'eau", rappelle M. Rousseau. Mais ajoute-t-il aussitôt, "qui fera le boulot si nous ne sommes plus là ?". Or, affirme France Nature Environnement, une enveloppe supplémentaire de 10 millions d'euros est nécessaire pour assurer "le maintien de l'activité du réseau". Gaëlle Dupont Article paru dans l'édition du 09.11.05
Par Le Monde
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